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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 08:30
Les pays occidentaux ont pris l'habitude de regarder le monde leur échapper par le petit bout de la lorgnette. Ainsi, on a longtemps parlé du doublé sécuritaire que représentait l'AfghaPak. Les plus lucides savent depuis un moment qu'il faut lire PakAf, qu'il ne peut y avoir d'avenir en Afghanistan sans une stabilisation drastique des marionnettes des Taliban à Islamabad et Karachi. Ce modèle prévaut également au Moyen-Orient, lorsqu'on les informe du danger iranien, alors vous répondent-ils invariablement : "solution à deux Etats, d'abord!". On ne s'achète pas la paix avec des marottes.
Lellouche : «Au Pakistan, notre sécurité est engagée»
Propos recueillis par Alain Barluet
07/05/2009 | Mise à jour : 22:25
| Commentaires 37 | Ajouter à ma sélection
Des militaires pakistanais en route mercredi pour la vallée du Swat . Selon Pierre Lellouche, « il faut que l'armée et la police soient équipées et entraînées pour un nouveau type de guerre », les frappes massives «faisant des milliers de morts civils ».
Des militaires pakistanais en route mercredi pour la vallée du Swat . Selon Pierre Lellouche, « il faut que l'armée et la police soient équipées et entraînées pour un nouveau type de guerre », les frappes massives «faisant des milliers de morts civils ». Crédits photo : AP

INTERVIEW - Le représentant spécial français pour l'Afghanistan et le Pakistan s'alarme des menaces de déstabilisation du Pakistan.

LE FIGARO. - La stabilité du Pakistan est-elle selon vous réellement menacée par l'offensive des talibans ?
Pierre LELLOUCHE. - La situation est grave. Une solution à long terme pour l'Afghanistan ne sera pas possible tant que le Pakistan ne nous aidera pas. Notre stratégie pour l'Afghanistan ne pourra réussir que si le Pakistan cesse d'envoyer à travers ses frontières des milliers de combattants armés, financés par la drogue ou par des fondations islamiques. Aujourd'hui, le problème est pourtant moins de savoir si le Pakistan nous aidera dans cette lutte que si le pays survivra à la talibanisation rampante qui est à l'œuvre. Deux problèmes sont imbriqués : la reconstruction d'un Afghanistan stable, où al-Qaida ne reviendra pas au pouvoir, et la survie du Pakistan, fondamentale pour la paix du monde. Ce qui se passe là-bas engage notre propre sécurité. Les événements qui se sont produits dans la vallée de la Swat (lire l'encadré) ne sont rien d'autre que le renoncement d'Islamabad à sa souveraineté dans l'une de ses provinces. C'est le problème numéro un. Il ne s'agit pas d'une affaire tribale, comme l'ont affirmé au début les Pakistanais, mais d'une crise mondiale.

Quels contre-feux peut-on mettre en place ?
Il faudrait que trois conditions puissent être réunies au Pakistan. D'abord que la classe politique (notamment les deux grands partis, le PPP et la Ligue musulmane, NDLR) s'accordent pour dire au pays que sa survie est en jeu. Deuxièmement, à partir de ce consensus politique, il faudrait qu'un immense travail pédagogique soit effectué en direction de la population pakistanaise, très pauvre et très islamisée. Faute d'un vrai système scolaire, ce sont 18 000 écoles coraniques (madrasas) qui enseignent aux enfants la version la plus radicale du wahhabisme… Pour le petit peuple pakistanais, ce conflit qui se déroule à l'intérieur du pays contre une province gouvernée par des musulmans pieux n'est rien d'autre qu'une importation de la guerre américaine. Troisième condition, il faut que l'armée et la police pakistanaises soient équipées et entraînées pour un nouveau type de guerre. Or le système de sécurité actuel a été édifié dans l'optique d'une guerre conventionnelle et nucléaire contre l'Inde. Sous-payée, sous-équipée, la police ne peut contrôler le territoire. Quant à l'armée, lorsqu'elle a été envoyée, elle a utilisé des frappes massives, faisant des milliers de morts civils et 500 000 réfugiés de l'intérieur que le gouvernement ne reconnaît pas. Avec nos partenaires, américains, chinois, indiens, etc., nous allons nous efforçer d'amener les Pakistanais à adopter une stratégie de reconquête à long terme.

Faut-il pour cela conditionner l'aide au Pakistan ?
On n'en sortira pas sans la création d'un groupe de contact autour du Pakistan, avec la Russie, l'Inde, l'Iran, les États du Golfe, avec les États-Unis et les Européens, pour peser ensemble sur les décisions des gouvernants pakistanais civils et militaires. Islamabad ne pourra alors plus être tenté de jouer les uns contre les autres. Nous assistons à la première crise du monde multipolaire. L'inquiétude est générale devant le risque de voir le Pakistan se muer en émirat islamique disposant d'armes nucléaires. Je suis aussi favorable à la conditionnalité de l'aide, une opinion qui n'est pas partagée par tous dans l'Administration américaine et au Congrès.

Précisément, quelle est l'ampleur des divergences au sein de la «task-force» internationale ?
Entre Washington et Paris, il y a désormais une réelle convergence de vues sur le diagnostic. La difficulté réside dans l'application de la politique. Face aux Américains, face à Richard Holbrooke (le représentant américain pour l'AfPak, NDLR) , il faut exister et se faire entendre.

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commentaires

A
Que Obama et les occidentaux mettent le paquet sur ce nid de vipère, au lieu de fr faire de la fixette sur le seul état démocratique du Proche-Orient !
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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