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10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 17:04
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undefinedIl est un des rares documentaristes hexagonaux à se rendre fréquemment à Bagdad. Après le succès de son dernier film, Suicide Killers aux Etats-Unis, Pierre Rehov termine son neuvième documentaire sur le conflit, analysant les ressorts individuels du terrorisme. Il livre à FranceSoir ses analyses sur l’actualité irakienne. Interview de Pierre Rehov, documentariste français, spécialiste du terrorisme  : 

Alexandre Del Valle. De retour d’Irak, quel bilan dressez-vous de la présence américaine ?

Pierre Rehov. Jusqu’à il y a six mois, ils avaient mal planifié l’après-guerre. Ce qui devint un bourbier fit le lit de leurs détracteurs. Mais depuis un an, Washington a compris que l’on ne peut pas maintenir la sécurité des Irakiens et des soldats américains avec un nombre de troupes aussi peu élevé. Et que l’on ne peut confier l’organisation des infrastructures à un gouvernement fantoche, quoique démocratiquement élu. Les Irakiens ne sont pas habitués à la démocratie et n’ont pas de conscience politique. Les Etats-Unis se sont donc substitués au gouvernement local : leurs soldats assurent un rôle civil sur le terrain, mettant officieusement en place une sorte de plan Marshall.

Quel est le moral des troupes US ?

J’ai trouvé des soldats motivés et convaincus, davantage qu’on voudrait le faire croire. Leur moral est au plus haut depuis l’arrivée des 30.000 hommes supplémentaires (renfort baptisé « Troop Surge », décidé en janvier 2007 par George W. Bush). La victoire américaine est d’avoir obtenu la pleine collaboration des Irakiens de la rue, qui dénoncent les membres d’al-Qaida depuis qu’ils se sentent enfin protégés. Bilan : 70 % de violence en moins pour l’ensemble de l’Irak. 90 % de moins contre les Américains. J’ai constaté l’allégresse des jeunes Irakiens attirés par la culture occidentale assimilée aux Etats-Unis.

Pourquoi les médias français ne disent pas cela ?


A cause d’une tradition française anti-américaine se complaisant à dénoncer le soi-disant échec US. Les années Chirac furent l’apogée de cette stratégie pro-arabe constatée dans le conflit israélo-palestinien et lors de la guerre de 2003 contre l’Irak. Je n’ai pas vu beaucoup de journalistes français sur place. J’ai eu la chance d’être intégré dans l’armée américaine pendant plusieurs semaines. Les journalistes rencontrés, américains, russes ou allemands, partagent mon point de vue. Dans un bureau parisien, alimenté par les dépêches AFP, on constate difficilement l’espoir dans l’avenir et les succès constatés sur place. Les médias français et occidentaux se sentent gênés de s’être trompés et souhaitent souvent un échec, voire une révolte irakienne contre « la botte américaine ». C’est hélas une tradition gaulliste et post-communiste.

Ce que vous dites n’est pas très politiquement correct…

J’ai développé, pendant mes années de reportage au Moyen-Orient, une aversion pour le politiquement correct, qui prône une vision manichéenne du monde dans laquelle l’Occidental, l’Israélien, le Serbe, le libéral sont l’incarnation du Mal contre qui tout est permis, tandis que leurs adversaires palestiniens, arabes, albanais, sont intouchables, et la violence barbare excusée au nom d’idéaux de la seconde moitié du XXe siècle, dépassés aujourd’hui.

Les soldats resteront combien de temps en Irak ?


Ils seront obligés de partir dans trois à cinq ans. Mais ils garderont des bases, comme au Koweït et en Arabie saoudite. L’Irak est voisin de l’Iran, et les Etats-Unis auront toujours besoin de troupes aux frontières d’un Iran nucléaire.

Et si les démocrates gagnent les élections ?


Je crains qu’ils ne précipitent le départ américain, erreur totale, car c’est ce que souhaite al-Qaida et les groupes extrémistes chiites actuellement pourtant affaiblis. Leurs ressources sont taries, leurs réseaux progressivement démantelés, leur organisation armée éparpillée, ce qu’atteste la résurgence des attentats suicides aveugles remplaçant les batailles rangées, faute d’armes et d’armées. Or, plus les Irakiens se sentent en sécurité grâce aux troupes US, et aux milices irakiennes organisées par les Américains, et moins ils ont la tentation de rejoindre les rebelles. Avant, on rejoignait les troupes al-Qaida et autres organisations terroristes plus par peur et désespoir que par conscience nationaliste. Aujourd’hui, les Irakiens laissent tomber la rébellion car ils sont plus confiants en l’avenir. S’ils se sentent trahis par le départ précipité des Américains, ils se retourneront contre eux. Ils ne comprendraient pas ce départ.

Est-ce vrai que les chrétiens d’Irak ont peur ?


Une grande part des chrétiens de Bagdad s’est réfugiée au Kurdistan. Dès qu’un chrétien part, ses biens sont pris par les populations locales non-chrétiennes. La situation varie selon les lieux. A Doura, quartier sud de Bagdad où j’ai passé le plus de temps, peu de chrétiens sont partis, leurs boutiques sont encore ouvertes, mais c’est une exception. Il plane hélas sur eux une menace. Beaucoup de chrétiens ont souffert d’être perçus comme pro-Occidentaux ou pro-Américains.

Alexandre Del Valle pour France Soir le 10 mars 2008
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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