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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 10:37

Point de vue de Mohammed Abou Rammane (Al Hayat)

Al-Qaïda n’inquiète plus la Jordanie. La crainte d’Amman vient de l’axe syro-iranien

vendredi 28 mars 2008 - 09h31, par Chawki Freïha

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Mohammed Abou Rammane décrit, dans le quotidien « Al Hayat » du 28 mars, l’état d’esprit des Jordaniens, qui ont déjà goûté aux affres du terrorisme, ces dernières années. Mais l’auteur précise que la crainte de la Jordanie ne vient désormais plus des islamistes d’Al-Qaïda, mais des organisations palestiniennes exploitées par Damas et Téhéran.

Abou Rammane précise que « le gouvernement jordanien traduit devant la justice, pour la deuxième fois au cours des dernières années, des personnes accusées de former des réseaux pour le compte du Hamas palestinien ». La première fois, en mai 2005, il s’était agi de la cellule appelée « réseau des armes du Hamas », accusé d’importer illégalement et de stocker des armes et des munitions pour le compte du Hamas, dans le royaume hachémite. La deuxième affaire, en cours actuellement, implique cinq militants des Frères musulmans jordaniens, accusés d’observer et de prendre des photos de positions militaires et de postes-frontières, pour le compte du même groupe palestinien. Les coupables sont également accusés d’avoir été entraînés dans une capitale arabe. Amman ne trouve plus aucun embarras à désigner Damas.

L’auteur souligne que « l’évolution sécuritaire régionale ne permet pas d’envisager une fin aux procès intentés aux Frères musulmans et à leur antenne palestinienne, le Hamas. Bien au contraire, la tension qui caractérise les relations entre Amman et ce courant laisse présager une multiplication des ces procès ».

Depuis les années 1990, rappelle l’auteur, les affaires sécuritaires liées au courant salafiste djihadiste se sont multipliées devant la cour de justice, avec notamment le réseau d’Abou Messaab Zarqaoui, qui, après avoir été emprisonné et libéré, a rejoint l’Afghanistan puis l’Irak. Son renforcement dans ce dernier pays, après l’invasion américaine, l’a poussé à organiser plusieurs attentats et assassinats (les hôtels d’Amman, les tirs de missiles sur le port d’Aqaba, l’assassinat d’un diplomate américain, les tentatives d’attentat contre le siège des Renseignements généraux, et d’assassinats de hauts officiers…). Mais depuis la vague terroriste de 2005, les affaires liées à Al-Qaïda connaissent un net ralentissement, grâce aux coups préventifs donnés par les Services jordaniens au réseau Al-Qaïda, y compris en Irak, où Amman a contribué à dresser les tribus sunnites contre l’organisation de Ben Laden et de Zarqaoui. L’objectif de la Jordanie était double : affaiblir Al-Qaïda et endiguer l’influence iranienne. Le roi Abdallah était l’un des premiers responsables arabes à mettre en garde contre le Croissant chiite, allant de l’Iran jusqu’à Gaza, en passant par Bagdad, Damas et Beyrouth.

L’élimination de Zarqaoui s’est traduite par un recul du terrorisme lié à Al-Qaïda en Jordanie, mais le royaume craint une mutation de la menace, en raison des divisions qui transcendent les pays arabes, entre un axe sunnite et un axe chiite. La Jordanie est, à cet égard, le maillon faible de l’axe sunnite, infiltré par le Hamas pour le compte de l’axe syro-iranien. Les accords de paix signés avec Israël constituent le principal argument pour attirer les plus récalcitrants. Devant le recul d’Al-Qaïda, l’Iran et la Syrie, qui prennent la tête du Front du refus et de la résistance, remplacent l’organisation de Ben Laden. L’une des conséquences de cette mutation est que les plus radicaux des Frères musulmans jordaniens, intrinsèquement liés au Hamas palestiniens, sont très sensibles aux thèses développées par l’axe syro-iranien et constituent son prolongement jordanien (comme le Hamas en est le prolongement palestinien). Marginalisée politiquement, cette frange radicale risque de faire irruption sur la scène sécuritaire, craint-on à Amman.

La lecture de l’évolution des relations entre Amman et les Frères musulmans dépend de l’évolution du bras de fer régional entre les deux axes. Pour le pouvoir jordanien, les Frères musulmans et le Hamas sont partie intégrante de la politique syro-iranienne, tandis que les islamistes accusent Amman de comploter contre le Hamas en Palestine et de soutenir l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.

L’équilibre fragile entre Amman et les Frères musulmans devrait évoluer en fonction de la mutation des premiers, qui doivent élire leur nouvelle direction. Si les pro-Hamas sortent vainqueurs, au détriment des plus modérés qui constituaient jusque-là une soupape de sécurité, la situation pourrait évoluer vers davantage de crises et de tension avec Amman, au profit du Hamas et de ses parrains régionaux. Au contraire, si les modérés l’emportent, la Jordanie pourrait espérer une meilleure pacification.

Traduction et synthèse de Chawki Freïha

Lire l'article original : Al Hayat - Londres


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Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

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Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

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