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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 08:39
Culture 2 juin 3h43
Le ministre de la Culture égyptien joue avec le feu
http://www.liberation.fr/culture/010182223-le-ministre-de-la-culture-egyptien-joue-avec-le-feu

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NOCE Vincent

Le ministre de la Culture égyptien, Farouk Hosni, a déclaré devant le Parlement qu'il se ferait une joie de «brûler tous les livres israéliens» s'il y en avait dans son pays. Il se trouve que cet Hosni est candidat à la tête de l'Unesco, basée à Paris, dont la mission est de promouvoir le dialogue interculturel pour établir «la paix dans l'esprit des hommes», et soutenu par la France. Le propos, qui remonte au 10 mai, a juste suscité une protestation d'Israël et un début de controverse dans la presse de la région. Par télégramme à son ministère, cité par l'hebdomadaire égyptien Al Ahram, l'ambassadeur d'Israël en Egypte s'est dit effaré de la «brutalité» de cette déclaration, qu'il estime de nature à «empêcher la poursuite des contacts normaux avec l'Egypte d'Israël et de la communauté internationale». Israël a convoqué l'ambassadeur d'Egypte pour lui notifier une vive protestation, réitérée par la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni auprès de son homologue Ahmed Aboul-Gheit. Comparant le ministre égyptien à Goebbels, Shimon Samuels, directeur du Centre Simon-Wiesenthal, souligne que sa candidature représente une «menace gravissime sur les valeurs fondamentales de l'Unesco».

Bûcher. Instigateur de l'antisémitisme le plus violent, Goebbels était le ministre de la Propagande de Hitler, qui organisa un spectaculaire bûcher de livres en 1933 devant l'opéra de Berlin. Ministre depuis vingt ans, Farouk Hosni est connu pour ses vifs accrochages avec tous les partis, les islamistes, les libéraux ou même le parti au pouvoir. Il a rappelé que son propos répliquait à un député des Frères musulmans, qui assurait que les librairies étaient pleines de «littérature sioniste».«J'ai dit : "Je brûlerai tous les livres israéliens moi-même, si jamais j'en trouvais un seul" ; c'était une hyperbole, une manière un peu populaire de dire qu'il n'y en a pas.» Il n'a formulé aucun regret ou excuse. Au contraire, il a rappelé son opposition farouche aux échanges culturels avec Israël : «Comment imaginer une normalisation des relations culturelles, alors que le sang palestinien coule dans les territoires occupés ?» S'enfonçant : «Je suis sémite, comment serais-je antisémite?» Réalisant qu'il torpillait sa candidature à l'Unesco, il a assuré que, s'il était élu, il se «mettrai[t] au service de la culture du monde, sans discrimination».

En fait, l'homme n'en est pas à son coup d'essai. En Israël, le quotidien Haaretz rappelle qu'il a interdit la présentation au festival de cinéma du Caire du film israélien plébiscité d'Eran Kolirins, la Visite de la fanfare. Le Centre Wiesenthal tient l'homme pour un «antisémite», qui a «personnellement» invité l'islamo-communiste négationniste Roger Garaudy à venir mettre en doute la Shoah à la télé égyptienne, il y a sept ans, et aurait bloqué l'ouverture d'un musée juif au Caire.

A Paris, deux mois après l'invitation d'Israël au Salon du livre, la sinistre évocation d'un autodafé antisémite au Caire n'a pas suscité la moindre réaction du gouvernement français, dont on se demande comment il peut assumer un tel candidat. Quant à l'Unesco, saisie par le Centre Wiesenthal, elle s'est jusqu'ici gardée de tout commentaire.

Vitriol. Cette controverse ne peut qu'alourdir l'atmosphère de la succession, à l'automne 2009, de Koïchiro Matsuura à la tête de cette organisation qui souffre déjà d'une identité flottante. Hosni a reçu le soutien de pays arabes et européens, dont la France, l'Italie et l'Espagne. Au sein du groupe arabe, il se heurte cependant au Maroc, qui avance son ambassadrice auprès de l'Unesco, Aziza Bennani. L'Egypte a réclamé en vain le retrait de cette femme au caractère tranché, suscitant des échanges au vitriol dans les journaux. La presse tunisienne souligne ses talents diplomatiques face à un bureaucrate sans expérience internationale. Et ses prises de position contre «tout discours extrémiste, de quelque bord que ce soit, et toute récupération des textes sacrés à des fins discriminatoires».

Autre postulante, Irina Bokova, ambassadrice de Bulgarie en France, peu connue du cénacle. Une candidature occidentale est a priori rendue difficile par la règle non écrite des rotations à la tête des organisations internationales. Une candidature interne étant compromise par les implications, pointées par la Cour des comptes, dans le scandale financier qui a entraîné le retour forcé du directeur de l'Education aux Etats-Unis. L'ironie veut qu'en 2000, l'Egypte a essuyé un échec en présentant à l'Unesco le directeur de la bibliothèque d'Alexandrie. Dont l'histoire tient l'incendie, au IVe siècle avant notre ère, pour une des grandes catastrophes de l'humanité, ayant réduit en cendres le rêve de Ptolémée d'y réunir les livres du monde entier.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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