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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 23:33
PS : c'est la vision d'une "Colombe" dont je ne partage pas nécessairement le point de vue ni les fondamentaux, mais qui a le mérite de poser une approche de moyen à long terme. Ce que les Palestiniens eux-mêmes n'ont jamais réellement accepté : "think global, act local"! Commence donc par le début, on verra après... Ce à quoi ils ont toujours répondu : on veut tout, tout de suite! Ou les ravages de la pensée soixante-huitarde dans la mentalité locale...

by Shlomo Avineri

JERUSALEM – L’envoyé spécial du président Barack Obama au Moyen-Orient, l’ancien sénateur américain George Mitchell, l’a appris lors de sa visite dans la région : les efforts américains pour une paix entre la Palestine et Israël vont à l’encontre de trois obstacles majeurs. Aucun doute que ces derniers se présenteront lors des prochaines réunions entre Obama et ses homologues dans la région.

Le premier obstacle – problème qui se tient effectivement au cœur de l’actualité – c’est la guerre civile palestinienne. Le Hamas contrôle la bande de Gaza défiant ainsi l’autorité palestinienne d’Abou Mazen, chef du Fatah. L'échec des Palestiniens à construire un état-nation rend tous pourparlers de paix significatifs avec Israël – sans parler d’accord – pratiquement impossibles pour le moment. Si les Palestiniens sont incapables de trouver un minime consensus national, comment peuvent-ils faire la paix avec Israël ?

Le gouvernement israélien dirigé par le premier ministre Benyamin Nétanyahou n'est autre que le second obstacle. Le chef du Likoud sera nettement moins enclin – ou disposé – à faire de grands compromis pour évacuer les centaines de milliers d’Israéliens installés en Cisjordanie.

Dernier obstacle et pas des moindres : l’objectif fixé dans l’accord OLP-Israël de 1993 n’a pas été atteint. Les tentatives de ressusciter les accords d’Oslo – la “feuille de route” et les engagements d’Annapolis – n'ont rien apporté de plus que des déclarations creuses et de stupides séances photo. Il faut étudier les causes de ces 15 ans d’échec pour que la mission de Mitchell ne soit pas tuée dans l’œuf.  

Il est facile et juste d’imputer l’échec des accords d’Oslo aux Palestiniens et aux Israéliens confondus. Mais une autre raison fondamentale, et non négligeable, est en cause.

Les accords d’Oslo proposaient une approche descendante pour construire l’état palestinien : créer une autorité nationale palestinienne, lui donner un territoire, lui donner de plus en plus de pouvoir, l’armer et la financer, tenir des élections, et un état palestinien apparaîtrait. Au contraire, en ont découlé une autorité palestinienne corrompue et militarisée, aux forces de sécurité divisées  et donc incapables d'assurer une quelconque protection. Cette autorité ne pouvait pas non plus négocier de manière crédible avec Israël ni assurer des services de base aux Palestiniens ordinaires.

Cet échec s’explique par deux raisons : la faiblesse des institutions de la société civile palestinienne, privée de l’infrastructure nécessaire pour construire un état-nation ; et l’impossibilité de gérer de front la construction d’une nation et des pourparlers de paix. Nulle part dans le monde disposons-nous d’un exemple de double processus réussi.

Il faut changer le paradigme de base : les efforts de paix devraient mettre l’accent sur la construction d’un état du bas vers le haut. Malgré la tourmente de l’échec du modèle de construction descendante, certains signes encouragent une approche ascendante.

Ces deux dernières années, l’ex-premier ministre britannique Tony Blair et le général américain Keith Dayton ont réussi à établir des institutions efficaces dans trois secteurs cisjordaniens. Dotés d’une présence militaire restreinte, les secteurs de Djénine, Bethléem et Hébron sont devenus les plus pacifiques de Cisjordanie. Les autorités locales ont reçu des conseils et un financement adéquat ; des chambres de commerce indépendantes sont à la base d’une classe moyenne commerçante locale, qui souhaite entretenir le pacifisme de la région, même en l’absence d’accord général ; la police locale, formée en Jordanie, agit désormais efficacement comme une force de police et non comme une milice armée ; et les relations commerciales avec les Israéliens des régions voisines ont été restaurées.

On a fait peu de cas de cette autonomisation, dont la persévérance a fait naître une gestion locale efficace. Mais ces projets fondés – pour la première fois – sur des détails pratiques constituent la pierre d’assise indispensable à l’établissement d’un état-nation palestinien.

Certes, temps et patience sont nécessaires à ce processus. Mais c’est jusqu'à présent la seule approche qui réussit, là où tout échoue. Blair a d’ailleurs récemment expliqué qu’une telle approche partant de la base pourrait aller de pair avec l’objectif de « paix économique » de Nétanyahou, même si cette approche finirait par le dépasser. Il va sans dire que l’activité de colonisation israélienne devrait cesser totalement. Si elle est bien ficelée, le gouvernement israélien pourrait même accepter tacitement cette proposition, en dépit de son manque d'enthousiasme.

Les accords d’Oslo ont échoué. Essayer de les ressusciter – par exemple par le biais de l’initiative de paix arabe à Beyrouth – suffirait à peine à mettre au jour tous les différends subsistants entre les deux camps et ne permettrait pas de surmonter l’échec de la création d’un état palestinien. Au vu de toutes les pannes que les approches de création descendantes ont suscité, seule la bonne vieille technique de construction démodée – en commençant par la base – demeure viable.

Ancien directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères du premier cabinet d’Yitzhak Rabin, Shlomo Avineri enseigne les sciences politiques à l'université hébraïque de Jérusalem. 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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