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27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 09:11
Israël et ses réfugiés du Darfour (info # 012108/7)
Par Stéphane Juffa

Tuesday 21 August [13:45:00 BST]
Darfourie © Metula News Agency













La loi du Coeur !






 

La guerre d’épuration ethnique, menée au Darfour par le gouvernement islamiste contre les populations africaines, non arabophones et largement christianisées, se poursuit. Elle aurait fait, à ce jour, entre 200 000 et 250 000 morts, et pas moins de deux millions et demi de personnes déplacées. Celles-ci ont trouvé un refuge extrêmement précaire dans des camps d’ébergement installés sur sol soudanais, ainsi que dans d’autres pays d’Afrique, en particulier au Tchad. Notre agence a consacré de nombreux articles à cette tragédie et continue d’observer la situation sur une base quotidienne.

 

Mais voilà que les répliques de ce génocide atteignent maintenant Israël, qui doit faire face à un nombre croissant d’immigrés clandestins en provenance du Soudan. Ces Darfouris, privés de moyens de subsistance, se font extorquer leurs dernières économies par des passeurs bédouins du Sinaï, qui, lorsqu’ils ne les abattent pas purement et simplement, les font passer dans le Néguev israélien. Durant les mois écoulés, on en compte ainsi entre cinquante et soixante par nuit.

 

L’Etat hébreux peine à gérer ce flot d’arrivants illégaux. En fait, Israël est déchirée entre la nécessité de régenter sa politique d’immigration de façon cohérente, et la préoccupation humanitaire, qui appelle à absorber ces malheureux.

 

L’équilibre n’est pas facile à trouver, ne serait-ce que parce que la vocation statutaire du pays où coulent le lait et le miel consiste d’abord à servir de terre d’accueil aux réfugiés juifs. Durant les vingt dernières années, ce ne sont ainsi pas moins d’un million et demi de nouveaux émigrants qui sont arrivés en terre sainte. De fait, ce petit pays, en guerre permanente pour sa survie et aux moyens financiers limités, s’est vu contraint d’absorber, d’éduquer et de loger une population de transfert, représentant pas moins du cinquième de sa population indigène.

 

A ma connaissance, aucune nation développée n’a jamais eu à faire face à un tel défi. Un défi globalement réussi, les signes d’intégration, notamment des immigrants éthiopiens et russes, l’emportant objectivement sur les problèmes complexes que cette absorption massive n’a pas manqué de générer.

 

Dorénavant, le ministère de l’Intégration doit faire face à des dilemmes épineux, tous liés à des contraintes exprimées en termes de ressources, dans son désir d’accepter de nouveaux citoyens. Le problème actuel le plus douloureux est sans conteste celui des Falashmuras, ces Ethiopiens d’origine juive, qui ont délaissé les pratiques israélites depuis des décennies, parfois des siècles. L’Etat hébreu, en la matière, doit trouver des solutions humaines à la réunification de familles cruellement séparées – Falasha-Falashmuras – mais aussi de Falashas avec leurs proches chrétiens, de Russes juifs, avec leurs conjoints qui ne le sont pas, et de centaines de milliers d’immigrants économiques, qui se font passer pour israélites afin de bénéficier des avantages de la Loi du Retour.

 

Selon cette loi, tout Juif possède le DROIT intangible de réintégrer, quand il le désire, la patrie historique de son peuple et d’y recevoir les aides à l’intégration prévues pour l’y accueillir.

 

Les avantages de la Loi du Retour ne sont pas réservés aux seuls israélites, puisqu’ils s’appliquent également et similairement aux Israéliens non juifs – un million et demi de personnes environ - dont les conjoints, indifféremment de leur nationalité et de leur confession -, peuvent se prévaloir. Plusieurs dizaines de milliers de conjoints étrangers d’Israéliens arabes ou druzes on déjà profité de la Loi du Retour.

 

On compte aussi presque 500 000 personnes, en Israël, se réclamant de nationalité juive mais ne la possédant pas, qu’il s’agisse de conjoints de Juifs, ou d’immigrants ayant proclamé une fausse origine afin de vivre dans un pays moderne et d’y jouir des avantages de la Loi du Retour. Des milliers d’entre eux instrumentalisent leur passeport israélien – qu’ils obtiennent au bout d’un séjour d’un an dans le pays – pour émigrer à nouveau vers des paradis occidentaux, qui leur étaient inaccessibles avec leur nationalité de départ.

 

D’autres, encore, s’intègrent facilement dans l’Etat hébreux. Leurs enfants y perdent leur spécificité et leur accent, poursuivent des études, et deviennent avocats, ingénieurs, informaticiens, médecins ou officiers d’active.

 

Reste que, pour qu’elle conserve un sens, je veux spécifiquement dire, pour que les réfugiés juifs du monde conservent un havre qui leur appartienne et qui ait les moyens financiers de les intégrer, il importe qu’ici, au moins, ils disposent d’un accueil prioritaire. Les images des enfants juifs, fuyant l’hitlérisme, refoulés par des gardes-frontières de pays sans vergogne vers les camps d’extermination, sont encore trop présentes dans notre inconscient collectif pour que nous hypothéquions, en galvaudant nos ressources sans discrimination, notre capacité à tenir notre rôle d’abri pour les Juifs.

 

Nous sommes quelques intellectuels qui ont pris bonne note que, durant la "Conférence d’Evian sur les réfugiés juifs d’Allemagne nazie", qui s’est tenue en 1938, à l’Hôtel Royal de cette station balnéaire, tous les participants, à l’exception de la République Dominicaine, soit 31 des Etats les plus "éclairés" d’alors, refusèrent de sauver nos coreligionnaires en danger en les accueillant sur leur sol.

 

Personne n’avait crié au racisme, pas plus que lorsque ces sans patrie disparurent dans les fumées des crématoriums d’Auschwitz. Depuis, les Juifs du monde ont une patrie, et il nous appartient, à nous, Israéliens, de faire en sorte d’être capables de les recevoir, quand et si la menace antisémite se fait trop pressante dans les endroits ou ils vivent. Ou quand et s’ils décident, tout simplement, de rentrer chez eux.

 

Loi du Retour ou Loi du Cœur ? S’il est clair que, quitte à passer pour des racistes que nous ne sommes pas, nous ne pouvons partager notre minuscule territoire avec des opportunistes sans scrupules et des réfugiés économiques, nous ne saurions nous conduire, envers des infortunés en danger de mort, comme les Etats européens et américains se sont conduits à notre égard, entre 1936 et 1945.

 

A ce titre, mais non sans quelques précautions, nous rejetons la décision prise par le gouvernement d’Ehoud Olmert. Décision, selon laquelle les 500 Darfouris, déjà présents officiellement en Israël, seront intégrés, cependant que tous les nouveaux réfugiés soudanais seront renvoyés en Egypte, avec l’accord des autorités du Caire.

 

Avant-hier soir, une cinquantaine de ces immigrants illégaux ont ainsi été refoulés dans le Sinaï, alors que l’on sait, grâce au témoignage de Masri Feki [voir "Le Caire : la police intervient contre des demandeurs d’asile – 26 morts -"], les risques qu’ils encourent dans le pays du Nil.

 

De nombreuses familles israéliennes ont, spontanément, ouvert leurs maisons aux réfugiés. C’est dans un de ces nouveaux foyers d’adoption que j’ai rencontré, hier, un Darfouri, sa femme et leurs trois enfants. Ils sont en situation irrégulière et risquent l’expulsion. Le père, qui a trouvé un emploi dans une blanchisserie industrielle, m’explique calmement que, souvent, les Egyptiens les réexpulsent vers le Soudan, en mentionnant qu’ils sont venus chercher asile en Israël. "Là, à l’arrivée, ils nous massacrent instantanément" me dit Yahya, qui vit en Israël depuis un an.

 

"Au lieu de nous renvoyer là-bas, je préfère que vous nous massacriez tous proprement", ajoute-t-il seulement. C’est la phrase des victimes des génocides. La même que les réfugiés juifs, qui venaient de se faire prendre, après avoir passé le Rhin, prononçaient aux douaniers suisses. La même, encore, que les Tutsis de Kigali adressaient aux soldats belges ou français, alors que ceux-ci étaient sur le point de les abandonner à leurs assassins.

 

Israël ne peut pas refouler les Darfouris. Mais elle doit faire en sorte que ce qu’elle craint le plus ne se produise pas : qu’au lieu d’en venir cinquante par nuit, il en arrive cinq mille.

 

Que France 24 – pas encore déchiraquisée, semble-t-il – et les autres contempteurs pathologiques d’Israël gardent leurs sarcasmes et leurs critiques pour leur compte. Une solution humaine existe : partager les réfugiés qui arrivent en Israël entre pays civilisés. Mais nous n’avons reçu aucune proposition dans ce sens des donneurs de leçons. Quant aux ONG, genre Human Rights Watch, elles se contentent de recevoir des… dessins d’enfants du Darfour ; il est vrai que c’est nettement moins encombrant.

 

De solution, il y en a une bien meilleures encore. Celle qui consiste à dépêcher la fameuse Force hybride – l’Arlésienne -  au Soudan. Pour réinstaller et sécuriser les chrétiens noirs, comme Yahya, dans leurs villages, et barrer la route à la purification ethnique menée par les Musulmans blancs de Khartoum. Mais pour cela, il faut que la communauté internationale prenne le risque de se mettre l’islam à dos ; or il est infiniment moins intrépide de taper encore un peu sur Israël que de protéger les chrétiens du Darfour.

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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