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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 17:11

 

 

« The Gatekeepers », de Dror Moreh

 

 

http://www.veroniquechemla.info/


Arte diffusera  le 5 mars 2013 à 20 h 50 “The Gatekeepers” (2012),documentaire controversé et primé de Dror Moreh. Un documentaire primé et biaisé, souffrant de carences informatives, partisan du slogan “Land for Peace”, blâmant le seul Etat d’Israël pour l’absence de paix, émaillé de wishful thinkings dangereuses et prônant des concessions territoriales israéliennes... qui ont toujours mené à la recrudescence du terrorisme palestinien islamiste, et non à la paix.
 

Israël dispose de trois agences de renseignements  : le Aman, chargé de la sécurité militaire, le Mossad responsable du renseignement et d’opérations hors d’Israël, et leShabak  ou « Shin Bet  », service de la sécurité intérieure.

Avraham Shalom (1981-1986) partisan de négociations avec le Hamas et le Jihad islamique, Yaakov Peri (1988-1994), Carmi Gillon (1995-1996), Ami Ayalon (1996-2000) co-auteur avec Sari Nusseibeh d'une initiative de paix en 2003 et récemment élu à la Knesset sur la liste du Parti travailliste, Avi Dichter (2000-2005) devenu membre de Kadima, Yuval Diskin (2005-2011) assurant que les conquêtes de 1967 transformeraient Israël en “Etat Shin Bet” et s'étant opposé récemment à "des préparatifs d'action militaire contre l'Iran" en voie de se doter de l'arme nucléaire...

Ces six anciens dirigeants  du Shin Bet se confient devant la caméra de Dror Moreh , cinéaste israélien confirmé.

A l’instar du Fog of War: Eleven Lessons from the Life of Robert S. McNamara d’Errol Morris (2003)¸ The Gatekeepers   illustre leurs propos avec des images d’archives et des animations informatiques.

The Gatekeepers comprend sept parties :
- “Pas de stratégie, seulement des tactiques : le rôle émergeant du Shin Bet de la guerre des Six-jours à l’occupation des territoires palestiniens ;
- Oublie la moralité : sur 300 incidents de bus ;
- Terroriste pour l’un, combattant de la liberté pour un autre : sur le processus de paix après les accords d’Oslo ;
- Nos propres chair et sang : sur le terrorisme Juif, dont le Juif Underground et l’assassinat d’Yitzhak Rabin ;
- La victoire est de vous voir souffrir : sur les négociations avec les Palestiniens lors de l’Intifada II ;
- Dommage collatéral : sur l’assassinat de Yahya Ayyash et d’autres militants du Hamas”;
- Le Vieil Homme au bout du corridor : réflexions sur les activités du Shin Bet et leur impact éthique et stratégique sur l’Etat d’Israël”.
 
Mensonges tragiques
Est-ce la première fois  que d’anciens responsables du Shin Bet s’expriment publiquement, comme l’allègue le dossier de presse de The Gatekeepers ? 

Non, le 13 novembre 2003, le quotidien israélien Yedioth Aharonoth a publié l’interview  de deux heures de quatre responsables du Shabak : Avraham Shalom, Yaakov Perry, Carmi Gillon, et Ami Ayalon. Ces dirigeants prédisaient que le Premier ministre Ariel Sharon menerait Israël vers l’abime s’il ne parvenait pas à conclure rapidement la paix avec les Arabes palestiniens. Leur but : briser la confiance de Sharon.

Après le New York Times, le 15 novembre 2003, le Washington Post (Ex-Security Chiefs Turn on Sharon ) et le Guardian (Israel on road to ruin, warn former Shin Bet chiefs) ont relaté ces interviews.

Ezer Weizman a alors stigmatisé ces “quatre mousquetaires” qui minaient le gouvernement.

Ces interviews ont précipité la décision désastreuse du retrait israélien de 8 000 Juifs, civils et soldats, de la bande de Gaza et de quatre localités de Samarie. Annoncée par Ariel Sharon le 18 décembre 2003, cette décision était contraire à sa promesse électorale  en 2001 (“Le destin de Netzarim sera celui de Tel Aviv”). Un plan de désengagement  unilatéral, sans traité de paix,sans que les Palestiniens mettent en oeuvre  la Feuille de route (Roadmap), et qui a accru la vulnérabilité du Sud israélien aux tirs du Hamas.

Lors de la réalisation de son documentaire Sharon, Dror Moreh a appris “en discutant avec le cercle des conseillers du Premier ministre, que les critiques émanant de certains de ces Gatekeepers avaient beaucoup influencé Sharon dans sa décision d’évacuer Gaza”. 

Et d’ajouter : “Le temps est venu d’interpeler les gens, et non pas seulement le cercle des décideurs ”. Et d’espérer que son film “initiera ce dialogue”.

Par ces six témoins, Dror Moreh  a “l’occasion unique d’entrer dans le cercle intime des hommes qui ont conduit le processus de décision israélien depuis près d’un demi-siècle. Leurs histoires et leurs témoignages étaient souvent accablants. Personne ne comprend mieux le conflit entre Israël et les Palestiniens que ces six hommes”. Vraiment ?

Près de dix ans après l’interview de ces quatre anciens du Shin Beth, Dror Moreh reprend les mêmes, et présente comme inédites des déclarations déjà connues.

C’est en ces termes partiaux qu’Arte décrit The Gatekeepers que la chaine franco-allemande a co-produit et auquel elle dédie undossier  et de très nombreux articles :
« Les confessions ahurissantes de six anciens chefs du Shin Beth, le Service de la sécurité intérieure d’Israël. Un film explosif, nominé aux Oscars, qui éclaire trente ans de lutte antiterroriste et d’errements face à la question palestinienne. Chacun à leur tour, ils racontent, intensément, quelque trente ans de lutte antiterroriste en Israël et de gestion désastreuse de la question palestinienne. Un flot d’aveux précis, circonstanciés, d’une remarquable liberté et d’une sidérante acuité. Six anciens chefs du Shin Beth, l’équivalent israélien du FBI, expliquent comment, depuis la Guerre des six jours en 1967, dont la victoire vaut à l’État hébreu d’occuper Gaza et la Cisjordanie et de faire face à un million de Palestiniens, les responsables politiques n’ont jamais vraiment cherché à construire la paix. Une succession d’erreurs qu’inaugure le mauvais arabe avec lequel de jeunes réservistes s’adressent aux populations des nouveaux territoires occupés, leur annonçant qu’ils viennent les « castrer », au lieu de les « recenser". Peuple oublié, bavures, tortures, méthodes iniques de renseignements et de recrutement d’indicateurs amplifiant la haine de l’occupé... Ils disent surtout l’absence glaçante de vision stratégique ; la résistance et l’hostilité des Palestiniens oubliés explosant avec la première Intifada ; le laxisme face à l’extrémisme juif qui anéantira, avec l’assassinat de Yitzhak Rabin, la seule réélle lueur de paix. “On a gagné toutes les batailles, mais on a perdu la guerre”, lâche Ami Ayalon, à la tête du service de 1996 à 2000, quand Avraham Shalom, le plus ancien d’entre eux, compare l’armée d’occupation à celle de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. “Quand vous quittez le Shin Beth, vous devenez gauchiste...”, conclut avec ironie Yaakov Péri (1988-1994). Nourri par de formidables archives et un travail visuel sophistiqué à partir de photos, ce réquisitoire exceptionnel, sorti en salles pendant la campagne des légistatives a eu l’impact d’une bombe en Israël. Déjà auteur de Sharon, le réalisateur Dror Moreh croit fermement au pouvoir des films et c’est peut-être là l’un des secrets de réussite de son audacieuse entreprise. Un manifeste passionnant de bout en bout, double du portrait de six hommes en proie au doute, mais animés d’un salvateur pragmatisme ».

Bis repetita
The Gatekeepers montre les hauts critères éthiques, légaux, moraux  du Shin Bet, soucieux de préserver les vies israéliennes et palestiniennes.

Il ternit  l’image d’Israël en “Occupant sans coeur”, sans informer sur “la dure vie des Palestiniens sous dominations égyptienne et jordanienne (1948-1967)” et la “modernisation de la vie économique, politique, culturelle” et sociale sous administration israélienne (Roz Rothstein et Roberta Seid).

The Gatekeepers allègue une fausse équivalence entre le Jewish Underground (1980), un groupe ultra minoritaire d’habitants Juifs des implantations ayant blessé deux maires palestiniens et projeté de faire exploser le Dôme du Rocher – sans soutien populaire ou politique, les dirigeants de ce groupe ont été arrêtés par le Shin Bet en 1984 -, et les terroristes palestiniens produits par l’éducation palestinienne à la haine et à la violence et soutenus par les autorités politiques et la société palestiniennes.

The Gatekeepers véhicule l’idée infondée, mais omniprésente dans la gauche, que le “péché originel” israélien provient de sa victoire rapide lors de la Guerre défensive des Six-jours (juin 1967). Une victoire suivie de l’”Occupation” induisant le terrorisme palestinien, corrompant cet Etat et un peuple devenu un occupant brutal  et sans coeur. D’où le parallèle infamant d’Avraham Shalom entre Tsahal et la Wehrmacht.

Or, le terrorisme palestinien a précédé la recréation de l’Etat d’Israël : les Arabes de Palestine ont tué environ 1000 Juifs entre 1920 et 1967, rendu Judenrein les territoires conquis par les Arabes pendant la guerre de 1948, 162 Israéliens ont été tués par les terroristes d’Arafat entre 1968 et 1970.

“Nul ne peut nier le courage et le patriotisme de ces six hommes qui ont donné la meilleure partie de leurs vies au service de leur pays, mais on peut et on devrait regarder froidement comment ils ont été manipulés par un réalisateur ayant un programme “, écrit Gidon Ben Zvi dans Jewish Thinker  (10 février 2013).

Que de carences informatives ! Quid de l’idéologie génocidaire du Hamas ? Quid des “relations d’affaires fortes nouées” par Yaaxov Peri, n°5 sur la liste de Yair Lapid à la Knesset, avec “des dirigeants corrompus de l’OLP après son départ du Shin Bet en 1994” ?

The Gatekeepers dénigre l’usage de la force, plaide pour le “slogan trompeur” (Shmuel Trigano) de la solution à deux Etats, prône des négociations avec un partenaire pour la paix palestinien inexistant et impute au seul Etat d’Israël le refus de ces pourparlers !

Comme si ces ex-dirigeants du Shin Bet et le réalisateur Dror Moreh n’avaient tiré aucune leçon de l’échec du plan de désengagement de 2005 : le conflit n’est pas territorial, mais religieux ; les sondages  révèlent que les Palestiniens refusent, comme leurs dirigeants, les offres les plus généreuses de l’Etat d’Israël ; les tirs de roquettes à partir des territoires évacués et contre Israël ont crû, ce qui a déclenché trois guerres israéliennes en huit ans contre deux mouvements terroristes islamistes soutenus par l’Iran, le Hamas  et le Hezbollah.

Comme si Dror Moreh celait sciemment les interviews en 2003 pour éviter au public de se souvenir combien les Israéliens ont subi tragiquement les conséquences du retrait unilatéral de l’”Occupant israélien”.

Comme si le refus musulman ou/et arabe de l’existence de l’Etat Juif n’était pas la cause fondamentale à ces guerres contre cet Etat. Dror Moreh occulte tout ce qui corrigerait, ou infléchirait sa thèse controversée, tout ce qui contredirait les propos de ces six anciens dirigeants du Shin Bet. Ce qui transforme ce documentaire en film de propagande de gauche.

Un film qui a suscité des louanges de médias occidentaux  - TheWall Street Journal l’a inscrit dans sa liste des 10 meilleurs films de 2012 -, notamment de ceux de la communauté française Juive.

Un documentaire « nominé » aux Oscar du meilleur documentaire, et distingué par le Prix de l’association des critiques cinématographiques de Los Angeles (2012) et le Prix du cinéma pour la Paix  (2013).

Mais The Gatekeepers a suscité une vive polémique, notamment sur Internet et les réseaux sociaux : indignation face aux déclarations publiques d’anciens directeurs d’un service de renseignement, financement public d’Israel bashing, exercice d’autoflagellation, voire de haine de soi, partialité sous couvert de neutralité, etc.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré qu'il ne verrait pas ce documentaire.

Dans le registre humoristique, Latma a réalisé un sketchironisant sur ce film, et le journaliste David Suissa a renommé le film The Gate Crashers.

Plus de 73 heures d’interviews, une heure trente de films, les mêmes remarques inquiétantes qu’en 2003 destinées à un public supposé amnésique.

Naïveté ? Rouerie ? Cynisme ? Prétention ?

« Errare humanum est, perseverare diabolicum » (locution latine, « Se tromper est humain, persévérer est diabolique »).
 

The Gatekeepers ”
Documentaire de Dror Moreh

Israël/France, 2012, 1 h 30 mn
Production : ARTE France, Les Films du Poisson, Dror Moreh Productions, Cinephil, Wildheart Productions, Macguff, NDR, IBA, RTBF
Prix du meilleur documentaire de l’Association des critiques des films de Los Angeles
Diffusion le 5 mars 2013 à 20 h 50.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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