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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 20:18
REFLEXIONS SUR L’ABANDON PAR LE PREMIER MINISTRE OLMERT DU GOLAN AU PROFIT DE LA SYRIE
 
Par Maître Bertrand RAMAS-MUHLBACH
 
 
 
 
Selon le Yediot Aharonot du vendredi 8 juin 2007, le Premier Ministre Ehoud Olmert serait prêt à offrir le plateau du Golan à la Syrie, en échange de la paix.
L’information a naturellement déclenché un concert de protestations des députés de la droite israélienne tel le Député Guideon Saar (Likoud) qui a appelé les partis Israël Beitenou et Shass à quitter la coalition, ou les Députés Zevouloum et Effi Eitam (PNR) qui estiment que la démarche est dictée par un intérêt politique personnel, voire encore le Député Israël Katz (Likoud) qui considère que le Premier Ministre devient une charge stratégique pour l’Etat. Pour sa part, le Député arabe Ahmed Tibi a encouragé Monsieur Olmert à poursuivre sur cette voie en appelant à un retrait total du Golan.
En réalité, la loi israélienne ne confère pas au Premier Ministre le droit de remettre en cause l’intégrité territoriale de l’Etat. Aussi, la mise en place d’un référendum tel que préconisé par Feu le Premier Ministre Yitzhak RABIN, restituerait au peuple d’Israël le choix d’une configuration nouvelle de l’Etat (1°). En tout état de cause, aucun fondement juridique, éthique ou philosophique ni même une (très improbable) perspective de paix, ne justifie un tel cadeau à la Syrie (2°).
 
1° l’opportunité d’un référendum concernant l’abandon de souveraineté sur le Golan
 
Depuis sa naissance, Israël a toujours contrôlé tout ou partie du plateau du Golan : lors de l’armistice de 1949, l’armée syrienne s’est retirée au-delà de la frontière et le secteur, déclaré zone démilitarisée, a été partagé entre Israël qui prenait le contrôle de la partie centrale alors que les syriens prenaient possession de EL Hamma sur la rive Nord est de Tibériade. Par la suite, le Golan a été entièrement occupé par Israël le 4 juin 1967 (guerre des six jours) puis annexé le 14 décembre 1981.
Désormais, le Golan fait partie intégrante du territoire israélien et ce, en dépit d’une absence de reconnaissance internationale et de condamnations répétées de la communauté internationale (résolutions n° 242, résolution n°338 du 22 octobre 1973, résolution 497 du 17 décembre 1981, résolution 497, résolution 1998/2 de la Commission des Droits de l’Homme...)
Le problème se pose donc de savoir si l’Etat hébreu doit sacrifier sa sécurité et s’amputer d’une région dont l’importance est stratégique et économique, alors même que la population « non juive » locale (quelques milliers d’âmes) n’a aucune origine historique commune avec la population syrienne. En effet, les druzes en tant que secte chiite, sont considérés par les sunnites syriens comme des égarés qui rejettent la charia et les obligations rituelles qui en découlent.
Dès lors, en cas de décision portant abandon de souveraineté du Golan, sûrement conviendrait-il d’associer la population israélienne par la voie du référendum, conformément à la position défendue à la Knesset par le Premier Ministre Yitzhak RABIN en 1994.
Monsieur RABIN, avant de disparaître tragiquement, avait suggéré la mise en place d’un référendum sur un éventuel retrait du Golan pour associer le peuple d’Israël « aux choix douloureux, susceptibles de conduire à la paix ».
Aussi, et pour ce qu’il en est des modalités, Monsieur RABIN avait suggéré de finaliser préalablement le projet afin de pouvoir le présenter au peuple et dire : « Regardez, c’est ce que nous avons réalisé, et c'est le prix à payer. L'accomplissement est la paix avec la sécurité et des aménagements pour la sécurité. Vous devez choisir entre le maintien de la situation existante ou indiquer si vous êtes prêt pour la paix, avec le prix qu'elle nécessite » (Rabin, débats à la Knesset du 17 janvier 1994).
Le projet n’ayant jamais été finalisé, le référendum n’a pu être soumis au peuple d’Israël. Néanmoins, si la question venait à être reposée, c’est au peuple d’Israël qu’elle devrait l’être pour lui permettre de décider des contours nouveaux de l’Etat sans que la modification ne puisse être imputée à une décision politique partisane et controversée.
Dans cette occurrence, peut-être conviendrait-il de faire participer les juifs de diaspora à ce référendum (de façon purement consultative) pour deux raisons principales :
- tout d’abord, en leur qualité de membre du peuple juif, il conviendrait de les associer au devenir de l’Etat hébreu.
- par ailleurs, pour ceux des candidats à l’Alya qui envisageraient une installation dans le Golan, il est important de mesurer les risques d’un passage sous souveraineté syrienne ou des possibles désagréments occasionnés par un déplacement forcé, comme ce fut le cas des populations juives du Gouch Katif au cours de l’été 2005.
 
2° l’absence de fondement au retrait
 
En tout état de cause, rien ne justifie un tel abandon de souveraineté.
La Syrie semble conditionner la paix avec Israël à une restitution du Golan alors qu’en réalité, le Golan n’est qu’un prétexte pour justifier l’attitude belliqueuse du pouvoir syrien et l’Etat de belligérance, sans relation avec l’annexion du plateau du Golan.
Pour les pays arabes (dont la Syrie), c’est le principe même de la création de l’Etat d’Israël qui pose problème et non son implantation sur telle ou telle partie du territoire.
Aussi, un abandon de souveraineté sur la région serait parfaitement contreproductif car non seulement la paix ne serait pas signée mais en outre, l’Etat d’Israël serait encore délégitimé sur la scène internationale : si le Golan est restitué, c’est que son annexion est illégitime. Or si tel est le cas, on peut considérer que l’annexion de Jérusalem l’est également tout comme la création de l’Etat hébreu lui-même.
Le chef de l'opposition syrienne Farid Ghadry en tournée avec le député Youval Steinitz (Likoud) sur le plateau du Golan ne s’y est pas trompé et a appelé Israël à ne pas entamer de négociations de paix avec Damas.
En tout état de cause, l’Etat Hébreu ne doit pas tomber dans le piège d’une remise en cause des étapes du processus historique sauf à se perdre dans des conjectures tout aussi stériles qu’absurdes.
En effet, au lieu de restituer le Golan à la Syrie, pourquoi ne pas restituer la Syrie à la France qui était la puissance mandataire instituée par la société des nations le 25 avril 1920. Dans ce cas, les négociations sur le Golan se poursuivraient avec le Président Nicolas Sarkozy.
De la même manière, pourquoi ne pas imaginer une restitution du Moyen Orient à la Turquie puisque la région faisait partie de l’Empire Ottoman avant la Première guerre mondiale. Dans cette hypothèse, et compte tenu du souhait exprimé par la Turquie d’entrer dans l’Union européenne, les négociations sur le Golan pourraient se poursuivre avec le Président de l’Union européenne et le président Turque Ahmet Necdet Sezer.
Inversement, et plus symboliquement, pourquoi en marge du retrait du Golan, le Premier Ministre Olmert n’irait pas jusqu’au bout de son raisonnement en préconisant une reconstitution de la Syrie Historique Bilad al-Cham qui comprenait la Syrie actuelle, le Liban, la Jordanie, la Palestine Historique c'est-à-dire Israël et les territoires palestiniens :  il suffirait, pour se faire, de renoncer à la souveraineté juive sur l’Etat d’Israël et de faire allégeance à la Syrie...
Ne nous y trompons pas : il n’y a d’autre solution que de figer les situations contemporaines en conservant le Golan à l’intérieur des frontières de l’Etat juif.
De même, lorsqu’un Premier Ministre est confronté à des problèmes personnels, il conviendrait de ne pas détourner l’attention du public en délégitimant l’Etat d’Israël.
 
Maître Bertrand RAMAS-MUHLBACH

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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