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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 22:00
«La Suisse a manqué de courage»
 
(NDLR : en a t-elle jamais eu?)
POLITIQUE • Micheline Calmy-Rey devait monter à la tribune après le discours de Mahmoud Ahmadinejad, explique Florian Reber, spécialiste du Conseil des droits de l’homme. Le livre du jeune licencié en sciences politiques de l’Université de Lausanne épingle le Conseil des droits de l’homme. Pour Florian Reber, ce fleuron des Nations Unies à Genève est un échec complet. Et la Suisse endosse sa part de responsabilité. Il n’épargne pas Micheline Calmy-Rey, qui a «manqué de courage» à l’occasion de Durban II. Interview.
JEAN-MARIE PELLAUX
(photo Charly Rappo)

L'apparition souriante de Micheline Calmy-Rey au lendemain de la performance du président iranien Mahmoud Ahmadinejad ne console pas Florian Reber. Cet universitaire vient de consacrer un livre au Conseil des droits de l'homme, ce fleuron des Nations Unies à  Genève. Et il «regrette que Micheline Calmy-Rey n'ait pas eu le courage de monter à  la tribune pour dire ce que devait être cette conférence contre le racisme».Pour Florian Reber, «c'est une occasion manquée. La Norvège, elle, a pris la parole après le discours d'Ahmadinejad. C'est ce qu'il fallait faire. L'attitude des diplomates occidentaux est vraiment critiquable.» Au-delà  de cet épisode, le livre de ce jeune licencié en sciences politiques de l'Université de Lausanne montre que le Conseil des droits de l'homme lui-même est un échec complet. Et que la Suisse endosse une part de responsabilité.

La Suisse a joué un rôle de premier ordre dans la création du Conseil des droits de l'homme en 2006. Pourquoi y tenait-elle tant?
Florian Reber: - La Suisse a proposé cette réforme peu après son adhésion à  l'ONU. C'était l'occasion de se distinguer dans la communauté des Nations Unies. Et cela en profitant du fait que la Suisse dispose d'une expertise en matière de politique des droits de l'homme, et qu'il existe une volonté de faire de ce sujet un domaine intrinsèquement lié à  l'histoire politique de notre pays. Mais s'engager pour les droits de l'homme, c'est une chose. Réformer une institution onusienne en est une tout autre.

La Suisse a-t-elle surestimé l'influence qu'elle pouvait avoir sur le processus?
La Suisse est restée en marge de l'ONU pendant plus de 50 ans; c'était donc compréhensible que la diplomatie helvétique veuille jouer un rôle actif. Mais on ne s'est pas rendu compte qu'en se lançant dans cette réforme, on prenait le risque d'affaiblir le rôle joué par l'institution.La Suisse a voulu jouer son rôle habituel de médiateur dans un contexte où les forces politiques sont très importantes. Cet aspect a été sous-estimé et l'expertise de la Suisse n'était pas suffisante. Il serait néanmoins faux de blâmer uniquement la diplomatie helvétique pour les échecs de la réforme.

Il existait également une volonté de conserver le siège de l'institution à  Genève...
Oui, on a voulu renforcer la «Genève internationale» face à  New York. Et à  l'heure d'un premier bilan, c'est peut-être le seul point positif à  souligner du côté helvétique. Mais si le Conseil ne fonctionne pas mieux, il existe un risque non négligeable que le siège soit transféré à  New York.Il ne faut pas oublier que certaines voix souhaiteraient agrandir le Conseil, ce qui provoquerait des problèmes logistiques pour Genève et donc le déménagement de l'institution. Dans ce cas-là , ce serait un échec total pour la Suisse.

La politique étrangère suisse doit-elle alors se limiter à  la défense d'intérêts économiques?
C'est vrai qu'avec cet échec de la réforme, il existe un risque de légitimiter un courant conservateur qui souhaite laisser tomber la lutte pour les droits de l'homme. Or, c'est exactement ce qu'il faut éviter. La Suisse doit pleinement profiter de son intégration dans l'ONU, continuer à  s'engager pour les droits de l'homme, mais il faut qu'elle se concentre sur des objectifs spécifiques. De cette façon-là , la diplomatie helvétique maîtrisera mieux les processus dans lesquels elle s'engage.

* * *

A lire encore dans notre édition complète:
> Mme Calmy-Rey pointée du doigt
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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