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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 19:25



On ne prétend plus qu’Obama a raison : on veut seulement croire que la chance exceptionnelle dont il a bénéficié jusqu’ici ne se démentira pas quand il sera installé à la Maison Blanche.


Le premier débat Obama-McCain, le 26 septembre, s’est soldé par un match nul, et peut-être même par un léger avantage au candidat républicain. Il en est allé de même du deuxième, le 8 octobre. McCain l’emportait par les idées, la vivacité du propos, et Obama par le charme. Le 2 octobre, une autre joute, entre les deux candidats à la vice-présidence, le démocrate Joe Biden et la républicaine Sarah Palin, s’est achevée elle aussi sans vrai vainqueur, ni vrai vaincu : Palin, gouverneur de l’Alaska depuis moins de deux ans, tenue pour provinciale, inexpérimentée, incompétente, a su s’imposer face à son adversaire, qui siège pourtant au Sénat depuis trente-six ans.

En bonne logique, le troisième débat Obama-McCain, le 15 octobre, devrait être décisif. Et rien ne devrait empêcher a priori McCain d’y dominer le candidat démocrate. Mais 2008 n’est pas une année électorale ordinaire. Derrière le débat politique proprement dit, il y a la crise, c’est à dire la panique. Une pensée magique se substitue à la pensée rationnelle. On ne reproche plus à l’administration républicaine sortante d’avoir mal géré l’économie américaine, mais d’avoir la poisse. On ne prétend plus qu’Obama a raison : on veut seulement croire que la chance exceptionnelle dont il a bénéficié jusqu’ici ne se démentira pas quand il sera installé à la Maison Blanche.

Les sondages sont révélateurs. Fin septembre, Obama ne parvenait toujours pas à dépasser la barre des 50 % d’intentions de vote. Ce qui signifiait, en clair, que 51 à 52 % de l’électorat – la majorité absolue – ne voulaient pas de lui. En regard, McCain oscillait entre 45 et 52 %. Ce qui signifiait qu’il était en mesure de gagner, s’il savait mobiliser l’ensemble de ses électorats potentiels. Mais début octobre, quand la crise financière s’est aggravée, et surtout quand le Congrès a rejeté puis dénaturé un plan de sauvetage élaboré par le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, Obama a renforcé son avance. Le 11 octobre, la moyenne des sondages lui donnait 49,9 % des intentions de vote, contre 42,3 % à McCain. Un sondage Newsweek lui attribuait même 52 % des intentions de vote, contre 41 % au candidat républicain. Les débats télévisés n’y ont rien fait. Quelle qu’ait été leur tenue.

Les analystes proches de McCain se raccrochent désormais à l’ « effet Bradley ». En 1982, le candidat démocrate (et noir) au poste de gouverneur de Californie, Tom Bradley, l’avait nettement emporté, dans les sondages et même les enquêtes « sortie des urnes », sur son adversaire républicain (et blanc), George Deukmejian ; c’est pourtant ce dernier qui avait été élu, d’une courte tête. Une situation comparable s’était présentée en 2004 : favori dans les sondages, le candidat démocrate à la présidentielle, John Kerry, avait été battu, assez largement, par le républicain George W. Bush. Ces renversements semblent dus à un défaut structurel des sondages, relevé dans tous les pays développées : ils « captent » moins bien les réactions des électorats conservateurs ou « populistes » que celles des électorats de gauche ou du centre.

Un article publié le 1er octobre par le journal de gauche New York Times confirmait un « effet Bradley » : dans certains Etats, les syndicats reconnaissaient que leur campagne envers Obama se heurtait à « de fortes réticences » dans l’électorat ouvrier, en dépit des difficultés économiques. Selon eux, les états-majors politiques et les instituts de sondage minimisaient des facteurs « inavouables » tels que la race du candidat démocrate, ou la religion dans laquelle il avait été élevé.

Mais la crise écrase tout. Les arguments, le bon sens, les préventions légitimes ou illégitimes. La nation la plus grande et la plus riche du monde pourrait donc bien, en définitive, élire le plus improbable des présidents. Comme un joueur aux abois mise, in extremis, sur un chiffre fétiche.

Michel Gurfinkiel pour michelgurfinkiel.com/ le 12 octobre 2008
par Michel Gurfinkiel publié dans : Chroniques de Michel Gurfinkiel
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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