Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 09:26

 

Bibi, dans les traces de Begin ?

Par ELLIOT JAGER *

19.05.11

 

fr.jpost.com


Les partisans du Likoud qui se sont réunis à Tel-Aviv le 14 avril dernier, pour le toast traditionnel de Pessah, ont pu entendre Binyamin Netanyahou faire quelques annonces : renforcer le principe de sécurité-et-de-paix d'Israël lors de la prochaine session conjointe du Congrès américain. Scrutant la foule depuis le podium, le Premier ministre s'est sans nul doute souvenu d'un récent sondage, selon lequel 76 % des membres du Likoud s'opposent à l'annexation de toute la Judée-Samarie. Mais il aurait dû également savoir que 10000 nouvelles recrues viennent d'être encartées sous l'influence de dirigeants intransigeants des implantations.

Le Premier ministre lors d’un rassemblement du Likoud l’année dernière. De la difficulté de contenter son parti tout en faisant face aux pressions américaines, tout comme son prédécesseur Menachem Begin. 
PHOTO: REUTERS , JPOST

Comment, alors, garder un Likoud (Union) soudé, au centre du courant politique israélien ? Entre purisme idéologique et réalisme politique, besoins sécuritaires et aspiration à la paix, Netanyahou marche dans les pas du fondateur du parti, Menachem Begin. Un fait mis en lumière dans la nouvelle collection d'essais sur l'évolution de la droite israélienne, De l'Altalena à nos jours (en hébreu), éditée par le politologue Abraham Diskin.

Begin a formé le parti Hérout (liberté) - l'ancêtre du Likoud - le 14 mai 1948, le jour de la proclamation de l'Etat. Une victoire en soi du pragmatisme sur le zèle. Historiquement, comme Herzl Makov, président du Centre de l'Héritage de Menachem Begin, le souligne dans la préface de l'ouvrage précité, la guerre entre les partis clandestins - comme l'Irgoun pré-étatique de Begin et la Haganah de David Ben Gourion - s'est poursuivie bien après que celle pour l'indépendance du pays fut remportée. Pourtant, même après l'épisode tragique où la Haganah a ouvert le feu et coulé le navire d'armement Altalena de l'Irgoun à Tel-Aviv le 6 juin 1948, Begin restait convaincu qu'entre Sionistes, du moins, il n'y aurait pas de guerre civile. Il avait décidé de confiner son mouvement au centre-droite de la démocratie parlementaire israélienne.

A ses débuts, les cartes jouaient contre lui. La faction Mapaï de Ben-Gourion, composante majeure du mouvement syndical qui abritait à la fois la quasi-gouvernementale Agence juive et la Histadrout (Fédération des travailleurs), gagnait pas moins de 46 sièges aux élections de la première Knesset en janvier 1949 ; alors que le Hérout n'obtenait que 14 malheureux mandats. Un déséquilibre radical demeuré quasiment inchangé jusqu'en 1977.

"L'homme assis à côté du Dr Yohanan Bader"

Quant à Ben Gourion lui-même, non seulement il avait balayé toute réconciliation politique entre le camp dirigé par Begin et son propre parti, mais il s'était également engagé à ostraciser à jamais le Hérout en l'écartant de tout gouvernement de coalition dirigé par les Travaillistes. Son animosité personnelle était si virulente que dans les débats à la Knesset, il se référait à Begin comme à "l'homme assis à côté du Dr Yohanan Bader". Mais cette campagne de dénigrement n'a fait que convaincre Begin de maintenir le Hérout au cœur de la vie politique.

Ce faisant, il a dû surmonter l'opposition du parti révisionniste, qui se disait être le véritable porte-étendard de la droite sioniste et la faction la plus fidèle à l'idéologie du père fondateur de la Droite et son génial président, Zeev Jabotinsky (1880-1940).
En fin de compte, cependant, les Révisionnistes, comme les combattants de la liberté pour Israël (Lehi), plus faibles, seront absorbés par le Hérout.

La quarantaine à laquelle Ben Gourion avait assigné Begin allait commencer à faiblir dès 1954, suite aux retombées politiques de l'opération bâclée du renseignement israélien en Egypte, connue sous le nom d'"affaire Lavon".
Une décennie plus tard, alors que la zizanie régnait au sein des Travaillistes, le Premier ministre Levi Eshkol (qui remplaçait Ben Gourion) autorise le rapatriement de la dépouille de Jabotinsky et son inhumation au mont Herzl, non loin de la tombe de Herzl lui-même.

En 1965, Begin orchestre un alignement avec le parti centriste libéral : Gahal (Bloc Herout-libéral) recueille 26 mandats aux élections de cette année-là. Et entre dans le gouvernement travailliste d'unité nationale juste avant le déclenchement de la guerre des Six-Jours de 1967 qui va définitivement extirper Begin de son isolement politique. Ministre sans portefeuille, il applaudit la libération par Tsahal de la Judée-Samarie.

Mais Begin va quitter le gouvernement, désormais dirigé par Golda Meir, en signe de protestation contre son acceptation initiale d'un plan américain de 1969 qui aurait amené l'Union soviétique dans les négociations de paix, côté arabe.
Quatre ans plus tard, après la guerre dévastatrice de Kippour en 1973, avec la remise en question de l'autorité du Parti travailliste, Begin s'unit avec Ariel Sharon pour donner naissance au Likoud, digne rejeton de Gahal et de plusieurs factions plus petites. Son flair politique va payer, en 1977, avec l'écrasante victoire électorale du Likoud, qui renverse le monopole travailliste au pouvoir depuis des décennies.

Pour accomplir cet exploit, Begin avait rassemblé des habitants des implantations, des faucons de la défense, des promoteurs principalement ashkénazes partisans d'une économie de libre marché, et des Séfarades de classe ouvrière attachés à un Etat social. Cette fusion sera renforcée en 1981, avec un soutien orthodoxe au second mandat.

Abdications en chaîne

Leur ciment commun : la méfiance grandissante de l'électorat envers les intentions arabes. Mais Begin refuse toute rigidité excessive. Le Premier ministre, écrit son ancien secrétaire de cabinet Arieh Naor dans De l'Altalena à nos jours, était déterminé à préserver une tendance centriste, même s'il fallait pour cela jeter par-dessus bord un purisme idéologique. Sa manœuvre va pourtant lui en coûter.

En 1979, son ancien compagnon d'armes Shmouel Katz quitte le gouvernement, s'opposant à la volonté de Begin d'échanger la terre du Sinaï contre la paix avec l'Egypte ; Gueoula Cohen, autre ancienne comparse, se détache elle aussi du peloton pour rejoindre le nouveau parti Tehiya.
Une anomalie apparente toutefois dans la politique sans faute de Begin : sa décision subite d'annexer les Hauteurs du Golan en 1981.
Begin a démissionné du poste de Premier ministre, suite à la campagne ratée de 1982 au Liban, mais l'histoire de ses années au pouvoir ressemble à celle de tous les Premiers ministres Likoud qui lui ont succédé.

Même Itzhak Shamir, sous le mandat duquel le Likoud a montré beaucoup plus de fermeté idéologique que sous Begin, n'a pu résister à la pression des États-Unis dans les pourparlers de Madrid de 1991, visant à parvenir à un règlement définitif de la question palestinienne. Au milieu des années 1990, lors de son premier mandat de chef de gouvernement, Netanyahou a non seulement été contraint de respecter les engagements israéliens des piteux Accords d'Oslo de 1993, mais a effectué un retrait partiel de la ville de Hébron de Judée-Samarie. Puis en 2003, au milieu de la deuxième Intifada, Ariel Sharon, dans sa campagne de "Leader pour la paix", a accepté la Feuille de route promue par les Américains qui prévoyait la création éventuelle d'un Etat palestinien. Enfin, en 2005, alors que le noyau du parti désavouait à plusieurs reprises son plan de retrait de Gaza, Sharon s'est retiré pour former Kadima.


L'auteur est un ancien rédacteur en chef des pages éditoriales du Jerusalem Post et contribue au site Jewish Ideas Daily (www.jewishideasdaily.com), où cet article a été originellement publié et reproduit sous autorisation.
Netanyahou est à nouveau au pouvoir depuis deux ans, jonglant une fois de plus avec les exigences de sa coalition de droite et celles des alliés internationaux d'Israël. Si les théories de De l'Altalena à nos jours sont avérées, Netanyahou continuera à orienter le Likoud vers le centre politique - tendance de la majorité des électeurs israéliens - en épousant la force par la sécurité tout en jouant de souplesse sur le plan diplomatique. Comme ses prédécesseurs, il s'efforcera de combler le fossé entre le purisme et les besoins pragmatiques du moment.

Cette période, notre période, promet d'être aussi ardue et aussi périlleuse que toutes celles qu'ont connues les chefs de gouvernement israéliens depuis la création de l'Etat.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis