Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 10:22

 

editorialàGad

Déclencher une guerre contre Israël représente t-il un danger existentiel... pour le Hezbollah, le Hamas et les Alaouites de Damas ?

 

Ou les méandres de la drôle de paix…

 

Par Marc Brzustowski

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

 

Depuis le printemps, les situations d’alertes se sont multipliées à la frontière-Nord d’Israël. On a souligné l’accumulation, d’un côté et de l’autre de la frontière libano-syrienne, de missiles iraniens M-600, de Scuds-D prêts au montage dans des entrepôts syriens et à leur acheminement au Liban. Depuis plus d’un an, les trafics des Pasdaran se sont intensifiés, en direction du groupe chi’ite, avec la complicité des Turcs et de Damas. Téhéran a versé une récompense de 25 millions de $ à Erdogan, en vue consolider sa campagne électorale pour un troisième mandat.

 

Pire, l’armée libanaise a délibérément provoqué Israël par le meurtre de sang-froid du Lieutenant-Colonel Dov Harari z’l, le 3 juillet. Les témoignages concordent pour dire que le Ministre de la Défense Ehud Barak était sur le point de donner la leçon qu’il mérite à Beyrouth. L’émissaire américain, Frédric Hoff serait intervenu pour signifier à Jean Kahwaji, chef militaire du Liban, qu’Israël balayerait ses infrastructures en moins de 4 heures et qu’il ne tenait qu’à lui d’éviter le déclenchement des frappes.

 

Cette « drôle de guerre », comme celle d'avant l’éclatement de la Seconde Guerre Mondiale, se poursuit donc. Une guerre de positions et de communiqués belliqueux repousse l'échéance. Chacun sait que le vis-à-vis est toujours mieux préparé, qu’il accumule plans stratégiques et moyens de tenter de faire basculer la situation à son avantage. Surtout chaque belligérant potentiel sait que la donne a fortement changé depuis juillet 2006 : nul ne peut espérer un maintien du statuquo, à l’issue de la prochaine confrontation. Elle sera décisive et modifiera tant la carte que le territoire, si jamais l’incident de frontière de trop se produit.

 

Il est probable que la Syrie, cette fois, ne pourra se contenter du rôle d’observateur complice, tirant les marrons du feu. Depuis des années, Hassan Nasrallah vocifère, de concert avec son patron Ahmadinedjad, que l’Etat Hébreu est au bord de l’effondrement. Toute guerre pour Israël a une signification existentielle.

 

La victoire en demi-teinte d’Israël en 2006 s’est arrêtée au fleuve Litani, les grandes puissances intervenant pour trouver une sortie diplomatique de la crise. Surtout, l’Etat-Major est passé de la sous-estimation du Hezbollah comme « groupe terroriste » au constat qu’il agit selon des procédés mixtes, à travers des commandos-suicide, des moyens balistiques conventionnels, tout en se servant des populations locales comme bouclier humain.

 

La résolution bancale 1701 n’avait vocation qu’à limiter l’extension du conflit à ces deux belligérants : le Hezbollah et Israël, selon leur zone de confrontation traditionnelle : le Sud-Liban. L’implication des commanditaires et fournisseurs de la milice chi’ite et leur volonté d’en faire le challenger principal d’Israël atteignent un seuil critique : il leur sera difficile de résister au fait d’être entraînés dans les conséquences et incertitudes du prochain conflit. Il n’y a qu’un pas à franchir, du rôle de protecteur et de fournisseur, à celui d’acteur entrant en pleine lumière… Sans s’en rendre compte, le Liban, le premier, a commis ce lapsus et simplifié l’équation.

 

Si rien ne se produit à ce jour, malgré des tensions exacerbées, c’est tout simplement, que chaque partie prenante redoute d’avoir plus à perdre qu’à gagner en réveillant le « tigre qui dort ».

 

Jeffrey White de l’Institut de Washington pour l'étude du Proche-Orient publie, ce mois de septembre, une évaluation des forces en présence (http://washingtoninstitute.org/pubPDFs/PolicyFocus106.pdf ) : « Si la guerre éclate ». Il passe en revue, tant les moyens à la disposition de chacun des protagonistes que leurs processus décisionnels, et les réactions possibles de leurs alliés, selon l’évolution du conflit. Sa principale conclusion est que, quoi qu’il advienne et malgré les incertitudes et les coups de théâtre, aucun ne s’en sortira indemne. Mais les probabilités les plus claires restent en faveur d’une victoire d’Israël, malgré l’éventualité de revers militaires et un cruel déluge de feu contre sa population et ses centres urbains.

 

Selon l’expert, il ne s’agira plus de déplacer une frontière onusienne de quelques kilomètres, ni d’une victoire « sur le papier ». L’objectif militaire de la conflagration sera d’opérer de vastes transformations dans l’équilibre des forces régionales. Ce caractère décisif est proportionnel aux menaces que fait peser chaque maillon de cet axe sur l’existence même d’Israël.

 

En cas de crise existentielle,  Israël obéit à un commandement unifié. Malgré les dissensions apparues en 2006, ou lors de la nomination de Galant au poste de chef d’Etat-Major, Tsahal n’agit que dans l’intérêt d’une entité unifiée. L’influence modératrice de ses alliés, Amérique et OTAN, n’a de sens que si les périls ne remettent pas en cause sa dissuasion globale. En 2006, le Hezbollah ne pouvait pas « vaincre » Israël, simplement éviter une défaite trop cuisante à changer en légende de la « divine victoire ».

 

Depuis la perte d’Imad Moughniyeh, Nasrallah n’a eu de cesse de promettre vengeance. Jusqu’à présent, il s’est surtout vu adjoint une tutelle iranienne, lors des allées et venues des grands noms des Gardiens de la Révolution : lorsqu’Ali Jafari se déplace à Beyrouth pour coordonner les troupes en ordre de bataille, c’est une menace évidente que l’heure « h » approche. Mais c’est aussi le signe que, malgré les seuils de préparation logistique franchis, la dépendance décisionnelle d’Hassan Nasrallah aux ordres de Téhéran est palpable. Il lui manque un Seigneur de Guerre local pour faire la différence selon un agenda libanais.

 

Ce sont encore ces écarts d’interprétation que l’on observe, entre le commandement central du Hamas, autour de Khaled Meshaal à Damas, durant « Plomb Durci » en janvier 2009 et les ténors gazaouïs, Ismaël Haniyeh et Mahmoud al- Zahar, sur le terrain, jusqu’à aujourd’hui. Si, comme au Sud-Liban depuis 2006, les groupes insurrectionnels se réarment et s’organisent, ils semblent aussi marquer le pas, plutôt que donner corps à la rhétorique de la vengeance chaque fois réitérée. Malgré les dispositifs électroniques sophistiqués, il est difficile de concevoir une guerre planifiée depuis Damas et Téhéran, sans qu’un tel Etat-Major de l’ombre n’essuie le retour de boomerang des ordres qu’il transmet.

 

On affirme que, depuis la mort controversée d’al-Mabhouh à Dubaï et la mise en cause de quelques-uns de ses lieutenants, le niveau d’approvisionnement du Hamas à Gaza en a pâtit. Lorsque le chef en second du Hamas de Judée-Samarie, Abu Shalbaya est abattu, la veille de Kippour, c’est la coordination des cellules dormantes du mouvement qui doit passer en mode défensif. Toutes ces petites victoires du renseignement israélien mises bout à bout, marquent autant de brèches à mettre à profit, le jour « J », dans l’organigramme d’un conflit généralisé.

 

Hezbollah et Hamas, s’ils sont bien les vecteurs de la prochaine conflagration et des tentatives de déraillement du « processus de paix », sont, aussi et surtout les principaux agents de la propagation du conflit jusqu’à la main qui les nourrit :

 

le dispositif fonctionne tant que les guerres demeurent « asymétriques ». C’est lorsque chacun des groupes sous tutelle des Gardiens de la Révolution s’apparente, de plus en plus à une armée conventionnelle qu’il expose ses centres nerveux aux frappes de même nature, de la part de Tsahal.

 

Le paradoxe est le suivant : la seule façon de donner une consistance au « processus de paix » passe par une quête de victoire décisive sur plusieurs des points névralgiques de l’axe qui le met en échec systématique. Les buts stratégiques de Tsahal viseront à provoquer le repli de ses ennemis, en contraignant chacun à tenter de préserver ses propres atouts et points vitaux :

 

1)   Si le Hezbollah provoque une entrée en guerre du Liban, son prestige « résistant » sera le cœur de cible et devra alors être durablement discrédité.

2)   Si la Syrie se joint à lui, elle sera prise sous un déluge de feu. La survie du pouvoir alaouite pourrait être remise en cause dans ses fondements.

3)   Un prolongement dramatique de « Plomb Durci » mettrait le directoire du Hamas en péril, à Damas comme à Gaza, au profit du Fatah.

4)   Les pertes engrangées par un ou plusieurs des alliés de Téhéran repousseront les limites de son influence régionale et l’isoleront un peu plus sur le plan stratégique.

5)   Qu’Israël soit ou non l’initiateur du conflit, il n’aura plus le choix de remettre à demain des frappes préventives sur les infrastructures nucléaires, terroristes et les cercles dirigeants de la Révolution iranienne. Les cibles choisies pousseront les Pasdaran à assurer leurs arrières, quoi qu'ils tentent pour maintenir, aussi longtemps que possible, Jérusalem sous un feu nourri.

 

Lancer des supplétifs au combat comporte le risque intrinsèque de voir ceux-ci refuser de sacrifier leurs cartes-maîtresses pour le meneur qui est le moins directement exposé. Les meilleures alliances risquent alors de voler en éclat.

 

L’atout majeur d’Israël reste qu’il devra combattre seul pour sa survie, quel que soit le conflit qui le menace. Vouloir changer des forces « asymétriques » de harcèlement en forces de destruction massive risque d’entraîner Damas et Téhéran à subir en pleine face une réplique au-delà des moyens de leurs prétentions.

 

C’est pourquoi le volet psychologique de la guerre des nerfs prend de l’ampleur, jusqu’à ce que l’un des joueurs pense que le temps est venu de « renverser l’échiquier ».

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis