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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 00:48


Dr Carl Vaernet, spécialiste de la “guérison” des homosexuels


Autre affaire célèbre qui révèle l’implication de la Sainte Alliance dans l’opération “Couvent”: l’évasion de Carl Vaernet, le “Mengele danois”. Dans les années trente, Vaernet affirme avoir développé une thérapie fondée sur ce que lui-même appelle une “inversion de la polarité hormonale”. Ses théories ont été largement diffusées par les journaux du parti nazi; Heinrich Himmler y voit une “solution finale” à la question des homosexuels. – G. Grau, The Hidden Holocaust?: Gay and Lesbian Persecution in Germany 1933-1945


Après l’ascension de Hitler au pouvoir, Vaernet est recruté par le service des médecins des SS, groupe fondé par Josef Mengele. En 1943, Carl Peter Jensen, alias Carl Vaernet, signe un contrat avec le Bureau central de sécurité du Reich (RSHA), cédant les droits exclusifs de la patente de ses découvertes à une entreprise des SS, la Deutsche Heilmittel, en échange de financement, matériel de laboratoire et prisonniers homosexuels enfermés dans des camps de concentration pour être utilisés comme cobayes humains. – R. Plant, The Pink Triangle: The Nazi War Against Homosexuals.


Dès janvier 1944, Himmler met à la disposition du Dr Vaernet la population homosexuelle de Buchenwald. Carl Vaernet se livre à des expériences sur quinze prisonniers auxquels il implante une “glande sexuelle masculine artificielle”. Celle-ci consiste en un simple tube métallique qui libère de la testostérone à travers l’aine pendant un certain temps. Sur ces quinze prisonniers, seuls deux survivront, les treize autres mourront victimes d’infections. – U. Goñi, “The Real Odessa: Smuggling the Nazis to Peron’s Argentina”


Dès la fin 1943, un agent de la Sainte Alliance dans la Copenhague occupée informe le Saint-Siège d’une probable expérience qui pourrait faire disparaître de la surface de la terre la “cruelle maladie de l’homosexualité”. Le rapport du service secret du Vatican fait référence au docteur Vaernet. À la fin de la guerre, ce dernier est incarcéré par les forces britanniques au Danemark, et le 29 mai 1945, le commandant allié informe l’Association médicale danoise que Carl Vaernet sera jugé comme “criminel de guerre”. À la fin de la même année, les Britanniques le remettent à la justice danoise, mais peu avant le procès il parvient à s’évader. L’histoire du médecin capable de mettre fin à la “cruelle maladie de l’homosexualité” parvient aux oreilles du cardinal Eugène Tisserant qui, semble-t-il, ordonne à ses services secrets d’aider un scientifique si “efficace”.


Apparemment, l’ancien médecin des SS s’est réfugié à Stockholm, soit à l’ambassade d’Argentine, soit à la nonciature du Vatican. De là, avec l’aide de l’organisation Odessa, il trouve refuge en Argentine. Les Argentins nient avoir connaissance de son arrivée dans le pays, mais un document révélé par le journaliste Uki Goñi dans son livre prouve que le médecin danois des SS est entré dans le pays, et qu’on a ouvert un dossier à son nom ainsi qu’une annexe dans laquelle Vaernet sollicite la nationalité argentine. – Carl Vaernet est mort en Argentine le 25 novembre 1965 et a été enterré dans le cimetière britannique de Buenos Aires, dans la rangée 11.A.120. Son petit-fils, Christian Vaernet, qui réside encore au Danemark, a expliqué qu’en examinant les documents de son grand-père il a trouvé plusieurs certificats expédiés au nom de celui-ci par différents départements du Vatican. Il a également découvert une lettre signée par le père Krunoslav Draganovic et adressée à son grand-père, dans laquelle il lui explique de quelle façon “son organisation” l’aidera à s’évader.


D’autres personnages importants sont impliqués dans le sauvetage des nazis, comme le colonel de l’armée suisse Henri Guisan, fils du général Guisan, commandant en chef de l’armée suisse accusé d’avoir sympathisé avec le régime nazi pendant la guerre, et cousin du père Stefan Guisan, le prêtre agent des services secrets du Vatican qui a accompagné le cardinal Antonio Caggiano à la réunion avec l’ancien capitaine des SS, Carlos Fuldner, à Madrid.


Pendant la Seconde Guerre mondiale, Guisan est entré en relation avec le capitaine de la Waffen-SS Wilhelm Eggen, chargé d’acheter du bois en Suisse. Étant membre du Conseil d’administration de la compagnie Extroc, Guisan a obtenu la concession d’approvisionnement de bois pour les camps de concentration de Dachau et Oranienbourg jusqu’en 1944. (Le camp de concentration de Dachau opéra entre 1933 et 1945. 206.000 prisonniers enregistrés sont passés par ce camp et 31.951 y sont morts. Le camp de concentration d’Oranienbourg opéra entre 1933 et 1945. Il n’y a pas de chiffres officiels des morts enregistrés dans ce camp.) C’est Guisan qui présentera Eggen à Roger Masson, le chef du service d’espionnage suisse (bien que d’autres sources assurent que ce serait un autre Guisan, Stefan et non Henri, qui a organisé la rencontre au château de Wolfsbourg). On ne sait toujours pas si Guisan obéit à un ordre de la Sainte Alliance ou s’il participe de son plein gré. Mais entre 1949 et 1950, Guisan (Henri ou Stefan) prend contact avec les services secrets de plusieurs pays, dont l’Argentine, dans l’idée d’offrir les services de scientifiques spécialisés dans le développement de missiles et ayant travaillé avec Werner von Braun – ancien scientifique au service des nazis qui, après la guerre, deviendra l’un des pères de la NASA.


Guisan offre rien moins que les plans des V-3, successeurs des fameux V-2 avec lesquels Hitler a bombardé Londres, mais Perón n’a pas l’intention de payer aussi cher un développement armé. L’information est transmise aux services secrets du Vatican, qui trouvent en Afrique du Sud un gouvernement disposé à payer l’évasion de plusieurs scientifiques retenus dans le secteur russe de l’Allemagne. À la fin de l’année, l’opération “Or de Croatie” était sur le point de tomber entre les mains des services secrets du pape Pie XII et, bien sûr, il ne vont pas la laisser filer entre leurs doigts.


Les enquêtes menées par les services de renseignements militaires alliés après la guerre révéleront que le trésor pillé par les leaders oustachis enfuis représente environ huit cents millions de dollars de l’époque en pièces d’or, près de cinq cents kilos en lingots, plusieurs millions en diamants taillés et une considérable quantité de devises, principalement des francs suisses et des dollars américains. Le trésor oustachi a été chargé sur deux camions, transporté en Autriche et escorté par deux anciens agents de la sécurité d’Ante Pavelic et trois prêtres, probablement des agents de la Sainte Alliance. – CIA Reference Operational Files, “Croatian Gold Question”, 2 février 1951


Une grande partie de cet argent a été remise aux Britanniques et a servi à payer la remise en liberté de hauts dignitaires croates, comme le Poglavnik Ante Pavelic lui-même et son ancien ministre des Affaires étrangères, Stjepan Peric. Le reste du butin représente encore quelque trois cent cinquante kilos d’or et mille cent carats de diamants. D’après certaines sources, près de cinquante kilos d’or en lingots sont alors prélevés, mis dans deux caisses et transportés à Rome. Ce chargement est escorté par le père Krunoslav Draganovic et deux agents des services secrets de l’État du Vatican. On enterre le reste en lieu sûr, à la frontière de l’Autriche, mais la convoitise des Croates évadés surpasse leurs sentiments patriotiques. Pavelic ordonne au général Ante Moskov et à Lovro Ustic, ancien ministre de l’Économie, de déterrer le trésor et de le mettre en lieu sûr dans une banque suisse. Lorsqu’ils arrivent à l’endroit où ce trésor aurait dû se trouver, celui-ci a disparu.


Un rapport du Corps de contre-espionnage militaire (CIC) américain stationné à Rome indique: “Le trésor chargé sur deux camions fut mis sous la protection du lieutenant-colonel britannique Johnson. Les camions transportaient diverses propriétés de l’Église catholique dans la zone britannique d’Autriche. Les deux camions étaient surveillés par plusieurs prêtres et par le colonel Johnson. Les véhicules entrèrent en Italie et se dirigèrent vers une destination inconnue. – CIC n° 5650. NARA, RG 319, 631/1/59/04, caisse 173


Un autre document rédigé par l’agent Emerson Bigelow, du SSU, unité d’espionnage dépendant du département de la Guerre, et envoyé au département du Trésor des États-Unis explique: “Pavelic a emporté un total de 350 millions de francs suisses de Croatie, en pièces d’or. Cet argent provient de la spoliation des Serbes et des juifs, pour soutenir les Oustachis enfuis après la guerre […]. Le reste, quelque 200 millions de francs suisses, a fini dans les dépôts du Vatican après l’intervention d’un prêtre du nom de Draganovic et de deux autres curés, appartenant probablement aux services secrets du Saint-Siège, i.e. la Sainte Alliance.”


D’autres rapports de l’espionnage américain et du département du Trésor affirment qu’une partie du trésor oustachi au pouvoir du Vatican a été détournée sur vingt-deux comptes dans quatre banques suisses. L’opération a été menée par l’évêque slovène Gregory Rozman, fervent antisémite et criminel de guerre, protégé par le pape Pie XII et par la Sainte Alliance. Rapport de 1998, intitulé Supplement to Preliminary Study on US and Allied Efforts to recover and Restore Gold and Other Assets Stolen or Hidden During the World War II, rédigé par William Slany, historien du département d’État.


À la fin de la guerre, le gouvernement yougoslave de Tito demandera à plusieurs reprises l’extradition de Gregory Rozman, mais la résistance de la Grande-Bretagne, des États-Unis et bien sûr du Vatican rendra son procès impossible. Pour ces trois puissances, la remise d’un haut dignitaire de l’Église catholique à un gouvernement communiste est impensable, surtout s’il en sait autant sur les opérations non sancta de l’administration papale.


Escorté par trois agents de la Sainte Alliance, Rozman part à Berne prendre en charge les finances, l’ “argent noir” obtenu par le Vatican qui servira à financier l’opération “Couvent”. “De nombreux évadés du camp de prisonniers d’Afragola se sont réfugiés à San Girolamo, principal centre d’organisation d’évasion de criminels allemands et croates vers des pays tiers”, assure un rapport des renseignements américains. “L’appui offert par le père Draganovic à ces collaborateurs croates le rattache définitivement au plan du Vatican visant à protéger ces nationalistes, anciens Oustachis, jusqu’au moment où ils pourront obtenir les documents leur permettant de partir pour l’Amérique du Sud.Comptant sans doute sur les forts sentiments anticommunistes de ces hommes, le Vatican s’efforce de les infiltrer en Amérique du Sud de toutes les façons possibles pour contrecarrer la diffusion de la doctrine rouge”, explique dans le même document l’agent chargé de l’enquête sur les mouvements oustachis à San Girolamo.


Ante Pavelic, le plus important des criminels de guerre évadés à travers le “couloir du Vatican”, se réfugie jusqu’en mai 1946 dans le collège Pio Pontificio, au numéro 3 de la Via Gioacchino Belli, dans le quartier romain de Prati. Il est transporté ultérieurement dans une petite maison du complexe de Castelgandolfo, résidence d’été des papes, où il tient des réunions quasi hebdomadaires avec le cardinal Montini, futur pape Paul VI. Au mois de décembre 1946, Pavelic se réfugie à San Girolamo. Il s’apprête à s’embarquer pour l’Argentine depuis le port de Gênes, escorté par les pères Ivan Bucko et Karlo Petranovic, mais l’arrivée d’agents américains oblige le Poglavnik à se cacher dans le monastère de Santa Sabina pour éviter d’être arrêté.


En avril 1947, un infiltré de l’espionnage américain à San Girolamo fait savoir qu’on a perdu la piste de Pavelic. Au mois d’août de la même année, la rumeur court qu’une réunion secrète a été organisée entre les chefs des service secrets britanniques et américains à Rome et le cardinal Montini. Au cours de la rencontre, le “supposé” envoyé du pape Pie XII explique aux espions que pour le Vatican (et pas pour le souverain pontife) Ante Pavelic est un militant catholique, mais qu’il s’est trompé en luttant pour le catholicisme. C’est pour cette raison qu’il est en contact avec le Vatican et sous la protection du Saint-Siège. On ne peut oublier ses crimes passés, mais il ne peut être jugé que par des Croates représentants d’un gouvernement croate indépendant”. Il est clair que pour le Vatican, le pape Pie XII et la Sainte Alliance, si Ante Pavelic est coupable de l’assassinat de près de cent cinquante mille personnes, c’est aussi le cas de Staline, qui a fait des millions de morts en Ukraine, dans la Russie blanche, la Pologne et la Baltique, pendant que le maréchal Tito, son agent, agissait de même en Yougoslavie.


Enfin, le 11 octobre 1948, le leader des Oustachis part pour Gênes et embarque sur le Sestriere dans une cabine de première classe. Il détient un passeport de la Croix-Rouge au nom de Pal Aranyos, ingénieur hongrois. Dans un rapport de 1950, la CIA affirme que dans le bateau, Pavelic est accompagné de deux agents des services secrets du Vatican, qui resteront auprès du Poglavnic les deux années suivantes, en qualité de gardes du corps.


L’organisation du “couloir du Vatican” sera l’une des plus grandes opérations secrètes de tous les temps. Il n’existe pas de preuves concluantes que le “couloir du Vatican” et l’opération “Couvent” aient été organisés ou planifiés comme une opération unitaire par la Sainte Alliance, mais on a pu prouver que des membres éminents de la Curie romaine et des agents des services secrets du Vatican ont participé à d’innombrables opérations d’évasion de criminels de guerre vers des pays sûrs, hors de portée de la justice internationale. – Nous avons des preuves de l’intervention d’agents de la Sainte Alliance dans au moins quarante-quatre opérations d’évasion de criminels de guerre nazis et croates.


Deux collaborateurs d’Alois Hudal à Rome, messeigneurs Heinemann et Karl Bayer, ont aussi aidé des criminels de guerre nazis à s’enfuir. Heinemann, peu apprécié par les Allemands, est chargé de s’occuper des demandes des hauts dignitaires nazis réfugiés dans l’église de Hudal, Santa Maria dell’Anima. Karl Bayer, lui, est très apprécié des nazis recherchés. Interrogé des années plus tard par l’écrivain Gitta Sereny, Mgr Bayer rappellera de quelle façon Mgr Alois Hudal et lui-même ont aidé les nazis avec l’appui du Vatican: “Le pape Pie XII apportait l’argent pour eux; parfois au compte-gouttes, mais il arrivait.” – G. Sereny, Au fond des ténèbres: de l’euthanasie à l’assassinat de masse: un examen de conscience.


L’ouverture des archives de la Croix-Rouge internationale rédigées après la guerre a enfin clos la polémique sur la question de savoir si les criminels de guerre nazis et croates ont compté sur l’aide du Vatican pour fuir la justice vers l’Amérique du Sud, l’Australie, l’Afrique du Sud ou le Canada. La réponse est claire. Les cardinaux Montini (futur Paul VI), Tisserant et Caggiano ont conçu les filières de fuite; des évêques et archevêques – tels Hudal, Siri et Barrère – réalisé le démarches nécessaires pour créer des documents et de fausses pièces d’identités pour les assassins; des prêtres – tels Draganovic, Heinemann, Dömöter, Bucko, Petranovic et bien d’autres – ont signé de leur main les demandes de passeports de la Croix-Rouge pour des criminels comme Josef Mengele, Erich Priebke, Adolf Eichmann, Hans Fischböck, Ante Pavelic ou Klaus Barbie.


Devant toutes ces preuves et données reste la question principale: le pape Pie XII était-il au courant de l’opération “Couvent” et de l’organisation “couloir du Vatican”? Les services secrets du Vatican ont-ils participé aux plans de fuite des criminels de guerre?


D’après des chiffres de la Direction des migrations d’Argentine, on estime qu’après la guerre sont arrivés dans ce pays près de cinq mille Croates, parmi lesquels deux mille venaient de Hambourg, deux mille de Munich et près d’un millier d’Italie, plus exactement du Vatican.


Dans un rapport du Foreign Office actuellement déclassé, le spécialiste en affaires sud-américaines Victor Perowne écrit: «Les activités du clergé catholique pour continuer à protéger les réfugiés yougoslaves dans l’émigration vers l’Amérique du Sud peuvent être considérées, selon la façon dont on les regarde, comme humanitaires ou politiquement sinistres. Je crois que beaucoup de leaders fascistes mineurs sont réfugiés à San Paolo fuori le Mura (hors les murs de Saint Paul) et il n’est pas impossible que quelques criminels de guerre yougoslaves se soient réfugiés à San Girolamo, car cela n’aurait rien d’inhabituel. Il est peu probable que le Vatican approuve les activités politiques, tellement opposées aux religieuses, du père Draganovic et compagnie, dans la mesure où l’on pourrait les distinguer les unes des autres. Dans une telle situation, il est en effet quasiment impossible de distinguer la politique de la religion. Nous ne pouvons certes condamner l’activité charitable de l’Église catholique à l’égard des “pécheurs individuels”, mais d’abondantes preuves montrent que le Vatican a permis, de façon dissimulée ou ouvertement, que les membres de l’Oustacha soient encouragés.» – Rapport du Foreign Office déposé au Public Record Office (PRO), FO (Foreign Office) 371-67401 R15533


Un seul rapport démontre la position de la Sainte Alliance dans l’affaire de l’opération “Couvent”, du “couloir du Vatican” et du père Krunoslav Draganovic. D’après un rapport de la CIA daté du 24 juillet 1952, le cardinal Pietro Fumasoni-Biodi, chef de la Sainte Alliance, est lui aussi au courant des opérations du père Draganovic et de ce qui se passe à San Girolamo. Fumasoni-Biondi est très fâché contre la “Fratenité”, l’organisation de secours dirigée par Draganovic. En 1952, et malgré l’interdiction expresse du chef de la Sainte Alliance d’accorder plus de visas à des Allemands et des Croates, le père Krunoslav Draganovic continue à aider des criminels de guerre.


Pendant toutes les années que dure l’opération “Couvent”, grâce au prêtre franciscain Dominic Mandic, agent du contre-espionnage du Vatican, le cardinal Pietro Fumasoni-Biondi est informé de tout ce qui se passe dans le “couloir du Vatican”. Mandic travaille à l’imprimerie de San Girolamo, s’occupant d’imprimer les faux papiers des criminels de guerre protégés par Draganovic. Mais la situation va considérablement changer lorsque le 6 octobre 1958 alors qu’il se trouve à Castelgandolfo, le pape Pie XII est victime d’une thrombose cérébrale. Cette nuit-là, les derniers sacrements lui sont administrés. Après une longue agonie, le souverain pontife, l’un des hommes qui connaissaient le plus de secrets de l’Église catholique, étant lui-même à l’origine d’un grand nombre d’entre eux, meurt au milieu de la nuit du 9 octobre, âgé de quatre-vingt-deux ans. Sa dépouille mortelle est enterrée dans les grottes vaticanes dans la chapelle de la Madonna della Bocciata. Les jours de gloire de Krunoslav Draganovic prennent fin quelques jours après la mort du pape Pie XII.


En octobre 1958, la CIA apprend que le prêtre a été expulsé sans ménagement de sa paroisse de San Girolamo, et sans qu’on lui laisse emporter quoi que ce soit, sur “l’ordre exprès de la secrétairerie d’État du Vatican”. L’ordre est exécuté par cinq agents de la Sainte Alliance, dirigés par Nicolás Estorzi, accomplissant les strictes directives du cardinal Pietro Fumasoni-Biondi, le chef de la Sainte Alliance.


En perdant ses appuis au Vatican, Krunoslav Draganovic perd aussi en 1962 les faveurs des agences d’espionnage occidentales, comme la CIA et le MI6, pour “raisons de sécurité”. Le rapport de la CIA montre que Draganovic, alias Bloody Draganovic, alias Dr Fabiano, alias Dynamo, est incontrôlable, il connaît trop le personnel de l’unité de son activité; il exige des tributs exorbitants et l’aide américaine aux organisations croates en paiement pour sa coopération”. Devenu un “répudié” pour les États-Unis et le Vatican, Draganovic décide en 1967 de passer la frontière et de retourner en Yougoslavie, où il s’occupe de lancer des messages en faveur de Tito. Selon certains indices, il est possible que le prêtre ait été séquestré par des agents de l’espionnage yougoslave.


Krunoslav Draganovic mourra en juillet 1983 dans la misère la plus totale, emportant dans la tombe l’un des plus grands secrets liés à l’État du Vatican: les liaisons “dangereuses” entre les criminels de guerre nazis et croates et les services secrets du Saint-Siège, ainsi que les tenants et les aboutissants de l’opération “Couvent” dans le “couloir du Vatican”.


L’arrivée d’un nouveau pontife apportera, comme le dira Allen Dulles, alors directeur de la CIA, “un courant d’air pur dans les palais ankylosés du Vatican et aidera à renouveler l’air putréfié dans lequel a évolué la précédente administration papale”.


Il est possible que cette phrase soit juste. Le 25 octobre 1958 s’ouvre le conclave qui va élire le cardinal Angelo Giuseppe Roncalli. Le nouveau souverain pontife, âgé de soixante-dix-sept ans, adopte le nom de Jean XXIII. Une étape de bref optimisme s’ouvre au Vatican. La Sainte Alliance va vivre quelques années de tranquillité, sous un pontificat plus préoccupé par les questions de l’âme et de l’esprit que par les politiques terrestres.


Extraits de “La Sainte Alliance – La véritable histoire des services secrets du Vatican”

par Eric Frattini, éditions Flammarion, 2006 / 101FE319-338

Photos: Google Images  Par Aschkel
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commentaires

bonisseur de la bath 21/02/2010 19:25


Je partage moi aussi l'indignation de voir béatifié ce complice de la peste brune !...On "découvre" soudainement une profusion de B.A. du cardinal Pacelli ... dont le dixième aurait dû faire de lui
un "Juste" ( pour les Juifs )!... Mais le fondateur de l'Opus Déi [organisation criminelle, objet d'une pléthore de procès au Chili menée par ses victimes ], Josemaría Escrivá de Balaguer,n'a-t-il
pas été canonisé par le pape Jean-Paul II en 2002 ?... On béatifie d'ailleurs à tours de bras depuis le sacre de J.P.II ... en "oubliant" bien sûr "le bon pape Jean " !!...

Par contre, si Guisan voulait réellement vendre les plans de la V3, "successeur de la V2" , ce serait a priori une escroquerie :L'ARME DE VENGEANCE 3 était un canon à vapeur à très,très longue
portée ( surnommé aussi "millepattes" ou "canon de Londres") que l'artillerie nazie tenta d'installer à Mimoyecques ( Pas-de-Calais) en vain. Les "V" (Vergeltungswaffe : "représailles") ,"Armes
secrètes", étaient des catégories d'armes spécifiques ( chasseurs à réaction, avions-fusée, chars monstrueux, fusil-à-tirer-dans-les-coins,missiles, drônes, gaz...) qui dans l'ensemble, n'ont pas
dépassé le stade de prototype ...


Patricia 21/02/2010 13:35


Pour en revenir à cette "opération couvent", il n'y a aucune excuse. C'est la raison pour laquelle je suis profondément choquée que Benoit XVII ait l'audace de vouloir (ou d'accepter) que soit
canoniser ce Pape collaborateur qu'a été Pie XII. Mussolini n'en a pas fait autant.


Patricia 21/02/2010 13:24


Tout à fait, Aschkel, et nous avons eu la chance d'en avoir eu deux en l'espace d'un siècle. Drôle de siècle, par ailleurs, qui nous en a éliminé un sans que l'on ait eu le temps de crier gare.

Les cardinaux, même s'ils sont pour la plupart des gens sans scrupule, savent avant tout ce qu'ils font et pourquoi ils le font. Chaque décision est mûrement réfléchie et, bien qu'il leur arrive de
faire des erreurs, une décision qui nous paraît mauvaise aura été en réalité un moindre mal. Et puis, en dehors du fait qu'il y ait d'une certaine manière un business à défendre, il ne faut pas
sous estimer le danger d'une action terroriste sur le Vatican sans parler de tous les grands monuments religieux. Ceci excuse t-il cela ?


Aschkel 21/02/2010 04:31


Ca tu peux le dire, et les bons papes se comptent sur les doigts d'une seule main


Patricia 21/02/2010 01:49


Ce Bon Jean XXIII, le Pape de mes jeunes années. Je me souviens particulièrement de lui ayant fait mes premiers pas d'écolière à l'Institut Jeanne d'Arc jusqu'à ma communion solennelle en 1965. "Il
Papa Buono" nous avait quittés deux ans auparavant et cela est resté gravé dans ma mémoire car ce fut la même année que John Kennedy fut assassiné.

Les Papes se succèdent mais ne se ressemblent pas.


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Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

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Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

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Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

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