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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 08:33

Une communication de Bertrand Ramas-Muhlbach, à propos de ce style très sarkozien, consistant à faire de la politique intérieure israélienne et de nommer lui-même les Ministres des Affaires étrangères avec lesquels il aurait plaisir à échanger. Tsipi Livni oui, Avigdor Lieberman, non. La première est une femme et cela aussi, c'est très français.

Cet article est également paru sur israelinfo.net : http://www.israel-infos.net/

L’INGERENCE FRANCAISE DANS LA POLITIQUE ISRAELIENNE

Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

Le 30 juin 2009, la presse israélienne a révélé que le Président Français Nicolas Sarkozy avait demandé au Premier Ministre israélien de se débarrasser du Ministre des Affaires Etrangères Avigdor Libermann (lors de leur rencontre du 25 juin). En comparant ce dernier à Jean Marie Le Pen, Nicolas Sarkozy lui a ordonné : « Sortez-le du gouvernement et remplacez le par Livni. Avec elle et Ehud Barak vous pouvez créer l'histoire ». Le Président Français a alors insisté sur le plaisir qu’il avait toujours partagé en accueillant les chefs de la diplomatie israélienne telle Tzipi Livni, mais qu’avec « celui-là (Lieberman) », il ne le pouvait pas.

Cette suggestion constitue en réalité une ingérence dans la politique intérieure israélienne, c'est-à-dire une immixtion dans la souveraineté de l’Etat d’Israël au mépris du mandat donné par le Peuple Israélien. Rappelons en effet que, contrairement au système français dans lequel le Président de la République élu au suffrage universel désigne le premier Ministre et lui confie le soin de former le gouvernement, le système politique israélien repose sur une proportionnelle intégrale. Le Président de l’Etat désigne comme premier Ministre, le représentant du parti politique vainqueur aux élections législatives ou qui est en mesure de recueillir la plus large majorité sur un programme négocié avec les autres partis politiques représentés à la Knesset. Il forme alors le gouvernement avec les personnalités de ces partis et s’entend sur une ligne politique sur laquelle il pourra solliciter leur confiance.

Lors des dernières élections législatives en Israël, le parti Kadima est certes arrivé en tête, mais Tzipi Livni s’est révélée dans l’impossibilité  de former un gouvernement et de proposer un programme susceptible d’emporter l’adhésion d’une majorité des membres de la knesset. C’est donc à Benjamin Netanyahu, arrivé second en terme de voix, que cette mission a été dévolue. Celui-ci a donc pris en considération les aspirations du peuple israélien qui avait placé le parti d’Avigdor Libermann en troisième position, en lui confiant un poste ministériel conforme au choix populaire.

Théoriquement, il n’appartient pas à un Président d’un autre Etat démocratique de s’immiscer dans la volonté populaire exprimée par un autre Etat démocratique, sauf à méconnaître les règles du fonctionnement démocratique ou autrement, à considérer que le principe même de la démocratie n’est qu’un leurre et qu’il est toujours envisageable de passer outre un suffrage exprimé.

Bien évidemment, il est facile de comprendre les motivations du Président Français qui encourage un accord de paix global au Proche Orient avec à terme, la perspective de créer un Etat palestinien. Or, compte tenu de ce que le Ministre des Affaires étrangères israélien est perçu au sein du monde arabe comme un obstacle à la paix  (eu égard à ses prises de position radicales), le Président français a cru pouvoir suggérer une autre orientation.

Pour autant, il ne faudrait pas se tromper de cible.

Le choix d’Avigdor Libermann au Ministère des Affaires étrangères traduit la volonté de l’Etat hébreu d’en finir une bonne fois pour toute avec ces messages édulcorés, vides de sens, qui disent à la fois tout et leur contraire, qui se risquent au pari impossible de ménager des sensibilités fondamentalement inconciliables, et qui s’obstinent à croire que les palestiniens ne pourront exister que si les juifs renoncent à s’affirmer en tant qu’entité autonome, et finissent, tout comme les sages des contes et fables de Tolstoï, à céder parce qu’ils sont les plus intelligents.

Avigdor Libermann n’est pas un responsable politique à la langue de bois : il a le courage de dire haut et fort ce qu’une majorité susurre en silence tout comme le fait d’ailleurs le Président Français lorsqu’il s’exprime sans ambages sur les situations nationales ou internationales. Pourquoi donc ne pas poser une bonne fois pour toutes, les véritables problèmes du Proche Orient et ses sources d’instabilité.

Le Hamas tout d’abord, bien qu’élu démocratiquement par les résidants de la bande de gaza, ne veut pas entendre parler d’un Etat Juif à ses cotés. Il dispose d’une Charte adoptée le 18 août 1988 (contenant 36 articles) dont l’idéologie repose sur le nationalisme palestinien (article 6), l’antisémitisme (article 7), la volonté de créer un Etat islamique sur la Palestine mandataire (article 9, 11 13) et le refus de négocier avec Israël (article 13,15). Le Président Français pourrait donc utilement proposer à ces palestiniens d’abandonner les principes de leur Charte et de rédiger un nouvel acte qui serait un message de réconciliation avec les voisins juifs. Il ne serait alors pas besoin d’exiger l’éviction de l’actuel Ministre des Affaires étrangères.

De même le Hezbollah libanais, milice chiite islamique créée en réaction à la présence juive au Liban en juin 1982 et transformé par la suite en parti politique, conserve son arsenal militaire en qualité de résistant à la présence israélienne (bien qu’il n’y ait plus d’âme israélienne au Liban). Ce mouvement n’hésite d’ailleurs pas à utiliser cet armement comme au cours de l’été 2006, tel un électron autonome des institutions libanaises, dès qu’il estime que le besoin s’en fait sentir. Une fois encore, le Président français pourrait suggérer à Hassan Nasrallah de respecter la résolution « 1559 » adoptée par le Conseil de Sécurité de l’Onu le 2 septembre 2004 qui appelle au respect de la souveraineté et de l’indépendance politique du Liban, au désarmement et à la dissolution des milices. Si le Hezbollah restituait ses armes à une instance internationale chargée de les détruire, l’équilibre régional serait maintenu sans avoir à porter atteinte au mandat d’Avigdor Libermann.

Notons enfin que le Président Français pourrait recommander à son homologue Mahmud Ahmadinejad de libérer les prisonniers politiques qui ont refusé d’accepter les résultats faussés des élections tenues le 12 juin 2009, de tenir compte du résultat véritable en quittant la présidence, de s’excuser pour la répression sanglantes contre ceux qui refusent la manipulation de sa réélection, et tout au moins d’accepter un recomptage des voix. Sur un plan international, les recommandations pourraient porter sur une renonciation définitive aux ambitions nucléaires, beaucoup gênantes qu’Avigdor Libermann.

En fin de compte, c’est le principe de l’ingérence qui est problématique. La France n’avait pas apprécié les propos de Sharon en date du 26 juillet 2004, qui avait invité les juifs français à venir s’installer en Israël en raison de la renaissance fulgurante de l’antisémitisme sur le sol français. Aujourd’hui, le Président Sarkozy n’apprécierait certainement pas que Libermann lui demande de revenir sur les propos qu’il a tenus devant le Congrès à Versailles le 22 juin 2009, concernant la « Burka » qui n’est pas la bien venue car elle porte, selon lui, atteinte à la liberté et à la dignité de la Femme, et est un signe d’asservissement et d’abaissement contraire aux valeurs françaises. Il n’en demeure pas moins vrai que ces propos mettent en danger la vie des français et l’équilibre régional européen puisqu’ils sont considérés comme portant atteinte à l’Islam. Faudrait-t-il y songer sachant qu’Al Qaïda au Magreb islamique a déjà qualifié la France de « mère de tous les maux », et promis de se venger pour l’honneur de ses sœurs et de ses filles ?

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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