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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 20:01

 

 

 



 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

 

Après l’erreur d’Oslo, Yossi Beilin suggère désormais à M.Abbas de dissoudre l’Autorité palestinienne

Le 4 avril 2012, Yossi Beilin (ancien Ministre de la Justice dans le Gouvernement d’Ehud barak mais aussi des Affaires Etrangères dans le gouvernement de Shimon Péres), s’est adressé à Mahmud Abbas pour lui demander de mettre un terme aux négociations avec le Premier Ministre Benjamin Netanyahou, eu égard (selon lui), au manque de bonne volonté de la partie israélienne. Pour susciter une réaction de l’Etat juif, il exhorte même le responsable palestinien à dissoudre l’Autorité palestinienne. Ce faisant, l’ancien Ministre ne craint pas de provoquer de nouvelles turbulences dans les relations israélo palestiniennes, dont les conséquences risqueraient encore de différer toute normalisation. Si, en effet, l’analyse de Yossi Beilin est partiellement juste pour ce qu’il nomme la « farce des négociations », il n’en est pas de même des conséquences d’une dissolution anticipée des institutions palestiniennes. Son erreur d’anticipation (qu’il est possible de mettre sur le compte de sa naïveté) est excusable, s’agissant du lancement du processus d’Oslo en 1992. Plonger les palestiniens dans le chaos 20 ans plus tard, le serait nettement moins.

Dans sa lettre adressée au Chef de l’Autorité palestinienne (publiée dans le monde diplomatique du 7 avril 2012), Yossi Beilin fait tout d’abord part « de ses regrets d’avoir à écrire ces mots », à celui qui a été « tenté de déclarer la mort du processus de la paix » avant que le Président Obama ne l’en dissuade. Aussi, affirme-t- il « qu’il est possible d’y remédier ». Le point de départ de son analyse est un postulat : le défaut de consensus entre les deux parties aurait une double conséquence : la remise en cause du projet national d’Israël et l’impossible naissance, à ses côtés, d’un état palestinien : « Vous et moi comprenons que la situation actuelle est une bombe à retardement. De mon point de vue, ce qui est en jeu, c’est la disparition d’Israël en tant qu’Etat juif et démocratique. Du vôtre, c’est la fin de la perspective d’un Etat palestinien indépendant. Et de nos deux points de vue, l’échec de la solution à deux Etats risque de déboucher sur le retour d’une terrible violence. »

Cette façon de placer dos à dos israéliens et palestiniens élude le véritable problème, celui de la volonté. L’absence de paix avec les palestiniens n’a jamais empêché Israël de poursuivre son projet philosophique d’Etat juif et démocratique, de progresser économiquement, socialement, intellectuellement, scientifiquement, et stratégiquement. Si les palestiniens étaient dotés d’une volonté identique, il y a bien longtemps que l’Etat palestinien serait reconnu à l’Onu. Le problème palestinien tient techniquement aux divergences dans la conception de l’organisation humaine : pour les uns, elle consiste à obtenir l’autodétermination alors que pour les autres, elle vise à parvenir à l’éviction des juifs de Palestine. Il suffit pour s’en convaincre d’examiner l’autre véritable « farce » au Moyen Orient, celle de la « soi-disant » réconciliation des palestiniens qui n’en finit pas de finir. En dépit, de l’accord de réconciliation signé à Doha entre Mahmud Abbas et Khaled Mechaal (le 6 février 2012), les négociations entre les organisations palestiniennes rivales, Fatah et Hamas, ne parviennent pas à progresser. Cet aspect du problème interne palestinien semble avoir totalement échappé à Yossi Beilin.

Yossi beilin invite alors son correspondant à déclarer la fin du processus d’Oslo : «Toute personne qui souscrit à cette analyse se doit de prendre des mesures. Vous pouvez le faire et, pour franchir cette étape, vous n’avez pas besoin d’un partenaire. Déclarer la fin du processus d’Oslo - justifiée par le fait que le chemin vers un accord permanent est bloqué - est la plus raisonnable des options non violentes pour remettre le sujet à l’ordre du jour et relancer les efforts en vue d’un règlement définitif ». Manifestement, Yossi beilin n’a pas du lire attentivement l’article 13 de la Charte du Hamas qui invite à mettre à néant les initiatives ou processus de paix : « Les initiatives, les prétendues solutions de paix et les conférences internationales préconisées pour régler la question palestinienne vont à l'encontre de la profession de foi du Mouvement de la Résistance Islamique. Renoncer à quelque partie de la Palestine que ce soit, c'est renoncer à une partie de la religion ». Faute de prendre en considération le sentiment de la rue palestinienne en Cisjordanie, et la philosophie qui préside dans la bande de Gaza, l’analyse de Yossi Beilin manque cruellement de lucidité.

Le signataire des accords de Genève d’octobre 2003 suggère alors : « Dissoudre l’Autorité palestinienne et donner le contrôle des affaires quotidiennes à Israël serait une initiative que personne ne pourrait ignorer. Cela n’a rien à voir avec une manifestation devant la municipalité de Ramallah, ou un appel à l’Organisation des Nations unies pour obtenir un statut d’Etat membre. Il s’agit d’une décision que vous pouvez prendre seul, une décision qui obligera les autres à répondre ». Si Yossi Beilin se méprend sur l’état d’esprit des palestiniens, il se trompe également sur les obligations israéliennes qui découleraient d’une dissolution de l’Autorité palestinienne. Tout d’abord, si Mahmoud Abbas décidait de mettre à néant l’Autorité Palestinienne, il trahirait son peuple qui est en principe seul souverain pour en décider. Par ailleurs, il provoquerait un plongeon des palestiniens dans l’anarchie avant que le Hamas ne reprenne les choses en main. Enfin, Israël ne serait nullement tenu d’interférer dans la gestion des affaires internes palestiniennes.

Yossi Beilin persiste et signe en ordonnant : « N’hésitez pas un instant ! N’acceptez pas la demande du président Obama, qui veut simplement qu’on le laisse tranquille avant la présidentielle. Ne laissez pas le premier ministre Netanyahou se cacher derrière la feuille de vigne de l’Autorité palestinienne : imposez-lui, une fois de plus, la responsabilité du sort de 4 millions de Palestiniens. Restez à la tête de l’Organisation de libération de la Palestine, qui vous donnera le pouvoir de diriger les négociations politiques, si et quand elles reprennent. Mais pour le bien de votre propre peuple, et pour l’amour de la paix, vous ne pouvez pas laisser cette farce se poursuivre ».

Bien évidemment, Israël ne serait pas tenu d’assumer politiquement les 4 millions de palestiniens. Il appartiendrait seulement à la communauté internationale de gérer ce groupe humain, si celui-ci se révélait incapable d’y procéder lui même.

En fait, après l’erreur commise lors du processus d’Oslo, Yossi Beilin fait maintenant abstraction de l’organisation politique palestinienne qui s’est transformée depuis 20 ans, et de la conscience politique arabe qui s’est éveillée avec le courant des révolutions. Le Processus d’Oslo n’a pas abouti car les palestiniens se pensaient titulaires d’un blanc sein de la communauté internationale pour poursuivre les attaques contre Israël. En suggérant à Mahmud Abbas de conserver les rennes de l’OLP, il l’invite à poursuivre les objectifs de ce mouvement clairement exprimés dans le document fondateur, au lieu d’exiger, comme préalable à toute négociation de paix, une abrogation des Chartes palestiniennes centrées sur d’anéantissement de l’entité sioniste. Il renouvelle de ce fait la même erreur qu’en 1992.

En fin de compte, le véritable risque que prend Yossi beilin, membre éminent de la gauche israélienne, est de démontrer que les palestiniens ne constituent pas un peuple et qu’ainsi, ils ne peuvent invoquer « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », ce que soutient depuis toujours la droite israélienne. 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

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Heschkel > moralité

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Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

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