Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 09:35
Coup de froid entre Israël et la Turquie

En dépit des liens historiques, militaires et économiques, les relations entre les deux pays se sont fortement dégradées lors des derniers mois.

http://www.slate.fr/story/11573/lisrael-turquie-conflit-alli%C3%A9s-militaire-manoeuvres



Les manœuvres militaires aériennes internationales qui devaient débuter lundi 12 octobre en Turquie ont été reportées car Ankara a choisi de modifier la liste des participants et d'exclure Israël.Les Etats-Unis et d'autres pays de l'Otan comme l'Italie ont annoncé qu'ils renonçaient à prendre part à l'exercice. Cette décision est un nouveu signe de la dégradation des relations entre Ankara et Jérusalem. Elle fait suite au geste de colère du Premier ministre turc, Tayyip Erdogan, au forum économique de Davos en janvier 2009, qui a quitté l'assemblée après un accrochage verbal avec le président israélien Shimon Peres. Les relations entre les deux pays se sont dégradées depuis les critiques de la Turquie contre l'offensive menée dans la bande de Gaza au début de l'année. Pourtant en août 2005 Ariel Sharon avait reçu une lettre du Premier ministre turc qui saluait «le courage et la détermination du gouvernement israélien dans la mise en œuvre de sa politique d'évacuation de la bande de Gaza».

Israël a toujours soigné ses excellentes relations avec la Turquie qui a été le premier pays musulman à le reconnaître dès 1949. La visite d'Etat de Shimon Peres en novembre 2007 et son intervention au Parlement turc, en hébreu, avaient marqué un tournant historique. Jamais un chef d'Etat israélien n'avait été invité à prendre la parole à la tribune du parlement d'un pays musulman. Israël en tire d'abord des intérêts psychologiques car il s'agit du seul Etat musulman se comportant ouvertement en allié et ensuite, des intérêts stratégiques puisque l'accord de coopération et d'échange de technologie, signé en 1966, permet à l'aviation de Tsahal d'étendre son espace aérien et de s'entrainer dans des bases turques voisines de la Syrie. Cet accord n'a jamais été remis en cause malgré l'arrivée des islamistes modérés au pouvoir grâce au poids politique de l'armée turque garante des institutions.

Les relations économiques sont essentielles pour les deux parties. La Turquie profite d'un apport financier important généré par le tourisme de masse de centaines de milliers d'Israéliens s'expatriant parfois pour un simple week-end à la recherche de dépaysement. L'agressivité de la prise de position turque contre le président Shimon Pérès et contre l'opération de Gaza a été mal interprétée par les Israéliens qui, sans mot d'ordre, ont décidé de boycotter cette destination. Le tourisme ayant chuté de plus de 60%, une délégation d'hôteliers et de cadres du ministère du tourisme de Turquie s'était rendue en mai 2009 à Jérusalem afin de trouver une solution à la fuite des touristes israéliens. La Turquie fournit par ailleurs en eau un pays soumis aux aléas du climat. De leur côté, les industries militaires israéliennes développent leurs activités lucratives tout en ayant l'œil sur l'évolution militaire d'un ami tiraillé entre ses convictions islamistes et sa volonté de s'arrimer à l'Europe.

La Turquie quant à elle rêve d'entrer dans l'Europe alors que la porte lui est encore fermée, par la France en particulier. Elle compte sur les réseaux israéliens pour affiner sa position d'allié occidental et pour faire comprendre qu'un refus la pousserait irrémédiablement vers le camp islamique. Mais cette nouvelle opposition à Israël risque de l'empêcher de jouer les médiateurs entre ce pays et la Syrie dans le cadre de la réactivation du processus de paix et entre Israël et les palestiniens qui discutent de l'envoi d'observateurs à la frontière égyptienne avec Gaza.

Il n'en reste pas moins que, pour maintenir ces relations extrêmement sensibles, Israël a dû renoncer à sa liberté d'appréciation en acceptant d'ignorer officiellement le génocide de un million d'arméniens pendant la première guerre mondiale. Cette position inconfortable d'un pays qui abrite la majorité des rescapés de la Shoah est d'ailleurs critiquée par la communauté juive américaine, peu sensible à cette rhétorique israélienne. Inquiètes, les autorités turques ont mis en garde l'Etat juif contre un changement de stratégie vis-à-vis du problème arménien: «Si vous voulez vous en prendre au cœur du peuple turc, c'est la question numéro un», a prévenu l'Ambassadeur turc en Israël, Namik Tan.

Par dépit vis-à-vis de l'Europe, les turcs semblent se tourner vers d'autres horizons puisque le président turc Abdullah Gûl avait invité en août Mahmoud Ahmadinejad à effectuer une visite de deux jours en Turquie. Il semble que ce voyage n'était qu'un coup de semonce à destination des occidentaux car il a été un échec. Aucun contrat énergétique prévu n'a été signé. En fait, sensible aux critiques qui lui ont été adressées, Ankara a fait savoir qu'il ne cherchait qu'à intervenir en médiateur sur le dossier nucléaire iranien. A l'heure où une option militaire est envisagée contre l'Iran, le gouvernement israélien hésite à attiser le feu et préfère continuer à transgresser ses principes moraux dans le dossier arménien pour ne pas ulcérer outre mesure un gouvernement turc.

Jacques Benillouche

Lire également: Vers une troisième intifada?

Image de Une: Défilé militaire à Ankara Fatih Saribas / Reuters

Partager cet article
Repost0

commentaires

Z
<br /> la politique turque d'Israel ou l'art du grand écart. En plus, ce n'est franchement pas sympa vis à vis des Arméniens.<br /> C'est une histoire de gros sous. Se rappeler que la Turquie avait interdit son espace aérien aux Usa lors de la seconde guerre du golfe. Entre muzz, on se serre les coudes.<br /> De plus, si vous voulez hâter l'islamisation de l' Europe, cessez de soutenir la candidature turque. D.ieu aveugle ceux qu' il veut égarer.<br /> <br /> <br />
Répondre

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis