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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 15:36
12:58 Liban : le chef du Fatah al-Islam, Chaker al-Absi, [se serait évadé de sa cellule libanaise] pour rejoindre la Syrie, avec l'accord des autorités de Damas. Selon le journal koweitien A-Siassa, les services de renseignements syriens ont escorté M. Al-Absi depuis Ein el-Hilweh, au Liban, jusqu'à une destination secrète en Syrie.  (Guysen.International.News)
Le journal ajoute que les dirigeants d'Al-Qaïda, auquel le Fatah al-Islam est affilié, ont nommé M. Al-Absi responsable de la région ''Syrie-Liban-Palestine''. Le Fatah al-Islam a mené durant plusieurs mois l'année dernière des combats acharnés contre l'armée libanaise à Nahr al-Bared.

Guysen commet une erreur de traduction :

Il n’a jamais été question d’évasion de prison. Al Seyassah dit dans son article que Chaker Al-Absi a quitté le camp de Aïn El Heloui (Saïda), où il s’était réfugié après son évasion de Nahr El-Bared, pour se rendre à Damas sous protection syrienne, et il a été installé par les Services syriens dans un appartement sécurisé du camp de Yarmouk…

 

Absi n’a jamais été arrêté. Au contraire, la question de son évasion de Nahr El-Bared, le 2 septembre, à la veille de l’assaut donné par l’armée, pose une question grave : qui, parmi les militaires, l’a laissé partir ? Y a-t-il eu une complicité de l’armée, pour plaire à la Syrie et obtenir leur aval à l’élection de Michel Sleiman ? François Hajj (militaire de haut rang récemment assassiné) était-il au courant de cette évolution, ce qui explique son assassinat pour éliminer des traces ? Tant de questions restent sans réponse…


Si l'information pouvait être confirmée, elle apporterait, en tout cas, un démenti aux contre-façons d'un récent article (2 mars) du Monde Diplomatique, journal de référence de l'intelligentsia française, voire du corps diplomatique, signé par
Fidaa Itani, qui s'intitulait : "Les étranges alliances des groupes radicaux islamistes - Enquête sur l’implantation d’Al-Qaida au Liban".
 
Nous l'avions, justement, trouvé "étrangement" conciliant à l'égard de la Syrie, où celle-ci était présentée comme ne cultivant pas particulièrement de liens avec le Fatah Al Islam. Au contraire, elle y était plutôt décrite comme victime collatérale, voire en âpre conflit avec cette mouvance "occulte". Toujours selon cet article, ce groupe terroriste qui a déstabilisé le Liban pendant presque 6 mois de l'année 2007, faisant 170 tués du côté des forces régulières, émargeait autant de rivalités anciennes au sein des camps palestiniens que du désœuvrement de la jeunesse sunnite libanaise, secrètement admirative de Ben Laden, travaillant de l'intérieur son désarroi, ses rivalités et sa "peur des Shi'ites". Il aurait donc s'agi de la constitution d'abord informelle d'une sorte de "contre-pouvoir" au Hezbollah. C'est bien pour cette raison qu'elle aurait alors été approchée par des envoyés (un Député socialiste) du " Courant du Futur" de Saad Hariri, l'une des principales composantes du "Mouvement du 14 mars". Il s'avère, plus bas, selon "Libération", que ces indications relèvent de la rumeur entretenue au Liban pour exempter la Syrie.

Vous voyez le tableau? Un conflit séculaire, confessionnel et ethnique germait à l'ombre des Finul en fleurs, hors de toute maîtrise, voire instrumentalisé par un pouvoir central sunno-druzo-maronite parfaitement froid, calculateur et "rationnel", voulant faire face, voire attenter à la "Libanité" des gangs shi'ites de Nasrallah... Cette lecture culturaliste en appelait à notre condescendance de bons néo-coloniaux compatissant aux malheurs des pays émergents mais naturellement inaptes à toute démocratisation, réforme ou partage inter-confessionnel du pouvoir (comme c'est la tradition au pays des Cèdres)... "Heureusement", pourrait-on dire, qu'une étincelle, un malheureux incident, des fouilles policières inconvenantes à Tripoli, que sais-je?, aient empêché cette collusion "naturelle" entre la "majorité" de l'Etat libanais ou ce qu'il en reste, et le terrorisme!

Ce Pouvoir qu'on sait, d'ailleurs, bien mal en point, est déchiré entre une majorité anti-syrienne et une opposition pro-syrienne. "Preuve" s'il en est que la Syrie, que voulez-vous? ne pouvait se sentir concernée et ne cherchait d'aucune façon à commettre une "ingérence" par un biais ou par un autre... Du moins est-ce ce que sous-tendait cet article : indirectement, il innocentait de tout ce dont on accuse Damas, des meurtres en série au Liban, de se servir de ce pays comme "vache à lait" depuis des décennies au nom de la Grande Syrie, raison pour laquelle, elle n'aura rien à déclarer à un Tribunal International pour des assassinats qu'elle n'a jamais commis... Avec des articles "d'investigation" aussi documentés, le "Monde Diplomatique", plus intègre qu'une banque du Lichtenstein, pourrait se vanter de donner dans le blanchiment d'agents sales, pour le compte d'Etats-Voyous...

Selon cette thèse de "l'étrange alliance", les deux ingrédients explosifs d'une bonne guerre civile, comme seul le Liban sait en fomenter, étaient pourtant bel et bien réunis : non plus, comme autrefois, entre Chrétiens et Musulmans poussés par les Palestiniens du Fatah land, mais cette fois, entre Shi'ites du Hezbollahland (alliés au CPL d'Aoun) et Sunnites d'Hariri (alliés au Druzes de Joumblatt et aux chrétiens Maronites d'Amine Gemayel )...

La Syrie, elle-même, viendrait de contredire les envoyés très spéciaux d'Alain Gresh. En quoi l'enquête en cause était-elle seulement "incomplète"? En quoi était-elle le recueil sans analyse critique de sources porteuses d'une thèse inductrice d'"étranges" complicités? Participait-elle sciemment ou inconsciemment d'une mission de déstabilisation intellectuelle des soutiens des dirigeants de Beyrouth à Paris? Autant dire que, par son exemption de toute responsabilité syrienne, elle aura surtout été utilisée comme un travail de "chargés de communication" pour la Maison Alaouite, tentant de renouer le dialogue avec les élites parisiennes.

Si les Koweitiens de
Al-Seyassah, cette fois, disent vrai, les services syriens, toujours très actifs au Liban, viennent d'exfiltrer, en déroulant littéralement le tapis rouge, comme on le ferait à l'intention d'un chef de Califat, et de raccompagner à la Maison-Mère leur petit protégé, le chef du Fatah-al-Islam, Chaker Al-Abssi, responsable pour Al Qaeda au Levant. Ne serait-ce pas, par le plus grand des hasards, qu'Al Qaeda (ou certaines branches de ce mouvement) est bien l'émissaire et l'obligée d'Assad? Le même triste personnage, Al Abssi, était, pourtant présenté, dans l'article du Monde, d'abord comme indirectement impliqué  dans le meurtre de Rafic Hariri, par association à un Palestinien l'ayant revendiqué,. Mais, ensuite, et moins d'un an et demi plus tard, après la guerre de juillet 2006, comme contact des alliés de son propre fils, Saad Hariri, qui se seraient chargés du transfert de son mouvement à Nahr-El-Bared, près de la frontière syrienne... Abssi se serait, alors, montré particulièrement persuasif et principalement soucieux de leur apporter la certitude de son attachement à la cause des "Sunnites" libanais! Ce qui ne l'empêchait pas, un an avant, d'avoir, peut-être, trempé dans l'assassinat d'un leader tout aussi sunnite ayant fini par déplaire à Damas pour s'être, semble t-il, élevé contre la réélection d'Emile Lahoud, l'homme de Bachar Al Assad à Beyrouth. Puis, en 2007, de s'en prendre à l'intégrité du Liban et l'Armée chargée de la préserver!

Cette cavale du Chef d'Al Qaeda-Levant depuis Saïda jusque vers un autre camp palestinien "sécurisé" cette fois à Yarmouk en Syrie, se serait déroulée aujourd'hui-même, sans encombre, sans qu'une armée libanaise ou une Finul aussi combative que son nom l'indique, n'ose bouger le petit doigt de la gâchette, après un long séjour rafraîchissant dans l'un des principaux camps palestiniens du Liban :
Ein el-Hilweh. "Etranges alliances", en effet! L'ensemble de la filière pro-damascène viendrait d'être mise à contribution, pour "rapatrier" ce qu'il convient bien d'appeler "l'émissaire en second de Bachar al Assad au Liban", après Hassan Nasrallah, et principal supplétif de celui-ci dans les suites de la Seconde Guerre du Liban. La mission avortée et la filiation directe et sans détour de ce Djihadiste parfaitement "indépendant" (autant que le journal qui le relatait) semble pourtant claire : semer le chaos dans un Liban qui ne se remettrait pas de la Guerre provoquée par le Hezbollah, ni de la confrontation permanente à la même "opposition" pro-syrienne, toujours à deux doigts du coup d'Etat, pour le compte de l'axe irano-syrien...


L’article d’Al Seyassah ajoute par ailleurs que Chaker Al-Abssi se trouve actuellement sous la protection des SR syriens dans le camp palestinien de Yarmouk (Syrie), et que son rapatriement en Syrie pourrait avoir deux objectifs : le premier, le remettre sur les rangs et le préparer pour une nouvelle bataille contre l’armée libanaise, comme à Nahr El-Bared, pour empêcher l’élection d’un président, et achever la désintégration des institutions libanaises. Le deuxième objectif (pourrait être) de le tuer, comme ce (fut) -NDLR : c'est la thèse d'Al Seyassah-le cas avec Imad Maghnieh, afin de « prouver » à l’Occident que la Syrie coopère dans la lutte contre le terrorisme, Absi étant le chef d’Al-Qaïda pour « Bilad Al-Cham » (Syrie, Liban, Jordanie).

 Tout ceci reste, bien entendu, à démontrer...

Quoiqu'il en soit, Madame Fita Itani, Messieurs du Monde Diplo, ou Monsieur Samir AITA, lui-même syrien, directeur et rédacteur en chef de la version arabe, qui persuaderez-vous que la Syrie n'est pas l'un des principaux centres de coordination et de commandement du terrorisme international, dans ses deux principales composantes :

- à savoir le Hezbollah qui a subi une perte douloureuse dans cette même capitale, il y a quelques semaines, en la personne de son chef militaire, Imad Moughniyeh
- et Al Qaeda, en Irak ou au Levant, selon le sens des vents capricieux de l'Histoire?

Que ces deux hydres ne sont pas toujours nécessairement antagonistes (voir le rapport de la Commission sur l'attentat 11/09/2001 qui le démontre amplement), et actuellement, dans leurs grandes largeurs, au service de l'axe Hezbollah-Syrie-Iran? Damas, succursale de Téhéran, est la boîte de Pandore de tous les poisons inoculés au Proche et Moyen-Orient, qu'il s'agisse encore du Hamas de Khaled Meshaal et Marzouk, du Djihad Islamique de Ramadan Salah, pour Gaza et la Bande Occidentale. Ici d'Al Qaeda au Liban et dans les territoires palestiniens, ou encore du Hezbollah, qui est son organisation para-militaire et terroriste la plus structurée jusqu'à présent, toujours prête à en découdre avec l'Etat hébreu.


 Damas




http://www.monde-diplomatique.fr/imprimer/15572/c417bde078 (publié sur Desinfos.)

http://lessakele.over-blog.fr/article-17247418.html

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Monde
La drôle de guerre du Fatah al-Islam

http://www.liberation.fr/actualite/monde/313970.FR.php?rss=true&xtor=RSS-450
De mai à septembre, un groupe islamiste a résisté au siège du camp palestinien de Nahr al-Bared. Est-il affilié à Al-Qaeda, à la Syrie ? Une seule certitude, son chef court toujours.
Envoyé spécial à Tripoli JEAN-PIERRE PERRIN photos PAUL ASSAKER
QUOTIDIEN : jeudi 6 mars 2008
 

Où se cache Chaker al-Abssi ? Est-il vivant, mort ? Que sont devenus ses principaux lieutenants, Abou Ahmed et Abou Chahid, qui, avec lui, ont tenu tête durant plus de trois mois dans le camp de Nahr al-Bared à l’armée libanaise, lui infligeant des pertes sérieuses ? Dans l’imbroglio libanais, l’histoire du Fatah al-Islam est une énigme. C’est pourquoi ce groupe islamiste projette toujours son ombre noire sur le Liban à l’heure où le pays reste sans président, menacé de guerre civile, son économie en chute libre et sa population de plus en plus désemparée.

A Nahr al-Bared, près de Tripoli (nord du Liban), on croirait que la bataille, qui dura de mai à septembre 2007, s’est terminée il y a quelques jours. Les bombardements ont fait disparaître le camp palestinien. Avant le siège, c’était un labyrinthe de ruelles, une fourmilière en béton, où vivaient 31 000 Palestiniens. Aujourd’hui, les ruines disputent à d’autres ruines le paysage. Les mines interdisent tout retour. Encore massivement déployée, l’armée y veille. La ville de Tripoli (la seconde par sa population, très majoritairement sunnite) n’a pas oublié le traumatisme de cette guerre limitée à quelques kilomètres carrés mais qui a tué 168 soldats libanais et des dizaines de civils. Les rumeurs les plus folles ont circulé : on a présenté cette guérilla sunnite comme une nouvelle «filiale» d’Al-Qaeda, on a prétendu que le fils d’Oussama ben Laden était l’un de ses dirigeants ou que la famille Hariri l’instrumentait pour contrer le Hezbollah chiite. Les imams de Tripoli ont donc cherché à savoir ce qu’était le Fatah al-Islam. Devaient-ils le soutenir, ou le condamner ? Le craindre ou pas ? Allait-il apporter le pur islam, ou le chaos ?

Message aux croisés

Une certitude : l’émir du Fatah al-Islam, c’est Chaker Youssef al-Abssi. Etonnant personnage au carrefour des luttes nationaliste et islamiste. Né à Jéricho (Cisjordanie occupée), ce Palestinien de 52 ans a fait partie du Fatah de Yasser Arafat. Parti en Libye, il y a reçu une formation de pilote de guerre. En 2002, il est condamné à mort par contumace à Amman (Jordanie) pour y avoir tué le diplomate américain Lawrence Foley. Il a aussi été proche d’Abou Moussab al-Zarqaoui, un Jordanien qui fut le représentant en Irak de Ben Laden. Passé en Syrie, il y sera emprisonné. Dans ce pays, tout islamiste radical est passible de la peine de mort. Lui, curieusement, ne restera que trois ans dans les geôles de Damas. Le 2 septembre, à la chute du camp, l’armée libanaise crie enfin victoire. Chaker al-Abssi a été tué. Un prisonnier a reconnu son corps, sa femme et son frère ont confirmé. Mais des tests ADN établiront que ce n’était pas lui. Le 8 janvier dernier, sa voix se faisait entendre sur un site islamiste utilisé habituellement par les groupes liés à Al-Qaeda. «Voici notre message à l’armée des croisés : au Levant, le moulin de la guerre a commencé à broyer [faisant le tri] entre les infidèles et les croyants […]. Attendez-vous au pire. La bataille de Nahr al-Bared n’est qu’un début, et nous verrons qui la remportera.» Ce même jour, deux militaires irlandais de la Force intérimaire de l’ONU au Liban (Finul) étaient blessés dans un attentat près de Saïda. Ce qui a frappé les imams, c’est que jamais Al-Qaeda n’a apporté son soutien au Fatah al-Islam, bien que celui-ci se proclame des affinités idéologiques avec le réseau d’Oussama ben Laden.

Cheikh Issam, un Palestinien de 30 ans, fait partie du comité des oulémas de Nahr al-Bared. Lors du siège, il a servi, à ce titre, d’intermédiaire entre le Fatah al-Islam, l’armée et les autres mouvements palestiniens. Il a ainsi suivi pas à pas la naissance de l’organisation et en a dressé l’arbre généalogique. Comme nombre de groupes armés de la région, le Fatah al-Islam est issu de scissions. Au départ, on trouve le Fatah de Yasser Arafat. En 1982, un groupe prosyrien s’en détache pour fonder le Fatah al-Intifada, basé à Damas. Au Liban, cette nouvelle organisation compte quelques foyers dans le Nord, guère plus de 100 à 150 hommes. Le 16 novembre 2006, une nouvelle scission intervient. Une partie des combattants fondent le Fatah al-Islam. Leur quartier général, ce sera le camp de Nahr al-Bared, où ils s’approprient la plupart des permanences et des arsenaux du Fatah al-Intifada.

Les effectifs gonflent rapidement. «Le Fatah al-Islam, c’est la réunion de types armés venus de la rue. Au début du siège, ils étaient à peine 350. Chaque jour, ils se multipliaient. Ils ont vite contrôlé les trois quarts du camp. Ils étaient tous des passionnés de jihad, prêts à faire n’importe quoi», se souvient Cheikh Issam. La majorité d’entre eux sont palestiniens. Les uns venus de Syrie, les autres de Taamir, un quartier proche du camp de réfugiés d’Aïn Heloueh, près de Saïda.

«Excommunier et tuer»

Comme ils mélangent volontiers islamisme et délinquance, la députée Bahia Hariri, fille de l’ex-Premier ministre assassiné, a voulu se débarrasser de ce danger potentiel pour sa circonscription. Elle leur a proposé de partir en leur offrant de l’argent et en faisant blanchir leurs casiers judiciaires. Erreur. Car ils se sont empressés de rejoindre le Fatah al-Islam. Sous la bannière du groupe, inscrit depuis l’été dernier sur la liste américaine des organisations terroristes, on trouve aussi des Libanais, des Saoudiens, des Maghrébins, des Turcs et un Allemand. «En mai, poursuit Cheikh Issam, nous avons essayé de comprendre ce que voulaient les moudjahidin du Fatah al-Islam», en principe venus combattre Israël : «Leur projet n’avait rien à voir avec la Palestine. Ils n’étaient pas proches de la pensée palestinienne. Ils cherchaient à fonder un petit émirat. Ils avaient le sentiment de former une communauté pure, ce qui, pensaient-ils, leur donnait le droit d’exercer leur pouvoir. Ils s’étaient arrogé le droit d’excommunier d’autres musulmans et celui de tuer.»

Un autre religieux, envoyé à Nahr al-Bared voir qui étaient ces guérilleros de l’islam, ne croit pas lui non plus que le groupe de Chaker al-Abssi ait reçu le «label» Al-Qaeda : «Un commissaire politique de cette mouvance est bien venu dans le camp. Il est resté cinq mois, puis il est reparti. Jamais Al-Qaeda n’a investi sur eux», assure ce très spécial «analyste» autoproclamé des mouvements islamistes radicaux. Rencontré à Tripoli, l’homme n’est autre que Cheikh Omar Bacri Mohammed, «le prêcheur de la haine» expulsé de Londres après les attentats sanglants de juillet 2005. Si l’ex-tribun du «Londonistan» dit vrai, qui a financé et armé les hommes de Chaker al-Abssi ?

Ahmed Qassas, le leader de l’organisation radicale Hezb al-Tahrir (le Parti de la libération islamique), persécutée du temps de la présence syrienne, a une réponse. Il a approché le groupe et a été frappé par ces «jeunes pleins d’enthousiasme pour le jihad. A Nahr al-Bared, ils venaient s’entraîner avant d’aller se battre en Irak. Les Syriens les laissaient passer et leur donnaient des armes. Le problème, c’est qu’ils ont utilisé leurs armes au Liban.»

C’est le 13 février 2007 qu’a eu lieu le premier attentat du Fatah al-Islam : trois morts, après l’explosion de deux minibus dans un quartier chrétien de Beyrouth. L’armée, qui n’a pas le droit d’entrer dans les camps palestiniens, décide du blocus de Nahr al-Bared. Cela n’empêche pas des membres du groupe d’attaquer, le 20 mai, la banque Med, propriété de la famille Hariri. Le même jour, ils investissent un avant-poste de l’armée, laquelle encercle le camp : 27 soldats sont égorgés pendant leur sommeil. L’armée libanaise réplique par des bombardements massifs. Dans les derniers jours d’un interminable siège, Al-Abssi et ses principaux lieutenants parviennent à s’enfuir. D’où ce soupçon qui pèse sur l’armée libanaise : les a-t-elle délibérément laissés partir ? La question a été posée par le député Walid Joumblatt lors d’un entretien avec le patron de l’armée, le général Michel Sleimane, indique un proche du leader druze. But de l’exfiltration ? Empêcher les chefs du Fatah al-Islam de révéler qui se cache derrière eux. Mais pourquoi l’armée, qui a payé un si lourd tribut lors du siège, aurait-elle accepté ce marché ? Michel Hajji Georgiou, éditorialiste au quotidien l’Orient-le Jour, a une explication : «Damas a proposé la fin des combats en échange de la fuite des chefs du Fatah al-Islam.»

Deux assassinats

Cheikh Issam est catégorique : «Damas a créé le Fatah al-Islam.» But de la manipulation : «D’abord, créer des problèmes entre les sunnites pour affaiblir le gouvernement ; ensuite, frapper la Finul pour la contraindre à quitter le Liban et permettre un retour en force du Hezbollah à la frontière libano-israélienne Dans cette perspective, Al-Abssi a été «retourné» pendant sa captivité. «Personne n’a jamais donné le moindre éclaircissement sur les raisons qui lui ont permis de sortir de prison»,avait déjà accusé Saad Hariri, le chef de la majorité.

A Damas et Téhéran, on réplique, sans avancer de preuves, que le Fatah al-Islam a été créé par le gouvernement libanais, les Etats-Unis, l’Egypte et même Israël pour contrer le Hezbollah (NDLR : la thèse du Monde diplomatique prend donc bien sa source dans les pas de la propagande de l'axe Irano-Syrien, dont elle se fait largement l'écho. Elle gomme toute défiance, toute action réalisée pour éloigner ou questionner cette présence au Liban du Fatah-al-Islam, de la part de porte-parole ou responsables du cercle rapproché autour de Saad Hariri). Bilad Baroud, un imam très populaire, est d’un autre avis : «Pendant des années, la Syrie a essayé de faire marcher le Liban à sa manière. Sans succès. Maintenant, le Fatah al-Islam est l’un des scénarios de Damas, avec l’assassinat de Hariri, les manifestations du Hezbollah […] , pour provoquer une guerre civile qui lui permettrait de revenir au Liban.» Une aussi longue résistance d’un petit groupe risque d’inspirer d’autres islamistes tentés par le jihad. Rôde aussi le fantôme de Chaker al-Abssi, que l’on voit, sans doute à tort, derrière les récents assassinats de deux chefs de l’armée : son numéro 2, le général François Hajj, et un chef des renseignements militaires. Le premier avait dirigé le siège de Nahr al-Bared, le second y avait été blessé.





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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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