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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 21:56

 

 

DANS LE MONDE ARABE, « PAIX » EST TROP SOUVENT SYNONYME DE « CAPITULATION »

 

Par Maître Bertrand RAMAS-MUHLBACH

 

logojusticebertrand

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

En cette première semaine du mois d’août 2010, l’Etat d’Israël a été sous le coup d’agressions terribles : le 2 août, des terroristes palestiniens ont lancés, depuis le Sinaï, des roquettes Grad sur la ville d’Eilat (sans faire de victime) et le lendemain, l’armée libanaise a fait usage d’armes à feu contre des soldats de Tsahal (tuant un officier israélien), désapprouvant l’arrachage d’un arbre qu’elle estimait (à tort) être en territoire libanais.

Ces actes criminels ne sont bien évidemment pas le fruit du hasard : le 1er août 2010, le Président israélien Shimon Peres et son homologue égyptien Hosni Moubarak ont évoqué la reprise des pourparlers de paix, non plus dans le cadre de négociations indirectes mais bien directes. Or, cette perspective est tout à fait perturbante pour les Etats arabes qui ne sont pas signataires d’un traité de paix avec Israël. Par ailleurs, elle est contraire aux objectifs que se sont fixés les palestiniens dans leurs Chartes fondatrices. Le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal n’a d’ailleurs pas manqué de dénier toute légitimité à d’éventuelles négociations, qu'elles soient initiées par le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ou par l’intermédiaire du président Egyptien, eu égard (selon lui), aux pressions  exercées par les Etats-Unis et Israël.

Pour le Liban, les négociations de paix emporteraient reconnaissance implicite de l’entité juive, ce qui n’est pas envisageable, le nom « d’Israël » ne figurant pas sur leurs cartes de géographie. Aussi, et dans un esprit de prudence, est il préférable de s’en tenir à la voie fixée par le Hezbollah, à même d’offrir une réponse idéologique à la dislocation du système multiconfessionnel libanais. Le Président Michel Sleimane est donc bien inspiré lorsqu’il reprend ses positions anti israéliennes qui redonnent aux soldats, une combativité un temps, perdue.

Côté palestinien, les négociations de paix avec Israël reviendraient (pour une partie d’entre eux) à renoncer de facto aux droits qu’ils considèrent comme légitimes, en l’occurrence établir un Etat palestinien sur l’assiette territoriale de la Palestine mandataire. Aussi, doivent-ils rappeler sans relâche leur hostilité à Israël, au besoin en se rendant sur l’espace territorial égyptien grâce aux tunnels aménagés sous la bande de Gaza, oubliant, de ce fait, le « blocus », censé transformer la zone côtière en « prison à ciel ouvert ».

La nécessité de poursuivre le combat résulte en fait de l’absence de réflexion globale sur le message religieux en Islam,  des textes fondateurs palestiniens mais également d’une exploitation partisane des conventions internationales.

S’agissant de l’Islam, le principe de la guerre y a toujours occupé une place centrale pour diffuser le message religieux et conquérir de nouvelles terres. Le prophète Mohammad y a eu recours pour soumettre les infidèles afin qu’ils lui prêtent allégeance. Il suffit donc de suivre les injonctions coraniques qui préconisent de faire la guerre « dans le chemin de Dieu », qui assurent de l’assistance divine dans l’entreprise et qui promettent des gratifications aux combattants. Pour leur part, les coups mortels n’ont aucun caractère répréhensible dans la mesure où «  ce n’est pas vous qui les avez tués, c’est Dieu. Ce n’est pas toi qui lançais, c’est Dieu pour éprouver les croyants par une belle épreuve » (8, 17-18). Il serait donc grandement utile, pour les théologiens de l’Islam, qu’ils engagent une réflexion sur l’interprétation des versets coraniques, (à l’instar du Talmud de la Guemara), et qu’ils imposent une doctrine unanime aux croyants.

S’agissant des palestiniens, les premiers, nourris de la Charte de l’Olp (qui instaure un lien ombilical entre les populations arabes et la Palestine mandataire), considèrent que Mahmoud Abbas n’a pas qualité pour remettre en cause les fondements de l’identité nationale qui repose sur une récupération de la terre au moyen de l’activité terroriste. Pour les seconds affiliés au Hamas, le programme du Mouvement de résistance islamique inspiré du mode de compréhension islamique et « universel » de l’univers, interdit de pactiser avec les envahisseurs sionistes. L’article 13 de la Charte rappelle d’ailleurs que : « Les initiatives et ce que l'on appelle les solutions pacifiques et les conférences internationales, sont contraires aux principes du Mouvement de Résistance Islamique. Le fait d'abuser de quelque parcelle que ce soit de la Palestine est un abus dirigé contre une parcelle de la religion». Aucune décision politique ne devrait donc pouvoir ébranler leurs convictions s’il n’est pas envisagé de réflexion sur la portée de ces textes.

Pour sa part, la Communauté internationale procure également aux combattants des outils très intéressants pour justifier la poursuite du combat. Elle ne cesse de recourir à la notion de « territoires occupés », permettant d’invoquer la Convention IV de Genève de 1949 relative à la situation des personnes civiles en temps de guerre. Théoriquement, cette convention n’est applicable que dans l’hypothèse d’une occupation d’un Etat souverain par un autre, ce qui était le cas des palestiniens de Cisjordanie, lorsque ce territoire était intégré à la Jordanie, Etat souverain  partiellement occupé par Israël à compter du 4 juin 1967. Toutefois, lorsque la Jordanie a renoncé à sa souveraineté sur ce territoire le 31 juillet 1988, modifié ses cartes géographiques et retiré toute représentation des palestiniens au parlement jordanien, les palestiniens y demeurant ont cessé de dépendre d’un Etat souverain. Certes, leur statut est devenu tout à fait unique puisque reconnus comme constituant une nation, il ne disposent d’aucune assiette territoriale spécifique. Pour autant, ils ne sont plus sous « occupation » (depuis 1988) au sens de la Convention de Genève même si la communauté internationale a régulièrement recours au texte de la résolution 242 du Conseil de Sécurité qui concernait la « Jordanie occupée » (qui ne l’est plus depuis 22 ans). Ainsi, par exemple, l’article 49 de la Convention qui proscrit « les colonies de peuplement » par la « puissance occupante » dans les « territoires occupés » ne peut être juridiquement et techniquement invoqué. De même, si la bande de Gaza avait été occupée, la Convention de Genève n’aurait pu s’appliquer puisque l’article 5 exclut le bénéfice de la protection « aux personnes qui font l’objet d’une suspicion légitime de se livrer à une activité préjudiciable à la sécurité de l’Etat », comme c’est le cas d’une implication dans des activités terroristes.

En tout état de cause, le recours (inadapté) par la communauté internationale à la notion de « territoires palestiniens occupés » a un second effet pervers : il cautionne le principe de la résistance armée, corollaire historique de l’occupation, que les Palestiniens  considèrent comme un droit fondamental.

En somme, pour que les ennemis d’Israël cessent d’assimiler « paix » à « capitulation », il suffirait de disposer d’une analyse doctrinale unifiée de l’Islam, de réfléchir sur les textes palestiniens qui prescrivent la lutte armée contre l’entité sioniste, et un examen par la communauté internationale, de l’utilisation politique mais parfaitement abusive de la notion de « territoires palestiniens occupés» qu’exploitent les vendeurs de haine.

Des mensonges historiques ont guidé la politique d’Etats souverains pendant des siècles avant que les peuples réalisent la manipulation dont ils faisaient l’objet et rectifient les principes fallacieux dont ils ont été nourris. Tout est affaire de bon sens.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

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Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

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Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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