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10 juillet 2007 2 10 /07 /juillet /2007 08:46
La Kabylie aux prises avec "al-Qaida pour le Maghreb"
 

Les attentats revendiqués par le GSPC, rallié à l’organisation d’Oussama Ben Laden, se multiplient dans cette région depuis toujours hostile au pouvoir algérien.

Alors que le reste du pays est pratiquement pacifié après une décennie de violences, la Kabylie joue les prolongations. Aïn-el-Hammam, sous-préfecture de montagne perchée à une trentaine de kilomètres de Tizi-Ouzou, la capitale régionale, est sous haute surveillance. Le carrefour de Ssevt, à trois kilomètres à l’est de la ville, évoque les points de passage d’un pays en guerre : herses, sacs de sable et contrôle de véhicules. Depuis que la garde communale a été mitraillée en plein jour par des hommes armés circulant à bord d’un fourgon, le barrage a été renforcé par des militaires et des gendarmes. Le 5 juillet, fête de l’indépendance, la ville était de nouveau en émoi. Une bombe télécommandée, placée dans un fossé, a explosé au passage d’un cortège officiel qui accompagnait le wali (préfet). Sans faire de victime.

Dans la Kabylie, otage d’une guerre qui ne la concerne pas, les attentats se multiplient à une cadence infernale. Le 6 juin dernier, une bombe ciblait la gare routière de Tizi-Ouzou, mitoyenne du palais de justice. Le 14 février, sept attentats simultanés à la voiture piégée visaient des casernes de gendarmerie et des commissariats de police, faisant officiellement 6 morts et 13 blessés.

Cette offensive survient alors que le GSPC, rebaptisé al-Qaida pour le Maghreb islamique depuis septembre 2006, tente d’imposer son influence sur toute l’Afrique du Nord. « L’émir Droudkel veut asseoir sa légitimité dans la hiérarchie d’al-Qaida. Le moment venu, il pourra prétendre à la succession d’Oussama Ben Laden », explique le journaliste Hamida Layachi, spécialiste de l’islamisme radical.

Un pacte de non-agression

Le groupe opérationnel qui sévit en Kabylie aurait établi son QG dans les maquis d’Aït Yahia, près de Aïn-el-Hammam. La région, au relief accidenté et fortement boisé, a été de tout temps un foyer d’agitation. Durant les années 1990, elle avait résisté à la déferlante islamiste du FIS sous la bannière du FFS et du RCD, deux partis laïcs influents dans la région. Pour se protéger des incursions terroristes, les villageois sortaient les fusils de chasse et les vieilles mitraillettes, cachés depuis la fin de la guerre d’indépendance en 1962. Avec l’élimination ou la reddition de la poignée d’intégristes originaires de Kabylie, des groupes armés venus d’Alger et des localités limitrophes ont pris le relais.

Pourquoi ont-ils choisi cette région hostile comme base arrière et ultime refuge ? Comment ont-ils pu survivre au sein d’une population dont ils ne comprennent même pas la langue ? Un avocat tente une explication : « Entre la population et le GSPC, il y a comme un pacte tacite de non-agression. En évitant de s’attaquer aux civils, les groupes armés ont obtenu leur neutralité d’autant plus aisément que les Kabyles considèrent la délation comme un déshonneur, et qu’ils partagent une même haine du pouvoir. »

En mars dernier, Hacène, chauffeur de taxi de 35 ans, a rencontré ces mystérieux maquisards, embusqués derrière des buissons. Ils étaient sans barbe et habillés en civil. « Le soir, raconte-t-il, une délégation d’une vingtaine de villageois, sans armes, est allée à leur rencontre. Nous leur avons dit qu’ils étaient à proximité des habitations, qu’ils risquaient de faire peur aux écoliers, et qu’ils devaient déguerpir. Ils nous ont assuré qu’ils partiraient à la tombée de la nuit... »

Cette « neutralité vigilante » de la population s’est renforcée depuis la terrible répression du printemps 2001, qui avait fait 124 morts et des centaines de blessés parmi de jeunes manifestants. Le GSPC avait alors tenté une jonction avec les contestataires en proclamant : « Kabyles, votre ennemi est le nôtre ! Votre combat est juste... » Malgré des dérives isolées de quelques délégués des âarchs (coordination des comités de villages) qui avaient détourné des médicaments vers les maquis islamistes, l’opération de charme avait tourné court.

Alors que la population exigeait le départ des « gendarmes assassins », les autorités acceptaient de délocaliser les brigades les plus meurtrières. La région, devenue une zone de non-droit, est livrée à l’insécurité et au racket. Depuis mars 2006, plusieurs commerçants et entrepreneurs ont été kidnappés, puis relâchés contre de fortes rançons, dans une totale opacité. Les milieux d’opposition soupçonnent le pouvoir de manipuler ce climat délétère pour imposer le retour des gendarmes.

Arezki Aït Larbi

Le Figaro du 09/07/07

 
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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