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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 10:41

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Ayaan Hirsi Ali

 

Ayaan-Hirsi-Ali12 (Copier)

Ayaan Hirsi Ali

 

 

 

Au cours de la décennie passée, Ayaan Hirsi Ali est devenue célèbre à travers le monde entier, en tant qu’écrivain non-romanesque. En 2006, le Reader’s Digest lui a attribué la récompense de l’Européenne de l’Année et affirmé que c’est elle qui incarnait le mieux les valeurs contemporaines de l’Europe. Hirsi Ali est née en Somalie en 1969 et a bénéficié de l’asile politique aux Pays-Bas en 1992. Elle a émigré aux Etats-Unis au printemps 2006, après avoir dû démissionner du Parlement hollandais, parce qu’un ministre a fait peser qu’elle n’avait jamais obtenu la nationalité néerlandaise.

 

Hirsi Ali raconte qu’elle a visité Israël, il y a plusieurs années, essentiellement pour comprendre de quelle façon ce pays se débrouillait aussi bien, alors qu’il accueille un si grand nombre d’immigrants d’origine si différentes. « Ma principale impression, c’est qu’Israël est une démocratie libérale. Sur les lieux que j’ai visités, dont Jérusalem, autant que Tel Aviv et ses plages, j’ai pu m’apercevoir que les hommes et les femmes sont égaux. On ne sait jamais ce qui se passe en coulisse, mais c’est ainsi que les choses apparaissent au visiteur. Le grand nombre de femmes présentes dans l’armée sont aussi très visibles.

 

“J’ai compris qu’un élément crucial de ce succès est le facteur unifiant parmi les immigrants en Israël. Que l’on arrive d’Ethiopie ou de Russie, ou que ses grands-parents aient immigré d’Europe, ce qui les relie ensemble, c’est le fait d’être Juifs. Un tel lien est totalement absent aux Pays-Bas. La culture des immigrants est diversifiée et diffère aussi énormément de celle des Pays-Bas, y compris sur le plan religieux.

 

“J’ai, tout aussi bien, visité les quartiers palestiniens de Jérusalem. Leur partie est délabrée, ce dont ils accusent les Israéliens. En privé, cependant, j’ai rencontré un jeune Palestinien qui parlait un excellent anglais. Il n’y avait ni appareil photo, ni carnet de prise de notes. Il m’a avoué que c’était en partie leur propre faute, puisque la majeure partie de l’argent envoyé de l’étranger, pour construire la Palestine, était détourné et volé par des dirigeants corrompus.

 

 

“Lorsque j’ai commencé à évoquer la corruption de l’Autorité Palestinienne, aux Pays-Bas, et le rôle d’Arafat dans la tragédie de la Palestine, j’ai n’ai pas obtenu beaucoup d’écho. Souvent, on s’adressait à un mur. Beaucoup de gens répliquaient qu’Israël devait, d’abord, se retirer des Territoires, et qu’alors, tout irait pour le mieux pour la Palestine.

 

“Avant que je ne rejoigne le Parti Libéral Hollandais, j’étais membre du Parti Travailliste. Leur grand penseur-modèle est le philosophe israélien Avishaï Margalit, qui prône la solidarité avec les faibles. Aux yeux des Socialistes, quiconque n’est ni Blanc ni Occidental est une victime, et cela inclut évidemment les Musulmans, les Palestiniens et les immigrants. Ma propre position est que je ne suis pas une victime. Je suis responsable de mes actes, comme n’importe qui d’autre et il en va de même pour les gens en général.

 

“J’ai étudié le travail social, durant un an aux Pays-Bas. Nos enseignants nous inculquaient d’observer avec un regard différent les immigrants et les étrangers. Ils pensaient que le racisme était un phénomène qui n’existait que chez les Blancs. Cependant, ma propre famille, en Somalie, m’a élevée comme une raciste, en me disant que, nous autres, Musulmans, étions infiniment supérieurs aux Chrétiens kenyans. Ma mère pense que ce sont des demi-singes.

 

“Quand j’ai commencé à expliquer cette vérité première en classe, le professeur a répliqué aussitôt que ce ne pouvait être que « faux et impossible ». J’ai dit : « Bien sûr que si, c’est vrai ! ». J’ai alors mentionné que je vivais dans le centre pour chercheurs d’Asile de la ville d’Ede et que les Somaliens que je connaissais là, parlaient des Hollandais de souche, comme de gens non-circoncis, impies et sales ».

 

“Si un Néerlandais affirme qu’il ne veut ni Marocain ni Turc comme voisin, c’est un raciste. Si un Marocain dit : « Je ne veux vivre qu’auprès d’autres Marocains », c’est perçu comme le signe d’un attachement au groupe, parce qu’il se trouve isolé en tant qu’immigré. Aussi n’est-ce pas considéré comme du racisme. Si un Skinhead d’extrême-droite dessine des swastikas sur un cimetière juif, c’est du Nazisme et il sera sanctionné comme tel. Si un immigré marocain fait la même chose, c’est l’expression de son mécontentement dans le conflit palestino-israélien.

 

 

“Définir un individu comme victime éternelle constitue une erreur fondamentale. Les gens de couleur, les Musulmans et d’autres immigrés non-Occidentaux ne sont pas des victimes. Ce sont des individus qui sont venus aux Pays-Bas, à la recherche d’une vie meilleure. Cela relève de ma responsabilité d’améliorer ma vie, et je ne demande pas aux autorités de le faire à ma place. Je réclame seulement de vivre dans un environnement en paix et en sécurité. La vision socialiste du monde est différente. Ceux qui ne sont ni Blancs ni Chrétiens, et ne partagent pas ces idées sur la civilisation chrétienne, sont des victimes par définition.

 

“Assez paradoxalement, cette attitude découle partiellement de la Shoah, qui a généré des sentiments de culpabilité majeurs aux Pays-Bas. Certaines personnes pensent que le comportement de leurs compatriotes envers les Juifs, durant la guerre, est quelque chose qui ne devrait jamais se répéter. Ainsi, ils compensent en laissant les Musulmans battre leurs femmes et quelques autres s’acharnent sur les homosexuels ou s’apprêtent à poser des bombes. Une telle attitude reflète une vraie maladie mentale ».

 

Ceci est une version courte d’une interview parue en néerlandais dans le livre bestseller de Manfred Gerstenfeld : “La Décadence : les Juifs dans une Hollande sans Gouvernail » (2010).


Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.


Adapté par Marc Brzustowski.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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