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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 18:36
 A l'origine de ce coup de "pub", une discussion sur des croisements de questions et de parcours avec une intervenante régulière sur ce blog, à laquelle je souhaitais répondre autour de certaines de ses interrogations. Elle se reconnaîtra. Hasard de l'informatique, ma réponse, que je voulais précise, s'est volatilisée, et en cherchant, je suis tombé, par hasard, donc, sur ce rappel de parution, que personnellement, j'ignorais, suite à la lecture, disons plutôt dévoration, du premier tome. Réponse par une question qui pourrait apparaître pour une pirouette, mais je prendrai le temps de commenter en privé. Car, dit encore Hillel (-70 à + 10 autour du point zéro de l'ère ordinaire), "tout le reste n'est que commentaire".


Source :                      
Henri Atlan - "Les Etincelles de Hasard (tome 2 : Athéisme de l'Ecriture)", Ed : Seuil, 2003, p189

 

Sans titre (Francesco Clemente, 1983) -


Si je ne suis pas pour moi, alors "je" est un qui, et si je suis pour moi, alors "je" est un quoi


 
       
       
       
   
                           
                           


 
   
 
 
   
 
Les Etincelles de hasard, tome 2 : Athéisme de l'écriture
 

Cette formulation serait le sens caché (dérivé du début du Zohar) de la phrase du Pirqé Avot (Ch 1, 14) attribuée à R. Hillel : "Si je ne suis pas pour moi, qui sera pour moi? Et si je suis pour moi-même, que suis-je? Et si pas maintenant, quand?". "Im eïn ani li, mi li? Ve-im ani le'atsmi, ma ani? Ve-im eïn 'akhchav, aimataï?".

Tension entre :

-le je, point d'ouverture sur l'infini. "Si je ne suis pas pour moi" est lu "Si je (ani) est néant (aïn) pour moi, un "qui" est pour moi." (Si je suis néant pour moi, un qui est pour moi). [Hétéroréférence]. Le Mi est associé à "Il n'y a pas". Questionnement sur le mode personnel. Renvoie dans le Zohar à la limite supérieure du ciel au-delà de laquelle il n'y a plus de questionnement. Annulation du Je qui est dépassement de l'existence personnelle (p192) : les cabalistes y voient une identité de nature entre Keter et Malkhout (p193), la première et la dernière sefira.

-le je, ego refermé sur soi. "Si je suis pour moi-même, que suis-je?" est lu : Si "je" est mon essence, "je" est un quoi. [Autoréférence]. Fermeture sur la présence à soi-même. 'atsmi, moi-même, veut dire aussi "mon os", "mon squelette", "mon essence". Renvoie dans le Zohar à la limite inférieure du ciel par où commence le questionnement (p191). Là commencent les nouvelles questions (Zohar). "Tu as compris quoi? Tu as discerné quoi? Tu as cherché quoi? Tout reste aussi fermé qu'à l'origine". Associé au yech, le "il y a" de la chose.

Les pronoms interrogatifs Qui? et Quoi? sont interprétés comme des substantifs (p190).

- Troisième élément de la phrase de Hillel : S'il n'y a pas de maintenant, alors le passage éventuel d'un quoi à un qui est rejeté dans un temps indéfini. Quand?

 

Présentation de l'éditeur
Après trois siècles de progrès ininterrompus des sciences de la nature, la question se pose encore d'une coexistence entre les deux "Livres" ; celui de la Nature et celui de l'Ecriture. Si l'on peut toujours concevoir la nature et les textes sacrés comme deux types de Livres à interpréter, les rapports de ces Livres à leur Auteur présumé ont changé considérablement.
Ce tome II des Etincelles de hasard tentera de montrer en quoi la notion même de Parole ou d’Ecriture révélée ne peut se comprendre que si elle est athée. Car enfin, que veut-on dire quand on invoque ces images d'un Livre dont l’Auteur providentiel serait le Créateur de l’Univers et l’Ordonnateur du temps des hommes, de leur histoire et de leur salut?
Dans un premier temps, nous sommes dans l’actualité scientifique : ce volume met en perspective l’évolution des notions de vie et de connaissance telle que la biologie et les sciences cognitives nous les propose aujourd’hui. Dans ce contexte, la question d’une généalogie de l’éthique se pose nécessairement de façon nouvelle.
En un second temps, Atlan propose une anthropologie du corps et de l’esprit (comme deux instances non séparées) dans le Talmud et la Kabbale. Son guide : Spinoza. La notion d’athéisme de l’Ecriture y apparaît moins paradoxale qu’on pourrait le supposer.
Un livre qui se situe au point de rencontre entre Science et Ethique : la science a pour objectif de découvrir et de comprendre les structures de la réalité, de connaître la nature des choses telles qu'elles sont ; quant à l’éthique, elle se propose d'agir sur la réalité et de modifier la nature, des êtres et des choses, dans le sens d'un plus grand bien - même si tous ne s'accordent pas nécessairement sur ce qu'est un plus grand bien.
On connaît bien l'oeuvre d'Henri Atlan au Seuil où nombreux de ses livres sont publiés - plusieurs titres dans la collection de Jean-Marc Lévy- Leblond. Après Tout, non, peut-être. Education et vérité publié dans "La Librairie du XXème siècle", Atlan y a également publié le Tome I des Etincelles de hasard. Aujourd’hui, voici enfin le tome II. Mais sait-on qui est Henri Atlan, ce qu'il fait aujourd'hui ? Le détour en vaut la peine. Il y a trente ans, lorsqu’il lançait avec quelques autres l’idée de la bio-complexité, peu de ses collègues le prenait au sérieux. Aujourd’hui, plus personne ne pense la biologie autrement qu’en termes de complexité.

L'auteur vu par l'éditeur
Biologiste et philosophe, Henri Atlan est, depuis sa fondation, membre du Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé ; Professeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, il y enseigne la Philosophie de la biologie ; Professeur honoraire de Biophysique, il a enseigné à la Faculté de Médecine Broussais-Hôtel Dieu de Paris et à l'Université hébraïque de Jérusalem ; Directeur du Centre de recherches en biologie humaine à l'Hôpital universitaire Hadassah de Jérusalem, il s'occupe de biologie cellulaire et de l'immunologie du sida.
L'intérêt de cette liste n'est pas seulement académique : il fallait rappeler que cet auteur d'une théorie de l'auto-organisation en biologie est la fois un théoricien et un praticien. A l’été 2004, un colloque sera consacré à l’ensemble de l’œuvre d’Henri Atlan à Cerisy.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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