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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 09:57

freds

Merci Frédéric pour l'envoi de ce texte

 

De la lutte des classes à la lutte des races 

 

 

  

 par Frédéric SROUSSI 


 pour © 2011 www.aschkel.info

 

 

 


Nous devons reconnaître que la fameuse maxime du grand chimiste Lavoisier (paraphrasant une citation d’Anaxore de Clazomènes), rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, s'applique aussi aux idéologies.

En effet, malgré le déclin puis la fin des «grands récits» (Lyotard), dont le marxisme faisait partie, force est de constater qu’à notre époque les doctrines marxistes telles que la figure idéelle du prolétaire-opprimé, la lutte des classes (visant à la fin des classes sociales) et l’internationalisme (visant au dépassement des nations dans une communauté humaine mondiale) sont recyclés - souvent de manière inconsciente – dans nos sociétés occidentales.

Le symbole du prolétaire, membre de la classe dominée, n’étant plus d’actualité, c’est l’étranger-de-type-non-occidental qui a repris le flambeau de l’opprimé susceptible de déclencher les «saintes» révolutions (Julia Kristeva, par exemple, avait noté ce déplacement idéologique il y a plus de 10 ans).

Après tout, le processus de décolonisation avait déjà avancé l’idée que l’étranger issu du tiers-monde était une victime de l’Occident riche, bourgeois et colonialiste (des hommes tels que Franz Fanon, Che Guevara, Fidel Castro, Patrice Lumbumba ou encore le terroriste Yasser Arafat devinrent les coqueluches des courants de la gauche révolutionnaire). 

Parlons d' une autre doctrine de la pensée marxiste recyclée aujourd’hui : la conscience internationaliste. Depuis des années maintenant, la mondialisation (cette nouvelle «internationale» par définition même!) est en train de rendre presque obsolètes les frontières des nations occidentales, au profit de la venue de millions d’étrangers-non-occidentaux, substituts modernes – dans la psyché de la gauche – du prolétariat [1].
 

Il va de soi que tous les étrangers ne se valent pas pour les mouvements de gauche. Les personnes venant d’Asie du sud-est, par exemple, ne rentrent pas dans la catégorie glorieuse de l’Étranger. Ces asiatiques vivant en Occident ne possèdent aucun intérêt politique pour les idéologues de gauche puisque ces communautés asiatiques n’expriment pas de rage révolutionnaire antioccidentale, antisociale et antisioniste (l’antisionisme est une constante dans la majorité des courants marxistes et non marxistes de la gauche et de l’extrême gauche), à la différence d’une grande partie des étrangers venus du Maghreb et d’Afrique noire, par exemple.

La figure du prolétaire idéalisé en «homme universel» (Raymond Aron), parait donc en tant que telle caduque et c’est donc l’étranger, sous une forme tout aussi idéelle que l’était le prolétaire, qui l’a remplacé. Rappelons que l’universalisme, qui selon la doxa véhicule l’idée flatteuse d’unité du genre humain (ou de portée universelle des exigences morales) est en fait un concept «inventé» par les puissances grecque (surtout à partir du moment où Alexandre le Grand décida de créer un empire) et romaine afin d’imposer leur pouvoir en tentant d’unir les peuples conquis sous la bannière d’ «un ordre unique (et) d’une pensée universelle» (Denise Bonan).

L’universalisme tend donc à s’imposer comme une doctrine qui pousse à se soumettre à l’uniformisation. Mais ne nous trompons pas de cible; nous rejetons totalement la critique de l’universalisme – comprenez occidental - telle qu’elle fut exprimée notamment par Pierre Bourdieu. 

Grosses manifestaions partout: ex. 10 000 manifestants ont défilé à Lille contre l'intervention israélienne à Gaza, à l'appel de l'AFPS

 Quant au communautarisme, nous pouvons dire que le relativisme culturel a réussi son travail de sape en donnant autant d’importance aux cultures communautaires qu’à La culture dominante (donc par principe suspecte pour la gauche). Le communautarisme s’est alors développé en imposant petit à petit aux sociétés occidentales ses propres valeurs «universelles» (citons par exemple les interdits alimentaires imposés dans les écoles françaises au nom de la Charia pour tous !). 

Nous pouvons dire que nous sommes passés de la doctrine, voire du fantasme, de la «lutte des classes» à celle de la «lutte des races». Les socialistes révolutionnaires et leurs sympathisants combattirent pendant des décennies le bourgeois au profit du prolétariat-homme-universel, aujourd' hui ils combattent l’homo occidentalis - qui recèle des origines «honteusement» juives- au profit de l’étranger-homme-universel. 

Le problème est que cette «lutte des races» qui ne dit pas son nom s’est répandue dans les sociétés occidentales européennes (à gauche comme à droite d' ailleurs !) en soutenant de façon inconditionnelle les revendications des communautés étrangères (ou d’origine étrangère) non assimilables et fort souvent antisémites. 

Ajoutons que l’étranger-non-occidental prétendument opprimé par l’Occident s' est substitué (et ce n'est pas un hasard) au réel-opprimé-universel, le peuple Juif dont Nietzsche disait qu’il «a parmi tous les peuples eu l’histoire la plus pénible». 

Nous assistons donc au déplacement idéologique d’une figure idéelle de l’opprimé-homme-universel de type social à celle de l’opprimé-homme-universel de type racial.

[1] Les capitalistes ultra-libéraux comme les mouvements anticapitalistes se retrouvent paradoxalement unis, évidemment pour des raisons différentes, dans cette opposition aux notions de nation et de frontière. 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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