Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 16:49
  07:10 Les médias allemands qualifient la visite d'Angela Merkel en Israël de ''succès''. Beaucoup saluent la sensibilité de ses discours et les engagements allemands à l'égard de l'avenir d'Israël. Pourtant, la presse allemande a également lancé certaines critiques.  (Guysen.International.News)
Le journal Bild estime pour sa part que la chancelière a pris des engagements extrêmes et qu'elle sera testée sur leur application, notamment en ce qui concerne l'Iran.


Quand l’Allemagne se fait passer pour une puissance pro-israélienne

Caroline Glick , JERUSALEM POST                                     Mar. 17, 2008

Adaptation française de Sentinelle 5768 ©.

(légèrement retouchée par la publication pour en faciliter la lecture.)

Le discours de la chancelière  allemande Angela Merkel sera le point culminant de ce que les media israéliens ont qualifié de visite
“historique” d'un chef d’Etat en Israël. Le jour précédent la visite de Merkel, le journal ‘Der Spiegel’ relatait "l'exploit" tout aussi « historique » d’un autre Allemand en Afghanistan.

Cette visite a pris fin le 3 mars quand le visiteur en question, le dénommé Cüneyt C. de Bavière, aussi connu sous le nom de Saad Ebu Furkan, s’est fait exploser devant un poste de garde à Khost, à une heure de route de la frontière avec le Pakistan, où ce germano-turc avait suivi une formation au terrorisme. Deux soldats américains ont été tués, et des dizaines ont été blessés après avoir été piégés dans les décombres, faisant de C. le premier islamikaze-suicide terroriste allemand à réussir.

Il est, à ce jour, le premier Allemand à tuer des soldats américains, l’associé de C.,  Sadullah K. jeune Allemand de l’Etat de Hesse, n'eut pas cette opportunité et périt lors d'une tentative. K. mourut en octobre dernier, lors d'une frappe aérienne US sur la frontière Pakistano - afghane, après avoir aussi suivi une formation au Pakistan. Les deux hommes appartenaient à l’union du jihad islamique (UJI) basée en Allemagne. L’UJI a fait la une en septembre, lorsque des enquêteurs allemands ont arrêté les chefs d’une cellule de l’UJI qui planifiait des attaques massives contre des cibles américaines en Allemagne. Ces chefs – eux aussi Allemands – étaient en contact avec C. et K., qui échappèrent au coup de filet de la police, pour se réfugier au Pakistan en passant par la Turquie et l’Iran.

Bien sûr, la réputation de l’Allemagne en tant que havre pour les jihadistes de la mouvance d’Al Qaïda fut bâtie par des ressortissants égyptiens et saoudiens, qui étudièrent à Hambourg plusieurs années auparavant. Dirigés par Mohamed Atta, ils profitèrent de l’hospitalité germanique, tout en préparant les attaques qu’ils réalisèrent à New York et Washington le 11 septembre 2001.

Merkel, qui se présente elle-même et son pays comme le plus grand ami et partisan d’Israël en Europe, ne fera sans doute pas référence à cet épisode dans son discours à la Knesset. Sans doute aussi, ne mentionnera t-elle pas que son pays est le plus grand importateur d’Iran. Elle pourrait, en revanche, mentionner que, l’an dernier, l’Allemagne a effectivement annulé la moitié de ses garanties de prêts aux firmes allemandes qui font commerce avec l’Iran. Mais elle ne dira pas que cette décision n’a eu pratiquement aucun impact sur le volume de ces échanges. Dans un rapport récent sur les firmes allemandes en Iran, Reuters a interrogé un homme d’affaires britannique, Robert Mills, qui dirige les opérations de DHL à Téhéran. DHL, la firme de livraison expresse, est une filiale du groupe de courrier et de logistique ‘Deutsche Post’.

Mills s’est extasié au sujet de l’expansion de l'activité de sa firme présente en Iran, en dépit des sanctions internationales. Mills a déclaré que le tonnage traité par DHL a augmenté de 50 % au cours des deux dernières années, et que la compagnie a doublé son chiffre d’affaires en Iran depuis 2005, du fait de l’augmentation des importations de toutes sortes, depuis l’équipement de télécommunications jusqu‘aux pièces de rechange automobiles.

Comme Mills, d’autres hommes d’affaires représentant des firmes allemandes ont fait part d'activités en pleine ascension, et d'opportunités croissantes malgré les sanctions de l’ONU. Les dirigeants d’entreprises ont rapporté que leurs revenus avaient doublé voire triplé dans les deux années écoulées.

La confiance de l’Iran dans ses partenaires d’affaires allemands est apparemment sans limite. Pourquoi sinon envisagerait-elle de placer 92 milliards de $ en actions de sa compagnie d’exploitation d’énergie, à la bourse de Francfort ? Comme MEED, le rapport sur le renseignement d’entreprise au Moyen Orient l’a indiqué dimanche dernier, avec plus de 1.700 firmes allemandes opérant en Iran, le fait que l’Allemagne ait récemment rompu ses liens bancaires avec les banques iraniennes n’est absolument pas considéré comme un obstacle pour placer la firme sur la bourse de Francfort. Une porte-parole de la bourse allemande (‘Deutsche Borse’), la compagnie qui supervise l’échange, a déclaré au journal qu’elle ne verrait aucune objection à enregistrer la firme iranienne.

Les actions de l’Allemagne à l’égard de l’Iran ne peuvent pas être écartées par les seuls effets rhétoriques de Merkel clamant son soutien à Israël, et son engagement à l'égard de la sécurité d’Israël. Aussi bien les actions de l’Allemagne que sa rhétorique pro- israélienne ne peuvent être comprises qu’à travers le prisme de la politique de puissance active– qui est celui qui forme la décision des décideurs européens  concernant Israël, le Moyen-Orient, et bien sûr le monde dans son ensemble.

La politique d'influence est fonction de deux composantes principales – la menace de guerre et de violence, et le levier économique. Du point de vue européen, le monde arabe et l’Iran brandissent les armes du recours à la violence contre eux. A travers une minorité de populations musulmanes rétives, de plus en plus radicalisées en Europe – comme C. et K. et leurs collègues de l’UJI en Allemagne et au Pakistan – le monde islamique brandit la menace du terrorisme au-dessus de la tête des dirigeants européens. Et, par le biais du pétrole, ils brandissent la dernière arme commerciale à la face de l’Europe.

Ni l’UE, ni un quelconque Etat européen n’a tenté de mettre en place une politique intérieure cohérente ou rationnelle pour faire face à la menace posée par les minorités musulmanes en Europe. Ainsi, la question a été évacuée vers le domaine de la politique étrangère. Là, associée à la menace pétrolière, les Européens ont fait face à la pression arabe et islamique en choisissant de les apaiser. Ils ont fait cela en attaquant Israël, en soutenant les Palestiniens, et en empêchant le désarmement ou la défaite politique du Hezbollah au Liban.

Les Européens agissent ainsi pour un ensemble de raisons. D’abord, ils ne disposent pas d’une vraie capacité militaire pour se défendre eux-mêmes, ou s'en prendre directement aux Etats arabes ou musulmans qui fomentent la rébellion parmi leurs propres minorités musulmanes. Ensuite, ils ne souhaitent pas utiliser leur puissance commerciale collective. S’ils étaient intéressés par cette dernière, bien sûr, ils pourraient paralyser l’économie iranienne en quelques semaines en interrompant purement et simplement leur commerce avec Téhéran. Enfin, comme les derniers chevaliers libres de prendre les armes ou pas, ils croient que les USA ou Israël, tous deux plus directement menacés par le programme nucléaire de l’Iran qu’ils ne le seraient eux-mêmes, se chargeront de les débarrasser des installations nucléaires de l’Iran.

Les politiques de recours systématique à la compromission de l’UE ont été clairement illustrées par les actes, à travers la gestion du commandement des forces de la FINUL au Liban depuis la Seconde guerre du Liban. Israël espérait que les forces européennes, qui constituent la majorité des 15.000 hommes de la FINUL au Sud-Liban, empêcheraient le Hezbollah de se réarmer après la guerre, et peut-être, aideraient à renforcer le gouvernement pro-occidental de Siniora contre les tentatives syrienne, iranienne, et du Hezbollah, pour le renverser. C’est pourtant le contraire qui est arrivé. Depuis la guerre, et sous les yeux fermés des Européens, le Hezbollah a reconstitué ses forces. Trois ans après la manifestation du 14 mars qui a déclenché le retrait des forces syriennes du Liban, le gouvernement Siniora est paralysé, et le Mouvement du 14 mars est démoralisé et en plein désarroi. 

Les Allemands ont donné au public l’une des démonstrations les plus absurdes de l’hypocrisie et de la fausseté européennes le 29 février. Ce jour-là, l’Allemagne a transféré le commandement du contingent naval de la FINUL à l’Italie. Après avoir déployé une force de 4 bateaux et de 2.400 hommes sur le littoral libanais en 2006 avec l’objectif express d’empêcher le réarmement du Hezbollah, l’Allemagne a consacré la majorité de ses efforts à se plaindre des survols israéliens dans l’espace aérien libanais, et à provoquer les Forces Aériennes d’Israël en envoyant des hélicoptères allemands vers l’espace aérien israélien avant toute coordination.  

Pourtant, lors du passage de commandement le mois dernier, le ministre de la défense allemand, Franz Josef Jung a annoncé : « Nous pouvons garantir qu’aucune arme n’est passée en contrebande par la mer » Pour sa part, le Hezbollah a été clairement peu impressionné par la puissance navale allemande. Il n’a enregistré aucune plainte contre la marine allemande, ce qu’il aurait fait si l’un des 13.000 bateaux que les Allemands prétendent avoir inspectés, transportait vraiment des armes. De façon significative, alors que le Hezbollah était vraiment en bons termes avec la marine allemande, il piqua presque une crise de rage apoplectique quand, la semaine même où les Allemands transféraient le commandement aux Italiens, le navire USS Cole jeta l’ancre au large de la côte libanaise.

Tandis que Merkel fera silence sur le soutien économique de son pays à l’Iran, sa faiblesse militaire, et sa décision d’adopter la compromission avec les Arabes aux dépens d’Israël, en tant que stratégie nationale et continentale pendant son discours à la Knesset, elle astiquera poétiquement le soutien de sa nation au soi-disant « processus de paix » et à l’Etat palestinien.

Bien sûr, Merkel sait parfaitement bien que le présumé “partenaire de paix” palestinien, le mouvement Fatah est un groupe terroriste. Elle sait aussi que l’interlocuteur de paix présumé du gouvernement Olmert-Livni-Barak, le président de l’Autorité Palestinienne et chef du Fatah Mahmoud Abbas, n’est ni capable, ni intéressé par l’établissement d’un Etat palestinien vivant en paix avec Israël. Elle sait aussi que si le soi-disant processus de paix conduit à un Etat palestinien en Judée, Samarie et à Jérusalem, cet Etat sera seulement un Etat terroriste qui se tiendra à côté de l’Etat terroriste établi à Gaza en 2005.

Pourtant, plutôt que d'affronter Merkel et ses collègues européens en s'appuyant sur ces faits connus, le gouvernement Olmert-Livni-Barak préfère continuer de laisser cette farce se dérouler comme convenu. Selon eux, tout cela est immatériel. La politique européenne du gouvernement israélien est de se concilier les Européens en les aidant à se concilier les Arabes.

Si le gouvernement Olmert-Livni-Barak devait faire une pause le temps de songer à ce qu’ils font, ils reconnaîtraient qu’ils sont totalement passé à côté de l’enjeu (de la rencontre). Ils ont ignoré la politique d'influence qui induit les décisions politiques des décideurs de l’Europe. S’ils le reconnaissaient, ils admettraient que leur politique de compromission aboutit bien au désastre auquel elle a conduit à ce jour.

Si Israël devait jouer le jeu de la politique d'influence, il comprendrait qu’il doit faire trois choses. D’abord, il doit utiliser son levier économique considérable pour obliger les firmes européennes à décider l'une après l'autre si elles veulent renoncer à la technologie israélienne au profit des marchés d’exportation iraniens qui constituent seulement 1 % du commerce étranger européen. Ensuite, il s’assurerait que les européens comprennent qu’Israël utilisera son immense puissance militaire pour vaincre ses ennemis. Et finalement, il utiliserait son poids politique pour démonter l’imposture hypocrite de la rhétorique humanitaire et pacifiste de l’Europe.

Mais bien sûr, à travers le ton dythirambique des media
qui a accompagné la visite de Merkel, dépeignant la lune de miel de l’amitié germano – israélienne , rien de tout cela n’est susceptible de se produire cette semaine. Et dans le climat politique frénétique de compromission qui s’est emparé d’Israël depuis 1993, il est difficile d’imaginer quelqu’un s’arrêter pour réaliser que nous sommes les seuls qui prenons les Européens au mot.
Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis