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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 16:17
Les fruits de la victoire du Hezbollah
4 mai 2007 - Par Caroline B. Glick | Jewish World Review -Adaptation française de Sentinelle 5767

La secrétaire d’Etat des USA Condoleezza Rice rappelle une étrange ressemblance avec son prédécesseur Madeleine Albright, ces jours-ci. La visite de Rice en Egypte où elle sauta sur l’opportunité de rencontrer son homologue syrien, et parla suavement de son désir de rencontrer un officiel iranien en liaison directe avec le dictateur iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, rappelle le « boogie-woogie » d’Albright avec le dictateur nord coréen Kim Jong Il à l’heure du déclin de l’administration Clinton*.

A Sharm el Sheikh, Rice recherche clairement une voie pour forger un abandon de l’Irak par les USA, à sa Némésis**, l’Iran et la Syrie. C’est de cette façon que les commandants américains en Irak se voient interdire de remarquer publiquement que les gouvernements iranien et syrien dirigent la guerre, et tuent leurs soldats.

 

L’adhésion de Rice à la reddition s’étend à sa position sur le programme d’armes nucléaires de l’Iran. Rice et ses collègues du département d’Etat s’opposent à la fois à une frappe sur les installations nucléaires et à donner assistance aux opposants du régime à l’intérieur de l’Iran, qui cherchent à le renverser, de façon à empêcher les mollahs d’acquérir des armes nucléaires. Tout ce qu’ils veulent, c’est négocier avec les ayatollahs. Ils n’ont aucune autre stratégie politique.

 

De même, au cours des mois récents, les USA ont adhéré à la cause des Palestiniens. Bien que le président de l’assemblée législative palestinienne Ahmad Bahar ait tout juste lancé un appel télévisé à Allah de tuer chaque Juif et chaque Américain sur terre, Rice insiste pour transférer 59 millions de $ de l’argent des contribuables américains, aux forces de sécurité palestinienne. De même, le département d’Etat a dicté la semaine dernière d’une liste de concessions de sécurité que Israël doit faire aux Palestiniens au cours des huit mois à venir, sans prendre en compte si les Palestiniens cessent eux-mêmes leurs attaques contre Israël, ou en la matière, sans égard au maintien par les Palestiniens de leur engagement de réduire à néant Israël et les USA.

 

L’escorte que fait Rice à la défaite stratégique des USA contre les jihadistes au Moyen-Orient s’étend aussi à l’Afrique. En Somalie, les USA soutiennent maintenant le gouvernement d’unité, bien que les tribunaux islamiques d’al Qaïda soient membres du gouvernement.

 

De même, l’adhésion de Rice à la défaite s’étend à l’Asie, où elle a accepté une Corée du Nord détentrice de l’arme nucléaire et a même accepté de donner de l’argent à Pyongyang.

 

Le contrôle incontesté de Rice sur la politique étrangère des USA est l’un des résultats accessoires de la Deuxième Guerre du Liban de l’été dernier.

 

Israël n’a pas été le seul perdant de cette guerre. Ses fidèles alliés à Washington, qui avaient bataillé contre Rice et ses collègues du département d’Etat pour soutenir une victoire israélienne, ont eux aussi perdu. Ces partisans, couramment qualifiés de néoconservateurs, étaient conduits par leur chef, le Président George W. Bush.

 

La Deuxième Guerre du Liban a mis puissamment en relief la vraie nature du jihad mondial. En conduisant une guerre contre Israël, par mandataires interposés à travers le Hezbollah et les Palestiniens simultanément, l’Iran et la Syrie ont démontré clairement que la guerre contre Israël n’est pas une guerre isolée, mais plutôt un champ de bataille clé du jihad mondial, dont les forces combattent les USA et leurs alliés en Irak, en Afghanistan et à travers le monde. Plus qu’aucune autre guerre auparavant, la Deuxième Guerre du Liban a démontré l’importance vitale d’Israël comme allié des USA. Et la décision d’Israël de ne pas conduire cette guerre jusqu’à la victoire a joué un rôle clé dans la défaite des néoconservateurs pour Rice et « l’establishment » à Washington.

 

Aujourd’hui, Israël est plongé dans un maelström politique à la suite de la publication lundi dernier du rapport intérimaire de la Commission d’Enquête Winograd sur cette guerre. Bien qu’il soit impossible de connaître à cette date comment les choses vont tourner, les identités et les buts des forces en compétition sont déjà clairs.

 

Le Premier Ministre Ehud Olmert ne quittera pas le pouvoir volontairement, et son parti et la majorité des partenaires de sa coalition le soutiendront dans sa lutte pour garder le contrôle du gouvernement.

 

Le parti travailliste, et la Gauche en général essaient de remettre en vigueur leurs manœuvres politiques à la suite de l’effondrement de processus de paix du Sommet de Camp David en 2000. Ces manœuvres ont laissé inchangé la perception de la paix par la Gauche au pouvoir.

 

Comme c’est le cas aujourd’hui, en 2000 le public a exigé un gouvernement responsable, après que l’idéologie gauchiste ait valu un effondrement du processus de paix, et la mise en place de la guerre terroriste palestinienne. Plutôt que de respecter la demande du public, la Gauche a joint ses forces au Président du Likoud d’alors, Ariel Sharon, pour bloquer des élections générales. Ensemble, ils ont mis en cause Barak pour l’échec du sommet de Camp David, et formé un nouveau gouvernement d’union conduit conjointement par Shimon Pérès et Sharon.

 

Aujourd’hui, comme alors, pour son échec idéologique au Liban et à Gaza, la Gauche cherche à mettre toute la faute sur Olmert, et à le remplacer par son adjoint Shimon Pérès. Le député à la Knesset [MK], Ami Ayalon, favori pour devenir le futur chef du parti travailliste, l’a déclaré sans ambages mardi.

 

Comme cela a été le cas en 2000, de même aujourd’hui la Droite, conduite par le président du Likoud Binyamin Netanyahu, traverse des moments difficiles pour savoir comment obliger la Knesset à se soumettre au peuple et à appeler de nouvelles élections. Aujourd’hui, comme alors, la Droite ne dispose pas des suffrages à la Knesset pour emporter une motion de censure contre le gouvernement, qui déclencherait de nouvelles élections.

 

Le rapport Winograd n’est pas la cause de la tempête actuelle. Cette tempête est la suite directe des protestations publiques qui ont surgi immédiatement après que la guerre de l’été dernier se soit terminée aussi abominablement. C’est la formation de la Commission Winograd qui a suspendu ces protestations. Et ça a été l’achèvement de son rapport intérimaire qui les a de nouveau déchaînées cette semaine.

 

La critique dévastatrice dans le rapport Winograd d’Olmert, du ministre de la défense Amir Peretz, et de l’ancien chef d’Etat Major Général de Tsahal Dan Haloutz, pour leur incompétence dans la conduite de la guerre n’est pas particulièrement intéressante. En soulignant ces échecs, les membres de la Commission ne nous ont rien dit de neuf que nous ne connaissions huit mois auparavant.

 

En fait, loin de clarifier les choses, la mise en cause personnelle dans le rapport des échecs individuels des trois hommes, sert surtout à renforcer la campagne de la Gauche pour mettre toute la faute du résultat lamentable de la guerre sur l’incompétence personnelle des dirigeants d’Israël. Cela est fait en ignorant délibérément l’échec à la fois idéologique et de connaissances du gouvernement et de la classe dirigeante israéliens dans leur ensemble. C’est cet échec qui a conduit à la guerre et à son lamentable résultat. En bâtissant ainsi son enquête, la Commission Winograd a protégé la perception de la Gauche israélienne du regard critique et du rejet du public israéliens.

 

A première vue, le rapport apparaît comme une mise en accusation idéologique. La Commission a écrit qu’une grande partie de la faute liée à l’absence de préparation aussi bien du gouvernement que de Tsahal, trouvait sa source dans la conviction que « l’ère des grandes guerres avait pris fin ». Pourtant cette conviction ne tenait pas par elle-même. Elle est enracinée dans l’idéologie de paix de la Gauche.

 

Cette idéologie maintient que même si un pays est obligé d’aller en guerre, le but de la guerre est d’en rester au point de départ et de donner à l’ennemi ce qu’il veut, non pas de la vaincre. La conviction que l’ère des guerres est terminée provient directement de l’engagement idéologique de la Gauche dans la croyance que tout un chacun est un partenaire potentiel de négociation.

 

Le rapport montre que depuis le début de la guerre, c’est cette « vision » qui formait les décisions à la fois du gouvernement et de Tsahal. Le rapport mentionne un échange notable entre la ministre des affaires étrangères Tzipi Livni et Haloutz, pendant la réunion du cabinet du 12 juillet 2006, quand fut prise la décision d’aller en guerre. Livni demanda à Haloutz : « Qu’est-ce que la victoire ? »

 

Haloutz répondit : “Il n’y a pas de victoire dans ce cas... Ce que nous devons faire est de répondre par une réaction suffisamment forte pour appeler les forces internationales à s’impliquer et intervenir aux points d’intervention ad hoc de façon à mettre la pression sur les bonnes forces ».

 

Livni témoigna devant la Commission que le jour suivant, le ministère des affaires étrangères commença de préparer des documents de position déterminant l’état final souhaité par le gouvernement : des forces étrangères sur les frontières séparant Tsahal d’un Hezbollah invaincu.

 

L’adhésion des membres de la Commission Winograd à la vision du monde de la Gauche ressort clairement de leur appréciation de la Résolution 1701 du Conseil de Sécurité de l’ONU qui pose les conditions d’un cessez-le-feu. Le rapport maintient : « La résolution 1701 et les processus qui la renforcent reflètent quelques importantes réussites pour Israël. Le Hezbollah ne se tient pas sur la frontière, et sa capacité à initier des attaques sur des soldats ou des communautés du Nord a été significativement réduite. Il est possible que la décision, et les processus qui l’ont engendrée, puissent apporter une ouverture à des développements régionaux positifs ».

 

En proclamant la 1701 comme une réussite, la Commission Winograd a retiré le tapis de toute la logique de sa critique sous-jacente à la guerre. Après tout, le but de la guerre est d’améliorer la position d’un Etat vis-à-vis de l’ennemi.

 

Si Israël a atteint ce but à l’encontre du Hezbollah par la résolution 1701, alors le reste du rapport critique d’Olmert, Peretz, Haloutz et de l’ensemble du gouvernement et de l’armée a peu de sens. Au mieux, ils sont coupables d’avoir donné une victoire dans la confusion à Israël, plutôt que de nous y avoir conduits en bon ordre. Si la 1701 était une réussite, alors loin de les attaquer, le rapport devrait les applaudir.

 

Le rapport Winograd déclare de façon répétée que la commission a été formée du fait de la perception d’une défaite par le public, et de l’exigence concomitante de la responsabilité du gouvernement. Pourtant, la perception de la défaite par le public est confirmée par le texte de la résolution 1701.

 

La Résolution 1701 place Israël, Etat souverain, au même niveau que le Hezbollah, organisation terroriste illégale. La Résolution donne une légitimité internationale à la poursuite de l’existence du Hezbollah comme organisation paramilitaire, cheval de Troie national piloté par l’Iran. De fait, elle ne fait mention ni de la Syrie, ni de l’Iran au service desquelles le Hezbollah a combattu, et qui dépend de leur bon plaisir.

 

Les forces internationales que Israël était si fervent à voir déployées le long de la frontière, servent aujourd’hui de tampon protecteur du Hezbollah contre Tsahal, en lui permettant de redéployer ses forces au sud Liban et de réarmer sans craindre Tsahal.

 

Aussi, ce qui transparaît le plus clairement du Rapport Winograd est le désir des membres de la Commission d’ignorer le fait que la Deuxième Guerre du Liban a été une guerre des idées, non moins qu’une guerre sur le champ de bataille. L’été dernier, Israël a eu l’opportunité de démontrer la vérité sur la nature de la guerre qu’on lui impose. Israël a eu l’opportunité de s’affirmer comme un allié vital des USA. Israël a eu la possibilité de vaincre la perception gauchiste de la paix, qui proclame qu’il n’y a pas de différence entre Tsahal et les forces terroristes attaquant la société israélienne, et ainsi qu’il n’y a pas de raison de chercher à les vaincre ; et qui proclame que la guerre contre Israël n’est pas liée au jihad mondial.

 

Il est trop tôt pour savoir comment le drame politique qui se dévoile maintenant en Israël tournera. Mais la mauvaise direction actuelle, sous la conduite de Rice, de la guerre sur tous les fronts, et l’enhardissement des ennemis d’Israël et des forces du jihad global à travers le monde, montrent clairement qu’au cours de la guerre de l’été dernier, Israël a perdu deux guerres, et pas une seule. Et si nous souhaitons vaincre dans la prochaine guerre, remplacer le gouvernement sera insuffisant. Nous devons aussi nous débarrasser de la perception gauchiste de la paix, qui nous a apporté à la fois notre récolte actuelle de dirigeants défaillants, et la défaite de l’été dernier.

 

http://jewishworldreview.com/0507/glick050407.php3

 

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Notes du traducteur :

 

* Madeleine Albright ébaucha en effet quelques pas de danse avec l’un des dictateurs les plus féroces de la planète, Kim Jong Il, régnant d’une main de fer sur la dynastie communiste héréditaire de Corée du Nord ; ce qui n’empêcha pas ce pays où la population crève littéralement de faim, de poursuivre avec le succès que l’on sait, son programme d’armes nucléaires et de lance-missiles intercontinentaux.

 

** Némésis : déesse de la vengeance, selon la mythologie grecque.

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