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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 23:18

Halte aux mensonges

Un scénario machiavélique viserait le Liban

Une campagne médiatique se met en marche pour préparer les esprits

dimanche 18 mai 2008 - 21h17, par Khaled Asmar - Beyrouth

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Après avoir soumis les sunnites par la force, et neutralisé les druzes par la menace, le Hezbollah et ses alliés se focalisent sur l’aile chrétienne de l’Alliance du 14 mars pour éradiquer toute velléité indépendantiste et souverainiste.

Depuis l’été 2005, les médias du Hezbollah, avec la contribution des quotidiens, sites et blogs qui gravitent dans l’orbite de l’axe syro-iranien, distillent toutes sortes d’informations inventées de toutes pièces, pour justifier a priori l’hégémonie du Parti de Dieu et son coup de force du 8 mai dernier.

Ainsi, les plus avertis avaient noté le brassage médiatique réalisé depuis des mois à travers la télévision « Al-Manar », la revue « Al Intiqad », le quotidien algérien « Ech-Chorouk », le réseau « Voltaire » et certains sites israéliens douteux comme « Filkka Israël ». Ces médias ont longtemps insisté sur la création d’une milice gouvernementale au Liban, désignée pour être « la milice sunnite de Saad Hariri », lequel « s’est alliée à Al-Qaïda pour vaincre la Résistance du Hezbollah ». Ces médias ont longtemps accusé la majorité de s’être réarmée et d’avoir abrité des dizaines d’officiers israéliens, saoudiens et jordaniens à Beyrouth pour protéger la « bande au pouvoir ». Ils ont poussé le mensonge encore plus loin pour affirmer que le courant du Futur finançait les islamistes du Fatah Al-Islam. Or, les événements de Nahr El-Bared (mai-septembre 2007), et le coup de force réalisé par le Hezbollah et ses alliés (mai 2008) ont prouvé, sans l’ombre d’un doute, l’inexistence de toute milice sunnite, l’absence de tout réarmement, et la légèreté de l’argument sur la prétendue alliance avec Al-Qaïda. D’ailleurs, on pourrait légitimement s’interroger comment les membres d’Al-Qaïda auraient pu entrer au Liban alors que le Hezbollah espionnait - et espionne toujours - l’aéroport, et l’épisode du limogeage du chef de la sécurité de l’aéroport Wafik Chkeir, atteste de l’importance de ce poste pour le parti chiite. De ce qui précède, on pourrait conclure que les islamistes arrivaient au Liban par la seule frontière syrienne, ce qui incrimine Damas.

A posteriori, l’enchainement des événements semble expliquer le plan hégémonique du Hezbollah. Après le blocage des institutions et la démission des ministres chiites du gouvernement, pour empêcher la validation du Tribunal international, la guerre de Nahr El-Bared a été commanditée dans l’objectif d’affaiblir l’armée libanaise et de soumettre son commandant, le général Michel Sleiman, au diktat du Hezbollah. Tout le monde se souvient des lignes rouges tracées par Hassan Nasrallah pour prolonger la guerre et enliser l’armée. Quelques mois après la prise d’assaut du camp palestinien, au nord de Tripoli, le chef des opérations, le général François El-Hajj, fut assassiné, dans le but de créer le vide autour de Sleiman et lui imposer des conditions humiliantes qui seraient en négociations aujourd’hui au Qatar. Le Hezbollah voudrait pouvoir imposer le futur commandant en chef de l’armée, celui des Forces de sécurité, le ministre de la Défense, le chef des Renseignement, conditions sine qua non pour élire Sleiman à la présidence. En fait, le 8 mai dernier, le Hezbollah et ses alliés ont usé de leur puissance militaire destinée à combattre Israël pour soumettre les Sunnites de Beyrouth, et pour intimider les Druzes dans la Montagne, et obliger la majorité à céder sur ces conditions. C’est l’enjeu du dialogue en cours à Doha, sous l’égide du Qatar et de la Ligue arabe.

Il devient ainsi aisé de comprendre le dessein du Hezbollah : prendre indirectement le pouvoir au Liban, sans rééditer l’exemple du Hamas à Gaza, et sans subir la réaction de la communauté internationale à un coup d’Etat. Le parti de Hassan Nasrallah, après avoir affaibli l’armée, cherche à élire son commandant Michel Sleiman selon ses propres conditions. Mais cela signifie que Nasrallah doit sacrifier son « allié de circonstance », l’autre général Michel Aoun. Le parti de Dieu s’en était servi, grâce au document d’entente signé en février 2006, pour s’octroyer une couverture chrétienne et nationale lui permettant de refuser tout désarmement. Maintenant, il le jette comme un mouchoir usagé.

Ce machiavélisme est poussé à son comble et les stratèges du Hezbollah semblent préparer, actuellement, un nouveau plan pour réduire les derniers souverainistes représentés par la majorité des chrétiens (après avoir laminé l’aile Sunnite et réduit la branche Druze de la majorité). La réussite de ce plan permettra à l’axe syro-hezbollahi de réaliser d’une pierre deux coups : diviser les chrétiens et se débarrasser d’un allié qui devient encombrant (Aoun). Ainsi, la télévision « Al-Manar » dénonce « la présence d’officiers israéliens dans le fief de Samir Geagea à Kornet El-Sawda (le plus haut sommet du Liban, dans la région des Cèdres, à Bcharré, Nord) pour espionner la Résistance ». Ce qui pourrait justifier une nouvelle incursion du Hezbollah dans cette région. Pire, la revue « Al Intiqad », du Hezbollah, cite le blog israélien plus que douteux, « Filkka Israël », qui « révèle » que « Samir Geagea complote contre le général Aoun pour l’assassiner en envoyant une journaliste l’interviewer avec une caméra piégée ». Mais le site se trahit en soulignant que les avancées techniques du Mossad israélien permettent une telle opération, oubliant que le même procédé avait été utilisé pour assassiner le commandant Massoud en Afghanistan, le 9 septembre 2001. Le site israélien douteux et la revue du Hezbollah avancent même le nom d’un Libanais de Clamart (France), qui serait chargé de cette opération !

Pour donner du crédit à ce scénario, cette « politique-fiction » est accompagné de rappels très sélectifs sur le passé de Samir Geagea et des Forces Libanaises, auteurs, selon les médias du l’axe syro-hezbollahi, de toutes les exactions commises durant la guerre du Liban (1975-1990). Parallèlement, ces médias respectent la consigne et insistent sur un autre mensonge : « les armes du Hezbollah n’ont jamais été utilisées à l’intérieur du Liban ». Mais les événements de mai 2008, comme la guerre entre le Hezbollah et Amal, puis entre le Hezbollah et les camps palestiniens, puis contre le PSP de Walid Joumblatt, entre les années 1985 et 1988, démentent catégoriquement le discours angélique du parti de Dieu.

Cette fiction vise, à ne pas douter, à semer la méfiance dans le camp chrétien et à créer la discorde entre le Courant Patriotique Libre du général Michel Aoun, et les Forces Libanaises de Samir Geagea. A cet égard, la journaliste Leila Nicolas Rahbani s’est interrogée, le 16 mai dans « Al Intiqad », « pourquoi le feu (de la guerre) n’a pas touché les régions chrétiennes ? ». Et d’expliquer que « les chrétiens sont vaccinés par les souffrances qu’ils ont endurés de la guerre menée par Samir Geagea à la demande des américains, en 1990, contre le général Aoun... ». Ceci fait partie de la « mémoire sélective » des porte-voix du Hezbollah.

Le plus inquiétant est sans doute l’appel lancé par un autre journaliste libanais basé à Paris, Issa Al-Ayoubi. Le 17 mai, celui-ci a publié un article dans « Voltairenet.org » de Thierry Meyssan sous le titre : « Pour que demain ne ressemble pas à hier, l’éradication est un devoir pour les Libanais (de l’opposition) ». Un véritable appel au meurtre visant tous les dirigeants de la majorité, avec une « mention spéciale » pour Samir Geagea.

De fait, avec l’Eglise et le Patriarche maronite Nasrallah Boutros Sfeïr, Samir Geagea est le seul obstacle qui s’est dressé, qui s’oppose encore et qui luttera toujours contre toute atteinte à la souveraineté du Liban. L’opposition, par la voix de Sleiman Frangieh, du général Aoun, et de leur réseau de journalistes et d’écrivains et de « pseudos intellectuels » recrutés en Occident, ont mené une virulente campagne contre le Patriarche, et demandé son limogeage au Pape Benoit XVI. En vain. Le Vatican a confirmé sa confiance au Patriarche et décidé de canonisé un saint libanais au Liban, une première de l’histoire de l’Eglise. A défaut de soumettre l’Eglise, l’opposition cherche à soumettre ses enfants et défenseurs que représentent les Forces Libanaises.

La manœuvre est flagrante. Le tapage médiatique vise à convaincre le monde que Geagea est un criminel qui a déjà fait de la prison. Il suffit ainsi de commettre un attentat ou une tentative d’attentat contre Aoun, ou contre tel ou tel autre personnage politique, pour le lui attribuer et le neutraliser. L’expérience de l’attentat commis dans l’église Notre Dame de la Délivrance à Zouk (Jounieh), le 27 février 1994, est toujours dans les esprits des Libanais. Un crime attribué à Geagea pour le traduire en justice et ouvrir les dossiers de la guerre, pourtant couverts par l’amnistie de 1991. Les mêmes stratèges sont toujours là, et leurs méthodes n’ont pas changé. Seulement, le monde a ouvert les yeux et sait désormais discerner et faire la part entre le mensonge, la fiction et la réalité.

Khaled Asmar - Beyrouth

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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