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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 07:45
La Russie et l'Otan
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La Russie et l'Otan
12:22 18/03/2010
© RIA Novosti. J. Leviant
Par Hugo Natowicz, RIA Novosti

La diplomatie russe ne décolère pas: à plusieurs reprises, l’Otan a ignoré ses offres de coopération autour d’une région stratégique, l’Asie centrale, et persiste à faire cavalier seul sur des dossiers qui tiennent Moscou à cœur, au premier rang desquels l’Afghanistan.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov l’a récemment exprimé on ne peut plus clairement: “L’Otan snobe pour des motifs purement idéologiques l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC)”, une alliance militaire mise sur pied par la Russie comprenant également la Biélorussie, l’Arménie et quatre républiques d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan et Tadjikistan), tous anciens membres de l’Union soviétique.

“Nos partenaires de l’Otan refusent de mener une coopération mutuellement avantageuse et équitable avec l’OTSC”, a déploré M. Lavrov au cours du forum économique de la Communauté des Etats indépendants (CEI).

L’OTSC, une alliance parfois qualifiée d’"Otan russe" ayant pour objectif de rasseoir le leadership de Moscou en Asie centrale, mis à mal par la chute de l’URSS, a formulé plusieurs propositions de partenariat dans cette région avec l’Otan, dont elle cherche à être reconnue comme l’alter ego oriental.

Née en 1992 mais devenue réalité en 2000, l’organisation peine à faire bloc et à parler d’une seule voix, comme en témoignent les réticences biélorusses et ouzbèkes à signer l’accord de création d’une force de réaction rapide. Les deux pays craignent notamment l’hypertrophie du rôle de la Russie, à l’heure où ils envisagent un renforcement de leurs liens avec l’Occident.

M. Lavrov a en outre déploré que l’Alliance refuse les contacts avec l’OTSC sur le règlement et la reconstruction en Afghanistan, le retrait troupes soviétiques en 1989 ayant laissé un gout amer côté russe.

C’est toutefois la drogue provenant d’Afghanistan qui occupe le premier plan dans la rhétorique diplomatique de la Russie, pays qui déplore plus de 30.000 morts par an en raison de ce fléau et qui constitue le premier consommateur mondial d’héroïne afghane selon l’ONU.

Moscou, de la voix du chef du Service fédéral antistupéfiants Viktor Ivanov, a récemment pressé Washington de détruire les plantations de pavot à opium, en s’immisçant par là même dans la stratégie américaine dans ce pays.

Mais la drogue, sur laquelle la diplomatie russe multiplie les appels du pied, tout comme le règlement afghan, ne constituent en réalité que les différents aspects d’une seule et même tentative de forcer l’Otan à respecter les intérêts russes dans une région que Moscou perçoit comme son pré carré.

Si l’opération des alliés coïncide partiellement avec les intérêts de Moscou, en stabilisant une région explosive à proximité de ses frontières, la Russie cherche toutefois à assumer l'intégralité du dialogue avec les Occidentaux dans l’espace centrasiatique, comme l’attestent ses démarches récentes.

Dans le cadre de l’opération antiterroriste en Afghanistan, les Russes s'efforcent de monopoliser les itinéraires permettant d’accéder à ce pays. Après avoir donné son feu vert au transit non militaire, Moscou a autorisé l’acheminement par son territoire des armements de l’Otan, fournissant ainsi un itinéraire bien plus fiable que celui traversant le Pakistan.

Mais cette stratégie passe parallèlement par un noyautage des autres voies d’accès au théâtre des opérations. La Russie, qui prétend au leadership dans la région, s’efforce ainsi de limiter la marge de manœuvre de ses concurrents.

En attestent les tractations menées par Moscou l’année dernière afin d’obtenir la fermeture de la base kirghize de Manas, auparavant utilisée dans le cadre de l’opération “Liberté immuable” et que le président du pays à convenu de fermer en mars 2009 après l’obtention d’un important prêt russe.

Coup de théâtre, Washington et Bichkek ont ratifié en juin suivant un accord sur la création, à Manas, d’un centre de transit appelé à soutenir les opérations de la force internationale en Afghanistan. Bluffée, la partie russe a ressenti ce revirement comme une trahison qui pourrait nuire à ses intérêts dans la région.

Car la donne dans cette partie du monde a changé: considérée par Moscou comme sa sphère d’influence traditionnelle, l’Asie centrale est désormais courtisée en raison de son rôle stratégique et de ses richesses énergétiques par deux géants mondiaux, les Etats-Unis et la Chine, entre lesquels la Russie cherche à maintenir son statut de grande puissance.

Ce texte n’engage que la responsabilité de l’auteur.
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L
<br /> Puisque l'on parle du loup, voici un papier récent sur ce sujet provenant d'Iran Resist:<br /> <br /> http://www.iran-resist.org/article5891.html<br /> <br /> Moscou est le grand vainqueur de la politique américaine en Asie Centrale<br /> 20.03.2010<br /> <br /> <br /> Depuis plus de deux siècles, les Anglais puis les Américains tentent de déstabiliser la Russie en instrumentalisant l’Islam dans les pays de l’Asie Centrale. Lord Curzon disait que du contrôle<br /> de<br /> l’Afghanistan dépendait « la domination du Monde ». Force est de constater que cette politique n’a toujours pas donné ses fruits. Pire encore, les Anglo-Américains s’enfoncent chaque jour un<br /> peu<br /> plus dans le bourbier Afghan (et Iranien) qu’ils ont eux-mêmes créé. Or, loin de remettre en cause cette doctrine plus que bicentenaire consistant à s’emparer de l’Asie Centrale avec l’aide de<br /> l’Islam Jihadiste, ils surenchérissent dans une stratégie vouée à l’échec.<br /> <br /> <br /> Au lendemain de l’effondrement de l’Union Soviétique, une multitude d’Etats à population musulmane se sont créés en Asie Centrale et au Caucase. Bien qu’à la tête de tous ces Etats se placèrent<br /> les<br /> anciens apparatchiks de l’ère soviétique, les dirigeants de ces pays avaient les yeux tournés vers l’Occident, espérant s’émanciper du joug russe. Dans leur imagination, les pays occidentaux et<br /> en<br /> premier les Américains, les auraient aidés à combler leur retard économique. Près de vingt ans après, ils ont tous déchanté et n’hésitent plus à renouer leurs alliances avec l’ancien dominateur<br /> russe. Hélas pour les Anglo-Américains, le grand vainqueur de cette guerre est la Russie qui a su conquérir les cœurs des populations qui préfèrent le progrès aux mosquées.<br /> <br /> <br /> L’un des grands déçus des Anglo-Américains est Emam-Ali Rahmanov, le courageux président la république du Tadjikistan qui défend son pays bec et ongle contre la menace islamiste. Loin d’être<br /> applaudi par la communauté anglo-saxonne, il est décrit comme un méchant et ridicule dictateur dont le pays serait rongé par la corruption. Aucune calomnie n’est épargnée pour décrire Rahmanov<br /> comme l’oppresseur de paisibles Jihadistes qui poussent comme des champignons grâce à l’argent des Saoudiens et à la logistique des Anglo-Américains.<br /> <br /> <br /> Situé au Nord de l’Afghanistan, le Tadjikistan est pour les Jihadistes la voie royale pour pénétrer en Asie Centrale et réaliser ce que les Anglo-Américains rêvent depuis toujours, c’est-à-dire<br /> créer une ceinture verte d’Etats islamistes encerclant aussi bien la Russie que la Chine. Dès 1992, à peine un an après l’indépendance du Tadjikistan, la guerre civile éclata dans ce pays,<br /> opposant<br /> le gouvernement central progressiste aux islamistes venant de l’Afghanistan. Ce petit Etat de seulement sept millions d’habitants paya alors le lourd tribu de cent mille tués et le déplacement<br /> d’1,2 millions de réfugiés. Il s’enfonça dans une misère telle qu’il n’eut d’autre issue que se tourner vers les Chinois à l’Est et surtout les Russes à l’Ouest. L’ironie du sort, Rahmanov qui<br /> avait supprimé le sous-fixe de –ov dans son patronyme pour devenir “Rahman” afin de se débarrasser du colonialisme russe, se voit finalement contraint de préférer les anciens dominateurs de son<br /> pays aux occidentaux qui n’ont que l’Islamisme à lui proposer.<br /> <br /> <br /> Il est temps que l’opinion publique internationale se soulève contre cette politique désastreuse des Anglo-Américains et les contraint à soutenir des figures comme Rahmanov qui sont les seuls à<br /> garantir une paix durable en jouant le rôle de tampon entre Russes, Chinois et Occidentaux.<br /> <br /> <br />
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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