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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 08:42
France : une nouvelle venue dans la compréhension du danger iranien (info # 013108/7)
Par Jean Tsadik

Friday 31 August [11:21:00 BST]
Sarko 3
© Metula News Agency












"Cette initiative (les sanctions) est la seule qui puisse nous permettre d’échapper à l’alternative, qui, je le dis, est catastrophique : la bombe (atomique) iranienne ou le bombardement de l’Iran"



 

Durant la semaine qui s’achève, les Israéliens et les Syriens ont dégraissé, simultanément, leurs forces massées à proximité de la ligne de démarcation sur le Golan. Cette action, qui diffuse sensiblement la tension de ces dernières semaines, a été rendue possible grâce à l’intervention de médiateurs, des Turcs, en particulier.

 

Cette dilution des effectifs est tactiquement cruciale. Dans un article précédent, j’avais expliqué qu’un face-à-face de deux armées en dispositif de combat se terminait, presque obligatoirement, par une confrontation. Ceci est dû au fait que, dans une situation de ce type, tout retrait unilatéral de forces offre à l’adversaire une opportunité d’attaque par trop avantageuse pour qu’une armée en prenne le risque. On en arrive donc à un stade de mobilisation lors duquel l’affrontement devient presque inévitable, ce, même si les pays impliqués n’ont pas fait le choix politique de s’engager dans une guerre. Ce scénario est exactement celui qui avait prévalu à l’occasion de la Guerre des Six Jours. Israël, l’Egypte, la Jordanie et la Syrie avaient été entraînées dans des situations qu’elles n’avaient pas planifiées. Elles s’étaient adaptées à l’évolution du conflit.

 

On s’est trouvé proche, cet été, d’un bis repetita non placent – les choses qu’on ne souhaite pas se répètent -, et le désengagement partiel dont je fais état réduit, au contraire, le risque d’une déflagration immédiate.

 

Ceci dit, les unités désengagées ont simplement changé de terrain d’entraînement. En Israël, c’est un programme de rafraîchissement à long terme de Tsahal qui prévaut, dont le but consiste à s’adapter aux nouvelles menaces.

 

Car tout en désamorçant l’éventualité d’une empoignade immédiate avec la Syrie – qui à elle seule ne lui apporterait aucun bénéfice – l’Etat hébreu demeure, plus que jamais, attaché à une vision stratégique globale de la situation. Cette approche des choses compte, depuis lundi dernier, une nouvelle adepte : la France !

 

On en a pris connaissance à l’issue du discours que Nicolas Sarkozy a adressé aux gens du Quai d’Orsay, dans lequel il a, entre autres réorientations spectaculaires, affirmé que "l’ambition nucléaire de l’Iran représentait le plus dangereux problème auquel le monde devait faire face". Devant un parterre de diplomates interloqués, se regardant parmi, le nouveau président français, coupant net avec la position chiraquienne selon laquelle une action militaire contre Téhéran était inconcevable, a enfoncé le clou, affirmant que l’Iran disposant de la bombe atomique serait inacceptable.

 

Parlant de la nécessité de renforcer les sanctions à l’encontre de la République islamique – ce que l’ONU s’apprête à décider le mois prochain -, en offrant des avantages à Téhéran s’il mettait un terme à son développement militaire, le président français a usé de la formule suivante : "Cette initiative (les sanctions) est la seule qui puisse nous permettre d’échapper à l’alternative, qui, je le dis, est catastrophique : la bombe (atomique) iranienne ou le bombardement de l’Iran".

 

On ignore jusque où la France resapée est prête à aller dans l’application de la nouvelle conception énoncée par son président. Le soutien actif des propositions de sanctions, à Manhattan, est une certitude, mais est-il envisageable que Paris, en cas d’échec de la solution diplomatique, participe au bombardement de l’Iran ? L’avenir nous le dira. Pour le moment, on se limite à constater l’alignement tricolore verbal sur la position stratégique adoptée par Washington et Jérusalem : libre voie à l’alternative onusienne jusqu’à l’hiver, et option militaire, si cela ne fonctionne pas, ensuite. Mais en aucun cas on n’acceptera d’Iran nucléaire.

 

Avec ou sans les Français, qui deviennent, soit-il relevé en passant, les premiers Européens à afficher une position claire devant la menace perse, l’Amérique et Israël se préparent "à toute éventualité". Et dans ce cadre-là, en dépit des dénégations répétées des chefs politiques et militaires de l’Etat hébreu, une confrontation avec la Syrie deviendrait, elle aussi, inévitable. En cas de frappe sur les installations nucléaires et les fabriques de missiles iraniennes, il ne serait en effet pas envisageable de ne pas détruire également les sites de stockage et de lancement des armes non conventionnelles en possession de Damas ; les USA et Israël ne pourraient, lors d’une opération contre les Ayatollahs, laisser leurs arrières, en Irak et dans l’Etat hébreu, à portée des Scud chimiques et bactériologiques de Al Assad et de ses "conseillers" iraniens.

 

La campagne qu’on envisage, et pour laquelle on s’entraîne, ferait le meilleur usage des avantages relatifs des deux armées : missiles de croisière et bombardements massifs des Yankees et frappes chirurgicales des Sabras. Il est clair que si l’armée française se joignait à une telle campagne, en particulier en sécurisant le Liban, cela augmenterait l’efficacité militaire et diplomatique des alliés actuels. Nul doute qu’il en a été question lors de la rencontre Bush-Sarkozy de Kennebunkport.

 

On n’en saura pas plus avant quelques mois, ce qui ne nous empêche pas de constater, d’ores et déjà, que la France est de retour sur la scène internationale. C’est ce que Nicolas Sarkozy entend, lorsqu’il annonce cette semaine : Les Français veulent un président qui agit et qui obtient des résultats. C’est vrai à la maison. C’est vrai en politique étrangère. Et lesdits Français semblent apprécier, puisque les derniers sondages le créditent de 75% d’opinions favorables sur sa politique étrangère ; ce qui a pour effet de déchaîner la rage immodérée des media toujours aussi enderlino-chiraco-gaucho-démo-chrétiens et anti-atlantistes de l’Hexagone.

 

Mais au rythme où court Sarkozy, les fossiles ne peuvent pas suivre… C’est, qu’en cent jours, il a persuadé les partenaires européens d’adopter le "traité simplifié", qui a décrispé l’UE ; qu’il pousse fort pour l’envoi de Casques bleus au Darfour, qu’il a pris de vrais risques afin de faire libérer les infirmières bulgares (c’est leur avocat, Maître Emmanuel Altit, qui l’a directement confirmé à la Ména) ; qu’il a osé affirmer l’évidence, indicible sous l’ancien régime, "que l’Amérique est la plus grande démocratie du monde" ; qu’il a mis un terme très sec au dessein chiraquien visant à ce que l’ambition militaire européenne rivalise avec l’OTAN et s’oppose à la puissance des Etats-Unis ; admis que la Russie poutinienne jouait avec des cartes truquées et avec "une certaine brutalité", et que la Chine suivait une stratégie de mainmise.

 

Il a envoyé son ministre des Affaires Etrangères socialiste, M. Kouchner, pour trois jours en Irak et il a entrepris les préparatifs pour un enterrement de première classe de la Franceafrique, et de son paternalisme souvent sanglant.          

 

Ca commence à faire lourd pour ceux qui espéraient une transition sans rupture. Entre Chirac, qui avait tout fait pour bloquer l’invasion de l’Irak en 2003 et son successeur, qui veut "réinventer" la relation de la France à l’OTAN, et qui imagine des façons de réintégrer l’Alliance Atlantique, les plus dubitatifs sont bien obligés de constater un changement total d’orientation.

 

Il est désormais question d’Européens "qui assument complètement leur responsabilité et leur rôle pour assurer leur sécurité et celle du monde", avec l’Amérique comme partenaire, non comme rivale.

 

Alors que l’heure de l’échéance décisive avec la bombe iranienne se précise, que Mohammed El Baradai, le directeur de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, se contorsionne pour trouver des éléments positifs dans l’attitude iranienne, que, tel Chirac, il considère qu’une attaque contre l’Iran serait de la folie, le monde va sans doute avoir besoin de leaders "qui assument complètement leur responsabilité". Il est trop tôt pour dire si Nicolas Sarkozy aura le courage de joindre le geste à la parole, mais rien, dans ce qu’il a réalisé depuis qu’il est à l’Elysée, ne permet d’en douter. Ce qui est certain, c’est que son nouveau président a déjà rendu à la France la crédibilité internationale qu’elle avait intégralement perdue. Et que c’est important à bien des titres, avant tout, pour les Français.  

 

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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