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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 20:15

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Désarmer l’Amérique : l'administration Obama à l'ombre du 11 septembre

par Joël Fishman, historien et chercheur, le 9 Septembre 2009

http://www.objectif-info.com/index.php?id=1225

 

Titre original : Disarming America: The Obama Administration in the Shadow of 9/11

 

Traduction : Objectif-info

 

Un célèbre historien et philosophe français, Ferdinand Braudel, déclara un jour que l’Histoire se déroule selon trois rythmes : le changement rapide, le changement lent et l’absence totale de changement. Les événements sont constitutifs de l'histoire rapide, mais l'étude des mouvements lents de l'histoire, sur la "longue durée," est particulièrement féconde quand on s’intéresse au changement de comportement des institutions. La Commission du 11 septembre, qui a adopté cette approche, a déclaré que dans "toutes les études sur le gouvernement de l’Amérique, les aspects les plus importants concernent les institutions." (En effet, le professeur Ernest May, le "Senior Adviser," de cette commission a été fortement influencé par l'approche de Marc Bloch, en particulier par son ouvrage L’étrange défaite.) En conséquence, nous devons prendre en compte avec soin l'impact des idées et des attitudes du président Obama sur les institutions et les acteurs gouvernementaux, parce que ce sont eux qui modèlent en définitive la politique sur la long durée.

 

La vision d'un pays sur son rôle dans le monde est une question d'importance primordiale, parce qu’elle est à la base de sa politique étrangère. Depuis que Barack Obama a publiquement répudié les politiques de son prédécesseur, George W. Bush, il est particulièrement important de comprendre les nouvelles hypothèses et les nouvelles idées sur lesquelles s’adossent les nouvelles politiques de ce président.

 

En quoi les vues de l'administration Obama sur la place de l'Amérique dans le monde diffèrent-t-elles de celles de l’administration précédente ? Notre réponse à cette question ne doit pas tracer une ligne de démarcation trop franche entre les politiques intérieure et étrangère, parce que les deux sont liées. Par exemple, le candidat Obama a affirmé à plusieurs reprises que les interventions de l'Amérique à l'extérieur et le programme d’aide à l’étranger ont conduit à une mauvaise allocation des ressources nationales.

 

Au cours de la campagne électorale, le candidat Obama a fait passer plusieurs messages essentiels. L'administration Bush avait selon lui misérablement échoué à la fois en politique étrangère et en politique intérieure. Il était mal avisé pour l'Amérique d’agir en tant que superpuissance et il ne fallait pas lancer une guerre agressive et injuste en Irak. Selon Obama, il aurait mieux valu s’occuper des problèmes intérieurs de l’Amérique, au premier chef de la justice sociale. Bien qu'il n’ait pas explicité sa pensée, ses auditoires ont clairement compris ce qu'il voulait dire. Pour lui, les dirigeants américains doivent s’efforcer d’entamer des dialogues avec leurs adversaires, d’utiliser davantage la persuasion, et de bâtir des consensus.

 

Le vingt et unième siècle a commencé avec le 11 septembre. La façon dont Bush et Obama ont considéré cette catastrophe révèle leur différence de perspective. L'administration Bush a proclamé qu'il était nécessaire de protéger la patrie américaine contre des menaces extérieures et déclaré la guerre au terrorisme. Bien que le Rapport de la Commission du 11 septembre, publié en juillet 2004, ait très longuement traité ce sujet, l'administration Bush a officiellement admis la haine profonde que le monde islamique ressentait pour l'Occident moderne et en particulier pour l'Amérique. Outre sa volonté de défendre la démocratie dans le pays, l'administration Bush décida que l'Amérique devait défaire le terrorisme à l'étranger, parfois au moyen de mesures préventives, et provoquer un processus de transformation du monde arabe. Elle prit aussi la résolution de propager la démocratie là où c’était possible. Bien que cette politique et sa mise en œuvre aient donné matière à des insuffisances bien identifiées, la majorité des citoyens pensait qu’elles contribuaient efficacement à la sécurité de l’Amérique.

 

Bien que la nouvelle administration ait discrètement poursuivi la mise en œuvre de certaines politiques et de certaines dispositions qu'elle avait notoirement condamnées, l’abandon publiquement affirmé par le président Obama de la politique du président Bush a pris une place centrale dans son programme. L'administration Obama considérait les conséquences du 11 septembre comme des déconvenues qui ne cadraient pas avec son idéologie. Ainsi, elle a récemment proclamé la fin de la guerre contre le terrorisme sans avoir la moindre certitude que les ennemis de l'Amérique considèrent eux aussi que cette guerre est terminée. À la surprise générale, elle a également recommandé que les Américains commémorent l'anniversaire du 11 septembre en rendant des services d’aide à domicile, ce qui est une forme de pénitence. La nouvelle administration trouve que les commémorations habituelles constituent un capital pour les Républicains et qu’elles doivent donc être changées.

 

La réponse de l'administration Bush au défi de la terreur islamique est fondée sur la certitude que l'Amérique est un pays exceptionnel, l’expression d’une réussite remontant au dix-huitième siècle, et qu’elle jouit de la grâce de Dieu. En outre, l'exception américaine signifie que l'Amérique a une mission spéciale dans le monde, celle de prendre la tête de la démocratie et de contribuer à sa diffusion. Bien que cet idéal ne puisse pas vraiment être atteint, il est tout de même valable. Dans la même veine, selon la vision de l'exception américaine, l'Amérique est une terre où l'espoir, les opportunités, et la justice sont également accessibles à tous les citoyens. John Fonte du Hudson Institute a écrit que les Américains "… combinent des convictions religieuses et patriotiques fortes avec une soif d’entreprendre empreinte d’un dynamisme insatiable qui met en relief l’égalité d’accès des individus aux opportunités existantes au détriment des phénomènes de hiérarchie et d’attribution liés à l’appartenance de groupe." Ces conceptions largement partagées s’expriment chez les Américains par un sentiment de grande confiance en soi, par du courage et une attitude impitoyable…. quand c’est nécessaire.

 

La vision de la place de l’Amérique dans le monde du président Obama est l'antithèse de la tradition américaine et elle s’inspire à l’évidence des enseignements de son guide spirituel, le révérend Jérémie Wright. Ceux-ci nient l'idéal de l'exception dans le pays et à l’étranger. Au lieu de cela, ils renforcent les attitudes de honte, de haine de soi, et de passivité. On peut trouver des exemples de ces conceptions dans une série d'excuses serviles reconnaissant la culpabilité de soi-disant méfaits et "crimes" américains. Obama a présenté ses excuses pour : la responsabilité de l'Amérique dans l’actuelle la crise économique, le refus de reconnaître le rôle majeur de l'Europe dans le monde, les solutions qu’elle a dictées à d'autres pays (excepté dans le cas d’Israël), le "legs de l'esclavage et de la ségrégation, le traitement dans le passé des Indigènes de l’Amérique," Guantanamo, les erreurs de la C.I.A, et, indirectement, les bombardements de Dresde, d'Hiroshima, et de Nagasaki. De telles excuses ont un prix élevé parce qu'elles placent les États-Unis dans le même sac que les véritables états criminels. C'est dans le cadre de ce nouveau système de valeurs qu’il faut comprendre les effets nocifs de l’enquête de Holder, le ministre de la Justice, sur les pratiques de la CIA en matière d'interrogatoires. La démoralisation qui résultera de son initiative pourrait saper la capacité des Agences assurant la défense de l'Amérique de protéger la vie de ses citoyens. La reconnaissance gratuite d’une culpabilité détruit non seulement l'amour-propre mais elle provoque également la paralysie de la volonté de la nation.

 

Logiquement, la question suivante est : quelle est la vraie signification de cette offensive malencontreuse contre le sentiment de fierté nationale ? Bien qu'on ne puisse pas en prévoir aujourd’hui les résultats, il est possible de savoir où elle mène. Avec le temps, la nouvelle politique créera des conditions objectives de confusion et de désordre qui faciliteront l’accession d’un pouvoir dictatorial et rendront possible l’application d’un programme de changement révolutionnaire. Pendant la première guerre mondiale, Lénine l’a expliqué avec une simplicité brutale, "une classe révolutionnaire dans une guerre réactionnaire ne peut que désirer la défaite de son gouvernement.... L’action révolutionnaire contre son gouvernement en temps de guerre ne signifie pas seulement, indéniablement et sans le moindre doute, désirer sa défaite, mais aussi faciliter effectivement une telle défaite...." (Défaite de son gouvernement au cours d’une guerre impérialiste, août 1915, citation de Stefan T. Possony).

 

A la fin des années 50, le KGB a approfondi et reformulé cette approche. Sa nouvelle division, la section D pour "Désinformation et décomposition," a développé une tactique sophistiquée, progressive mais moins triviale de "décomposition," un programme pour susciter la défaite de l’intérieur. Son but était "de saper par tous les moyens imaginables la foi des peuples occidentaux dans leurs institutions et leurs gouvernements." Eugene Methvin a décrit le but du propagandiste dans son étude des mouvements radicaux des années 60 intitulée Les Émeutiers :

 

saper sa foi [ du citoyen ] dans les valeurs de sa culture, dans la justice de sa société et de son gouvernement, et détruire ainsi sa soumission à l'ordre établi [en italique dans l'original]. Dans la dernière analyse, tout ce qui tient un gouvernement ou une société ensemble, c’est la conviction, en général en partie subliminale et totalement implicite, qu’il s’agit d’un ordre juste, ou au moins du meilleur possible actuellement, et certainement d’un ordre préférable aux bouleversements anarchistes et violents. Le propagandiste qui sape cette conviction prépare la voie du changement révolutionnaire...."( Émeutiers, 243).

 

Il est clair que les déclarations et les politiques de l'administration Obama appartiennent à la catégorie de la "décomposition." Ils font partie d'un processus de conditionnement progressif dont le but est d’altérer la foi des Américains dans leur gouvernement et de gagner les faveurs de l'étranger. En dépit d’exceptions et de contradictions occasionnelles, la clef qui permet de comprendre les intentions de la nouvelle administration doit être recherchée dans l'examen de "l'histoire d’évolution lente" qui prend en compte la propagation des vues négatives sur l'Amérique et son rôle dans le monde.

 

En rejetant le principe de l'exception américaine, l'administration Obama a opéré une coupure radicale avec le passé. Un mépris intégral pour les précédents historiques, la tradition, et la vérité des faits caractérisent les méthodes politiques radicales d'Obama. Le problème pratique, c’est que cette nouvelle politique rend le pays vulnérable au terrorisme intérieur et étranger, un danger qui demeure permanent et identique à lui-même. A partir des faits indiqués ci-dessus, on doit se demander si, pour des raisons qui sont les siennes, l'administration Obama a décidé de rendre les États-Unis vulnérables à une nouvelle surprise stratégique et à une défaite possible.

 

Le docteur Joël Fishman est membre d'un centre de recherches de Jérusalem.

 

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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