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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 23:39

De Moab à Toulouse, la conquête de Canaan n’est toujours pas digérée

 

logojusticebertrand

 

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

Le 4 juillet 2012, un adolescent juif âgé de 17 ans, a été agressé dans un train circulant entre Toulouse et Lyon par deux jeunes personnes issues de l'immigration (au demeurant volontaire pour intégrer l’armée française). La victime, agressée en raison de son appartenance à la communauté israélite, s’est avérée être également scolarisé au lycée Ozar Hatorah, frappé par le terrible attentat commis en mars 2012 par Mohamed Merah, ayant couté la vie à 3 enfants et à un enseignant israélites. 

Cette montée de l’antisémitisme en France (dans des proportions tout à fait alarmantes ces derniers mois), implique principalement des personnes d’origine musulmane avec un déclenchement des agressions provoqué par le port de kippas, de franges du châle rituelle de prière appelées « Tsitsit », d’étoiles de David ou encore, dans le cas de l’agression commise dans le train de Toulouse, par l’échange de propos lors d’une discussion téléphonique, confirmant les origines juives de la future victime. Une fois encore, les signes ostentatoires suffisent pour provoquer, réveiller, attiser ou  amplifier cette haine à l’encontre des membres de la communauté juive, peu importe lequel sera touché.

Pour le Président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France, Richard Prasquier, « l’éradication de l’antisémitisme doit devenir une cause nationale » mais il n’est pas certain que ce fléau puisse être endigué dans un délai proche. Les agresseurs expliquent généralement leur aversion contre les juifs en raison de leur appartenance à la communauté ou de leurs origines  juives. Aussi, justifient-t-ils leurs actes par la présence des juifs sur un territoire qu’il considère être palestinien, ou pour venger les palestiniens des souffrances que les juifs d'Israël leur infligeraient. En d'autres termes, les juifs de diaspora sont personnellement responsables de la situation des palestiniens au Proche Orient.

Cela n’est peut être pas surprenant. Pour les antisémites quelque soit leur confession, le peuple juif est perçu comme une entité spécifique conçue dans son unicité, et les juifs, comme une simple partition de cet ensemble. S’en prendre à un juif, permet donc de toucher cette unité particulière juive puisque les vibrations émotionnelles dégagées à l'occasion des agressions commises contre l'un d'entre jeux, se propagent à l’ensemble de la communauté. Pour leur part, les membres de la communauté juive dans le monde aimeraient certainement être reconnus dans leur individualité propre, mais qu’ils se nomment David, Nathan, Elie, Moise, Rachel ou Esther, ils n’existent, pour les antisémites, que comme éléments de cet ensemble. Porter atteinte à tel ou tel membre de la communauté, permet de nuire à l’unité juive dans son entièreté, avec des dommages qui seront plus ou moins importants en fonction du nombre de personnes touchées et de la gravité des lésions occasionnées peuimporte le lieu de l’implantation de la personne agressée.

En fonction de la confession, le mobile pour s’en prendre aux juifs ne sera toutefois pas le même. L’antisémite chrétien a longtemps reproché aux juifs de n’avoir pas reconnus Jésus comme étant leur Messie et d’être collectivement responsable de sa mort. Dans l’antisémitisme musulman, il se pourrait bien que l’aversion contre les juifs trouve sa source dans la conquête de Canaan qui n’a jamais été digérée. C’est ce qui se déduit de la paracha lue dans les synagogues ce 7 juillet 2012 concernant le roi Balak de Moab (Nombres 22,1-25,9). Après avoir quitté l’Egypte et traversé le désert, les juifs ont entrepris la conquête de la terre de Canaan (sur injonction divine). Lorsqu’ils se sont retrouvés sur les plaines de Moab  (côté oriental du Jourdain en face de Jéricho), Moab était très inquiet de l’importance de cette présence juive : «  Cette foule va dévorer tout ce qui nous entoure, comme le boeuf broute l'herbe des champs». Balak roi de Moab a donc demandé à Billam (mi sorcier) : « Un peuple est sorti d'Egypte. Il couvre la surface du pays et il s'est installé vis-à-vis de moi. Viens donc maudire ce peuple pour moi, car il est plus puissant que moi. Peut-être ainsi pourrai-je le battre et le chasser du pays car, je le sais, celui que tu bénis est béni et celui que tu maudis est maudit.». D. n’était pas tout à fait d’accord avec ce projet et à dissuadé Billam d’accomplir l’ordre royal : «Tu ne les accompagneras pas, tu ne maudiras pas ce peuple, car il est béni». En fin de compte, aucun mal n’a été fait au peuple juif : les malédictions de Billam se sont d'ailleurs transformées en bénédictions et le peuple juif a pu entreprendre la conquête de la terre de Canaan.

Cet épisode décrit donc précisément le mode opératoire spécifique pour prendre possession de la terre : arriver en nombre, mener la guerre aux occupants, le vaincre et finalement établir un nouveau mode d’organisation étatique en chassant au besoin, les habitants qui n’ont plus rien à faire dans cette contrée. C'est d’ailleurs ce procédé qui a encore été employé par les juifs pour prendre possession de la terre palestinienne dans la première moitié du XX° siècle : ils sont venus par millliers, ont acheté des terres, trahit la confiance ou abusé de la naïveté des résidants arabes palestiniens et les ont finalement chassés de leur terre avec la complicité de la communauté internationale... En somme, rien de vraiment compliqué à mettre en œuvre.

Pour les antisémites musulmans, il n’est, dans ces conditions,  certainement pas nécessaire d’attendre que la communauté internationale organise un nouvel équilibre entre les nations : la terre peut être recouvrée au moyen de la guerre, tout comme les juifs on eu l'occasion de le prouver. Tout d’abord, et selon la Vérité de l’Islam, les juifs n’ont rien à faire en Palestine puisque les textes qu’ils invoquent ne leur sont pas opposables. L’histoire de l’humanité n’est donc pas figée dans ce qui est inscrit dans la Torah mais se construit dans les actes contemporains. Pourquoi donc se mettre à courir puisque tout arrive à qui sait attendre : le conflit Israélo-palestinien permettra de confirmer la supériorité de la Vérité islamique.

Pour les ennemis des juifs et d'Israël, l’antisémitisme trouvera son terme lorsque les juifs auront tous disparus, soit qu'ils aient été exterminés soit qu'ils se soient fondus dans la masse des nations, grâce au mécanisme de l'assimilation qui leur fera perdre leur spécificité. En effet, les juifs ne sont pas infaillibles comme en témoigne l’épisode de Balak, lorsque le peuple juif s’est laissé séduire par les filles de Moab qui l’a incité à servir leur idole « Péor » avant que Pinhas n’intervienne énergiquement pour mettre un terme à cette dérive morale. Si le peuple juif est corruptible, il ne pourra tenir seul contre l’adversité, et la coupure de son lien ombilical avec la terre d’Israël favorisera son élimination.

Dans l'hypothèse la plus favorable, l’antisémitisme disparaitra lorsque « les Peuples du monde se tourne(ro)nt vers les juifs pour être spirituellement guidés par eux » (Zacharie 8,23), « qu’ils vénère(ro)nt le Dieu Un d’Israël » (Isaïe 2,17). Alors, le peuple d’Israël deviendra « messager de la paix » (Isaïe 52,7) et vivra « dans une joie et un bonheur éternels » (Isaïe 51,11). Les juifs reviendront alors sur leur terre d’origine (Isaïe 11,12), et il pourra être envisagé la reconstruction du Temple (Ezéchiel 40), pour que la Maison devienne un lieu de prière pour tous les Peuples (Isaïe 56,7) attire et inclut des gens de toutes les cultures et de toutes les nations (Isaïe 11,10)...

Il s’agit bien évidemment des temps messianiques : l’harmonie parfaite entre les différentes nations du monde exclura tout acte de malveillance à l’endroit des juifs et toute volonté de reconquérir la terre de Canaan.

Bref, rien n’est encore gagné.

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commentaires

A
excusez moi mais c'est de la vraie merde !
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S
Bonjour,
Je viens de lire attentivement ce message. J'appartiens à ceux que l'on classe : chrétiens. J'aime l' Écriture et de ce fait Israël le peuple Juif et aujourd'hui plus que jamais. Au sujet des
chrétiens qui représentent les peuples "païens" je veux rappeler cette parole de Yeshua (Jésus) criée du haut de la Croix "Père pardonne leur car ils ne savent ce qu'ils font". Oui, le peuple Juif
de l'époque réclamait la mort de Jésus, mais Pilate le gouverneur Romain avait la possibilité de refuser la crucifixion de Jésus. Ce supplice, cette mise à mort appartenait aux Romains. Pilate a
reconnu qu'il n'y avait rien de condamnable en Jésus mais par prestige a refusé de prendre position pour protéger l'accusé. Pilate représentait le monde païen.
Résultat, quand Yeshua a crié "Père pardonne leur car ils ne savent ce qu'ils font" étaient inclus le peuple Juif, son peuple, mais aussi le monde païen qui croirait en Lui.

Je crois qu'il serait grand temps que de tous côtés cette parole de Jésus soit l'objet de notre réflexion et découvrir que OUI L’Éternel, le D.ieu d'Israël, le D.ieu miséricordieux a en effet
pardonné. Heureux celui, celle, ceux qui entrent dans ce pardon et qui peuvent jouir des promesses que D.ieu a faites à Israël. Le chrétien ne peut accéder aux promesses faites à Israël que par
Jésus-Christ "Père pardonne leur car ils ne savent ce qu'ils font".
Il serait grand temps que le monde chrétien réalise les souffrances qu'Israël a subi au nom de l'église parce que contournant aveuglément ou sciemment le pardon de Yeshua le Messie, et s'humilie
pour les souffrances injustes infligées à un peuple qui ne demandait que la Paix...
Que l' Éternel bénisse Israël et son peuple.
shalom.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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