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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 08:46




Ce n'est pas parce qu'un épisode de la préparation de la seconde guerre mondiale (en 1933), bien avant Wansee et la Shoah dérangerait nos consciences qu'il faut éviter d'en parler, avec le regard de l'historien. Il est, en effet, malaisé de parler de gros sous, lorsqu'après-coup, on connaît l'ampleur réelle de la Catastrophe. En la matière, il faut éviter de se tailler des croupières d'inquisiteur en s'érigeant en juges de ce que certains auraient imaginé pour tenter de faciliter une immigration en masse des Juifs-Allemands, malgré la répulsion que leur inspirait un régime nazi dont on ne savait encore rien d'autre que son programme, ses discours. Remettre les protagonistes dans leur contexte en analysant des processus, et non en tirant des conclusions hâtives, à partir de ce que nous savons de leurs issues fatales, 9 ans plus tard. Cet épisode est encore différent des conjectures qui ont pu être tirées des démarches de certains groupes isolés, comme le groupe Stern, alors que la majorité du Yishouv rejoignait le camp allié pour combattre l'avancée de Rommel en Afrique du Nord ou combattre le gouvernement de Vichy en Syrie.      





Quand les sionistes font un marché avec les nazis

16.11.09




 

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The Transfer Agreement Banner

 

 

 

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1258027302417&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

 

Allemagne : 7 août 1933. Au 76 Wilhelmstrasse à Berlin, les Juifs allemands ne peuvent plus sortir sans peur dans la rue. Pendant ce temps-là, en Palestine, les valeureux kibboutznikim s'épongent fièrement le front dans la chaleur étouffante de l'après-midi. En Europe, la guerre fait rage. Les entrepreneurs allemands, anxieux, se demandent si une nouvelle commande de marchandises du Reich va être annulée. Les fonctionnaires nazis se frottent les mains en passant en revue les chiffres de la population juive et de ses possessions. Les chemises noires polonaises tabassent avec plaisir les Juifs dans les jardins publics. Les chômeurs allemands ordinaires cherchent de quoi manger. Dans les écoles, on force les petits garçons juifs à se tenir devant leurs camarades de classe pour montrer la détestable vermine.

 


Le boycott aux Etats-Unis
Photo: DR , JPost



Les Juifs d'Amérique et d'Angleterre lèvent un poing furieux et diffusent leur ordre de boycott antinazi. Les exportateurs juifs de Palestine se rongent les sangs à la perspective de représailles de leur plus gros client : l'Allemagne. En ce fatidique jour d'été du régime hitlérien, une délégation officielle de quatre sionistes d'Allemagne et de Palestine, auxquels s'ajoute un homme d'affaires indépendant de Palestine, sont introduits dans une salle de conférence du ministère de l'Economie allemand. Ils ont été autorisés par un groupement d'institutions juives et sionistes à venir négocier avec le Troisième Reich.

 


Au terme de plusieurs heures de discussions acharnées, Hans Hartenstein, directeur du Bureau du contrôle des changes du Reich, s'apprête à prendre congé de ses visiteurs lorsqu'un messager de la Deutsche Reichpost apporte un télégramme du consul d'Allemagne à Tel-Aviv. Son message : favoriser officiellement les intérêts sionistes en Palestine serait le meilleur moyen de briser le boycott antinazi mené par les Juifs - et de plus en plus suivi à travers le monde - qui menace de paralyser le régime d'Hitler dès ses premiers mois au pouvoir. Oui, un accord avec les sionistes se révèle nécessaire.


Investir dans les entreprises allemandes pour pouvoir s'enfuir


Ce télégramme fait son effet. L'Accord de Transfert est conclu. Pas de contrat écrit, pas de signatures apposées par les deux parties, un simple décret officiel du Reich, le n° 54/33, promulgué le 10 août, soit trois jours plus tard, par le ministre de l'Economie du Reich. Ce document autorise les sionistes à créer deux chambres de compensation, l'une à Berlin, sous le contrôle de la Fédération sioniste allemande, l'autre en Palestine, sous celui de l'Anglo-Palestine's Trust. Le bureau de Tel-Aviv a été nommé Haavara Trust and Transfer Office Ltd. Une corporation régie par le code du commerce de Palestine. Ses stocks sont l'entière propriété de l'Anglo-Palestine Bank, établissement qui deviendra, plus tard, la banque Leumi.


L'accord est le suivant : plutôt que d'être dépossédés de tous leurs biens par le régime nazi, certains Juifs peuvent quitter l'Allemagne en emportant une partie de leur fortune sous la forme de produits manufacturés tout droit sortis des usines allemandes, que le mouvement sioniste revendra ensuite en Palestine, puis sur le marché mondial. Le fruit de ces ventes sera reversé aux émigrants, mais une partie ira à des projets liés à l'édification d'un Etat : construction d'infrastructures industrielles, achat de terres.


A cette époque, les Juifs ne peuvent émigrer en Palestine sans ce que l'on appelle un "Certificat capitaliste", délivré par les autorités anglaises et prouvant qu'ils possèdent au moins l'équivalent de 5 000 $. L'Accord de Transfert va leur faciliter les choses. S'adressant à une population bien plus vaste que les seuls immigrants actifs, il a permis à des "émigrants potentiels" de protéger leurs biens en les plaçant sur des comptes bancaires particuliers, à condition d'acheter et de revendre des marchandises allemandes. Un système de transfert qui va représenter des millions de Reichsmarks, à la fois pour les Allemands et pour les sionistes.


Boycott antinazi en péril

 


Dans le contrat, plus les Allemands vendent de marchandises, plus le nombre de Juifs autorisés à quitter l'Allemagne pour la Palestine est élevé et plus le futur Etat juif dispose de fonds. Un exode au prix de l'abandon de la guerre commerciale contre l'Allemagne nazie. Celle du boycott mondial qui devait conduire au renversement d'Hitler dès sa première année, une contre-attaque morale particulièrement redoutée par les Allemands.


Le boycott antinazi aurait-il pu porter ses fruits ? Là n'est plus la question. Son impact n'est pas quantifiable en dollars mais en peur. Plus que tout autre chose, les Allemands redoutent la mythique conspiration juive internationale, qui, dans leur esprit, manipule le monde économique dans son ensemble. Et les sionistes l'ont compris.


Mais très vite, les partisans du boycott - qui comprennent aussi des organisations juives - s'opposent à l'accord conclu. On ne peut plus sauver un Juif des nazis sans vendre de la marchandise allemande ! Autant dire que le boycott est mort avant même d'avoir commencé à affaiblir le Troisième Reich.


"Des branches entières du judaïsme faneront, mais le tronc survivra", avait prédit Herzl. Cette fois-ci, en cette période cruciale et sans précédent, les Juifs ont la possibilité d'exploiter une situation d'urgence en s'assurant un avenir, et non plus pour racheter un passé. De cette crise faite d'humiliation, de souffrances et d'expulsions, pourra naître un sanctuaire, un Etat-nation et un Juif nouveau, doté d'un foyer bien à lui.


En tout, l'Accord de Transfert a permis l'arrivée en Palestine de 60 000 Juifs et de 100 millions de dollars (l'équivalent de près d'1,7 milliard de dollars actuels). En fin de compte, il a sauvé des vies, préservé des biens et assuré une mise de fonds pour l'infrastructure de l'Etat juif à naître.


Arlozoroff à chaque coin de rue

 


Au cours des années qui ont précédé la guerre, la perspective d'un Etat déchirait déjà le monde juif, dressant ses dirigeants les uns contre les autres, suscitant des rébellions, et même des meurtres, au sein du yishouv comme en diaspora. Le ministre des Affaires étrangères de facto de l'Agence juive, Haïm Arlozoroff, qui a négocié l'accord au nom du parti sioniste Mapaï, avait ainsi été assassiné sur une plage déserte de Tel-Aviv (à la hauteur de l'actuel Hôtel Hilton), sans doute par des sionistes révisionnistes du camp de Zeev Jabotinsky. Minoritaires à l'époque, ces derniers s'opposent violemment à cet accord avec les nazis. Aujourd'hui, en Israël, chaque ville possède sa rue Arlozoroff.




 

Aux Etats-Unis, les dirigeants communautaires et les organisations juives comme le Congrès juif américain et Stephen Wise - partisans du sionisme - ont longtemps hésité avant de renoncer au boycott contre les nazis. Les communautés juives officielles l'ont néanmoins voté, laissant un mouvement certes toujours virulent, mais désorganisé et privé du soutien sur lequel il comptait. Toujours est-il que, sans le boycott, il n'y aurait jamais eu d'Accord de Transfert.


Malgré les protestations engendrées devant la situation des Juifs qui empire partout en Europe, les sionistes préparent d'autres accords fondés sur le même principe en Tchécoslovaquie, en Hongrie et dans d'autres pays occupés par les nazis. Mais lorsque les expropriations sont suivies par l'extermination pure et simple d'un peuple, le Transfert permettra encore de sauver quelques individus, avant d'être restreint, voire supprimé.


Le travail de mémoire avant les questions de gros sous


Pendant près de trois décennies, cet accord et les douloureux détails qui l'accompagnent sont tombés dans l'oubli. Puis, en 1984, cet épisode de l'histoire est révélé par le livre The Transfer Agreement [écrit par l'auteur de cet article], suscitant un débat houleux. A cette époque, le monde et la communauté juive se confrontent encore à l'horreur du génocide et à la culpabilité. L'accent est mis sur les événements meurtriers qui ont marqué les années de guerre. Les organisations attachées au devoir de mémoire combattent les mouvements révisionnistes antisémites, qui cherchent à minimiser voire à nier la Shoah en réécrivant farouchement l'Histoire. Rares sont ceux qui se sont penchés sur l'aspect financier de la Shoah avant la sortie du livre. Rares sont ceux qui ont employé les mots "sionistes" et "nazis" dans la même phrase.


Pour mieux saisir cette époque, souvenons-nous que la première tentative d'évoquer la Shoah à la télévision date de 1978, avec le feuilleton intitulé Holocauste. C'est précisément en 1978 que les recherches sur l'Accord de Transfert ont débuté. La deuxième génération, qui rassemble des enfants de survivants, est en cours de formation et prévoit un premier congrès mondial.


Le Musée-mémorial américain de l'Holocauste, qui devait obtenir sa charte en 1980, ne sera inauguré que plusieurs années et de nombreuses controverses plus tard. A l'époque, on n'enseigne pratiquement nulle part ce sombre épisode de l'histoire. Pour la société et les survivants, la priorité est de prendre conscience du génocide et de l'affronter, et non d'en étudier les aspects économiques.
Aujourd'hui, le monde s'est presque entièrement tourné vers des questions plus matérielles : celles liées aux biens. Les comptes bancaires suisses pillés, les œuvres d'art dérobées, l'or taché de sang, les expropriations, les salaires de l'esclavage, les polices d'assurances non remboursées et les détournements d'argent... Partout, accusations et défense s'entrechoquent, non au sujet des assassinats de masse, mais des questions d'argent. Au départ, le monde a dénombré les victimes. A présent, il tente de compter les dollars.

 


Faire le bien ou le mal ?


Voilà pourquoi l'Accord de Transfert est désormais sur toutes les bouches. Tandis que les efforts internationaux se concentrent sur la récupération des biens juifs perdus, l'Accord se dresse en solitaire. Il a fonctionné au cœur même de la diabolique frénésie de l'époque nazie, alors que les dirigeants sionistes regardaient en arrière pour ne pas oublier le passé, puis levaient les yeux vers le ciel afin d'imaginer un avenir. Même Moïse avait reçu l'ordre de Dieu de ne pas perdre de temps à séparer le bon grain de l'ivraie. Dans ce contexte, le monde peut désormais examiner la tâche immense à laquelle les négociateurs sionistes de 1933 se sont trouvés confrontés, ainsi que les arrangements monumentaux qu'ils ont choisi de conclure.


Dans ce bureau de la Wilhelmstrasse, une poignée de dirigeants sionistes froidement réalistes ont été prêts à prendre ce genre de décisions. Ils ont ainsi contribué à sauver un peuple, à fonder un Etat. Et malgré tout, 25 ans après la sortie du livre et plus de 75 ans après la négociation de l'accord, les mêmes questions subsistent, tenaces, et continuent de harceler ceux qui découvrent l'existence de l'Accord de Transfert : était-ce de la folie ? Etait-ce du génie ?


L'auteur de cet article a remporté de nombreux prix avec son livre, IBM et l'Holocauste, qui a fait le tour du monde. Son premier ouvrage, The Transfer Agreement (non traduit en français), est l'objet d'une réédition à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de sa sortie (chez Dialog Press), avec une postface d'Abraham Foxman.

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commentaires

Dundee 11/09/2012 17:06

Votre présentation des faits souffre quelques incohérences. D'abord le 3ème Reich n'existait pas encore puisque l'ascension du parti nazi au pouvoir ne s'est faite réellement qu'en novembre 1933.
Du 30 janvier 1933 jusqu'au mois de novembre, c'est une coalition des droites conservatrices notamment le DNVP(parti du vieux Maréchal Hindenbourg) qui partageant le pouvoir au Reichtag avec le
NSDAP et les démocrates chrétien, limite encore la liberté d'action du chancellier Hitler. La campagne de boycott organisée dès février 1933 depuis New York par les responsables du mouvement
sioniste et l’American Jewish Committee notamment dans la presse Newyorkaise, n'avait pas tant pour but de contrer l'ascension du NSDAP, que de forcer habilement le nouveau gouvernement de la
république de Weimar (et non du 3ème Reich !!!)à signer cet accord de transfert, comme le prouve la déclaration publique du grand rabin Léo Baeck faite fin mars 1933. Vous avez raison de souligner
qu'il ne faut pas réécrire l'histoire à l'envers (en repartant de l'effroyable catastrophe shoa) mais bien en déroulant les faits réels... Or vous ne le faites précisément pas dans le bon ordre que
vous feignez d'ignorer. Les promoteurs et protagonistes de cet accord n'étaient pas en 1933 membres du parti nazi, puisqu'il s'agissait de Werner Otto von Hentig, chef de la division Moyen-Orient
au ministère des Affaires étrangères, et de Konstantin Von Neurath, ministre des affaires étrangère. Hitler était en 1933 défavorable à cet accord de transfert avec les sionistes, mais il avait
comme priorité d'asseoir son pouvoir dans une république en ruine et dans un climat insurrectionnel fomenté par les bolcheviques. Il est alors évident que tout accord devait passé pour les
dirigeants de l'Allemagne en crise depuis 1918 par des mesures favorisant le redressement économique du pays et l'emploi. C'est d'ailleurs précisément ce qui fut trés habilement négocié par les
responsables sionistes. La Shoa a-t-elle un rapport avec cet accord ? Il semble que les nazi une fois installés au pouvoir ne l'ont pas remis en cause et ont continué à négocier avec les
responsables du mouvement sioniste. Comment expliquer qu'en septembre 1940 aux Pays Bas tous les journaux juifs soient interdits d'édition, sauf un seul hebdomadaire, le Hot Joodse Zeekblad, fondé
après l'invasion allemande et mis sous la responsabilité de Jack de Leon, jeune sioniste ? Quel rôle a réellement joué le mouvement sioniste dans le rassemblement des juifs d'Europe, le refus de
Churchill de les accueillir en Palestine dans le foyer national juif, puis celui de Vichy de les accueillir à Madagascard, conduisant les responsables de la solution finale territoriale (ce
qualificatif ne doit pas être oublié car il figure bien sur les document d'archive) le 20 janvier 1942 à la décision de les transférer dans les nouveaux territoires conquis à l'Est et de mettre les
hommes valides aux travaux forcés pour remplacer les Allemands levés en masse pour partir au front. Il ne pouvait à l'époque malgré toute la haine à l'encontre des juifs que pouvaient manifester
les Nazi (mais aussi tous les Européens de Madrid à Vladiwostok !) s'agir d'un vaste plan d'extermination ("Vernichtung" mais bien de "Umssiedlungsaktionen"). La catastrophe humanitaire qui a suivi
et engendré un effroyable génocide provient certes de l'absence d'organisation de ces transferts en pleine guerre alors que les moyens matériels et humains venaient à manquer de plus en plus
cruellement chaque jour. L'extermination a d'abord été le fruit d'une incroyable inorganisation voire désorganisation comme le prouve les témoins qui rapportent notamment que les 3/5 ème des
déportés juifs du gettho de Varsovie étaient morts à l'arrivée des convois à Tremblinka provoquant une situation apocalyptique. Et les épidémies notamment de typhus ont fait de terribles ravages
dans les camps, provoquant des écatombes comme le prouvent les rapports de la croix rouge qui imposèrent de raser les déportés à leur arrivée, de les épouiller et de changer leurs vêtements.
comment survivre aux effroyables conditions d'internement, en affrontrontant quotidiennenment l'absence de nourritre et en étant soumis à un régime de travaux forcés comme au bagne de Cayennes (aux
Antilles françaises fermé seulement au milieu des années 50...)? Cependant dire que les sionistes seraient co-responsables de cette catastrophe humanitaire serait mentir car la responsabilité
directe des déportation et des conditions d'internement incombe bien aux Nazi. Jamais ils n'auraient du déporter des individus en pleine guerre, et cette terrible décision imposée comme priorité
pour l'industrie du Reich par Walter Funk (ministre de l'industrie) d'utiliser les juifs comme main d'oeuvre en remplacement des citoyens allemands appelés sur le front, décision entériner lors de
la conférence de Wansee le 20 janvier 1942. Si personne ne peut nier la Shoa, il est important de bien analyser les concours de circonstances qui l'ont rendu possible et les responsabilités exactes
de chacun y compris celles du mouvement sioniste. Et comme personne ne peut plus remettre en cause l'état d'Israël, il est grand temps de faire objectivement toute la lumière sur ces faits
historiques avant que des ennemis d'Israël ne s'en emparent. Toute censure est contreproductive. Il faut au contraire gérer une révision objective et courageuse de l'histoire parce que la Shoa
reste un des fondements de la conscience collective du peuple juif et de son lien patriotique avec l'état hébreu.

Gad 19/11/2009 20:09


Shalom Eden,

en publiant, je suis parfaitement conscient des utilisations et exploitations, par et pour tous ceux qui, justement, n'auront pas lu l'ouvrage et se contenteront du titre. Mais c'est parce que nous
connaissons les évènements et les circonstances, ainsi que ce qui peut en être fait aujourd'hui que nous savons de quoi nous parlons. Que vaut-il mieux? Attendre de nouveaux Goldstone ou Bostrom
qui clouent Israël au pilori pour telle ou telle décision à tel moment? Ou faire les enquêtes nous-mêmes sans rien nous cacher des difficultés de l'époque et des ressources d'avenir qui
s'ouvraient, malgré la Catastrophe?
Prendre les coups ou les anticiper?
Je crois le peuple juif et Israël assez matures pour être capables de se confronter aux moindres recoins de son histoire présente et passée et évaluer la portée réelle des décisions prises.
Je sais telle chose, mais je n'en parlerais pas en ce moment, parce que... Qu'est-ce donc, sinon de l'opportunisme, un choix conscient pour les questions qu'on peut soulever et celle qu'il vaut
mieux laisser de côté? De l'auto-censure comme sur une page "honteuse"? Et en quoi le serait-elle? Au vu de ce qui se passait ou se présageait en Europe, quel que fut le moyen, ne fallait-il pas
s'empresser de construire avec, par et pour ceux qui pouvaient encore en réchapper?

L'antisionisme est fondé sur le mensonge et des croyances erronées. Le Sionisme sur l'authenticité, et il n'y a pas de bonnes ou mauvaises vérités, à laisser d'abord découvrir par les plus
malveillants et les haineux avant qu'ils ne les retournent contre nous.

Bien sûr que tout se soupèse, à condition d'envisager la portée de ce qui a été entrepris et pour quels motifs réels.

Alors, quel rapport entre Black en Norman Finkelstein? Le dernier soutient une thèse idéologique, le premier éclaire sur ce qui s'est passé, comment, pourquoi.


Eden 19/11/2009 13:26


On ne peut pas répondre froidement à la question sur la pertinence ou pas d'un tel accord.
Cependant, je m'insurge contre ce type d'article.
Bien sûr que la vérité historique est importante mais RAPPORTER UN TEL FAIT HISTORIQUE DE NOS JOURS EST DANGEREUX !

Combien de sites antisémites vont s'emparer d'un fait que nous pouvons comprendre, que nous sommes à même en qualité de juifs et de sionistes d'entrevoir comme un acte désespéré ?

Mais les autres ? Les anciens et nouveaux antisémites ? Ne vont-ils pas rajouter à leur panier ce bouquin ?
Entre shoah business qui est sans cesse utilisé contre les juifs parce que écrit par un juif (Norman Finkelstein) et ce bouquin...mais c'est la porte ouverte à toutes les dérives antisémites !

L'opportunité de la question est essentielle...Etait-ce maintenant ? Qui a eu la bonne idée de nous ressortir ce bouquin qui a 25 ans d'âge ?

Autant de questions qui me bouleversent.


Goodÿ 30/03/2016 15:07

ça ne dérange personne de publier toute sorte de vérités historiques ou pas sur l'esclavage ... bref ... on est assez intelligent et grand aussi pour apprendre l'histoire sans faire d'amalgame et taire certaines vérités est TOUT AUSSI DANGEREUX

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  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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