Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 20:25

 

 

 

 

 

freds

 

logo drapeau fred


 

«On a toujours à défendre les forts contre les faibles.» 

De la neutralisation de la puissance occidentale.

Par Frédéric SROUSSI

   pour aschkel.info et lessakele

 

 

Voir également :  Israël et la capitulation de l'Occident, par Shelby Steele

 

 

nietzs10.jpg

 
 

 

 

 

«On a toujours à défendre les forts contre les faibles.» 

Cette phrase de Nietzsche, qui date de 1888, représente peut-être la remarque la plus pertinente du grand penseur allemand . 

Nous allons nous servir (assez librement) de cette pensée à première vue si paradoxale afin d’illustrer l’état de notre société occidentale, surtout depuis quelques décennies . 

En effet ,comme l’a écrit le philosophe Gilles Deleuze :

«Pour une philosophie de la force et de la volonté, il semble difficile d’expliquer comment les forces réactives, comment les « esclaves » et les « faibles » l’emportent. » (Nietzsche par Gilles Deleuze)
 

C’est la grande question que nous nous posons aujourd’hui lorsque nous observons des États occidentaux puissants qui se trouvent totalement inhibés quand il s’agit de faire face à des ennemis considérés comme «faibles».

En effet, nous pouvons évoquer par exemple les guerres asymétriques dans lesquelles de grandes armées se trouvent démunies face à des adversaires bien plus «faibles» mais qui se servent de cette faiblesse pour vaincre. 

Comment est-il possible que les «les esclaves et les «faibles» arrivent aujourd’hui à triompher du «maître» et du «fort» ?

Comment est-il possible, par exemple, que des pays objectivement puissants courbent l’échine devant de petits groupes d’activistes (les ONG par

exemple) ? Eh bien, Nietzsche peut sans doute nous aider à répondre à cette troublante question.

Pour le philosophe allemand, la tactique qu' utilisent les «faibles» pour l' emporter ne consiste pas à former une force plus importante que celle des «forts» (sinon nous retombons dans un schéma classique de renversement des forces en présence) car «…en vérité, les faibles, les esclaves ne triomphent pas par addition de leurs forces, mais par soustraction de celles des autres : ils séparent le fort de ce qu’il peut .» (Nietzsche par Gilles Deleuze).
 

Il apparaît évident qu’aujourd’hui la pensée actuelle est dominée par le ressentiment (au sens nietzschéen du terme) que les losers éprouvent vis-à-vis des forts et des nobles.

La tactique du faible n’est pas de prendre sa revanche en tentant de s’améliorer ou de s’enhardir pour s’élever vers le fort. Non ! La démarche du faible consiste à culpabiliser le fort en l’accusant d’être la cause («c’est ta faute» !) de sa propre faiblesse. 

Nietzsche a peut-être beaucoup apprécié (lui qui avait un profond respect et une grande admiration pour «l’Ancien Testament») cette loi édictée par le D.ieu d’Israël: « Tu ne favoriseras pas le pauvre le jour de son procès .» 
Cette sentence ne vient-elle pas donner une résonance biblique à la fameuse phrase de Nietzsche de 1888 : « On a toujours à défendre les forts contre les faibles . » ?

Le pauvre n’a pas a être avantagé par principe .Il n' a pas droit à une complaisance particulière. Seule la Justice doit trancher en toute impartialité.

Ajoutons que pour Nietzsche le faible reste faible même en cas de victoire sur le fort car il n' a pas vaincu ce dernier par des moyens nobles (rappelons la phrase de Deleuze :

«Les faibles(...) ne triomphent pas par addition de leurs forces, mais par soustraction de celles des autres).   
 

Donnons  maintenant quelques exemples concrets et contemporains pour illustrer la thèse de Nietzsche : les États-Unis et surtout Israël sont les cibles de forces réactives ; le soldat israélien, un temps loué pour son courage et sa combativité face aux mouvements terroristes et aux armées arabes coalisées se trouve depuis plusieurs années, pour les même raisons, diffamé et vilipendé avec une haine inouïe. Les forces réactives ont réussi à paralyser une bonne partie de la puissance des forces de défense d’Israël (et celles des États-Unis) en séparant ‘‘ces dernières de ce qu’elles peuvent '', pour paraphraser Deleuze.

Nous poursuivons en rappelant que Nietzsche, dans Par-delà bien et mal,stigmatise lapitié, ou plutôt une forme de pitié qui est «la pire des mollesses et la pire des faiblesses». Cette pitié indigne apparaît, comme l’écrit le philosophe Bertrand Vergely «quand quelqu’un qui est faible, sans courage, sans grandeur, demande au nom de l’humanité que l’on respecte sa faiblesse , en faisant honte à ceux qui ne le font pas » (Bertrand Vergely; Nietzsche ou La Passion de la vie).

Ainsi, comme l’ajoute Vergely : «Que va devenir l’humanité si l’on poursuit dans ce sens ? Ses forces vives ne manqueront pas d’être annihilées, le courage apparaissant comme de la dureté et la démission comme de la douceur et de l’amour. En ce sens, il y a une injustice de la pitié, qui est toujours trop complaisante avec les faibles et très dure avec les forts. »
Cette pitié dévoyée touche en fait de diverses manières notre civilisation occidentale. 

Le laxisme vis-à-vis des «faibles», la tolérance («cette idée molle»; Nietzsche) de l’intolérable, le parti pris pour les underdogs, la défense des délinquants, des criminels de droit commun ou des terroristes au nom d’une idéologie de la commisération sont les conséquences d'une inversion généralisée des valeurs qui touche la civilisation occidentale.

Cette dernière s’est sentie coupable d’être forte,cultivée, riche et puissante face à des nations ou des individus se réfugiant derrière l' excuse de la faiblesse pour obtenir des avantages. Nombreux sont ceux (je pense en particulier aux personnes issues du monde «arabo-musulman») qui ont su tirer profit de ce complexe occidental pour revendiquer des compensations morales et/ou pécuniaires au nom de la faiblesse et de leurs échecs dont ils sont pourtant les seuls responsables (alors que pour Nietzsche, le «fort» accepte la confrontation avec la vie, sans accuser personne).

Le fort n’est pas forcément coupable et le faible n’est pas par principe innocent.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis