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Terrorisme
La banque jordanienne qui encourage les terroristes à se faire exploser, A. Rybińska
La principale banque jordanienne récompense les familles des terroristes-suicide. On peut même faire une demande de compensation financière avant de se faire exploser. Des avocats américains ont
cité en justice la Arab Bank pour soutien au terrorisme.
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19/05/07
Article paru dans Rzeczpospolita (Pologne), du 6 février 2007
Traduction du polonais : Irena Elster
En mai 2003, Steve Averbach, un Juif américain travaillant dans la police israélienne prenait le bus à Jérusalem. Un passager est monté dans le bus au dernier moment. C’était un jeune homme ayant
l’aspect d’un Juif religieux et portant kippa. Averbach avait remarqué une bosse sous sa veste. Quand il s’approcha de lui, l’arme à la main, l’homme déclencha une charge explosive. Le
terroriste-suicide est mort sur le coup. Averbach est resté infirme à vie.
Quelques semaines plus tard, un représentant d’une organisation des "familles de martyrs palestiniens", s’est présenté chez la famille du jeune terroriste de 18 ans, Bassam Takruri. Il a proposé à
la mère d’ouvrir un compte dans la filiale de la Arab Bank, compte sur lequel cette institution financière ferait des virements en récompense de la "mort héroïque" du fils. C’est ainsi que la
famille de Takruri perçut quelque 200 dollars par mois pendant plus d’un an.
Le banquier dévoué à la famille royale
Arab Bank, c’est l’une des plus grandes, des plus importantes institutions financières du Proche-Orient. Elle a des filiales dans 28 pays ; 40% de ses parts appartiennent aux Schoman, une vieille
famille de banquiers arabes.
Comme l’écrit l’hebdomadaire allemand, Der Spiegel, le banquier Abd al Hamid Schoman a reçu, l’an dernier, de la famille royale jordanienne, une récompense pour « services rendus ». Bien que ce
soit justement lui qui s’occupe des versements de la dite police d’assurance – la récompense versée aux familles des terroristes-suicides qui, en se faisant exploser, ont assassiné des Israéliens.
Ce sont ainsi des centaines de milliers de dollars qui transitent par les comptes des succursales palestiniennes.
« Munie d’une attestation de décès de l’assassin, la famille se rend dans l’une des 15 filiales de la Arab Bank et reçoit immédiatement de l’argent et une carte de crédit. Tandis que les victimes
des attentats restent souvent démunies et sans moyens de subsistance », confie à Rzeczpospolita, Gary Osen, l’un des avocats plaignants qui assignent en justice la succursale des Etats-Unis.
Son client, paralysé depuis le cou jusqu’au bas du corps, en est une illustration. Avec sa femme et leurs deux enfants, ils n’ont pas de quoi vivre.
L’obtention d’une gratification pour un attentat-suicide commis contre des Israéliens facilite la constitution du "dossier du martyr", lequel, d’après les plaignants, est disponible tant au siège
du Hamas qu’auprès de l’administration de l’Autorité palestinienne. Il contient les formulaires de tous les documents nécessaires. Les jeunes, plus clairvoyants, en font la demande avant de
commettre un attentat.
Un procès dissuasif
Avec l’aide de l’avocat new-yorkais, Ron Motley, Gary Osen a déposé, en 2004, une plainte en justice devant un tribunal américain. Il s’y réfère à la législation antiterroriste de 1966. Celle-ci
permet aux citoyens américains de déposer plainte contre ceux qui ont tué ou blessé un membre de leur famille, ou contre des organisations qui favorisent une activité terroriste. « La Arab Bank
fait partie de telles organisations », souligne l’avocat. La filiale américaine de cette banque est fermée depuis longtemps.
« On ne peut permettre qu’une banque jordanienne serve impunément des intérêts malpropres au Proche-Orient. » Tout a commencé avec un client. C’était une connaissance d’un ami, dit Gary Osen.
Maintenant, avec Ron Motley, ils représentent plus de 900 personnes. « Nous avons conscience que nous ne pourrons pas faire disparaître les réseaux internationaux de financement du terrorisme, mais
si nous obtenons ne serait-ce qu’un dédommagement pour nos clients, peut-être arriverons-nous à dissuader les autres banques », ajoute-t-il.
Il s’agit surtout de la britannique National Westminster Bank. C’est par celle-ci que transitent les comptes de l’organisation britannique Interpal. Officiellement caritative, elle collecte en fait
de l’argent pour les activités terroristes du Hamas.
« Nous n’avons rien à voir avec le terrorisme. Nous ne pouvons pas contrôler de manière efficace chaque client avant l’ouverture d’un compte », affirme le communiqué officiel de la banque.
Aleksandra Rybińska
© Rzeczpospolita
Mis en ligne le 19 mai 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org
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