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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 16:46
La Syrie, qui craint un boycott du sommet arabe, prend les devants et recourt aux fatwas

mercredi 19 mars 2008 - 13h40, par Khaled Asmar

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Le régime de Damas est aux abois. La Syrie est cernée de toutes parts, et craint de devoir rendre des comptes plus tôt que prévu. Ses ingérences en Irak et au Liban, et son exploitation du drame palestinien se sont retournées contre elle, puisque plusieurs pays arabes, des plus importants, menacent de boycotter le sommet de Damas.

Or, le régime syrien compte sur ce sommet pour imposer son point de vue et obtenir un minimum de solidarité arabe susceptible de le protéger en attendant des jours meilleurs. Et ce, en dépit des profondes divergences qui opposent les deux parties. Car, l’obsession de Damas est d’éviter la confrontation avec l’Occident, jusqu’à la fin de l’année en cours et la sortie de George Bush et son Administration de la Maison Blanche. En effet, selon le quotidien saoudien « Al Watan » du 5 mars, « la Syrie mise sur l’élection du démocrate Barack Obama à la Maison Blanche ». Le quotidien saoudien croit savoir que « la Syrie finance sa campagne à travers deux hommes d’affaires d’origine syrienne et irakienne, très liés à Damas. Il s’agit du Syrien Antoine Rizk et du milliardaire Irakien Nazmi Ojjeh, qui ont versé près de 10 millions de dollars pour l’acquisition de la maison d’Obama et d’un terrain adjacent ». Le quotidien saoudien rappelle que « le milliardaire irakien, Ojjeh, avait des liens étroits avec le régime syrien. Il s’était également impliqué dans le scandale de la compagnie française “Elf Aquitaine” », scandale qui, rappelons-le, avait éclaboussé Roland Dumas, un autre soutien de Damas et ancien ami de la fille de l’ex-ministre syrien de la Défense, Mustapha Tlass... « Ce qui signifie que Damas soutient l’élection d’Obama aux Etats-Unis, pour échapper à la fermeté des Républicain. Le candidat d’origine Kenyane n’avait-il pas souhaité engager le dialogue avec Téhéran ? » rappelle le journal saoudien.

Il n’est plus un secret pour personne que Damas a besoin de ressouder un semblant de solidarité arabe, mais une solidarité qui ne peut se faire qu’au détriment du peuple palestinien et ses lots de victimes quotidiennes, et au détriment de l’indépendance, de la souveraineté et de la sécurité du Liban. A ce titre, le Liban menace de boycotter le sommet de Damas et le gouvernement de Beyrouth proteste contre le mépris avec lequel la Syrie lui a adressé l’invitation. Plusieurs dirigeants libanais ont estimé que « la participation au sommet équivaudrait à une disculpation de la Syrie ». L’inquiétude syrienne est légitime. Car tout boycott libanais pourrait entraîner celui d’autres Etats, l’Arabie saoudite en tête. Damas avait déjà insisté sur « l’indispensable participation du Roi Abdallah en personne » mais sans rien faire pour faciliter la réconciliation. Au contraire, il poursuit ses manœuvres pour échapper aux échéances qui l’attendent.

Par dessus tout, Damas craint le Tribunal pénal international. Ses alliés au Liban multiplient les efforts pour obtenir le tiers de blocage au futur gouvernement, afin de bloquer toutes les décisions de la justice internationale. Les médias syriens sortent l’artillerie lourde et critiquent tous azimuts les pays qui ont soutenu ou financé le Tribunal, avec la sortie remarquable du journal « Al Watan », le 18 mars.

Or, la stratégie syrienne a lamentablement échoué. Damas ne parvient plus à terroriser ses interlocuteurs. Il a désormais le dos au mur et craint « l’heure des comptes ». Il est conscient que ses factures sont très élevées, que ce soit à l’égard des autres pays arabes, longtemps extorqués, que vis-à-vis de l’Occident. Il recourt désormais à la carte religieuse. Le Mufti de Syrie, Ahmed Hassoun (un instrument aux mains du régime) vient en effet de publier une « fatwa » décrétant « obligatoire la participation de tous les dirigeants arabes » au sommet de Damas.

Dans son décret religieux, diffusé par le site syrien « Souria Al-Ghad », le 19 mars, Hassoun souligne que « les chefs d’Etats n’ont aucune raison de se faire représenter, du moment où leur participation est un devoir religieux (Fared Aïn). Celui qui s’absente pour des raisons politiques aura commis un pêché impardonnable, car il aura contribué à la déchirure de la nation... ». Hassoun défend indirectement le régime et explique que « le sommet est beaucoup plus utile et nécessaire quand les Arabes sont divisés. Ce qui se déroule en Palestine, au Liban, en Irak, au Soudan et dans d’autres régions arabes nécessite non seulement une réunion annuelle, mais une réunion permanente pour ressouder la nation arabe et islamique ». Esquivant les accusations selon lesquelles la Syrie contribue à diviser le monde arabe à travers son alliance avec l’Iran Chiite, Hassoun estime que « le sommet de Damas doit faire face au “chaos constructif” qui se répand depuis le Maghreb jusqu’à l’Irak, et mettre un terme aux divisions confessionnelles et ethniques pour lesquelles des sommes colossales ont été investies... ». Enfin, poussant l’hypocrisie à son paroxysme, Hassoun invite les dirigeants arabes à « mettre leur main dans la main de la Syrie et de l’Arabie pour sauver le Liban ».

Cette « incursion » du Mufti de Syrie dans l’espace politique, dans un pays qui revendique la laïcité, est significative. Damas engage ses dernières cartes dans la bataille pour tenter de briser son isolement arabe et islamique. D’autant plus qu’il a du mal à digérer sa marginalisation au sommet de l’OCI à Dakar. Aussi, l’exploitation du Mufti en politique dément définitivement et catégoriquement les revendications mensongères de laïcité du Baas. Pour rafraîchir la mémoire de ceux qui le croyaient encore, il convient de rappeler que « le parti Baas, qui a fait de la laïcité son fond de commerce, a manipulé toutes sortes d’extrémisme religieux : les Chiites à travers le soutien infaillibles au Hezbollah au Liban, sans oublier les très nombreuses conversions en Syrie, financées par l’Iran ; et les Sunnites, à travers le soutien financier, logistique et humain apporté à Al-Qaïda en Irak, et aux organisations islamistes palestiniennes au Liban et à Gaza ».

Ces développements sont significatifs et attestent que le régime syrien tremble sur ses bases. Il redoute son effondrement comme un château de cartes. Affolé et désespéré, il se débat avec acharnement pour échapper à son sort inévitable. Mais indéniablement, il multiplie ses erreurs fatales.

Khaled Asmar - Beyrouth

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Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

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Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

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Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

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