Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 19:20

 ecole publique

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------    

L’école publique, obligatoire et laïque :

réussites et fractures d’hier à aujourd’hui.

Ecole 1

 (L'école publique, vers 1950)

  « Vous tenez entre vos mains l’intelligence et l’âme de

      vos enfants. Vous êtes responsables de la patrie. »

 

Jean Jaurès, "Aux instituteurs et institutrices",           

La Dépêche de Toulouse, 15.01.1888.

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------    

 

Au cours de l’été 2010, la première série d’entretiens du Blog Lessakele a conduit Bonapartine à nous livrer ses analyses et points de vue personnels sur les questions d’identité.

 

Une fois le brouhaha de la rentrée scolaire passé, l’arrivée de l’automne, saison où "la fleur tombe en livrant ses parfums au zéphyr", C’est l’occasion rêvée de nous poser pour engager une seconde réflexion de fond sur le thème de l’école française.

 

Depuis plus de trente ans, l’école française fait couler beaucoup d’encre. Déjà en 1972,  Jean Piaget s’interrogeait en ces termes : « Où va l’Education ? ».

Parmi les quelques ouvrages qui engageaient une réflexion en profondeur sur les dérives observées dans le système éducatif français depuis une vingtaine d’années, citons pour mémoire :

 

¨     "L’enseignement en détresse"de Jacqueline de Romilly (Ed. Julliard, 1998),

¨     "Vers une école totalitaire ? L’enfance massifiée à l’école et dans la société" de Liliane Lurçat (Ed. François-Xavier de Guibert, 2ème édition, 2001),

¨     "Journal d’une institutrice clandestine" de Rachel Boutonnet                  (Ed. Ramsey, 2003),

¨     "Et vos enfants ne sauront pas lire …. ni compter, la faillite obstinée de l’école française" de Marc Le Bris (Ed. Stock, 2004),

¨      "Ces profs qu’on assassine" de Véronique Bouzou (Editeur Jean-Claude Gawsewitch, 2009).

 

Depuis une dizaine d’années, les acteurs de l’Education nationale ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur l’état de pourrissement interne du système scolaire français. Nous citerons, à titres d’exemples ici, les ouvrages suivants récemment parus : "J’ai mal à mon école" de Jean-Marc Louis (Ed. Presses de la Renaissance) ou encore "L’école de la honte" de Emilie Sapielak (Ed. Don Quichotte).

 

Pourquoi l’école publique et laïque française qui fut l’un des modèles les plus enviés au monde, est-elle si malade ? D’où viennent ses maux ? Se cantonnent-ils exclusivement à la sphère de la Maison Education nationale ? Existe-t-il des remèdes, Docteur ?

 

C’est à toutes ces questions que Bonapartine nous engage à réfléchir avec elle.

 

 

Introduction au cycle sur l’état de santé et l’avenir de l’école laïque, obligatoire et gratuite française.

 

 

 

 

Dossier sur l’école publique française

 

Blog Lessakele – Bonapartine, le Blog Lessakele engage

avec vous une réflexion de fond d’une durée de

plusieurs mois, sur l’institution scolaire publique et

laïque française, de l’école primaire jusqu’au lycée.

 

 

          

Ecole 1

                             L’école française des années 1950.


 

              

Blog Lessakele - A une époque où l’institution scolaire française est si décriée de ses contemporains et a tellement perdu de son aura sur la scène internationale, expliquez-nous pourquoi le thème de l’école vous passionne à ce point et donc ce qui vous conduit à nous livrer vos analyses nées de votre expérience professionnelle et de vos réflexions personnelles.

 

Aussi loin que je me souvienne, mon engouement pour l’école publique et laïque que j’ai fréquentée tout au long de ma scolarité, trouve sa source lointaine dans des circonstances particulières liées à mon enfance. J’ai été, en effet, pendant longtemps une enfant très fragile de santé. Etat de santé qui me conduira à ne quasiment pas poser les pieds à l’école maternelle, à être souvent absente de l’école primaire et à voir ma scolarité au collège ponctuée de périodes où je ne pouvais assister aux cours.

Chez moi, l’école occupait une place centrale et, de fait, l’environnement familial vous apprenait à respecter les enseignants, à travailler, y compris lorsqu’on était malade et autant, évidemment, que votre état de santé ne vous plongeait pas dans une incapacité totale de vous concentrer (cas de forte fièvre par exemple).

Dans ce contexte, j’ai très tôt compris que si je devais composer toute ma vie avec une santé aussi défaillante – ce que je croyais légitimement quand j’étais enfant -, il valait mieux pour moi que je compense en devenant, comme on disait alors, "une bonne élève à l’école". Ce qui fut le cas puisque je passais chaque fois dans la classe supérieure, sans encombre. Finalement et ce n’est pas le moindre des paradoxes, mon état de santé a fait naître en moi un goût marqué pour l’école, une soif d’apprendre et de comprendre. Mais je ne peux pas aborder ce chapitre sans souligner ici la disponibilité des mes institutrices qui ne comptaient pas leur temps pour tenir régulièrement informés mes parents de ce qui était étudié en classe. D’un accord commun, l’institutrice et ma mère avaient passé une sorte de pacte entre elles chaque fois que j’étais malade : ce qui était étudié en classe en Français et en Mathématiques était transmis chaque semaine (leçons et exercices compris) par l’enseignante et, afin d’alléger leur charge de travail, ma mère assurait, en retour, l’enseignement à domicile des disciplines d’éveil, particulièrement celui de l’Histoire qui recouvrait pour elle une importance majeure.

Cet engagement sans faille de mes institutrices à l’école primaire, en particulier, du C.P au C.M.1, a laissé en moi une empreinte indélébile faite à la fois d’admiration et de reconnaissance. Leur engagement fit assurément naître en moi le goût de l’étude et de la culture qui ne m’ont ensuite jamais quittée, notamment en classe de C.E.2 où j’ai été absente presque tout le premier trimestre après avoir failli perdre un rein. A l’époque, âgée de huit ans, j’ai clairement fait comprendre à mes parents qu’il "n’était pas question de redoubler" pour "ne pas perdre mes copines". Et je me souviendrai toute ma vie de ce que fut alors la décision de mon institutrice qui était aussi la directrice de l’école, devant mes parents : « Il ne faut jamais décevoir les qualités que recèle un tel caractère. Je ne dis que çà va être facile mais si vous en êtes d’accord, je vais vous accompagner pour qu’elle travaille, à son rythme et selon ce que son état de santé lui permettra de faire, chez vous. Quand elle reviendra en classe, je procéderai à un bilan individuel et elle reprendra le cours normal de sa scolarité. » Quand j’ai repris le cours normal de ma scolarité, en janvier, et malgré un traitement qui me fatiguait énormément et qui a duré plusieurs mois, j’ai retrouvé mes copines et mon institutrice quittée quelques mois plus tôt, fidèle au poste, dotée de cet incomparable talent de pédagogue doublé d’une approche psychologique inégalée de ses élèves.

Les instituteurs de l’époque n’étaient pas titulaires d’une licence et je ne suis pas certaine qu’ils avaient reçu à l’école normale une formation en psychologie de l’enfance. Mais leur métier, c’était toute leur vie. A la fin de l’année et au vu de mes résultats scolaires, le passage en C. M.1 n’a pas posé l’ombre d’une interrogation. Cette leçon de vie, je ne l’ai jamais oubliée et j’ai encore aujourd’hui en mémoire le visage de cette institutrice, à l’époque proche de la retraite. Alors, évidemment, il ne faut pas s’étonner qu’avec des instituteurs de cette trempe, j’ai accordé par la suite un très vif intérêt  à tout ce qui touchait, de près ou de loin, au thème de l’école.

Au collège, je tiens à préciser que j’ai également eu la chance d’avoir quelques professeurs d’une qualité humaine et d’une compétence pédagogiques rares. Ils avaient l’immense mérite de ne pas avoir la grosse tête. Leur enseignement était marqué du sceau de l’humilité et d’un humanisme qui, depuis, n’ont jamais cessé de m’accompagner. J’ai souvenir d’y avoir appris l’espagnol en chantant, apprécié la si contraignante rigueur du latin (J’ai fait sept ans de latin, de la 6ème qui était "une initiation au latin", à la classe de Terminale) dans le cadre d’un enseignement qui n’omettait jamais de se doubler de pages d’histoire qui donnaient du sens à l’héritage de la civilisation romaine, aimé sans compter découvrir la beauté de la langue française avec des professeurs qui, en classes de 6ème, 4ème et 3ème, étaient de toute évidence habités par la noblesse de ce qui reste une des plus belles langues au monde. La passion de l’écriture naît là, incontestablement, à l’âge de 13/14 ans. Mon attachement à la francophonie probablement aussi.

A l’époque, et sans aucunement minimiser les qualités de nos enseignants, aucun d’entre nous ne remettait en cause les programmes et il faut bien reconnaître que les équipes enseignantes n’étaient pas confrontées à la montée des revendications communautaristes apparues dès les années 1990.

Cette période ma scolarité, étant née quelques mois avant Mai 1968, n’est pourtant pas si lointaine ! Ce qui démontre bien que les difficultés que rencontrent actuellement nos enseignants viennent davantage de la démission progressive de nos ministres successifs dans le soutien apporté aux enseignants, que de la présumée absence d’engagement des enseignants pour leur métier comme je l’entends dire ici ou là. J’affirme simplement que quelques années après Mai 1968, il existait et il existe aujourd’hui encore, j’en suis persuadée, des enseignants de très grande valeur. Les maux actuels que rencontre notre institution scolaire sont bien plus profonds que ce que l’on peut en lire dans nombre d’articles de presse rédigés par des journalistes qui n’ont, la plupart  du temps jamais enseigné. Mais je ne m’attarde pas sur ce point car j’aurai l’occasion de revenir sur l’analyse de ces maux.

Par ailleurs, je dois également avouer que je suis parfois exaspérée d’entendre la génération des années 1950, voire celle d’avant guerre, répéter à l’envie : « Ah, de notre temps, nos instituteurs étaient hors norme, les élèves respectaient leurs instituteurs, on prenait un coup de règle sur les doigts mais on ne discutait pas …. » Ce que je ne nie nullement. Je ne pense pas, du reste, que "les coups de règles sur les doigts" aient été l’illustration de la meilleure pédagogie qui soit, à moins de considérer que "les coups de règle sur les doigts",  "les taloches" ou "les coups de pieds aux fesses" soient indissociables d’un enseignement de qualité. Et çà, c’est une conception de l’éducation autant que de l’enseignement que je condamne.

Voilà donc pour les motivations d’ordre personnel qui me conduisent à avoir accepté d’engager ce cycle sur l’école républicaine publique, laïque, obligatoire et gratuite.

 

Par la suite, j’ai moi-même exercé le métier d’institutrice avant de me réorienter vers l’enseignement à domicile. C’est là que ma réflexion s’est poursuivie, a mûri au fil du temps car on n’enseigne évidemment pas de la même façon au sein d’une classe que dans le cadre d’un enseignement individualisé à domicile.

 

C’est dans le cadre de mon activité enseignante que j’ai constaté à quel point les Français entretiennent une relation passionnelle avec l’école. Cette relation passionnelle est, à mon avis, étroitement liée à l’histoire de l’école en France. Une histoire ancienne, à une époque où bien avant Jules Ferry, le débat sur l’école publique ou privée faisait déjà rage puisque la distinction entre école privée/école publique qui se basait exclusivement, à l’origine, sur l’origine du financement (La loi Guizot de 1833) s’est finalement transformée en une opposition frontale et souvent violente sur la question de la laïcité. Finalement, dès le début du XIXème siècle, le thème de l’école révèle au grand jour une France complexe, profondément déchirée entre sa sensibilité profondément conservatrice d’une part et une France qui, sans le dire, aspire finalement au changement.

 

Après la Loi Falloux de 1850 qui affirme la liberté de l’enseignement et accordait aux congrégations religieuses une liberté totale d’enseignement, les Lois Ferry (1881, 1882 et 1886)  vont créer, dans un contexte extrêmement tendu entre les gouvernements républicains et l’Eglise catholique, l’école publique, obligatoire et laïque. La réalité de l’école publique, obligatoire et laïque nous paraît, de nos jours, une évidence à tous. Mais il faut tout de même se souvenir comment ce pays si conservateur est parvenu à imposer une école ouverte à tous, la radicalité avec laquelle les Jésuites furent expulsés. Le pays a vécu alors à l’heure d’une laïcisation, si j’ose dire, "à marches forcées".

 

           jules ferry

Jules Ferry

 

Au fond, rien ne prédestinait Jules Ferry, né dans une famille aisée et catholique de Saint Dié, à devenir à la fois le père de l’école gratuite, laïque et obligatoire, une figure on ne peut plus emblématique de la laïcité dans une conception spécifiquement française et, en fin de compte, l’un des fondateurs de l’identité républicaine française. J’ai le sentiment qu’en 2010, ceux de nos gamins qui crachent sur l’école française n’ont aucune idée de l’âpreté des combats qui ont été engagés, pour permettre à tous les enfants de France d’accéder à l’instruction. Que reste-t-il, au demeurant, des idéaux de l’école de Jules Ferry dans la France de 2010 ? C’est un point sur lequel je reviendrai au cours de nos entretiens avec le Blog Lessakele.

 

     l'école en 1880

L’école en 1880

 

 

Quoi qu’il en soit, l’actualité des quarante dernières années nous apprend que la France demeure profondément divisée sur la question de l’école, puisant à la fois ses racines dans le terreau de l’école libre loin d’avoir rendu son dernier souffle dans ce pays, et dans celui d’une école laïque, obligatoire et gratuite. Deux exemples pour mémoire :

 

1-    En 1984, le projet de loi Savary, alors Ministre de l’Education nationale, a pour objectif de créer un grand service public de l’éducation. Le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai encore à ce jour aucune admiration pour François Mitterrand mais là, très honnêtement, ce n’était quand même pas ce que son gouvernement avait proposé de plus mauvais, bien au contraire. Et à bien des égards, si la gauche avait, de nos jours, ne serait-ce qu’un projet aussi ambitieux que celui de la loi Savary, on pourrait au moins se dire qu’elle a encore sa place dans le paysage politique français ! Bref, en attendant, quelle fut la réaction de toute une frange de la population française en 1984 ? Le 24.06.84 une manifestation, organisée notamment par les associations de parents de l’école libre, a rassemblé rien moins que deux millions de personnes à Paris.

 

2-    En 1993, François Bayrou ne trouve rien de pire, pour raviver ce que j’appelle "la guerre des deux écoles", que de défendre une proposition de loi qui prévoyait d’aménager la loi Falloux en autorisant les collectivités locales à subventionner les investissements des établissements privés sous contrat. Ce qui devait arriver se produisit : en janvier 1993, un million de personnes défilent pour défendre le financement de l’école publique.

 

Depuis, sont apparues d’autres problématiques liées au port des insignes religieux dans notre école publique. Question réglée par la loi de 2004.

 

On voit bien, au demeurant, que notre école est régulièrement montrée du doigt. Les résultats scolaires de nos élèves ne sont, de toute évidence, pas dignes de ce qui fut longtemps la meilleure école au monde, de surcroît longtemps érigée en modèle d’intégration. Incontestablement, ce modèle auquel, j’en demeure profondément convaincue, les Français restent très attachés, est en panne. Je ne le dis pas parce qu’on le lit régulièrement dans des rapports, des articles, des études alarmistes sur le sujet. Je me base uniquement sur ma pratique enseignante et la recoupe avec le témoignage de ce que vivent tant d’autres enseignants en poste sur l’ensemble de l’hexagone.

 

J’ai donc essayé de comprendre ce qui a conduit notre système scolaire à être à ce point rongé par des maux que je ne crois pas du tout irrémédiables mais qui, pour être soignés, nécessiteront de prendre des décisions et d’accepter des compromis certainement très douloureux pour tout le monde : élèves, parents, enseignants ainsi et peut-être surtout pour la lourde machine administrative de l’Education nationale dans son ensemble. Voilà ce qui m’a donc également conduit à démarrer ce long cycle de réflexion avec le Blog Lessakele.

 

Blog Lessakele – Bonapartine, vous  exercez votre métier dans des conditions, avec des moyens et selon une organisation et des démarches pédagogiques qui divergent fortement de celles dispensées dans le cadre d’un enseignement situé au sein d’un établissement public de l’Education nationale. En quoi l’enseignement à domicile vous confère-t-il à la fois moins de contraintes que celle liées au statut de fonctionnaire tout en vous imposant des obligations, un investissement personnel et une charge de travail qui n’en demeurent pas moins conséquents ?

 

a) Une intervention au domicile de l’élève :

 

Tout d’abord, dans le cadre d’un enseignement à domicile, vous intervenez directement au domicile de l’élève alors que les enseignements de l’Education nationale exercent leur métier dans le cadre d’établissements scolaires publics ou privés. A partir de là, il est évident que la nature du dialogue que vous instaurez avec le ou les parents que vous rencontrez sur leur lieu d’habitation n’est pas du tout le même que celui qui s’engage entre un enseignant qui reçoit des parents qui ont demandé un entretien ou qui ont été convoqués au sein de l‘enceinte scolaire.

 

D’une manière générale, le dialogue engagé entre un enseignant qui intervient à domicile et la famille de l’élève engendre moins de conflits que les contacts que peuvent avoir les enseignants fonctionnaires de  l’Education 

nationale.

 

 

 dialogue-parents-enseignants

 

Et ce pour plusieurs raisons :

 

1.     Les parents qui recourent à l’intervention d’une société d’enseignement à domicile ont tous, quel que soit leur milieu social, la préoccupation de ne pas voir leur enfant soit "en perte de niveau", soit "couler". Comprenez, dans ce dernier cas : "Le divorce avec l’institution scolaire est consommé. Notre enfant perd pied. L’enseignement à domicile est notre dernière chance."

 

Blog Lessakele – Comment réagissez-vous, en pareilles circonstances ?

 

Je pars du principe qu’il ne faut pas dévaloriser l’Education nationale devant les élèves et les parents. Je considère que notre intervention, dans le cadre d’un enseignement à domicile, doit être complémentaire de celle des enseignants de l’Education nationale. Ce qui signifie qu’il est indispensable, en toutes circonstances, de s’abstenir de tout commentaire personnel devant l’élève ou la famille, par exemple  sur la démarche pédagogique adoptée par l’enseignant de l’établissement où est scolarisé l’élève. Il n’est, de plus, jamais judicieux d’alimenter les angoisses des familles. Dans ce contexte, je me limite donc à discuter du projet pédagogique auquel je pense et si la famille insiste, je lui explique alors poliment que les enseignants sont tenus de respecter un devoir de réserve qui ne leur permet pas de commenter le fonctionnement interne de l’institution scolaire.

 

2.     L’enseignant à domicile remplit certes des bilans adressés par la société à la famille mais ceux-ci n’ont, en aucun cas, valeur de bulletin scolaire. Par définition, un bilan envoyé aux parents par un enseignant à domicile ne mentionne pas : "Y n’a pas fait signer son contrôle ou son carnet de correspondance", "Satisfaisant mais peut mieux faire", "Des progrès mais le niveau d’ensemble reste insuffisant". Il arrive d’ailleurs qu’à la réception du bulletin scolaire, les parents interprètent parfois ces appréciations comme un jugement de valeur de leur personne exprimé à travers leur enfant, à tort ou à raison.

 

3.     L’enseignant à domicile évalue régulièrement ses élèves selon des modalités qui sont rarement sanctionnées par des notes. De surcroît, nous disposons de plus de temps pour expliquer chaque fois aux familles sur quels points notionnels, méthodologiques ou comportementaux l’élève est en progrès et, à l’inverse, ce qui doit être amélioré par l’élève. Ce temps consacré au dialogue avec les familles et l’élève est de nature à désamorcer considérablement ce qui pourrait être source de conflit dans d’autres circonstances.

 

 

 

 

b) Un statut plus souple que le statut de fonctionnaire :

 

Dans le cadre d’un enseignement à domicile, l’enseignant dispose incontestablement d’un cadre de travail moins contraignant que celui qu’impose le statut de fonctionnaire. Quel que soit, en effet, le niveau scolaire sur lequel vous intervenez, vous n’êtes pas lié (ée) à la hiérarchie et à l’administration de l’Education nationale. Aucun inspecteur ne procède à une inspection et vous n’êtes rattaché (ée) à aucune direction d’école ni à aucune équipe pédagogique. Pour autant, vous êtes tout de même comptable de votre travail : chaque société, du moins celles pour le compte desquelles j’interviens et à des degrés plus ou moins importants, il est vrai, vous demande de dresser régulièrement un bilan des cours adressé ensuite aux parents (dates des cours, discipline, titre de la leçon, démarche pédagogique proposée, synthèse des points forts et/ou faibles de l’élève ….) et j’ai régulièrement des contacts avec les responsables pour rendre également un bilan pédagogique en fonction de la situation de chaque élève (projet pédagogique mis en place, situation scolaire de départ de l’élève, progrès scolaires ou pas, qualité de la relation avec la famille, évolution du projet pédagogique ….). Ce que je veux dire par là, c’est qu’il ne faut pas croire que le fait de travailler pour des sociétés privées d’enseignement à domicile vous dispense de rendre des comptes comme je le lis parfois ici ou là dans certains articles de presse.

 

c) Une autonomie pédagogique plus grande :

 

Liberté également en ce qui concerne la démarche pédagogique : l’enseignement à domicileimpose de concevoir pour chaque élève un projet pédagogique spécifiquement adapté tant à la personnalité de chaque élève qu’à ses difficultés scolaires personnelles. Cette démarche de travail s’apparente davantage à celle qui était également adoptée par les enseignants des classes d’adaptation qui, dès la grande section de maternelle et à l’école primaire, suivaient des élèves en très grande difficulté scolaire, détachés de leur classe de rattachement une ou deux heures par semaine. A cette différence près que là, vous élaborez un projet pédagogique individuel pour chaque élève, qu’il soit scolarisé dans le primaire ou dans le secondaire, qu’il ait des difficultés scolaires ou pas. Je dis "qu’il ait des difficultés scolaires ou pas" car je rappelle que tous les élèves auprès desquels interviennent les enseignants à domicile, contrairement à une idée faussement reçue et habilement véhiculée par ceux qui voient dans l’enseignement à domicile un dangereux concurrent à l’école publique et laïque et ont donc parfois tout intérêt à répandre des rumeurs infondées, ne sont pas forcément, comme je l’ai déjà entendu dire, hélas, des "élèves délinquants" ou des élèves "en échec scolaire". Certains élèves ne rencontrent absolument aucune difficulté scolaire majeure. Simplement, par manque de volonté ou de maturité, ils ne voient pas forcément l’intérêt de fournir des efforts ou d’effectuer un travail régulier là où un minimum de travail leur permet d’obtenir des résultats satisfaisants. D’où la demande des parents d’assurer un suivi régulier du travail scolaire afin d’encourager leur enfant à obtenir des résultats scolaires nettement plus élevés que ceux dont se contenterait leur adolescent.

 

Blog Lessakele – Comment procédez-vous, dans ce cadre, pour mettre en place un projet pédagogique adapté à chaque élève ?

 

J’élabore le projet pédagogique, chaque fois après avoir procédé à engagé un dialogue approfondi avec les parents, observé les bulletins scolaires et cahiers de l’élève et enfin procédé à une évaluation écrite proposée à l’élève dès ma première intervention au domicile des parents.

Pour cibler au plus près des besoins de l’enfant ou de l’adolescent l’évaluation écrite, il faut être très attentif à ce que vous disent les parents dès votre premier contact téléphonique.

Ensuite et en général au terme d’une heure et demie consacrée au dialogue avec les parents et l’élève mais aussi à l’évaluation écrite, je propose les grandes lignes d’un projet pédagogique. Je tiens compte de la nature et du degré des difficultés rencontrées par l’élève (L’élève a-t-il des lacunes en grammaire ? L’élève a-t-il simplement des difficultés pour se concentrer qui ont des répercussions sur ses résultats scolaires ? …. ), des attentes de l’élève, du souhait ou des exigences des parents. Evidemment, quand un élève éprouve une très grande révulsion à l’égard e l’institution scolaire, ma démarche sera encore différente de celle précédemment annoncée. Parfois, il faut prioritairement trouver le moyen de redonner le goût de l’école à l’élève en lui permettant de retrouver, par exemple, confiance en lui.

 

Une fois le diagnostic des besoins de l’élève établi le plus rigoureusement possible, je rédige un projet pédagogique individualisé et le soumet, lors du cours suivant, aux parents qui l’approuvent point par point ou pas. Si certains points sont sujets à discussion, nous négocions alors sur les points qui peuvent faire l’objet de divergences. Ce qui est par ailleurs relativement rare.

 

Le projet pédagogique que j’élabore, pour ma part, se construit en plusieurs chapitres :

 

1-    Le niveau de départ de l’élève : il s’établit sur la base des bulletins scolaires, des contrôles et cahiers de l’élève, du dialogue établi avec l’élève et les parents.

 

2-    Les goûts et/ou passions de l’élève : il n’est pas rare de rencontrer des adolescents en rupture avec l’institution scolaire, témoigner de véritables facultés de tolérance, développer des trésors de sérénité dont ils semblent incapables à l’école ou attester d’un don X ou Y dès qu’ils sont dans une activité qui mobilise particulièrement leurs énergies. C’est parfois d’un grand secours de connaître ce qui est seul capable de mobiliser l’élève dans une démarche de mise en valeur de ses aptitudes, sachant que le projet pédagogique devra être plus ou moins centré sur les thématiques qui l’intéressent.

 

3-    La nature et le degré de difficulté de l’élève :

 

o   La nature des difficultés de l’élève – Les difficultés de l’élève sont-elles :

 

§  uniquement d’ordre notionnel (savoir) ?

§  davantage d’ordre méthodologique (savoir-faire) ?

§  comportementales (savoir-être) ?

§  ou plusieurs de celles-ci à la fois ?

 

o   En ce qui concerne le degré des difficultés de l’élève, l’évaluation donne des renseignements précieux qu’il appartient à l’enseignant d’analyser dans le détail.

 

o   Je réserve un chapitre consacré aux points forts de l’élève, selon la même démarche précisée précédemment :

 

§  d’ordre notionnel,

§  d’ordre méthodologique,

§  d’ordre comportemental : un élève, par exemple, qui révèle un caractère opiniâtre ou une passion pour un hobby en particulier sont des données à ne jamais négliger pour mettre en place la pédagogie la plus adaptée qui soit à ses besoins. A titre d’exemple, si vous êtes face à un élève qui semble complètement rejeter les enseignements scolaires mais qui enchaîne les compétitions de judo avec une fougue qui stupéfie son entourage, il est non seulement possible mais de surcroît surtout tout à fait recommandé d’élaborer un projet pédagogique sur la thématique du judo.

 

4-    Les objectifs à atteindre : tout dépend de l’élève que vous avez en face de vous. Si c’est un élève bien intégré dans le groupe scolaire, en général, les objectifs prioritaires sont d’ordre notionnel ou méthodologique.  Plus compliqués sont les objectifs d’ordre comportemental car ils touchent directement aux confins de la psychologie de l’enfance ou de l’adolescence. On ne propose en effet pas le même projet pédagogique à un (e) élève déscolarisé qu’à un (e) élève scolarisé (e) mais qui a perdu toute confiance en lui. Dans ce cas, mieux vaut avoir, dans ce cas, de solides bases en psychologie de l’enfance et de l’adolescence car il est évident que, à ce stade là, la pédagogie ne se suffit pas à elle seule !

 

5-    Les moyens à mettre en œuvre et/ou les modalités d’accompagnement : ils sont fixés en fonction des constats dressés précédemment et ne sont pas toujours exclusivement d’ordre pédagogique. Par exemple, il est possible, en dehors des moyens mis en place par l’enseignant, de proposer à la famille d’inscrire une enfant d’une timidité maladive au cours de théâtre prévu par la municipalité et, le plus souvent gratuit. Et je vous garantis que pour avoir vécu cette expérience avec l’une des mes très anciennes élèves, c’est une démarche qui, menée sur plusieurs années, donne des résultats édifiants.

 

6-    L’évaluation – Ici, il faut réfléchir à :

 

o   Fait-elle peur à l’élève ? Lui rappelle-t-elle ce qu’il vit en classe ? Dans ce cas, dans un premier temps du moins, il faut éviter de recourir à l’évaluation et donner la priorité aux objectifs d’ordre comportemental.

o   La périodicité de l’évaluation

o   la nature de l’évaluation

o   le temps consacré à l’évaluation

o   les critères d’évaluation

 

Vous voyez bien que la démarche de travail d’un enseignant à domicile n’a rien à voir avec celle d’un enseignant en poste à l’Education nationale. Il est évident que dans une classe banale, une enseignant ne peut pas élaborer un projet individuel pour chacun des ses élèves et,  à plus forte raison, sur un panel de plusieurs classes.

Par ailleurs, chacun comprendra également que contrairement aux idées préconçues, une fois de plus, un enseignement à domicile digne de ce nom et mené de manière responsable nécessite beaucoup de travail et d’investissement personnels.

 

Quoi qu’il en soit, l’évaluation demeure un des sujets les plus complexes à traiter, qu’il s’agisse de l’évaluation des élèves ou des enseignants à laquelle je crois beaucoup, à condition d’être menée intelligemment et en fonction des problématiques de terrain spécifiques à chaque région.

 

d) Une mobilité d’intervention géographique plus diversifiée :

 

Il faut accepter d’intervenir sur plusieurs points de votre département, voire sur un département voisin du vôtre.

A partir de là, soit vous vivez en province et l’usage d’une voiture est incontournable. Soit vous vivez dans une banlieue et il reste possible de se déplacer en transports en commun, à la seule condition néanmoins que votre région soit vraiment bien desservie.

 

e) Des contraintes horaires qui ne correspondent pas à tous les modes de vie et/ou à toutes les configurations de vie familiales :

 

Enseigner à domicile vous conduit, dans la majorité des cas, à travailler en dehors des horaires de l’Education nationale. A partir de là, les journées du mercredi et du samedi sont très chargées. Pour ma part, je rentre rarement avant 19h00 ou 20h00 chez moi les lundi, mardi, jeudi et vendredi et samedi soirs de la semaine.

L’enseignant à domicile peut aussi faire le choix d’accepter de signer un contrat sur un cours où la famille ne choisit que le dimanche comme jour d’intervention. Mais en tout état de cause, personne ne vous oblige à accepter de signer un contrat à l’année sur un cours qui a lieu le dimanche.

Vous pouvez également être amené à intervenir un jour férié. Et dans la mesure où vous avez déjà signé, cette fois-ci, un contrat avec la famille, il est toujours délicat de rejeter la demande d’une famille. Néanmoins, je rassure tout le monde, je n’ai jamais rencontré une famille qui me demandait de donner cours le jour de Nöel. En revanche, j’ai donné, par exemple, cours le 11 novembre dernier. Je sais que cela choquera certaines personnes mais en temps de crise, peut-on véritablement se permettre de refuser de travailler, y compris un jour férié comme le 11 novembre ?

 

Ces créneaux horaires ne sont toutefois pas figés dans le marbre. Ainsi, dans le cadre d’interventions auprès d’élèves au lycée, il est possible d’intervenir un matin ou un après-midi où l’élève n’a pas cours, ou plus tôt dans l’après-midi si ces cours se terminent à 14h00 ou 15h00. Ce qui vous permet aussi de rentrer plus tôt dans la soirée. De plus, un enseignant à domicile peut être amené à intervenir auprès d’un élève déscolarisé ou momentanément non scolarisé pour raison de santé, et donc travailler le matin. Ces types d’intervention sont néanmoins beaucoup plus rares.

 

Enfin, vous avez également la possibilité de travailler pendant la période des vacances scolaires (exemple : celle de Pâques) dans un cadre, cette fois-ci très différent et après en avoir fait la demande auprès de la société qui vous emploie : la préparation aux épreuves, par exemple, du Brevet des Collèges dans la discipline qui est la vôtre, où vous intervenez alors auprès de petits groupes d’adolescents, en général dans les locaux de la société.

 

Alors, évidemment, une fois ces données intégrées, tout dépend de votre vie familiale. Il est évident que ces horaires ne sont pas adaptés à une femme ou un homme qui élèverait seul (e) un ou plusieurs enfants. Elles le sont davantage à une personne célibataire sans enfants.

Maintenant, si vous vivez en couple avec un ou plusieurs enfants, vous pouvez faire le choix de ces horaires si votre mari ou conjoint adapte ses horaires aux vôtres. Il peut être bénéfique, pour des enfants, de voir leur mère les accompagner chaque matin à l’école et déjeuner avec eux plusieurs jours de la semaine, puis voir leur père prendre le relais le soir et le samedi ; le dimanche étant alors réservé exclusivement à la vie familiale.

 

Blog Lessakele - De quels milieux sociaux sont issues les familles auprès desquelles vous intervenez ?

 

Les familles auprès desquelles j’interviens sont issues de tous les milieux sociaux, même si pour la plupart d’entre elles, elles appartiennent aux classes moyennes. Néanmoins, j’insiste sur le fait que la demande de cours d’enseignement privé n’est pas réservée aux familles dites "riches", si tant est, du reste, qu’il faudra m’expliquer à partir de quel moment une famille peut être qualifiée de "riche" de nos jours. Contrairement à ce qu’affirmait, voici quelques années, une élue socialiste que je ne nommerai pas, la demande de cours particuliers n’est pas exclusivement celle des milieux dits aisés. A titre d’exemple, je connais, parmi mes élèves, deux familles où l’un des parents a été frappé par le chômage et qui, malgré tout, ont fait le choix de se priver de vacances durant toute l’année pour pouvoir continuer à payer des cours privés à leur enfant ou adolescent. Elèves avec lesquels je travaille respectivement depuis plus de deux ans maintenant.

 

Indépendamment de ce que j’observe, il  faut savoir que la demande de cours particuliers explose depuis quelques années et ce malgré la grave crise économique qui a frappé de plein fouet la société française. Une fois cette vérité rappelée, l’Education nationale sera bien obligée de s’interroger sur les causes réelles d’une telle évolution et de se demander pourquoi les familles préfèrent, parfois au prix de sacrifices financiers non négligeables, permettre à leurs enfants de bénéficier de cours privés ! Le tout sachant que tous les élèves que je rencontre sont actuellement scolarisés dans un établissement d’enseignement public …

 

Blog Lessakele - A qui s’adresse cette nouvelle série d’entretiens ?

 

A tout le monde, sans aucune exclusive. Je n’ai en effet pas pour habitude de m’engager dans un processus de réflexion en le destinant d’emblée prioritairement, voire exclusivement à un public précisément ciblé qui, en l’occurrence, aurait été un public enseignant. C’eût été là faire le choix d’exclure plusieurs franges de la population française, d’une démarche d’observation et de réflexion qui engage pourtant, par définition, tous les acteurs de la société française : parents, enfants, enseignants en particulier et acteurs du système éducatif en général, éducateurs, médecins et psychologues, employeurs potentiels, acteurs de la réinsertion, magistrats ….

A partir de là, il faut aussi être conscient que le choix qui consiste à ouvrir à tous les publics directement concernés, ou plus simplement à des publics curieux d’engager une réflexion menée à titre davantage privé, une série d’entretiens sur le thème très vaste et complexe de l’institution scolaire française, implique de s’exprimer dans un registre de langue parfois, par exemple, nettement moins technique que ce qu’il aurait dû être si j’avais choisis de ne m’adresser qu’à un public d’enseignants, averti et parfaitement connaisseur du système éducatif français, de son histoire, de ses courants et de ses méthodes pédagogiques, des rouages de son mode de fonctionnement, de la sociologie des publics accueillis … En matière pédagogique, par exemple, j’ai été conduite, au cours de la rédaction de la réponse écrite à certaines questions de cette série d’entretiens, soit à donner une définition des termes employés –définition destinée aux personnes novices -, soit à éviter des développements qui auraient peut-être risqué de lasser ceux de nos lecteurs qui n’ont jamais exercé le métier d’enseignant.

C’est une démarche qui me paraît cohérente et surtout respectueuse de tous les lecteurs du Blog Lessakele. Chacun de nous peut en effet parfaitement maîtriser la terminologie du langage informatique, médical, juridique …. sans rien maîtriser de la terminologie employée dans le domaine de la pédagogie. Et à l’inverse, le meilleur connaisseur du monde éducatif peut tout ignorer de la terminologie du langage usité en sociologie, en médecine, en botanique, en mécanique, en mercatique ….. Ce qui montre bien, au passage que, quel que soit ce que l’on est au plan humain et/ou professionnel, quel que soit ce que l’on ait fait dans sa vie et/ou de sa vie, la plus précieuse des qualités dont doit être habité chacun de nous est l’humilité. Je le dis car rien ne m’exaspère plus que d’entendre ce discours devenu hélas trop fréquent dans nos sociétés occidentales noyées dans un océan de suffisance qui risque, à terme, de les perdre : "Celle-là, celui-là, elle n’est rien dans tel milieu professionnel … " Ce n’est pas vrai, cela n’existe pas les êtres humains qui "ne sont rien", que ce soit dans leur milieu professionnel ou dans leur vie privée. Il n’y a seulement que des êtres humains devenus adultes à qui, alors qu’ils étaient enfants, d’autres adultes ont souvent fait croire qu’ils ne seraient jamais rien dans la vie … et donc qu’ils ne feraient rien de leur vie.

Quoi qu’il en soit, dans l’acte d’écriture comme dans les actes de nos vies respectives, chacun de nous doit avoir présente à l’esprit l’idée que son interlocuteur, son interlocutrice excelle peut-être dans un domaine dont l’auteur ignore tout. Et surtout dans un domaine dont l’auteur, même avec la meilleure volonté du monde, ne parviendrait jamais à atteindre une moyenne tout juste suffisante, tout juste acceptable pour devenir au moins "respectable" aux yeux de notre société noyautée par les ingrédients de la décadence. D’où l’impérative nécessité de simplifier au maximum le registre dans lequel nous nous exprimons quotidiennement. Du moins est-ce ma conviction profonde.

 

Blog Lessakele – Le mois prochain, sur quel sujet portera le premier chapitre de ce cycle "Education nationale" ?

 

 

Le mois prochain, je procèderai à une analyse détaillée du niveau scolaire de nos élèves, de l’école primaire à la classe de Terminale. Je baserai ma réflexion à la fois sur ma pratique enseignante, sur des témoignages, des rapports ou articles fiables ainsi que sur l’examen des résultats des évaluations nationales soumises notamment aux élèves de C.M.2 en France.


Partager cet article

Repost 0
Published by Gad - dans Bonapartine
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis