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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 10:26
 
 
On ne pourra qu'exprimer de sérieuses réserves quant à l'indépendance de cet expert à l'égard des forces en présence dans le champ politique libanais. Le fait, par exemple, qu'il intègre le Hezbollah dans le camp de "tous ceux qui refusent le terrorisme" peut faire sourire, mais plus sûrement, grincer les dents. Cet argumentaire à charge contre le Gouvernement actuel au Liban se tient parfaitement dans la ligne éditoriale du Monde qui ne craint pas de s'accoquiner aux causes terroristes les plus intenables, du moment qu'elles puissent présenter des justificatifs fallacieux mais, à son sens (altermondialiste) suffisants, fondés sur "la misère sociale" : on se souvient que le Hezbollah a su sortir des millions de $ frais de la poche de ses financeurs habituels, Syrie et surtout Iran des Mollahs pour "racheter" sa mise en péril du Liban tout entier à la suite de sa (non-)déclaration de guerre terroriste à Israël, réalisée par voie de Kidnappings. Et tâcher de soudoyer des voix, des sympathies, au moment où l'Etat libanais peinait à se lancer dans la reconstruction du pays.
Qu'aujourd'hui, le Hezbollah fasse profil bas et même annonce "soutenir l'Armée libanaise" tient de l'imposture, lorsqu'on sait que, pour rien au "Monde", le Hezbollah n'accepterait de commencer à s'appliquer la résolution 1701 du Conseil de Sécurité de l'ONU en renonçant à ses trafics d'armes (au prétexte de "résister à l'aggression sioniste", mais aussi), plus certainement pour continuer de fourbir ses "arguments" dans le bras-de-fer qui l'oppose aux anti-syriens du 14 mars et leur imposer son chantage : or, on constate que seul son allié Aoun (chrétien rallié à l'influence mollachique), a osé se présenter pour les futures présidentielles : le coup d'Etat par les urnes est , plus que jamais, à l'ordre du jour au Liban, ce qui ne manquerait pas de rendre épineuse la position des Occidentaux (via la FINUL) venus à la rescousse du Liban, à partir de septembre prochain.

Il ne reste donc que 3 mois à l'Armée libanaise pour assurer ses arrières, à l'Etat pour évaluer si cette armée lui restera loyale, malgré la présence de 40% d'officiers shi'ites en son sein... et à Kouchner pour mettre en route son Tribunal international, en dépit et malgré les obstacles de diversion (Fatah al-Islam, soulèvement possible de l'ensemble des camps palestiniens etc.) mis à contribution par la Syrie, ici, peu incriminée comme à la source de pas mal d'embarras...
 
Cet "expert"-ès Libanités ne craint pas, au contraire, d'affirmer que la Syrie fait désormais partie du paysage politique libanais. Ce qui est en parfaite antinomie avec les partisans anti-syriens de l'Indépendance du Liban ; position soutenue par la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne en vue de l'établissement de ce Tribunal International, qui mettrait la Syrie à l'index et condamnerait ses pratiques d'ingérence. Au total, cet "expert", comme tous ceux qu'a dans sa manche le journal de feu-Colombani, prend le parti que la résolution de la crise au Liban n'est possible que par un "juste représentation de toutes les minorités" (épineux problème constitutionnel), y compris par la sur-représentation des relais du mollachisme et de la dictature allaouite aux gouvernes... Clientèlisme libanais oblige.
 
"Le Monde" de Gresh (membre d'un club de réflexion franco-syrien) et consorts, fidèles à leurs engagements de toujours auprès des dictatures moyen-orientales, entend bien jouer son rôle d'éminence grise et de conseiller des princes (vert-rouge-brun) et mettre des bâtons dans les roues dans la possible "rupture" de la diplomatie française avec son passé.
 




"L'armée libanaise a fait preuve d'amateurisme"
LE TEMPS.CH | 22.05.07 | 11h31 • Mis à jour le 22.05.07 | 11h31

olitologue au Lebanese Center for Policy Studies de Beyrouth, Karam Karam décrypte les risques liés à cette nouvelle crise.

Le Temps : Comment interprétez-vous cette soudaine flambée de violence entre l'armée libanaise et le mouvement Fatah Al-Islam ?

Karam Karam : Cette flambée de violence a surpris par son intensité, mais elle n'était pas du tout imprévue. On s'y attendait. Il y a quelques mois à Tripoli, l'armée a procédé à plusieurs arrestations d'activistes. De plus, le mouvement Fatah Al-Islam a été inculpé pour les attentats perpétrés il y a peu dans la zone chrétienne. On savait que quelque chose se tramait au nord.

Pouvez-vous nous décrire le Fatah Al-Islam ?


Karam Karam : On ne connaît pas vraiment l'assise sociale de ce mouvement. Certains avancent qu'il a été implanté au Liban par des acteurs extérieurs, notamment la Syrie. Une chose est sûre : la violence de ces derniers jours est liée au mécontentement énorme qui s'est fait jour au nord du pays, près de Tripoli. Comptant parmi les zones les plus pauvres du Liban, le Nord comprend des quartiers qui vivent dans la misère. Mais les partis politiques n'ont rien fait pour y remédier.

Et l'armée, qui a enregistré des dizaines de morts, est-elle incapable d'agir ?

Karam Karam : Les pertes subies par l'armée sont énormes. Cela montre à quel point les acteurs politiques libanais n'assument pas leurs responsabilités. Car il faut se rendre à l'évidence : l'armée, qui a envoyé 15 000 hommes au Liban-Sud après la guerre de l'été 2006, se dit prête à défendre le pays, à garder les frontières. Dans le cas présent, elle a pourtant fait preuve d'un grand amateurisme. Les scènes qu'on a vues à la télévision, mêlant militaires et passants, donnaient une impression de chaos total.

L'actuelle impasse politique au Liban a-t-elle favorisé l'action du Fatah Al-Islam ?

Karam Karam : On ne peut pas mettre tous les problèmes actuels et l'inefficacité politique sur le dos de la Syrie ou de l'impasse politique dans laquelle se trouve le Liban. Les Libanais eux-mêmes doivent assumer leurs responsabilités. Mais pour l'heure, ils préfèrent la fuite en avant. La Syrie a gouverné le Liban pendant 30 ans. Elle ne va pas disparaître du pays du jour au lendemain. Mais pour les Libanais, il ne suffit pas de dénoncer son action supposée. Il faut agir sur le terrain, tenter de résoudre les problèmes quotidiens de la population. Quant à l'impasse politique, on connaît depuis l'automne dernier une crise gouvernementale qui n'a pas été résolue. Aujourd'hui, on en rajoute une avec l'élection présidentielle (ndlr : qui doit avoir lieu en septembre) où seul le général Aoun a osé se déclarer , mais dont personne ne veut. Une solution ponctuelle au problème libanais n'est pas possible. C'est tout le système consensuel, ancré dans l'accord de Taëf, qui doit être revu.

Tiraillé entre le drame palestinien et le chaos irakien, le Liban ne risque-t-il pas l'implosion ?

Karam Karam : Le Liban a toujours interagi avec la situation régionale. Le fait qu'il connaisse une crise politique et institutionnelle le rend plus vulnérable. Mais ce qui est rassurant, c'est que les principaux acteurs politiques libanais du Hezbollah au Courant du futur refusent tous la logique terroriste. Quant à la diplomatie irano-saoudienne, elle n'a pas permis de trouver de solution. On s'est pourtant entendu pour que la situation ne dérape pas davantage...

La volonté de l'ONU d'imposer la création du tribunal pour juger les assassins de Rafic Hariri ne va pas arranger les choses.

Karam Karam : D'emblée, l'ONU aurait dû créer ce tribunal. Cela aurait permis d'éviter de surcharger le système politique libanais. Maintenant, le débat fait rage à l'intérieur et à l'extérieur du Liban. Il est explosif. Imposer un tel tribunal peut néanmoins permettre au pays de passer à autre chose.


Propos recueillis par Stéphane Bussard
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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