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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 13:59

 

 

 

 

Abbas en homme de paille du Hamas à l’ONU, ou l’opium des peuples du « printemps arabe ».

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele - 


 

La pression de l’Europe sur Israël et son intermédiaire, les Etats-Unis, s’est accentuée, par la déclaration du représentant français devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, jeudi 21 avril. Celui-ci, flanqué de la Grande-Bretagne, adjointe à l’enlisement dans le ciel libyen, soutient que « La France envisage, avec ses partenaires européens, de reconnaître l’état palestinien », en septembre prochain.

 

L’émissaire britannique a, quand même, eu un mot pour dire que son pays se réservait le droit d’examiner les conditions de cette reconnaissance ou non, « à ce moment-là ». Quant aux autres, pourtant si attentifs aux fameuses « pré-conditions palestiniennes », peu leur chaut qu’elles soient réunies : seul compte que la fiction palestinienne obtienne enfin un statut officiel.

 

Pour peu qu’on s’intéresse aux faits, non à l’art de prendre ses « désirs pour des réalités », rien indique, - bien au contraire-, que l’environnement régional comme la situation propre à l’entité en question soient favorables à une avancée majeure sur le terrain.

 

Les relations palestino-israéliennes sont au point mort, depuis qu’Abbas a fait valoir cette fameuse « pré-condition » sans validité, puisque tous les sujets au cœur du conflit doivent être traités dans un cadre négocié, y compris celui des implantations.

 

Surtout, le contexte des révoltes arabes n’assure aucune stabilité qui garantisse même que les accords déjà passés avec Israël soient respectés à l’avenir. Cette question concerne essentiellement les nouveaux dirigeants égyptiens ou aspirants à l’être comme Amr Moussa, qui les a déclarés « expirés ».

 

Quant à la Jordanie, l’Iran a entrepris, par  l’envoi de son émissaire Esfandiar Rahim Mashaei, en décembre, de persuader les pays de la région qu’Israël et les Etats-Unis projettent de la diviser pour en offrir une partie aux Palestiniens. Les manifestations organisées par les Frères Musulmans ne menacent pas encore, comme ailleurs, de renverser le Roi, mais aucune option de long terme n’est exclue.

 

Le troisième point chaud, si l’on met de côté l’influence croissante de l’Iran au Bahrein, découle des incertitudes qui pèsent sur le maintien de Bachar al Assad au pouvoir à Damas.

 

Le tableau actuel de la diplomatie mondiale correspond à une inversion des valeurs et priorités en termes de sécurité régionale, premier point-clé dont le reste dépend.

 

Le deuxième point consiste à nier le fait, pourtant, indéniable, qu’hormis un rapprochement de façade, aucune cohésion n’est à l'horizon entre Fatah et Hamas. Abbas ne se rend pas à Gaza et Haniyeh fait tout son possible (lancer des missiles) pour qu'il reste chez lui. Mon bras droit ignore ce que fait mon bras gauche. Qui peut faire croire au mirage d'un état établi dans ces conditions? 

 

Ce problème, consistant à "sauver les apparences", tracasse bien plus Ramallah que les chancelleries d’Occident. Mais tout porte à croire que, tandis que le Fatah mime le rapprochement, le Hamas attende au coin du bois que son rival s’effondre, par manque de crédit moral et financier, ou de punch militaire et policier.

 

De fait, chacun des camps fratricides palestiniens joue son destin à la roulette, l’un à l’ONU, l’autre selon les humeurs de la « rue arabe », du Caire et de Damas, principalement.

 

Le Hamas tire son épingle du jeu à la faveur de la montée en puissance des Frères Musulmans en Egypte.  Mais la tendance risque t-elle de s’inverser si le régime syrien, son précédent soutien, tombe ? Dans l’expectative et l’impossibilité de voir venir le coup d’après, le bon sens élémentaire commanderait de ne préjuger de rien. Même si on peut discuter de tout, quoi que, précisément, Abbas s’y refuse, et ainsi de suite, comme dans l’histoire du chevreau (chant de Pessah).

 

 La soudaine assurance du Hamas provient surtout des chèques en blanc signés par les Occidentaux à sa maison-mère : les Frères Musulmans. L’Occident n’est pas bégueule et s’adapte absolument à tout… même au pire :

 

le chef du renseignement US, James Clapper a déclamé, sûr de son fait, que les ‘Frères Musulmans’ sont… .un mouvement majoritairement laïc »!! Plus tard, Alain Juppé, en homme providentiel du Quai d’Orsay dans la tourmente des compromissions passées, trouve qu’il faut « approfondir et éclaircir » la connaissance que l’on a de ce mouvement obscurantiste. L’UMP, Valérie Hoffenberg et lui-même, reçoivent des « islamistes modérés » du mouvement El Wasat -groupe dissident des "Frères"- pour les former à la démocratie, du moment qu’ils ne « mettent pas en cause, les traités avec Israël ». Or, le chef de ce mouvement a dit peu de temps auparavant, son admiration de l’Iran des Mollahs, « véritable amie de l’Egypte ». Qui, dans le monde, remet en cause les traités, et l’existence même d’Israël, plus que Téhéran, en voie de produire ses premières bombes atomiques ?

 

La Diplomatie aime faire prendre des vessies pour des lanternes et rien tant que de marcher sur la tête.

 

Longtemps (bien avant le début du processus d’Oslo), la seule solution pour la paix et la stabilité au Moyen-Orient est apparue, dans le narratif des diplomaties occidentales, dépendre essentiellement de celles que réaliserait un accord entre Palestiniens et Israéliens. Des dizaines d’experts auto-proclamés ont enfoncé ce discours dans l’esprit des opinions publiques à coups de démonstrations asymétriques de l’éternel combat du présumé « fort- donc coupable- contre le faible –donc victime- ». L’idéal étant qu’un enfant meurt ou soit donné pour tel, du moment qu’il ne soit pas Juif. La diplomatie n’a que faire de s’apitoyer sur la dépouille des bébés-« colons » égorgés à Itamar ou ailleurs.

 

Voilà que le 17 décembre 2010, un petit marchand tunisien ambulant, Mohammed Bouazizi s’immole par le feu et fait, à lui seul, basculer le sens de l’histoire dans cette partie du monde. 

Tout à coup, le discours des experts est saturé par l’image des foules qui réclament leurs droits, la fin de l’ère des dictateurs. Tout un chacun découvre que rares, sinon inexistants, sont les slogans qui fassent du conflit palestino-israélien leur cheval de bataille. 

 

Les diplomates courent après le train du « printemps arabe ». Dans la précipitation, il faut trouver des palliatifs pour figurer, sinon du côté de ceux qui auraient « tout prévu », du moins, de celui des mouvements en cours.

 

C’est, semble t-il, cet effet d’aubaine qui est à l’œuvre avec l’occasion offerte aux Occidentaux par l’insurrection libyenne : la France, mise en cause en Tunisie ou ailleurs, saisit la balle au bond et mène la cavalerie au combat depuis les cieux, pour une nouvelle « drôle de guerre », tout à l’indécision pour seul étendard. On s’enlise dans l’espace aérien, par crainte du « bourbier » consistant à reprendre pied sur terre…

 

Les Palestiniens sont, surtout, inquiets de se voir voler la vedette de « l’injustice suprême » qu’incarnait, jusqu’à présent, leur cause et cherchent à tout prix à se faire exister. Mais les buts de l'opération ou le "projet de société" ne sont pas clairs, c'est le moins qu'on puisse dire!. Ce sont, une fois encore, des meurtres d’enfants et de famille isolée (Itamar, 11 mars), un attentat à Jérusalem, des pluies de missiles sur le sud, quand bien même un certain Richard Goldstone confesse publiquement son « erreur » d’appréciation de la guerre de Gaza, deux ans auparavant…


Si les faits sont têtus, alors, une fois encore, il faut distordre la réalité pour la faire entrer de force dans le schéma mental de cette « injustice universelle » qui doit accorder des droits spécifiques aux Palestiniens de se situer en dehors des règles définies. S’ils refusent de s’asseoir à une table et discuter, c’est, simplement, qu’ils sont, depuis toujours, dans une position qui n’est pas « équitable », qu’ils représentent les « victimes éternelles » de l’histoire.

 

A ce stade, c’est un narratif préconstruit qui prend la place du droit, de la loi, des engagements pris, dès qu’on évoque le « processus ». Paradoxe, la distorsion permanente des faits est censée mener les peuples de cette partie du monde sur la voie de la paix et de la stabilité !

 

 Est-ce tant le « monde arabe » qu’il faudrait réformer ? Ou les politiques qui s’y appliquent, au gré des circonstances et des intérêts ?

 

Comment, quand les faits ou les attentes disent exactement l’inverse, remet-on en selle des groupes radicaux, au seul motif qu’on « ne prête qu’aux riches », aux mieux organisés ? Pourquoi, lorsque les dictateurs et les militaires vacillent, le radicalisme religieux apparaît comme la seule colonne vertébrale d’une culture mouvante, en quête de nouveaux repères ? N’est-ce pas la preuve flagrante d’une vision condescendante, du profond mépris néocolonialiste, à l’encontre de peuples qu’on ne saurait imaginer sortir de certaines caractéristiques « primaires », voire ataviques ?

 

 

Devant cette fabrique en fusion d’un ersatz de « réalité » différente de ce qu’elle est, au moment où elle entre pour être retravaillée par le discours politique, on ne peut que s’inquiéter des dérives qui alimentent déjà les prochains conflits, en voulant se persuader de « bien faire ». A moins que la réalité, une fois encore, ne décide de reprendre ses droits?

 

(republication intégrale sur demande à l'adresse suivante : gadrowicz15@hotmail.com). 

 

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Published by Gad - dans Editorial
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amouyal 22/04/2011 18:46


tres juste ; il ne faut en outre pas negliger la chute du rideau de fer arabe (en syrie et ailleurs ) qui va ouvrir la porte aux peuples humilies par le fascisme arabe , tout cela sera bon pour
nous et il faudra pousser les liberations chez les kurdes en particulier


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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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