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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 14:39
Lybie : le crime paie, Claude Moniquet
  

24.07.2007

 

 

D’abord, bien entendu, on se réjouira de la libération des infirmières bulgares et du médecin d’origine palestinienne, qui ont vécu un calvaire durant huit années en Libye. Ensuite,on se félicitera de ce succès de la diplomatie française. Là où la Bulgarie a joué un rôle négligeable pendant des années (alors même que ses ressortissants étaient détenus), là où l’Union européenne n’a guère brillé par son efficacité, c’est en quelques semaines seulement que le président Nicolas Sarkozy a obtenu gain de cause. Dont acte. Mais malheureusement, quitte à passer pour un esprit chagrin, on ne peut que regretter que le crime ait payé.

 

L’affaire des "infirmières libyennes" a, en effet, tout de la prise d’otages. Cinq infirmières et un médecin ont été retenus en Libye et condamnés à mort pour un "crime", dont tout un chacun sait qu’il n’a jamais été commis. Les enfants libyens, morts ou malades du sida, n’ont été les victimes que de l’état lamentable des hôpitaux de Benghazi, en particulier, et de la médecine libyenne, en général, et d’un manque d’hygiène généralisé. Le fait que des aveux aient été obtenus (sous la torture) ne change rien à l’affaire. Et l’on espère bien que les vraies victimes – les otages qui viennent d’être libérés – se retourneront contre Tripoli - l’engagement qu’ils ont pris de ne pas poursuivre la Libye n’a évidemment aucune valeur, ayant été arraché sous la menace de mort.

 

Alors, que fallait-il faire ? Si l’Europe avait été forte et unie, il aurait été possible d’exercer sur la Libye une pression maximale, nécessaire pour obtenir gain de cause. Mais l’Europe n’est ni forte, ni unie. Il a donc fallu payer – que cela ait été fait directement, ou par le biais de certains pays arabes amis.

 

Triste précédent qui voit une population faire commerce de la vie et de la santé de ses enfants – ce fameux "prix du sang" qui a été payé aux familles – et un Etat être récompensé pour la prise d’otages d’innocents : les plus hautes autorités libyennes ont reconnu que la libération avait été « facilitée » par la promesse de renouer des relations entre Tripoli et l’Europe.

 

Il y a quelques années, le colonel Kadhafi avait obtenu de rentrer en grâce auprès de Washington et de Londres en renonçant à un programme d’armes de destruction massive, inventé de toutes pièces : quiconque connaît l’état de l’industrie et de la science libyennes et les habitudes locales de travail (si l’on peut employer ce mot…) sait bien que la Libye eût été totalement incapable, ne serait-ce que d’entamer un tel programme. Les quelques bouts de tuyaux et autres veilles machines qui ont été livrés aux Etats-Unis, ne valaient que le poids de la ferraille, mais ont été négociés au prix de l’or, grâce à la magie tout orientale du chef de l’Etat libyen.

 

Avec l’affaire des infirmières, on sait donc désormais qu’en plus d’être des escrocs, les dirigeants libyens sont également des preneurs d’otages et des racketteurs.

 

Voilà qui est peu encourageant pour les ingénieurs, techniciens, hommes d’affaires et autres spécialistes européens qui auront à se rendre sur place, maintenant que la Libye, pour prix de son crime, est devenue notre meilleure amie !

 

  • Lorsque Kadhafi a voulu se rapprocher des Etats-Unis, il a inventé son programme d’armes de destruction massive et a négocié son "abandon".
  • Lorsqu’il a voulu se rapprocher de l’Europe, il a instrumentalisé le complot fantasmatique des infirmières, et a négocié ses otages.
  • Si demain, il vient au colonel l’envie de devenir Prix Nobel de la Paix, de se produire sur les scènes de Broadway dans un numéro comique ou, tout simplement, d’obtenir notre soutien pour maintenir son régime socialiste en faillite, qu’inventera-t-il et qui prendra-t-il en otage ?

 

Claude Moniquet

 

© ESISC

 

Mis en ligne le 24 juillet 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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