Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 17:39

En 1948, Pérès rêvait d'un pays transformé en kibboutz

De notre correspondant à Jérusalem, Patrick Saint-Paul

 

http://www.lefigaro.fr/international/2008/05/07/01003-20080507ARTFIG00011-en-peres-revait-d-un-pays-transforme-en-kibboutz.php

 

07/05/2008 |

 

Shimon Pérès déplore qu'Israël ne connaisse pas ses frontières définitives.
Shimon Pérès déplore qu'Israël ne connaisse pas ses frontières définitives. Crédits photo : Le Figaro

 

Le président d'Israël a raconté au Figaro comment il avait vécu la naissance de l'Etat hébreu en 1948.

Dernier des pères fondateurs de l'État hébreu encore en fonction, le président Shimon Pérès voulait bâtir Israël avec ses mains. En 1934, Pérès est âgé de onze ans lorsqu'il émigre de Pologne avec ses parents, pour débarquer sur les côtes de la Palestine du mandat britannique. Sioniste convaincu dès l'adolescence, il fait des études d'agriculture afin de cultiver la terre promise. Son rêve de construire un pays qui ressemblerait à un «kibboutz géant» ne s'est pas matérialisé. Cependant, il avoue avec enthousiasme que, soixante ans après sa fondation, Israël a surpassé tout ce qu'il avait pu imaginer.

«Les Juifs étaient un peuple sans terre, explique Shimon Pérès au Figaro. Il y avait une anomalie. L'idée des sionistes était de retourner dans notre pays d'origine, afin de retrouver notre terre, pour la travailler de nos propres mains. Lorsque j'étais garçon, je rêvais d'être berger ou poète. J'ai rêvé que notre pays en devenir serait poussé en avant par l'agriculture. Et j'ai donc fréquenté un collège agricole.» C'est là que le jeune Shimon s'initie à la politique en participant à des débats sur l'avenir du pays, dont la naissance ne faisait aucun doute dans son esprit. Fallait-il se battre pour le modèle soviétique ou la démocratie ? Fallait-il se battre pour préserver l'identité juive ou pour garder la terre à n'importe quel prix ?

Lorsqu'il rejoint le mouvement des jeunesses travaillistes, Pérès découvre que ses idées sont minoritaires. «Nous étions deux sur sept à vouloir la démocratie et à être prêts à partager la terre pour sauvegarder notre identité, se souvient-il. C'est pourquoi j'ai décidé de devenir un leader étudiant.» En 1944, il rejoint le kibboutz Haloumi, dont il est le secrétaire et où il assouvit ses ambitions en devenant berger et producteur de lait. Un an avant l'indépendance, il s'engage dans la Haganah, l'armée clandestine juive, qui deviendra en 1948 la colonne vertébrale de Tsahal.

La rencontre avec son héros, David Ben Gourion, marque un tournant dans sa vie. «Je me suis retrouvé par hasard à ses côtés en voiture, pour l'accompagner de Tel-Aviv à Haïfa, explique Pérès. Jamais je n'aurais osé rêver passer deux heures en tête à tête avec cet homme que j'admirais. Mais, plongé dans ses pensées, Ben Gourion n'a pas décroché un mot jusqu'à ce que nous entrions dans Haïfa. Alors il m'a dit : “Tu sais, Trotski n'est pas un grand dirigeant.” J'ai demandé pourquoi. Il m'a répondu : “Ou tu prends le risque de faire la guerre, ou tu fais la paix et tu es prêt à en assumer le prix. Trotski n'a pas été capable de choisir”.»

« Mon intuition m'a poussé vers la France»

Pérès se demande encore comment Léon Trotski est monté en voiture avec lui et Ben Gourion. Mais ces quelques minutes de conversation lui suffisent pour faire impression sur son mentor, qui le prend sous son aile. Ben Gourion le nomme chef des «ressources matérielles et humaines» de la Haganah. L'approvisionnement en armes sera sa principale mission.

Alors que les armées arabes menacent, il est envoyé à Paris. «Les Britanniques et les Américains nous imposaient un embargo sur les armes, dit Pérès. Je savais très peu de chose sur la France et pas un mot de français. Mais mon intuition et mon enthousiasme m'ont poussé vers la France, pour chercher de l'aide. Personne n'y croyait vraiment, cependant Ben Gourion m'y a envoyé en désespoir de cause.»

La connexion française s'avère payante. Non seulement Pérès obtient les armes nécessaires à la survie du jeune pays mais il réussira aussi par la suite à se faire livrer des Mirage III et la première centrale nucléaire de Dimona, clé de voûte de la dissuasion israélienne. «Notre rêve d'installer un foyer pour notre peuple s'est accompli, mais nous n'avons peut-être pas porté assez d'attention aux rêves des autres, reconnaît Pérès. Nous avons été sanctionnés pour cela. En soixante ans, nous avons dû nous battre sept fois pour notre existence. Notre rêve était d'exister et non d'avoir à nous battre pour cela en permanence.»

Les attentats du groupe Stern et de l'Irgoun contre la puissance britannique, les exactions contre les Palestiniens, les villages arabes rasés… Pérès ne regrette aucune de ces actions, qui font selon lui partie de la lutte pour fonder l'État hébreu. Il se félicite qu'Israël ait su s'adapter dans l'adversité. «Je n'aurais pas cru qu'en soixante ans, nous puissions atteindre 5 ou 6 millions de Juifs, confie-t-il. Ni que les Juifs viendraient du Yémen, de Russie et d'autres pays, notamment arabes. Nous nous sommes multipliés par dix. C'est mieux que ce dont j'avais rêvé.»

«Au lieu de cultiver la terre, nous cultivons le high-tech»

Tout comme il se félicite du rôle joué par le kibboutz, qui, selon lui, a contribué par ses valeurs de solidarité à «fonder une société hautement morale». «Nous espérions que tout le pays serait un seul et grand kibboutz, affirme Pérès. Cela ne s'est pas produit. Cependant, le kibboutz est devenu un pôle d'excellence. Les habitants des kibboutz sont sept fois plus productifs que le reste de la nation. Ils sont moins de 2 % de la population et ont fourni 20 % des pilotes de l'armée de l'air. Nous n'avions pas imaginé que la science pourrait remplacer l'agriculture. Et qu'au lieu de cultiver la terre, nous cultiverions le high-tech. De la même façon que nous avons produit des miracles dans le domaine de l'agriculture, nous faisons preuve d'un grand talent pour mettre en œuvre l'alternative que sont les nouvelles technologies.»

Pérès déplore qu'Israël ne connaisse toujours pas ses frontières définitives. «C'est un gros problème, admet-il. Mais nous avons déjà des frontières avec l'Égypte, la Jordanie, avec le Liban et avec la mer. Maintenant, il ne nous manque plus que les Palestiniens et la Syrie.» Il s'inquiète de l'influence grandissante des religieux, qui grâce au système électoral à la proportionnelle sont capables d'imposer leurs vues au gouvernement. «Je voudrais que les religieux se fondent dans tous les partis politiques, dit-il. Le fait que nous ayons des partis religieux affaiblit notre système. Cependant, la force de notre pays a toujours été d'avoir su surmonter les échecs du système, pour continuer d'avancer.»


 L'État hébreu champion des biotechnologies

De notre envoyée spéciale en Israël Martine Perez


07/05/2008

 

http://www.lefigaro.fr/sciences/2008/05/07/01008-20080507ARTFIG00322-l-etat-hebreu-champion-des-biotechnologies.php

 

 

Avram Hershko (à gauche) et Aaron Ciechanover, lauréats du prix Nobel de chimie en 2004, poursuivent ensemble leurs recherches à l'Institut technologique Technion, près de Haïfa.
Avram Hershko (à gauche) et Aaron Ciechanover, lauréats du prix Nobel de chimie en 2004, poursuivent ensemble leurs recherches à l'Institut technologique Technion, près de Haïfa. Crédits photo : AFP

 

Soixante ans après sa création, Israël est numéro un mondial en nombre de brevets par habitant pour les dispositifs médicaux et quatrième pour ceux de biotechs.

En grimpant sur les hauteurs de Jérusalem en voiture, on croise d'abord des quartiers entiers où s'affairent de jeunes femmes juives orthodoxes sagement vêtues et des religieux en habits et chapeau noirs, tous apparemment en quête de spiritualité et de recherche du divin. Enfin, on arrive à Har Hoz­vim, sur une sorte de plateau qui surplombe la vieille ville, de­vant un gratte-ciel high-tech en verre éblouissant de lumière.

Nous sommes chez Bioline Innovation, une société qui, elle, est en quête de «blockbusters», c'est-à-dire de nou­veaux médicaments qui seront prescrits à des millions de per­sonnes, atteintes de diabète ou d'hyper­tension, et qui rapporteront des milliards de dollars. Ce n'est pas le moindre des paradoxes de ce pays de perpétuer à la fois une religion omniprésente tournée vers une histoire de plus de 5700 ans et de s'offrir le luxe d'une re­cherche scientifique délibérément tendue vers le millénaire à venir.

Dans ce pays à peine plus grand que trois départements français, en dépit d'un état de guerre larvé, la recherche scientifique est en plein essor, tout comme la création d'entreprises de biotechno­logies.

À défaut de matières premières, l'État hébreu a décidé depuis longtemps de miser sur sa matière grise. Un fait ne trompe pas : le ministère de la Recherche est en réalité inclus au sein de celui de l'Industrie. Il y a aujourd'hui, dans l'État hébreu, 900 entreprises de biotechnologies qui visent à produire des nouvelles thérapies, des nouveaux médicaments. Chaque année, 60 nouvelles biotechs sont créées, même si d'autres s'éteignent faute de succès. Si l'on en croit Rachel Roei-Rothler, du ministère de l'Industrie, 40 % des biotechs de moins de cinq ans génèrent déjà des revenus. Toutes les universités, toutes les institutions de recherche ont créé depuis de nombreuses années déjà en leur sein des sociétés de transfert visant à valoriser sur le plan économique les résultats de la recherche scientifique, par le biais de start-up, de prises de brevets ou de ventes de licences.

Multiples investissements

Ce dynamisme se traduit, selon l'office américain des brevets, par un nombre impressionnant de succès. Israël serait le numéro un mondial pour le nombre de dispositifs médicaux brevetés (pacemakers, matériel chirurgical…) par habitant. Et numéro quatre mondial pour les brevets en biotechnologie. Actuellement, les recherches en thérapie cellulaire font l'objet de multiples investissements.

Morris Laster, né à Brooklynn et directeur général de Bioline Innovation, créé en 2003 par Teva, situé sur les collines de Jérusalem, a comme mission de découvrir les nouvelles molécules plus efficaces et mieux tolérées qui inonderont le marché pharmaceutique mondial de de­main.

Il s'agit pour lui de faire une recherche exhaustive de molécules prometteuses mises au point dans les laboratoires universitaires du monde entier, de les évaluer in vitro, de les soumettre à un comité scientifique de haut niveau, dont fait parti Aaron Ciechanover, prix Nobel de chimie en 2004. Lequel comité ­donne ou pas le feu vert pour des essais cliniques. Plus de 900 molécules ont déjà été examinées, treize sont dans le pipeline et quatre sont en cours d'essais cliniques.

Le vice-président de l'Institut Weizmann, un des plus grands instituts de recherche du pays, qui compte plus de 250 équipes de chercheurs, Haïm Garty, originaire de Roumanie, nous reçoit sur un campus verdoyant pour nous expliquer que les équipes spécialisées en science de la vie travaillent toujours avec des physiciens, des chimistes et des mathématiciens. Et pour illustrer son propos, le professeur Yoram Salomon (cancérologue) raconte, lui, comment en discutant par hasard il y a deux ans autour de la machine à café avec un photochimiste spécialisé dans la chlorophylle ils ont imaginé un traitement du cancer de la prostate basé sur la photothérapie dynamique (injection d'un produit qui devient toxique uniquement sous l'effet de la lumière), traitement qui est en cours d'essais cliniques dans cinq pays.

Traquer toutes les idées prometteuses

L'hôpital Hadassah de Jérusalem a créé lui aussi sa société de transfert, Hadassit, dirigée par le professeur Raphael Hofstein qui traque toutes les idées prometteuses des équipes hospitalières pour les protéger par des brevets. Au sein de Hadassit, Cell Cure Neurosciences, une biotech pleine de projets, s'est fixé comme objectif de trouver des traitements neurologiques à partir de cultures de cellules souches embryonnaires.

Que ce soit au Technion près de Haïfa, ou encore à l'université hébraïque de Jérusalem, l'une des clés de la réussite, c'est le dé­cloi­sonnement entre le public et le ­privé, la recherche et l'industrie, la biologie et les autres sciences dures.


INTERVIEW - «Ils l'ont fait parce qu'il ne savaient pas que c'était impossible !»

«Pour réussir, il faut savoir tenter l'impossible»

De notre envoyée spéciale en Israël Martine Perez,

07/05/2008

 

http://www.lefigaro.fr/sciences/2008/05/07/01008-20080507ARTFIG00303-pour-reussir-il-faur-savoir-tenter-l-impossible.php

 

Un jeune Français, cofondateur d'une entreprise d'agrotechnologie, estime qu'en Israël tout est plus facile pour la recherche.

C'est dans un laboratoire situé dans une zone quasi désertique, à quelques kilomètres de l'Institut Weizmann de Rehovot, en plein milieu d'Israël que nous reçoit Julien Meissonnier, un jeune Français cofondateur d'Evogène, une boîte de biotechnologie spécialisée dans les OGM. Rien dans son histoire fami­liale ne prédestinait ce jeune homme d'origine picarde, diplômé de l'Institut national des sciences appliquées (Insa) de Lyon, à venir s'installer en Terre sainte pour traquer notamment des plantes génétiquement mo­difiées résistantes à la sécheresse. Lors de vacances en Amérique du Sud, il tombe amoureux d'une jeune biologiste israélienne, décide de fonder une famille avec elle, et s'investit dans une en­treprise de biotech.

Raisons psychologiques

«Il y a ici un côté inventif et imaginatif permanent dans le domaine de la science. Les gens tentent, prennent des risques. Parfois ça marche, parfois c'est un échec, nous explique ce jeune homme affable mais déter­miné. La grande devise de la réussite, ici, c'est : “Ils l'ont fait parce qu'ils ne savaient pas que c'était impossible !” En clair, pour réussir, il faut savoir tenter l'impossible. Une autre des clés du succès, c'est aussi que les gens ne se cantonnent jamais à être spécialistes d'un seul secteur mais “reniflent” tout ce qui se passe autour.»

Evogène a été créée en 2002, avec pour but de découvrir des gènes importants pour les plantes à partir d'un travail bio-informatique. «La sécheresse va être un problème crucial dans les années à venir. Nous avons défini cinquante gènes qui ont le potentiel d'améliorer la résistance à la sécheresse et cela pour une trentaine de plantes importantes, coton, peupliers… L'objectif est de produire des plantes transgéniques pour améliorer le rendement tout en diminuant les coûts.» Evogène mène ensuite des essais en plein champ avec ses OGM pour les proposer ensuite aux grands semenciers.

Pour Julien Meissonnier, la création d'entreprises de biotechnologies est bien plus facile en Israël, essentiellement pour des raisons psychologiques : «Il y a dans l'Hexagone, une sorte de psychose du chômage qui fait que l'on doit s'accrocher à son travail. Et puis, si vous montez une start-up et que vous faites faillite, vous êtes marqué par l'échec. Ici, vous avez tenté et vous avez échoué, mais on considérera que votre échec vous a rendu plus fort, que vous en avez tiré des leçons et ce sera une valeur ajoutée !»



Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis