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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 11:02

 

A Tripoli, sunnites et alaouites libanais se déchirent comme en Syrie 

 

http://www.lorientlejour.com

OLJ/AFP | 24/05/2013


A Tripoli, capitale du Liban-Nord, des enfants observent, le 23 mai 2013, le pare-brise éclaté d'une voiture, alors que deux quartiers historiquement rivaux, l'un à majorité alaouite, l'autre à majorité sunnite, se font la guerre. AFP/JOSEPH EID
A Tripoli, capitale du Liban-Nord, des enfants observent, le 23 mai 2013, le pare-brise éclaté d'une voiture, alors que deux quartiers historiquement rivaux, l'un à majorité alaouite, l'autre à majorité sunnite, se font la guerre. AFP/JOSEPH EID

 

Les combats entre partisans et opposants du régime syrien ont fait au moins 23 morts en cinq jours à Tripoli, dans le nord du Liban, dans les violences les plus meurtrières depuis des années, a affirmé vendredi une source de sécurité libanaise.

Au total, 197 personnes ont également été blessées dans ces affrontements, qui ont débuté dimanche et se sont poursuivis jusqu'à vendredi à l'aube dans la deuxième ville du Liban, a indiqué à l'AFP cette même source.


La journée la plus sanglante a été celle de jeudi, avec 11 morts.

Les combats, impliquant roquettes RPG, tirs au mortier, obus et armes automatiques, opposent les habitants du quartier sunnite de Bab el-Tebbaneh, favorables aux rebelles syriens, à ceux du secteur alaouite de Jabal Mohsen, qui soutiennent le régime de Damas.

Si ces combats éclatent régulièrement depuis le début de la révolte contre le président syrien Bachar al-Assad, ils se sont propagés cette fois-ci dans les quartiers adjacents de ces secteurs, situés dans le nord-ouest de la ville.

Vendredi matin, les zones touchées étaient désertées par ses habitants et l'armée était déployée dans la zone, selon le correspondant de l'AFP sur place.

Des éclats de verre jonchaient le sol tandis que beaucoup de voitures portaient des traces de balle.

Les écoles sont restées fermées pour la deuxième journée consécutive, tandis que la principale route reliant la Syrie a été rouverte. 

REPORTAGE « C’était vraiment la guerre. Au début, je n’ai pas voulu partir, mais j’ai trois enfants. Nous avons fui sous la mitraille, et Dieu merci, nous avons réussi à nous en tirer ».

 

Assise sur une couverture dans la rue, Rania serre ses trois enfants après avoir fui les combats dans son quartier de Tripoli, dans le nord du Liban, où sunnites et alaouites rejouent le conflit syrien.
« Ce sont nos enfants qui paient le prix. Nous avons d’abord quitté la maison dimanche, quand les combats ont commencé. Au début, nous avons cru qu’il s’agissait de tirs de joie pour un mariage, mais nous avons vite déchanté quand les premiers obus sont tombés », raconte Rania à Sara Hussein de l’AFP, en faisant sauter sur ses genoux le petit Ahmad.


Terrifiés, elle et son mari Abdallah ont pris Ahmad et ses deux sœurs Nourhane et Batoul pour fuir Bab el-Tebbaneh. N’ayant nulle part où aller, ils dorment dans leur voiture cabossée et passent leurs journées sur une couverture rouge et noire, sursautant à chaque fois qu’un tireur embusqué appuie sur sa gâchette en bas de la rue. Ils sont entourés d’autres familles qui ont fui comme eux ces combats ayant fait jusqu’à présent 23 morts et 197 blessés.


La haine recuite que se vouent ces deux quartiers misérables est irrépressible. Depuis 2008, ils se sont embrasés à 16 reprises, toujours pour des questions de politique générale ou régionale. Désormais, c’est la guerre en Syrie qui se répercute dans la ville. Depuis dimanche, la bataille de Qousseir a mis le feu aux poudres. Épaulée par le Hezbollah, l’armée syrienne a lancé un assaut d’envergure dans la zone.

 


Mais certains habitants de Tripoli n’en peuvent plus. « Si mettre une photo d’Assad dans ma maison peut arrêter les combats, je le ferai », assure Rania la sunnite, désespérée.


Mardi, espérant que la bataille s’était calmée, la famille est rentrée, mais dans la nuit, les accrochages ont repris de plus belle. « C’était vraiment la guerre. Au début, je n’ai pas voulu partir, mais j’ai trois enfants. Nous avons fui sous la mitraille, et Dieu merci, nous avons réussi à nous en tirer », explique Abdallah. « Mais, il n’y a rien pour nous ici, nous ne pouvons pas travailler et nous n’avons donc pas d’argent pour nous nourrir. Les enfants ne peuvent pas aller à l’école, il n’y a pas de salle de bains, il n’y a rien », explique-t-il avec lassitude.


À l’intérieur de Bab el-Tebbaneh, la majorité des magasins sont fermés. Dans un café ouvert, autour de deux tables, des hommes âgés fument et jouent aux cartes. Devant eux, une carriole continue de brûler, et rapidement, des habitants accrochent des toiles en plastique bleues pour permettre aux passants de traverser sans être vus par les tireurs embusqués. Des jeunes gens en tee-shirts noirs frappés de phrases islamiques inscrites en blanc traînent dans les rues, armes à la main.


Ils accusent les habitants de Jabal Mohsen d’avoir déclenché les combats et soupçonnent l’armée libanaise, qui s’est déployée pour tenter en vain de calmer la situation, d’être favorable à la partie adverse. « Nous sommes avec l’État libanais et respectons la loi, mais que pouvons-nous faire quand nous sommes attaqués par l’armée et Jabal Mohsen ? » allègue un quadragénaire en armes qui ne dit pas son nom. « Ceux de Jabal Mohsen, qui soutiennent Assad et le Hezbollah, ont commencé la bataille. Ils sont organisés, ont des armes lourdes, nous ne faisons que nous défendre », assure Kamal, 31 ans, un religieux salafiste.


À Jabal Mohsen, le discours est quasiment le même. « Nous avons été surpris par la bataille car nous sommes encerclés et nous n’avons logiquement aucun intérêt dans les combats. Nous sommes pas des suicidaires, mais c’est notre droit de nous défendre », explique à l’AFP Ali Fedda, membre du bureau politique du Parti arabe démocratique (PAD), émanation politique de la communauté alaouite au Liban.


Quand on lui demande contre qui il se bat, il répond sans hésiter : le Front al-Nosra (un groupe jihadiste très en vue en Syrie), l’Armée syrienne libre (la rébellion armée en Syrie) et les takfiris.

 

Lire aussi

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Pour mémoire

Tripoli se rebelle contre la violence 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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