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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 10:32
Il faut bien admettre qu'à mesure qu'on se "rapproche" de l'évènement, le discours pontifical est de plus en plus net sur ses intentions théologiques : désacraliser Israël, proclamer son a-sionisme fondamental et théologique (pour ne pas parler d'antisionisme : mais qu'est-ce que la non-reconnaissance effective et l'impossibilité de prononcer le mot "ISRAËL", ne serait-ce qu'une fois?)
Si le monde juif est désillusionné sur cet anti-Jean-Paul II, le monde chrétien est désorienté par la cascade d'affaires en série, dont les dernières sont la signature des deux mains de la "BENEDICTION DE DURBAN II", les accords de collaboration avec la Ligue Arabe et "l'Alliance des Civilisations" de Khatami. On pensera tout haut ou tout bas, mais les effets de crosse diplomatiques n'empêcheront sûrement pas de penser!
On a affaire à un rétrograde, on le recevra, lui offrira même des colliers de fleurs et des vahinés! Mais il restera cette calamité marquée du sceau du mépris...
Des blogs lucides se rejoignent pour limiter cet événement au statut d'obligation et de non-événement. Jamais "dialogue" ne fut aussi unilatéral, sauf avec l'Islam?


Ven
dredi 24 avril 2009

Il faut bien admettre qu’à moins d’avoir appris à lire entre les lignes…pontificales, les propos du pape annonçant qu’il se rendra en « terre sainte » et non en Israël, sont anodins, ne tirent pas à conséquence et ne font que traduire l’empreinte de sainteté conférée par le passage de Jésus de Nazareh sur la terre accordée au peuple juif par la promesse divine.

Ce point de vue qu’il y aurait naïveté à maintenir nous empêcherait de discerner dans les propos du pape l’indication d’une dimension et d’une cohérence théologiques dont on a distingué le fil conducteur dans des évènements aussi déplorables que révélateurs qu’ont été récemment la levée de sanction de l’évêque négationniste ou l’attitude vaticane à Durban II.

Maintenir cette légèreté dans la façon de considérer l’appellation de la terre d’Israël nous éloignerait d’une vérité plus subtile aux tragiques prolongements et risquerait de nous exposer aux fatalités de la candeur.

D’abord, il ne faut pas être grand clerc pour s’étonner que le pape, gardien de la foi, occulte la réalité biblique du don de cette terre à Jacob devenu Israël, en ne la désignant pas du nom de celui à qui elle a été confiée, quand bien même ravie jusqu’en 1948.

Il semblerait, dans l’optique pontificale, que cette terre soit tellement marquée de l’empreinte divine qu’elle échapperait à la main mise de l’homme. Un no man’s land divin en quelque sorte. On commence à distinguer les mailles du filet dans lequel on veut confondre les Juifs quant à leur prétention de réaliser la promesse « l’an prochain à Jérusalem, » à reconnaître les éléments d’une stratégie qui n’accorde pas de fondement théologique au sionisme.

Cette terre échappe à l’homme, son appropriation est illégitime. N’est ce pas la confirmation d’une vision du monde où l’Etat d’Israël, quand bien même les Nations auraient reconnu son existence, devra rester en dehors d’une histoire qui l’a exclu depuis que les Juifs ont rejeté l’illusion de la Croix ?

Certes, il est aisé de comprendre voire d’admettre que pour le saint-siège la terre d’Israël reste la terre sainte, » le support terrestre où Jésus de Nazareth est né, a vécu et où, selon les Evangiles, a connu la Passion, puis est mort et ressuscité.

Mais que cette terre soit désignée exclusivement ainsi et, par le saint-siège de surcroît, révèle aussi et d’abord une dimension religieuse qui définit la place qu’occupent les Juifs, le Judaïsme et l’Etat d’Israël dans la théologie de l’Eglise romaine et plus généralement dans sa vision du monde.

Evoquer la terre sainte sous tend aussi, un regard réducteur de l’histoire, comme si ce qui s’est passé sur cette terre lui a décerné, (en l’occurrence, la naissance, la vie et la mort de Jésus,) une fois pour toutes, un statut singulier dont l’avenir ne dépend plus désormais de ce qu’en feront les hommes.

D’autre part, si cette terre est d’abord et essentiellement « sainte », la question relative à l’identité de son « locataire » ne se pose pas, car, par nécessité, son occupation étant illégitime elle restera provisoire !

La terre sainte est d’ici-bas mais sa sainteté la relie à une destinée méta historique qui éloigne les hommes de toute prétention à s’en faire une patrie.

On commence, à entrevoir la cohérence de l’attitude et on en distingue avec effroi les conséquences inéluctables. On comprend, en effet, que l’emploi des termes « terre sainte » bien loin d’être l’expression d’une orientation spirituelle d’une parcelle de terre traduit d’abord l’absence de légitimité à en faire le support de l’Etat Juif !

Que, par ailleurs, ses occupants soient, selon les aléas de l’histoire, Juifs, Arabes, Francs, Ottomans n’interférera pas sur cette conception, puisque tous ne pourront nier que cette terre ayant été le cadre de la révélation monothéiste, il reste raisonnable de la qualifier de sainte. Et l’Eglise, par cette pirouette évitera ainsi d’être impliquée dans des conflits de reconnaissance.

Certes, le Vatican reconnaît une légitimité à l’Etat d’Israël depuis…1993 ! N’était ce pas le moins qu’il pouvait faire après la Shoah ? La suite des évènements indique qu’il faut y voir bien plus un acte politique qu’une reconnaissance théologique, le pape se rendant en terre sainte, non en Israël !

Cependant, maintenir exclusivement cette appellation pour désigner la terre où depuis 1948 renaît la nation juive reste un indicateur majeur de la non reconnaissance effective de l’Etat d’Israël par le Vatican.

Dans une étude publiée en 2005, à la Société des écrivains sous le titre LA VOCATION ANTISEMITE, j’ai tenté d’expliquer, entre autres, que pour des raisons liées à la cohérence théologique, il n’y aura jamais de rapprochement avec l’Eglise, tant que sera maintenue sa prétention à n’être fondée que sur la disqualification d’Israël.

Et si cette extra- territorialité de la terre d’Israël avait été conçue pour empêcher tout retour du peuple juif dans l’histoire, pour neutraliser toute volonté d’y jouer un rôle, son rôle ? Nous sentons bien que c’est là le point de convergence de tous les éléments constitutifs du contentieux.

Quand on sait d’où vient le mal, on est responsable de ne pas s’en être prémuni…

Et quand Benoît XVI affirme qu’il se rendra en « terre sainte »et non en Israël, c’est une injure de plus. Mais ce pape est-il capable d’un autre langage quand il s’adresse au peuple porteur de la Promesse ?


blog terredisrael.com – vu le 23/04/2009 - Par Arnold Lagémi

 

‘’La vocation antisémite’’ d’Arnold Lagémi

Arnold Lagémi, Juif né en Algérie, a étudié chez les Jésuites. Attiré par la vie monastique, il redécouvre le judaïsme grâce à Manitou.

Le retour de l’antisémitisme l’a fortement interpellé. Il s’étonne de la surprise que ce phénomène provoque. Il ne comprend pas l’hésitation et la fausse pudeur éprouvées face à lui. Il entreprend alors d’écrire ‘’La vocation antisémite’’ en 2004 (éditions La société des Ecrivains).Ce livre de réflexion analyse de l’intérieur l’origine antisémite de l’antisionisme actuel, conséquence de 2000 ans de propagation de la pratique de la haine.L’ouvrage rappelle que l’antisémitisme est une tradition occidentale, fondée sur un patrimoine de valeurs communes.Arnold Lagémi insiste sur le caractère profondément théologique de l’antisémitisme dans l’inconscient et de la peur du rassemblement des Juifs comme continuité historique.

Le caractère inéluctable de l’antisémitisme chrétien se fonde sur la mort du judaïsme, ce qui induit une tentative de substitution, l’Eglise devenant le ‘’nouvel Israël’’ et ne se justifiant que par sa volonté de conversion. Sans illusion sur l’Eglise, l’auteur ne croit pas en l’amitié entre les 2 doctrines, mais seulement entre les individus. Selon lui, la véritable volonté d’amendement s’exprime par l’attitude face à Israël. Pour Arnold Lagémi, la définition juive passe fondamentalement par le sionisme. ‘’La vocation antisémite’’ est un cri d’amour pour l’identité et le destin historique d’Israël et de son peuple.

 


© Noémie Grynberg 2005

 

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commentaires

D
Je suis d`accord avec toi ma chere ashkel.<br /> Mais je n`ai plus aucune sympathie ni encore moins de pitie pour ce nouveau Esav qui sait malheureusement tres bien ce qu`il fait et ca commence a devenir franchement degueulasse.<br /> <br /> Trop mielleux pour ne pas dire vulgairement trop faux-cul en plus.<br /> Non mais il ne faut quand meme pas prendre les enfants du bon D.ieu pour des canards sauvages ou plutot incapables d`aditionner 2 et 2.
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A
Et oui, et oui dur dur d'être un pape face a la réinstallation du peuple juif sur sa terre comme prévu par la promesse divine.<br /> <br /> L'ancienne alliance ? alliance tout court.<br /> <br /> Il y a une alliance, une promesse.<br /> Il y a un testament ni ancien, ni nouveau.<br /> <br /> C'est bien se méprendre sur la nature divine, que de penser que les promesses de D' ne sont que du vent.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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