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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 08:11

 

 


Sur le site Time.CNN.com, 19 janvier 2011

Texte original anglais : "A Response from the Office of Israel's Prime Minister, Benjamin Netanyahu" [Une réponse du Bureau du Premier ministre d'Israël, Benjamin Netanyahu].

Traduction française : Menahem Macina

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Cher Monsieur Stengel,

 

Je voudrais attirer votre attention sur un article récent paru dans Time et intitulé “Israel’s Rightward Lurch Scares Some Conservatives”. [La dérive droitière d’Israël effraie certains Conservateurs]. J’espère que vous reconnaîtrez que le parti pris évident de cet article et ses nombreuses déformations de la réalité ne sont pas dignes du niveau de votre prestigieux magazine.

Dans cet article, Israël est décrit comme glissant vers le fascisme. Votre correspondant parle du Shin Bet israélien (équivalent du FBI), comme d’une « police secrète » ; il affirme que le gouvernement israélien « assimile de plus en plus le dissentiment à de la déloyauté », et accuse le Premier ministre de « s’inspirer des Etats autoritaires voisins ».

Mais votre correspondant n’a pas estimé nécessaire d’informer vos lecteurs de quelques faits.

Les serments d’allégeance sont chose commune dans la plupart des pays démocratiques, y compris aux Etats-Unis. Les citoyens qui accèdent à la nationalité américaine jurent fidélité à sa Constitution et s’engagent à défendre le pays contre « tous ses ennemis étrangers et de l’intérieur ». Le serment proposé par Israël demandera à ses citoyens naturalisés de prêter serment à Israël en tant qu’Etat juif et démocratique, en des termes directement extraits de notre Déclaration d’Indépendance.

D’ailleurs, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie ne sont que quelques-uns des nombreux pays où la citoyenneté peut-être retirée pour diverses infractions qui sont définies comme menaçant des « intérêts nationaux ». Ces pays européens ne sont-ils pas démocratiques ?

Aux Etats-Unis, le Sénateur Joe Leiberman a proposé l’année dernière un projet de loi visant à « ajouter le fait de se joindre à une organisation terroriste étrangère, ou de commettre ou soutenir des actions hostiles contre les Etats-Unis ou ses alliés, sur la liste des actes pour lesquels des citoyens américains peuvent perdre leur nationalité ». La démocratie américaine est-elle menacée par un tel projet de loi ?

Pour ce qui est de la remise en question de la légitimité du financement d’ONG israéliennes par un gouvernement étranger, la mention de la Loi américaine sur le Recensement des Agents Etrangers – Foreign Agent Registration Act (FARA) – eût permis d’offrir une image plus équilibrée de la situation.

Cette loi exige que toute organisation faisant du lobbying aux Etats-Unis, et qui reçoit de l’argent de personnes étrangères, sans parler de gouvernements étrangers, doit, entre autres choses, s’inscrire comme agent étranger au Département de la Justice et permettre au Procureur Général d’examiner toutes ses activités.

Il est difficile d’imaginer qu’un pays démocratique accepte que des gouvernements étrangers interviennent dans ses affaires intérieures, en finançant les activités de groupes locaux qui non seulement critiquent une politique gouvernementale particulière, mais attaquent également le fondement même de l’Etat.

Que ferait le gouvernement britannique si le gouvernement français finançait activement une ONG britannique qui chercherait à supprimer la monarchie ? Que feraient les Etats-Unis si le gouvernement iranien finançait des ONG qui font pression pour un retrait des forces américaines du Moyen-Orient ?

Il y a un vigoureux débat public en Israël, y compris au sein du Likoud, sur la meilleure manière de régler le problème du financement étranger d’ONG locales. Les propositions vont du lancement d’une investigation parlementaire, jusqu’à des lois interdisant ou limitant un tel financement, et des mesures qui assurent une totale transparence. Loin d’être le signe d’une dérive d’Israël vers le fascisme, le débat actuel en Israël témoigne de la réelle vigueur de notre démocratie.

Finalement, contrairement à ce qu’insinue votre correspondant, le Premier ministre Netanyahu a condamné publiquement et avec force les sentiments racistes mentionnés dans cet article. Par exemple, voici ce que le Premier ministre a dit, lors de l’ouverture du Concours Biblique annuel, devant un public composé en majorité de Juifs observants, quelques heures après avoir eu connaissance de la lettre appelant des Juifs à ne pas louer d’appartement à des Arabes :

« Il y a des non-Juifs parmi les citoyens de ce pays. Que ressentirions-nous si quelqu’un disait de ne pas vendre des appartements aux Juifs ? Nous serions scandalisés, et, en vérité, nous sommes scandalisés d’entendre de telles choses dans les pays voisins et où que ce soit. De telles déclarations ne doivent pas être faites, ni à propos de Juifs, ni à propos d’Arabes. Elles ne doivent être faites dans aucun pays démocratique, et certainement pas dans un pays démocratique juif qui respecte les valeurs morales de l’héritage juif et de la Bible. C’est pourquoi l’Etat d’Israël rejette catégoriquement ces choses-là.

Comparez cette déclaration sans équivoque du dirigeant israélien avec la loi de l’Autorité Palestinienne qui décrète la peine de mort pour quiconque vend un terrain à des Juifs. De telles lois ne sont que trop communes dans un Moyen-Orient où des Chrétiens sont persécutés, des homosexuels pendus en place publique et des femmes lapidées pour adultère.

En Israël, les choses sont différentes. Ici, nous protégeons les droits des femmes, des homosexuels et des minorités, dont ceux des 20% d’Israéliens qui sont Arabes, qui bénéficient de la liberté d’expression et de religion, et des protections garanties par des tribunaux indépendants et par l'application de la loi.

En Israël, chaque décision est examinée au microscope par l’un des plus vastes contingents de presse étrangère, par les centaines d’organisations de droits de l’homme et d’ONG qui opèrent ici en toute liberté, par une presse locale accusatoire célèbre et majoritairement critique, et par une bruyante opposition parlementaire.

Israël a soutenu ses valeurs démocratiques, malgré les menaces auxquelles nul autre pays n’est confronté sur la terre. Tout en se défendant contre des guerres d’agression, des campagnes de terrorisme sans équivalent, et des menaces continuelles d’anéantissement, Israël a, en matière de protection des droits, un palmarès, qui soutient avantageusement la comparaison avec celui de n’importe quelle démocratie, surtout celles qui sont menacées.

Même en période de paix, d’autres démocraties édictent des lois qui seraient inconcevables en Israël. La Suisse interdit les minarets, et les limitations du port du foulard ont été approuvées en Europe, pas en Israël.

Un dernier point concernant la couverture de presse au Moyen-Orient. En 2000 , après qu’une station de télévision italienne (RAI) eut été menacée par l’Autorité Palestinienne pour avoir diffusé le film d’une foule palestinienne qui lynchait deux soldats israéliens, la RAI avait publié des excuses honteuses [*]. De même, en 2003, CNN a admis qu’elle avait enterré des reportages négatifs sur le régime de Saddam, pour que son personnel puisse continuer à travailler en toute sécurité à Bagdad.

Je puis vous assurer que, si partiale et inéquitable que soit la couverture de vos correspondants concernant Israël, ici, ils seront toujours libres d’écrire ce qu’ils veulent. Bien entendu, Time est également libre de ne pas le publier. 

 

© Ron Dermer

Conseiller expert du Premier ministre

 

[Texte aimablement signalé par JSS.]

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Note du traducteur

[*] Voir: "Excuses de R. Cristiano à l’AP pour son reportage sur le lynchage de deux réservistes israéliens" ; "Quand la chaîne nationale de télévision italienne faisait allégeance à l’Autorité Palestinienne".[if gte mso 9]><![endif][if gte mso 10]> <![endif][if gte mso 9]><![endif][if gte mso 9]>


Mis en ligne le 19 janvier 2011, par Menahem Macina, sur le site France-Israël.org



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commentaires

akry 20/01/2011 13:52


excellente leçon. Dans quels médias français sera-t-elle reprise ???


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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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