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Les S-300 refusés par la Russie à Téhéran pour cause de sanctions du Conseil de Sécurité, seront-ils livrés à son concurrent chiite l’Azerbaïdjan ? En fin de semaine dernière, le  journal russe Vedomosti, se référant à des sources militaires annonçait en effet la livraison de deux systèmes de missiles S300 russes à l’Azerbaïdjan.

Le contrat d’un montant de 300 millions de dollars aurait été signé l’an dernier entre le MoD azerbaïdjanais et l’agence d’exportations militaires russeRosoboronexport. L’agence russe a cependant démenti officiellement l’information en ces termes: “Il n’existe aucun contrat bilatéral prévoyant la fourniture à l’Azerbaïdjan de systèmes de missiles de DCA S-300″. 

 Tentant d’analyser cette contradiction, l’agence de presse arménienne News.Amfait remarquer que la publication du premier scoop sur Vedomosti.ru a suscité une réaction immédiate du service de presse du ministère de la défense azerbaïdjanais indiquant que Bakou souhaitait effectivement renforcer son potentiel militaire.

Toutes antennes dehors, l’agence arménienne News.am s’est ensuite tournée vers le patron de Rosoboronexport pour tenter d’obtenir – en vain – des éclaircissements. Il aurait toutefois glissé off the record: « Nous ne sommes pas autorisés à faire des commentaires sur l’accord… La Russie a signé un accord interétatique avec l’un des pays partenaires , qui n’a rien à voir avec les autres”. Dans un communiqué officiel publié plus tard, le même responsable rectifiait cependant le tir et indiquait qu’il n’avait pas connaissance de l’accord.

 A ce jour, le site militaire azerbaïdjanais Milaz.info maintient pour sa part  l’information relative à la livraison des S300.  D’après Milaz le quotidien russe tiendrait son information du patron d’une usine russe fabriquant des composants du S300. Le contrat russo-azerbaïdjanais serait déjà en vigueur et la livraison interviendrait dans les deux ans. Milaz tempère toutefois en rapportant que leporte parole de la présidence azerbaïdjanaise a lui aussi déclaré n’avoir pas connaissance de l’accord. 

Le journal Vedomosti a précisé dans son article que, du temps de l’Union soviétique, la défense anti-aérienne de Bakou était très puissante et surpassée seulement par celle de Moscou et Leningrad. Pour recouvrer sa capacité d’antan, les systèmes devraient donc être modernisés par l’acquisition de S300 dernière génération.

Détail intéressant: la source militaire russe indique que la livraison de S300 ne modifierait en rien l’équilibre des forces entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan (en état de guerre) dans la mesure ou aucun des deux pays ne dispose d’une aviation de chasse performante ou de missiles de croisières. Selon cette même source citée par Vedomosti, Bakou chercherait en fait à se prémunir d’une attaque éventuelle de son voisin iranien. Le rédacteur en chef du journal de défense russe “Moscow Defence” aurait estimé le montant du deal entre Bakou et Moscou à 300 millions de dollars.

Le directeur du centre d’analyse stratégique et technologique russe, a de son côté indiqué que l’Azerbaïdjan modernise son armée grâce à ses pétrodollars, et achète ses armements à l’Ukraine, à la Biélorussie, à Israël et la République d’Afrique du Sud. Des avions de chasse Mig 29 et des blindés auraient été achetés à l’Ukraine, des missiles guidés anti-char Spike LR  à Israël, et des hélicoptères d’attaque MI 24 à la RSA. L’expert conclut que si Moscou n’avait pas vendu de systèmes anti-aériens à l’Azerbaïdjan, la RSA ou Israël l’auraient fait. Le deal servirait donc selon lui les intérêts  de la Russie.

L’agence de presse arménienne News.am estomaquée par la contradiction des communiqués russes risque une analyse qui tient la route. Le revirement aurait selon elle deux raisons plausibles. La crainte, formulée par des experts,  que l’annonce du deal ne provoque des hostilités dans la région ou bien, tout simplement, que  Rosoboronexport n’ai pas apprécié l’intérêt porté par les médias à ce sujet confidentiel-défense.  A suivre.  

Dominique Bourra, CEO NanoJV.

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