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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 10:34

 

 


ECOUTER ICI-copie-1
un vocal inmanquable d'Aschkel

 

 

D. Cameron et N.Sarkozy ont-ils capté les messages d’I. Haniyeh et de B.Netanyahou ?

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

Cette semaine, s’est produite une interférence majeure dans le long fleuve tranquille de la communication diplomatique :

 

à deux jours de signer l’accord de réconciliation avec l’OLP, Ismaïl Haniyeh s’est lâché et présenté au monde sous son vrai visage. Décontenancé par l’élimination ciblée du terroriste n°1 sur la planète, il a bredouillé que l’Amérique, et non Israël, était sa véritable cible et rendu un hommage appuyé au « Cheikh Ben Laden », le salaud le plus tendance et le plus « romantique » de ces dix dernières années. 48 heures plus tard, au Caire, il devait réjouir le cœur des groupies de « l’Etat palestinien », en reprenant une contenance plus « modérée » pour serrer la main de son homologue de Ramallah.

 

Le hiatus sème le trouble qu’on s’évertue à dissiper : la réunification des deux branches de la « lutte » palestinienne » est indispensable à soutenir l’idée d’un peuple, d’une nation, sans lesquels il ne saurait exister d’Etat. L’aveu du chef du Hamas à Gaza rappelle à qui voudrait bien l’entendre, que son mouvement n’est pas seulement un groupe islamo-nationaliste, mais partie intégrante d’un Jihad global dont Al Qaeda représente le fer de lance le plus hardi et le plus avancé. Ses alliés sont les Shabab somaliens qui empêchent depuis 10 ans l’émergence d’un ordre et de règles à Mogadishio, le Lashkar-e-Taïba pakistanais au Cachemire, qui a perpétré des attentats complexes à Mumbaï, et bien d’autres groupes en Tchétchénie, Bosnie, Indonésie,… partout où s’est affirmé une présence musulmane. Osama Ben Laden s’est ingénié à représenter l’objectif mondial de toutes ces aspirations en allant droit au but, trop loin, trop vite. Israël, dans cette configuration, n’est jamais considéré que comme l’antithèse de cette domination fantasmée du Qalifat mondial, le contre-exemple et le poste avancé de cet Occident honni.

 

Si on veut bien remonter au fondateur d’al Qaeda, on retrouve l’origine commune à cette nébuleuse et au Hamas : les medias, pressés d’oublier le cauchemar des Twin Towers, attribuent, désormais, la paternité du Jihad global à Ben Laden et l’affaire est « réglée » à peu de frais. 4 hélicoptères et quelques navy seals au-dessus d’Abbottabad suffisent à clore le chapitre. En réalité, le père d’al Qaeda est un Palestinien, Abdullah Azzam, disparu dans des conditions troubles, à Peshawar, en 1989, en rupture de ban avec l’OLP, qu’il jugeait, déjà, corrompu. Abdallah Azzam appartenait à la secte des Frères musulmans (Lire: Origine des Frères Musulmans) Il enseignait la théologie islamique en Arabie Saoudite. Dans les années 70, il a été le professeur d'Oussama Ben Laden qui s'est attaché à lui (voir "La guerre infernale "). Abdallah Azzam avait créé un centre pour recevoir les islamistes arabes qui venaient au Pakistan, à Peshawar. Certains d'entre eux partaient ensuite pour combattre en Afghanistan. Ni, donc, les Frères Musulmans d’Egypte, encore moins I. Haniyeh n’ont pu renier leur origine et leur raison d’être, dans la mort de leur figure de proue, Ben Laden. Tout ce qui change, c’est la méthode et l’agenda qu’on se donne pour parvenir aux mêmes fins.

 

al qaeda hamas meme objectif-copie-1

 

L’OLP, jusqu’à présent, est le fruit de l’islamo-nationalisme arabe ou nassérisme authentique. Hier encore, sous la coupe de l’Egypte militariste, mais vaincue de Sadate et Moubarak, de la Jordanie à la poigne de fer « modérée », des influences syriennes et saoudiennes, l’organisation pouvait se prêter au jeu des « négociations » avec Israël, tout en restant dans l’ambiguïté, à chaque moment-clé où une résolution définitive risque de poindre à l’horizon.  

 

 Le processus engagé en 1993 frise l’autisme depuis le refus marqué par M. Abbas de reprendre les négociations avec Israël.

 

L’obstination palestinienne ne date nullement de l’élection d’un gouvernement d’union à droite à Jérusalem, mais bien d’Annapolis, le 27 novembre 2007, autour du généreux plan Olmert. Plus loin, dans le temps, l’Autorité de Ramallah n’a jamais répondu aux propositions ni d’E. Barak, ni de Bill Clinton, par une contre-proposition aux fameux « paramètres Clinton ». En d’autres termes, les délégations palestiniennes ont mené des pourparlers, des approches, mais n’ont, jusqu’à présent, jamais négocié aucun des fondamentaux de la paix qui remettrait en cause leur lutte. A preuve, c’est parce que leurs chartes, jamais modifiées, restent foncièrement compatibles que Fatah et Hamas peuvent décider d’arrêter de s’entretuer pour redéfinir ensemble qui est « l’ennemi ».

 

Un groupe de chercheurs, issus des milieux chrétiens non-évangélistes américains, « les Chrétiens pour un témoignage équitable sur le Moyen-Orient » (http://www.christianfairwitness.com/ ) revient sur les « vraies-fausses révélations d’Al Jazeera », ou « Papiers Palestiniens », ou encore « Palileaks » de janvier 2011. Il démontre qu’Al Jazeera, par goût du sensationalisme, a largement menti et biaisé les conclusions réelles qu’on est en droit de tirer de ces trois moments forts :

 

-   la position de l’équipe de négociation palestinienne sur les Réfugiés n’a pas varié d’un pouce au cours du temps : aucune concession majeure n’est jamais intervenue de sa part et elle souhaite que le droit de « retour » en Israël soit révisable au fur et à mesure de l’arrivée de millions de ces bénéficiaires d’un statut aussi élastique.

 

-   Il n’y a jamais eu de contre-proposition « généreuse » d’Erekat, Abbas ou quiconque, aux Paramètres Clinton de décembre 2000

 

-   Les conseillers de Mahmoud Abbas ont insisté pour qu’il ne fasse aucune contre-proposition à l’offre d’Ehud Olmert, à Annapolis, en 2007. Le « scandale » Al Jazeera repose entièrement sur l’illusion que des « concessions » allant très loin aient été formulées par l’équipe à l’époque. Le conseil tenait en quelques mots : il fallait attendre la chute électorale du camp républicain de GW Bush à Washington pour que la pression se desserre.

 

Tous ces objectifs de maintien d’une chimère de « négociations » ont été atteints par le Fatah. Et Obama, l’Europe, en faisant pression sur Israël, ont donné entière satisfaction aux illusionnistes. Hormis la guerre fratricide de 2007, Fatah et Hamas n’ont, fondamentalement rien à se reprocher mutuellement. Chacun a parfaitement joué son rôle dans la division des tâches : continuation du Jihad et vernis d’une légitimité internationale. Ils peuvent donc signer.

 

Benyamin Netanyahou s’est rendu à Londres et Paris, ce jeudi 5 mai, lendemain de « l’accord » pour tenter de soulever un coin du voile sur les perspectives qu’il inaugure. L’aveu d’Ismaïl Haniyeh tombait à pic, pour clarifier plusieurs points :

 

- L’influence croissante et décisive des Frères Musulmans, pères du Hamas et d’al Qaeda, sur la future politique égyptienne initie une révision régressive de tous les traités entre les deux pays.

 

- Cela commence par la rupture des accords gaziers, assortie d’explosions répétitives du gazoduc et de procès pour « corruption » du camp Moubarak.

 

- Qu’à cela ne tienne : le Ministre qatari de l’industrie, Hassan Abdullah Fakhro a proposé à Israël une fourniture illimitée de gaz à des prix défiant toute concurrence.

 

- L’autre point-clé, c’est la fin du blocus égyptien de Rafah, permettant le transfert d’armes et les déplacements d’hommes civils et paramilitaires, sans encombre des deux côtés de la frontière.

 

Résumons-nous : ce sont les restes du nationalisme étatique arabe qui sont en train de se disperser dans les sables, à partir de la « révolution » de la place Tahrir. La réconciliation Hamas-Fatah est surtout l’enfant « illégitime » de celle entre le Caire et Téhéran. La Syrie, de son côté, est affaiblie par le soulèvement contre Assad, mais peut le réprimer et massacrer en toute impunité, pendant que l’Occident est occupé ailleurs. L’OLP conserve de faibles appuis qui l’incitent à être conciliant envers les nouveaux maîtres égyptiens.

 

La question subsidiaire reste de savoir si les diplomaties européennes sont capables de déchiffrer les risques pour la région. Cameron et Sarkozy, finalement, vont-ils poursuivre leur discours en forme d’injonction paradoxale contre Israël : « Trouvez les moyens de négocier quand même avec des gens qui ne veulent négocier à aucun prix…, sinon nous reconnaissons unilatéralement l’état palestinien codirigé avec les terroristes » ?

 

Ou sont-ils suffisamment préoccupés des conséquences de leur assassinat de toute diplomatie, une fois ce diktat transformé en réalité sur le terrain ?


L’élimination de Ben Laden a, provisoirement, suspendu le train de pressions et le discours de chantage contre Jérusalem et les intérêts bien compris américains et européens dans la région. Emerge faiblement de ces entretiens au sommet que Sarkozy aurait admis du bout des lèvres la reconnaissance d’Israël par le futur gouvernement palestinien comme condition importante de la résolution du conflit.

 

Les poignées de mains amicales sont faites pour être trahies. Israël vient de bénéficier d’un sursis sous forme de « wait and see ». En réalité, N. Sarkozy dispose de peu d’arguments de campagne pour sa réélection. Il a marqué des points en incarnant un leadership en Europe, partenaire critique de l’Amérique en plein désarroi. Il partage le même objectif de moyen-terme qu’Obama : obtenir coûte-que-coûte une résolution, quel qu’en soit le prix pour les parties prenantes. L’Europe est, ainsi, entraînée à reconnaître un état semi-terroriste, négation de l’état de droit et aligné sur l’axe irano-égypto-syrien contre elle-même. Cette politique d’apaisement prépare les guerres futures et ne résout rien. Paris propose une conférence (http://www.lefigaro.fr/international/2011/05/05/01003), en juin, lors de la réunion des principaux donnateurs à l'Autorité palestinienne, pour aplanir encore le risque de cette reconnaissance unilatérale débouchant sur le chaos. 

 

La mort de Ben Laden est une bonne nouvelle, mais reste l’arbre qui cache la forêt des ententes à la marge, de Washington, Londres et Paris avec les Frères Musulmans, simulant la modération. Il n’y a que si l’Europe comprend qu’elle n’est pas quitte de retours de flammes, lorsqu’elle lie les mains de Netanyahou, qui pourra influer sur les attitudes de ses principaux dirigeants. Il n’y a pas, à cette heure, parmi ces gestionnaires, le moindre visionnaire capable de se projeter le jour d’après. Un homme averti en vaut deux, Bibnet a donc rencontré 4 dirigeants. Laquelle de ces double-faces  lui a t-il prêté une oreille distraite?

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Published by Gad - dans Editorial
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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