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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 21:51

 

 

Damas : Capitale du meurtre couvert ?

Par JONATHAN SPYER 
07.07.10


Damas. Il y a deux ans, Imad Moughniyeh, le cerveau du Hezbollah, était tué dans un attentat à la voiture piégée. L'an dernier, une attaque visait des pèlerins iraniens. Le mois dernier, un membre de haut rang des Gardiens de la révolution iraniens était tué en pleine rue. Actes de provocation cantonnés à la Syrie, ou "guerre de l'ombre" avec Israël ?

Sous le poster montrant le président libanais Bashar el-Assad, l’inscription “Nous t’aimons” figure en arabe. 
PHOTO: AP , JPOST

Damas est l'une des villes qui compte la plus forte présence policière au Moyen-Orient. Ces dernières années, elle a été le théâtre d'un grand nombre de bombardements et d'assassinats. Le plus célèbre d'entre eux est probablement celui du dirigeant du Hezbollah Imad Moughniyeh, tué dans un attentat à la voiture piégée en février 2008. L'an dernier, dans une affaire plus sombre, un grand nombre de pèlerins iraniens ont trouvé la mort dans un attentat perpétré contre un bus. Ce que les autorités syriennes se sont efforcées par tous les moyens de dissimuler.
Tout récemment, en mai 2010, un autre meurtre inexpliqué s'ajoute à la liste. Le
16 mai, Khaled Sultan al-Abed, homme d'affaires et membre des Gardiens de la révolution iraniens, est assassiné à Damas, près de sa maison. Précisément dans le même quartier où Moughniyeh a été tué. Le quartier de Mezzeh accueille un grand nombre d'ambassades étrangères. C'est aussi l'un des endroits les plus surveillés de Damas et l'une des principales artères de shopping.
Abed était l'un des dirigeants d'Iran Khodro en Syrie, une franchise automobile mise en place par les Gardiens de la révolution iraniens. Il vivait à Damas depuis 10 ans et détenait 25 % des intérêts de l'entreprise. D'après certaines informations, il était proche de certaines personnalités éminentes des milieux financiers syriens.

Mais selon un rapport du journaliste Georges Malbrunot dans une édition du Figaro de début juin, il ne s'agissait que d'une couverture. Abed tenait en effet un rôle dans la liaison entre le régime iranien et le Hezbollah.

Les autorités syriennes sont profondément embarrassées par cet assassinat qui trouble la prétendue tranquillité de la capitale. Pour preuve : le meurtre n'a pas été signalé par de nouvelles sources officielles. Les autorités syriennes n'ont fait aucun commentaire. Une enquête sur le meurtre d'Abed a toutefois été lancée.

L'hypothèse de liens avec l'Iran inquiète

Qui serait à l'origine ? Plusieurs théories divergentes ont émergé. L'une d'entre elle est apparue sur le site de l'opposition et reprise par le quotidien Haaretz la semaine dernière : le meurtre d'Abed aurait été perpétré par une organisation sunnite. Il aurait été volontairement médiatisé pour accroître la peur au sein de la communauté sunnite de Syrie et d'ailleurs. Le tout sur fond d'influence croissante de l'Iran sur le pays dirigé par Bashar el-Assad.

Un point de vue qui permet de déboucher sur une perspective plus large, généralement partagée par l'establishment israélien. A savoir : pointer du doigt l'insatisfaction et la crainte ressenties à plusieurs niveaux de la société syrienne, devant le lien de plus en pressant que le Régime des mollahs lui impose. Selon cette explication, certains éléments essaieraient donc de semer la discorde entre les Iraniens et les Syriens en rappelant que Damas ne doit pas être considérée comme le terrain de jeu du régime chiite iranien, qui peut y conduire ses activités en toute liberté.

Certaines versions de cette théorie laissent même entendre que des personnalités de premier plan du régime syrien pourraient ne pas être étrangères dans le renforcement des relations entre les deux pays et jouer un rôle actif. Ce qui explique qu'une telle tuerie ait pu se dérouler dans l'un des endroits les plus quadrillés de Damas. Et que personne n'ait été appréhendé.

Cependant, cette théorie bute sur un point. Un Etat policier comme la Syrie tire sa légitimité de sa capacité à maintenir l'ordre efficacement. Or, le meurtre récent d'Abed et d'autres incidents ayant eu lieu à Damas remettent cette capacité en question.

Israël guerre de l'ombre

Une autre explication, soutenue par Malbrunot et d'autres sources, voit dans l'élimination d'Abed la marque de l'Etat juif. Le meurtre serait en réalité le dernier acte d'une "guerre de l'ombre" menée par Israël contre l'Iran.

Malbrunot a remarqué qu'il existait des relations proches d'Abed avec les forces kurdes, l'aile externe clandestine des Gardiens de la révolution. La victime aurait donc pu être impliquée dans un transfert de matériel de guerre de l'Iran vers le Hezbollah. Selon une source anonyme, "une chose est sûre : la plupart des tués en Syrie ces récentes années avaient leur tête mise à prix en Israël." Est-ce réellement une coïncidence, se demande Malbrunot en guise de conclusion.

A la manière syrienne de faire, les auteurs du meurtre et leur motif resteront probablement inconnus. Et sources de bien de spéculations. Mais comme c'est le cas pour de nombreuses autres affaires, peut-être que les aspects les plus intéressants sont justement ceux qui peuvent se voir à l'œil nu.

Un membre de premier plan du corps des Gardiens de la révolution qui opère le plus clandestinement possible, est abattu à la lumière du jour. Au cœur d'une des zones les plus surveillées de Damas. Les autorités syriennes reportent l'annonce de sa mort et ne font aucun commentaire. Les rumeurs abondent.
Le régime de Bashar Assad a montré qu'il savait très bien pratiquer la "stratégie de tension" au Liban, en Irak, et ailleurs, au cours de ces cinq dernières années. Il semblerait que quelqu'un veuille désormais prouver au dirigeant syrien que ce jeu peut aussi se jouer à deux.

L'auteur est chercheur au Centre global de recherche en questions internationales à Herzliya.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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