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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 09:17
Depuis le début, nous savons que cette visite "en Terre Sainte" ne marquera ni l'histoire ni les esprits. Elle tenderait plutôt à diminuer l'intensité de la relation initiée par son prédécesseur et en partie "avortée" par les doutes que le pontificat de Benoît XVI a instauré, ponctué par une multiplication des "affaires" qui ne sauraient faire abstraction, comme ici, de sa dimension personnelle... De fait, le Rabbin Méir LAU, lui-même survivant de la Shoah a pris soin d'établir cette comparaison défavorable, notant qu'à l'instar de Pie XII , qu'il entend bien canoniser, et qui ne nommait jamais les Juifs, Benoît XVI n'avait pas de nom de peuple ou de régime particulier pour parler des assassins de nos pères : les Nazis, Benoît XVI ne connaît pas et n'en a jamais entendu parler. C'est arrivé, sans qu'on sache bien comment ni pourquoi, et c'est bien triste... Ou le passage d'un crocodile en soutane.


A Yad Vashem, un rendez-vous en demi-teinte avec l'histoire, Jean Mercier

Cet article d'une revue catholique me paraît parfaitement juste. J'ai rehaussé son propos par une disposition et un enrichissement typographiques qui ne sont pas ceux du média émetteur. (Menahem Macina
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12/05/09

Source : site de La Vie, 11 mai 2009

Yad Vashem, Israël
de notre envoyé spécial au Proche-Orient

Sous la coupole sombre, il a accompli le geste que font la plupart des chefs d'État en visite en Israël : rallumer la flamme du mémorial, devant les noms des camps d'extermination nazis gravés dans le sol. Puis il a pris la parole « pour honorer la mémoire des millions de juifs tués dans l'horrible tragédie de la Shoah. Ils ont perdu leur vie, mais ils ne perdront pas leurs noms, ils sont de façon indélébile marqués dans les cœurs de ceux qui les aimaient, des prisonniers qui leur ont survécu, et tous ceux qui sont déterminés à ne jamais permettre qu'une telle atrocité puisse défigurer l'humanité à nouveau. Le plus important est que leurs noms soient pour toujours gravés dans la mémoire de Dieu le Tout-Puissant. (…) Que les noms de ces victimes ne périssent jamais ! Que leurs souffrances ne soient jamais niées, minimisées ou oubliées ! (...) ».

Puis le pape développe sa méditation sur le « nom » et sa valeur symbolique, et la complète par une évocation émouvante des parents qui avaient choisi avec amour le nom de leur enfant, sans imaginer « le déplorable destin » qui les attendait.

Assurant que l'Église « ressent une profonde compassion pour les victimes dont on fait mémoire ici », le pape étend son propos à toute l'humanité souffrante de persécution raciale ou religieuse. Il achève sur le cri des victimes. « Alors que nous nous tenons dans le silence, leur cri est un écho dans nos cœurs. C'est un cri levé contre tout acte d'injustice et de violence. C'est un reproche perpétuel contre le sang innocent quand il est répandu. C'est le cri d'Abel qui monte de la terre vers le Tout-Puissant »

Ce discours beau et profond n'a pourtant pas la portée de celui de Jean Paul II en l'an 2000.

  • Le pape ne mentionne pas les camps, ni les responsables de la Shoah, à savoir l'Allemagne nazie. Rendez-vous manqué ?
  • Suite à sa visite à Auschwitz, il aurait pu ici corriger la vision qui en était sortie : celle d'un pape qui innocentait le peuple allemand de la Shoah.
  • Or, qu'il le veuille ou non, Benoît XVI est d'abord perçu en Israël comme un fils de la nation qui a voulu et perpétré la Shoah.
  • Le pape a donc choisi de mettre de côté la dimension personnelle...
  • La dimension historique est comme voilée au profit d'un propos plus universel, mais qui semble déréaliser les événements.
  • De même, on ne trouve pas dans ce discours la reconnaissance, que Jean Paul II avait faite, à Yad Vashem en mars 2000, de la responsabilité chrétienne dans l'antijudaïsme.

Jean Mercier

© La Vie

 

Mis en ligne le 12 mai 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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