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L’article, intitulé ”l’Azerbaïdjan et  la compétition navale dans la mer Caspienne” a été mis en ligne hier sur Milaz.info, un site d’informations militaires azerbaïdjanais, spécialisé sur le sud Caucase. L’analyse est signée par Paul Goble de l’académie diplomatique d’Azerbaïdjan 

Goble rappelle en préambule que la marine azerbaïdjanaise fut créée après le démantèlement de l’URSS, suite à la partition de la flotte soviétique entre 4 des 5 pays frontaliers de la Caspienne: l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Turkménistan et la Fédération de Russie.  

Si la flotte russe de la Caspienne demeure la plus importante et la plus moderne, la marine azerbaïdjanaise vient en seconde position , devant  le Kazakhstan,  le Turkménistan et… l’Iran. Même si, en cas de crise majeure, ajoute Goble, Téhéran  pourrait acheminer par chemin de fer jusqu’à la Caspienne,  des sous-marins et de petits navires mouillant aujourd’hui dans le Golfe Persique.  


L’Azerbaïdjan, poursuit-il, dispose d’une vingtaine de bateaux de guerre et d’un peu plus de navires de soutien (deux douzaines) pour des effectifs totaux de 5000 hommes. S’ajouteraient à cette flotte une partie des 80 ferries gouvernementaux du système de transport Kaspar. La marine de Bakou dispose en outre d’une unité de dragueurs de mines; d’un service de recherches et sauvetages en mer; d’un département de formation, d’une brigade de sécurité; d’un service de renseignements maritimes et d’une flottille de gardes-côtes. Une structure qui reflète selon l’auteur, les vocations premières de la marine azerbaïdjanaise: sécuriser les forages et les sites gaziers off-shores, combattre la piraterie et les réseaux de contrebandes maritimes et appuyer les revendications de l’Azerbaïdjan sur une portion de la mer Caspienne.
 

D’après Goble, la bonne tenue de la marine résulte de 3 initiatives majeures: la correction des problèmes de maintenances de l’époque soviétique; la mise en service de plusieurs navires fournis par l’OTAN et acheminés par le canal Volga-Don (ndlr: donc avec l’accord de la Russie); enfin, la formation d’une nouvelle génération d’officiers qui soient non seulement rompus aux nouvelles techniques mais surtout capables d’interagir avec leurs homologues de flottes étrangères. Ce dernier point étant crucial selon l’expert militaire. 

Il souligne que l’Azerbaïdjan a toujours réagi avec vigueur aux provocations de ses voisins. Peu de problèmes avec la Russie, note-t-il, les préoccupations portant essentiellement sur la montée en puissance des 3 autres flottes. Comme par exemple la volonté du Turkménistan de se doter de nouveaux navires en plus de ses 16 patrouilleurs en service. Ou encore l’annonce par le Kazakhstan de l’acquisition de 3 patrouilleurs et 3 nouvelles corvettes qui mèneraient ainsi Astana à parité avec Bakou. Une crainte tempérée dans par les consultations régulières des deux gouvernements sur les questions maritimes et la capacité supposée de Bakou de maintenir son avantage maritime relatif sur le Kazakhstan.  


Mais d’après Goble la plus grande menace réside en une possible action de la part des forces maritimes iraniennes dans la Caspienne. Même si, comme on l’a indiqué plus haut, les forces iraniennes sont inférieures à celles de l’Azerbaïdjan dans la mer intérieure;  Téhéran aurait à tout moment la possibilité de transférer des renforts du Golfe Persique. En outre,  tous les navires côtiers pourraient être utilisés de manière offensive par l’Iran si les relations entre les deux pays venaient à se dégrader. Dans ce cas, le défi ne pourrait être relevé par Bakou qu’au prix d’énormes difficultés, conclut-il.
 

L’analyse qui précède intervient moins de deux mois après l’approbation par le parlement azerbaïdjanais de la nouvelle doctrine militaire. Une modification importante avait notamment attiré l’attention de tous les experts: l’autorisation du déploiement temporaire de bases militaires étrangères en Azerbaïdjan. L’Azerbaïdjan, puissance pétrolière régionale, est un pays musulman à majorité chiite laïque, présentant la particularité notable d’entretenir de longue date des relations commerciales, industrielles et militaires très étroites avec Israël.

 

Dominique Bourra, CEO NanoJV

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