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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 17:50
Le legs pernicieux de Lee Harvey Oswald


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 22 novembre
2007
VO: http://www.danielpipes.org/article/5136

Qu’est-ce qui ne va pas avec le libéralisme américain? Qu’est-il arrivé au Parti démocrate sûr de lui, optimiste et pragmatique de Franklin D. Roosevelt, Harry Truman et John F. Kennedy? Pourquoi Joe Lieberman, leur plus proche successeur actuel, a-t-il été écarté du parti? Comment l’anti-américanisme a-t-il pu infecter les écoles, les médias et Hollywood? Et d’où vient la fureur aveugle des démocrates mise en lumière par des conservateurs tels qu’Ann Coulter, Jeff Jacoby, Michelle Malkin et le Media Research Center?

Par un véritable tour de force (en français dans le texte), James Piereson, membre du Manhattan Institute, propose une explication historique à la fois inédite et convaincante. Son livre, Camelot and the Cultural Revolution: How the Assassination of John F. Kennedy Shattered American Liberalism (Camelot et la révolution culturelle: comment l’assassinat de John F. Kennedy a ébranlé le libéralisme américain – Éd. Encounter), attribue l’origine du glissement du libéralisme vers l’anti-américanisme au fait, en apparence mineur, que Lee Harvey Oswald n’était ni un ségrégationniste, ni un combattant de la guerre froide, mais un communiste.

Voici l’argumentation de Piereson:

Pendant les quelque 40 ans qui précédèrent l’assassinat de Kennedy, le 22 novembre 1963, le progressisme/libéralisme était la philosophie publique dominante et quasi-exclusive; Kennedy, centriste ferme et réaliste, était issu d’une tradition qui poursuivait avec succès l’expansion de la démocratie et de l’état providence.

En revanche, les républicains comme Dwight Eisenhower n’avait guère d’alternative intellectuelle à opposer au libéralisme et se contentait de ralentir son avance. Les «vestiges» conservateurs menés par William F. Buckley Jr. n’avaient pratiquement aucun impact politique. La droite radicale, incarnée par la John Birch Society, éructait un fanatisme insensé et inefficace.

Piereson explique que si l’assassinat de Kennedy a si profondément affecté le libéralisme, c’est parce qu’Oswald, un communiste inspiré par la Nouvelle Gauche, a abattu Kennedy pour protéger le règne de Fidel Castro à Cuba contre un président qui, pendant la crise des missiles de 1962, avait brandi l’option militaire américaine. En bref, Kennedy est mort parce qu’il s’était montré particulièrement ferme dans la guerre froide. Les libéraux ont renâclé devant ce fait qui contredisait leur système doctrinal et ils ont préféré présenter Kennedy comme une victime de la droite radicale et un martyr de la cause libérale.

Ce phantasme politique suppose deux gestes audacieux. Le premier concernait Oswald:

  • Ignorer ses idées communistes et le faire passer pour un extrémiste de droite. Ainsi, le procureur de la Nouvelle Orléans Jim Garrison affirma qu’«Oswald aurait été plus à l’aise avec Mein Kampf qu’avec Das Kapital».
  • Minimiser son importance jusqu’à la totale insignifiance (1) en émettant des théories à propos de 16 autres assassins ou (2) en imaginant une énorme conspiration dans laquelle Oswald était un instrument de la mafia, du Ku Klux Klan, des Cubains anti-Castro, des Russes blancs, des magnats du pétrole texans, des banquiers internationaux, de la CIA, du FBI, du complexe militaro-industriel, des généraux ou du successeur de Kennedy, Lyndon Johnson.

Une fois Oswald presque supprimé du tableau, voire transformé en bouc émissaire, les membres de l’establishment au pouvoir – Johnson, Jacqueline Kennedy, J. Edgar Hoover et beaucoup d’autres – passèrent à un deuxième geste, ahurissant: ils attribuèrent la culpabilité de l’assassinat non pas à Oswald, le communiste, mais au peuple américain en général et à la droite radicale en particulier, qu’ils accusèrent d’avoir tué Kennedy parce qu’il aurait été trop mou dans la guerre froide ou trop favorable aux droits civils des Américains noirs. Voici quatre exemples parmi les éléments cités par Piereson pour étayer cette déformation délirante des faits:

  • Le juge de la Cour suprême Earl Warren décria ce qu’il considérait comme «la haine et la rancœur injectées dans le cœur de notre nation par des bigots».
  • Le leader de la majorité du Sénat Mike Mansfield pesta contre «la bigoterie, la haine, les préjugés et l’arrogance qui se sont concentrés dans ce moment d’horreur pour entraîner sa perte».
  • Le membre du Congrès Adam Clayton Powell conseilla à la ronde: «Ne pleurez pas pour Jack Kennedy, pleurez pour l’Amérique.»
  • Un éditorial du New York Times regretta «la honte que toute l’Amérique doit boire pour payer le prix du vent de folie et de haine qui a frappé le président John F. Kennedy».

Piereson voit dans cette «dénégation ou ignorance volontaire» des motivations et de la culpabilité d’Oswald l’origine réelle du virage vers le pessimisme du libéralisme américain. «L’accent réformiste du libéralisme américain, auparavant empreint de pragmatisme et d’élan vers l’avenir, a été submergé dès lors par un esprit d’auto-condamnation nationale.»

Le fait de considérer les États-Unis comme grossiers, violents, racistes et militaristes a fait passer l’effort central du libéralisme du pôle des affaires économiques à celui des questions culturelles (racisme, féminisme, liberté sexuelle, droits des homosexuels). Cette évolution a contribué à l’éclosion du mouvement de contre-culture de la fin des années 1960. Dans une vision plus large, elle a nourri un «reste d’ambivalence» quant à la valeur des institutions traditionnelles américaines et au bien-fondé du déploiement de la puissance militaire américaine, lequel continue de caractériser l’attitude générale du libéralisme, 44 ans plus tard.

C’est ainsi que le legs pernicieux d’Oswald a persisté jusqu’en 2007, continuant de léser et de pervertir le libéralisme et ainsi de polluer le débat national.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

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Si'hloute > appréhension et compréhension

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