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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 21:07

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

 

Le 17 janvier 2012, Ahmed Tibi a illustré d’une part, en quoi la présence de non nationaux à la Knesset était difficilement compatible avec le projet national juif et, d’autre part, l’urgence de régler les abus du droit à l’expression. Le député arabe israélien a, en effet, été expulsé de la Knesset pour avoir critiqué la sanction qui lui a été infligée, en l’occurrence sa suspension des débats à l’assemblée nationale pendant une semaine. Or, celle-ci fait suite à la rédaction de son « poème» sur la députée Anastasia Michaëli qui a déposé un projet de loi visant à permettre un contrôle, par le Ministre de l’intérieur, de l’utilisation d’amplificateurs pour les appels à la prière du haut des minarets. Si Ahmed Tibi n’apprécie pas la mesure proposée, il peut le faire dans le cadre de son droit à l’expression au sein de l’assemblée avec un propos modéré, réfléchi, mesuré et respectueux de son homologue à l’assemblée. Il ne saurait s'accorder le droit d'insulter, de railler ou de tourner en dérision une autre députée de la Knesset.

En outre, Ahmed TIBI doit respecter la philosophie du projet national de l’Etat d’Israël et participer à l’évolution législative qui s’inscrit dans ce cadre. Au cas particulier, les appels à la prière dans les mosquées au beau milieu de la nuit sont à l’origine de nuisances sonores qui doivent être réglementées. L’Etat juif respecte les différents courants religieux et n’entend pas priver ou interdire un croyant de suivre sa religion. Pour autant, Israël doit veiller à ce que la liberté (notamment religieuse) des uns ne nuise pas à celle des autres (en l’occurrence le droit de ne pas être troublé dans sa vie privée), à fortiori si l’exercice de cette liberté est constitutif d’une infraction, en l’occurrence un tapage nocturne. Il est donc tout à fait possible de débattre de ce problème et à terme parfaitement possible de suggérer aux croyants d’autre moyens de se rendre à la prière comme l’utilisation de réveils matin, voire, des diffusions de prières sur Internet.

Hasard du calendrier, le Ministère de la sécurité publique a, le 23 janvier 2012, publié les statistiques concernant le taux de la délinquance et de la criminalité en Israël. Elles indiquent (opportunément) qu’il est important pour les musulmans, de faire un peu moins de bruit la nuit et de consacrer plus de temps à l’introspection personnelle pour être en adéquation avec le message divin. En effet, selon le Ministre Yitzhak Aharonovitch, les personnes arabes ont été impliquées, en 2011 dans 67% des cas de meurtres, dans 70% des cas de tentatives de meurtres, dans 38% des cas d'agression aggravée, 36% des cas de vol qualifié et 52% des incendies criminels... alors qu’ils s’agit d’actes proscrits par le Coran. Ahmed Tibi pourrait donc instamment participer à cette réflexion concernant l’obligation pour les musulmans de respecter les valeurs morales de l’Islam plutôt que de nuire au sommeil des Israéliens par des appels intempestifs à la prière.

Le fond du problème n’en reste pas moins la participation à la Knesset de personnes tel Ahmed Tibi, qui ne se considèrent pas israéliennes. Israël se doit donc d’avancer sur la distinction qui existe dans l’ensemble des pays démocratiques entre la « citoyenneté » (ezrahout) des personnes en situation régulière sur le territoire, et celle de « nationalité » (léoumaout) qui seule permet aux intéressés d’être électeur et éligible. Ahmed Tibi, non national, serait alors immédiatement déchu de ses droits politiques.

Plus grave, les sites Internet ont largement publié, le 18 janvier 2012, la vidéo du député arabe israélien Ahmed Tibi dans laquelle il fait l’éloge des martyrs : « Le shahid (martyr), est le summum de la gloire. Il n'y a pas de plus haute valeur que le sacrifice. Le shahid trace la voie et forge de son sang la voie vers la liberté et la libération. Le shahid est le symbole de la patrie. Il n'y a rien de plus suprême que ceux morts pour la patrie ». De tels propos sont bien évidemment constitutifs en Israël, de délits comme l’incitation à la haine raciale ou l’incitation au meurtre. En outre, les actes ne participent pas de la culture de l’Etat juif (qui interdit les homicides et les suicides). Par ailleurs, les attentats suicides sont proscrits dans l’ensemble des législations nationales, qu’elles soient islamiques ou non. Enfin, l’éloge des islamikazes est une violation du serment d’allégeance à l’Etat juif.

En effet, la loi fondamentale sur la Knesset du 12 février 1958 a mis à la charge des députés l’obligation de déclarer leur fidélité et leur loyauté à l’Etat d’Israël par une formule qui se présente de la manière suivante « je promets de faire allégeance à l’Etat d’Israël et de m’acquitter loyalement de mon mandat à la Knesset » (article 15). L’article 16 lui interdit d’ailleurs de jouir des prérogatives attachées au statut tant qu’il n’a pas effectué cette déclaration. En pareille occurrence, l’article 16 A de la loi fondamentale exige de lui qu’il se libère de l’autre citoyenneté, lui interdisant de déclarer allégeance à l’Etat d’Israël tant qu’il ne se sera pas libéré de cette autre citoyenneté et le privant de ses droits de membre à la Knesset avant toute déclaration sur ce point (article 16 A).

Il est vrai que l’Etat hébreu n’a jamais été trop regardant sur les manquements par Ahmed Tibi à son serment d’allégeance. Le député arabe (conseiller de Yasser Arafat entre 1984 et 1999) n’a jamais caché : «Je suis palestinien, arabe et citoyen de l’État d’Israël. Ma priorité est la défense des intérêts de cette minorité dont je suis issu ». En octobre 2006, il a qualifié l’opération à Beit Hanoun de crime de guerre et de massacre envers les citoyens palestiniens et s’est rendu au Caire pour appeler la communauté internationale à faire cesser l’opération au Liban. Le 31 Octobre 2007, il a annoncé qu’il continuerait de se rendre en pays ennemi malgré la loi israélienne prévoyant une inéligibilité dans telle circonstances. Le 30 juin 2008, il a soutenu que cette loi était « anticonstitutionnelle et tomberait devant la Cour suprême en ce qu’elle contredit le principe d'égalité ». Le 18 mai 2009, il a présenté un projet de loi pour abroger la loi fondamentale sur Jérusalem et partitionner la capitale conformément aux frontières de 1967. En avril 2009, il a salué les propos du président palestinien Mahmoud Abbas, qui déclarait « ne jamais vouloir reconnaître Israël comme État juif ». En octobre 2009 il a comparé les implantations juives en Cisjordanie à « des cellules cancéreuses dont il faut se débarrasser ». Le 24 mai 2010, il n’ pas manqué de menacer « nous » allons faire pression sur Guilad Shalit. Le 19 mai 2009, il a boycotté une réunion de la présidence de la Knesset dans la Cité de David car selon lui, « Jérusalem n'a jamais été unifiée, la visite étant destinée à entériner la dépossession des Palestiniens de leurs maisons et de leurs biens ». En fait, et en dépit de ses responsabilités politiques au sein de l'Etat d'Israël, Ahmed Tibi ne cache plus son appartenance à la grande nation palestinienne comme il avait déjà eu l'occasion de le rappeler le 2 décembre 2008, lors de la conférence sur le Développement et le Libre Echange à Doha, au Qatar, à l'occasion de laquelle il s'était présenté comme chef de file de la délégation palestinienne.

L’Etat d’Israël pourrait donc tout d’abord prononcer la déchéance de son statut de député eu égard à son refus caractérisé de respecter les devoirs impartis. Il pourrait également organiser son expulsion comme le permet la loi internationale en cas de manquement au devoir de loyauté à l’égard de l’Etat de résidence. La convention sur la réduction des cas d’apatridie (n° 989 U.N.T.S. 175, entré en vigueur 13 décembre 1975.) prévoit dans son article 8 la faculté de priver un individu de sa nationalité en cas de manque de loyalisme, de comportement de nature à porter un préjudice grave aux intérêts de l’Etat et en cas de comportement caractérisant une répudiation du serment d’allégeance.

Le 26 mai 2010, la Knesset a adopté une proposition de loi visant à retirer la nationalité israélienne à des personnes qui se livrent à des activités d’espionnage en faveur d’organisations terroristes. Une mesure similaire pourrait être adoptée pour les députés qui appellent directement ou indirectemet au meurtre de Juifs. De même, le 13 décembre 2010, la Knesset a adopté une loi permettant de supprimer les droits à pension de retraite de Bishara. Une loi similaire pour être votée concernant les pensions de retraite d’Ahmed Tibi qui pourraient utilement alimenter un fond destiné à soutenir les victimes du terrorisme palestinien.

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commentaires

gerard.David 23/01/2012 16:46

Il ne fait aucun doute que cet individu n'est autre qu'un énnemie d'Israel. Il faut que la Knesset décrete, sans delais, l'expulsion pur et simple de tels individus, ennemie d'Israel, eux, leurs
descendants et leurs acsendants. Israel n'a que fair d'ennemie sur son sol, les payant pour êtres critiquee, et salis de l'interieur. Israel est le pays du peuple juif, sont admis ceux qui ne le
sont pas, mais a conditions qu'ils respectent les lois d'Israel, et ne trahissent pas le peuple juif.
Shavouah tov a vous tous mes freres d'Israel et du monde entier.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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