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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 19:46

 

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele


Interrogé par le quotidien Haaretz de ce 9 janvier 2013, Mahmoud Abbas a une nouvelle fois réitéré ses menaces de dissoudre l’Autorité palestinienne : « Si le prochain gouvernement israélien refuse d’honorer des engagements pour la paix et continue à voler nos terres et à construire des colonies, je demanderai à Binyamin Netanyahu de s’asseoir à ma place. Je lui balancerai les clés et je partirai». Par cette menace récurrente depuis plusieurs années, Mahmoud Abbas imagine pouvoir dissoudre l’Autorité Palestinienne sans en référer, ni aux palestiniens, ni au mouvement Hamas, ni bien évidemment aux israéliens. Manifestement, le président de l’Autorité Palestinienne est totalement déconnecté de la réalité géopolitique.

Leurré par la reconnaissance, le 29 novembre 2012, de la Palestine comme Etat observateur de l’Onu, Mahmoud Abbas pensait que ce statut interdirait à Israël de poursuivre les implantations sur les territoires de Cisjordanie, et que l’Europe et les Etats unis feraient pression sur l’Etat juif pour qu’il y mette un terme. Le chantier qui le déconcerte au plus au point, est celui de la construction de milliers d’unités de logements reliant Jérusalem à l’implantation de Maalé Adoumim sur une longueur de 4 kilomètre à l’est de Jérusalem. Lorsqu’il sera achevé, la Cisjordanie sera coupée en deux parties et définitivement isolée de Jérusalem Est, interdisant définitivement tout établissement d’une capitale palestinienne à Jérusalem. Devant son incapacité à influer sur la communauté internationale, le Premier ministre Netanyahu reste fidèle à sa promesse : « Nous bâtissons notre propre capitale; ça ne regarde personne ». Mahmoud Abbas peut donc toujours marteler que les constructions juives sont un coup d’arrêt au processus de paix (qui n’a jamais véritablement été amorcé), il ne peut rien changer à la réalité géopolitique : la capitale (cisjordanienne) de la Palestine sera Ramallah, non Jérusalem.

Par ailleurs, Mahmoud Abbas se méprend sur les conséquences pour Israël d’une dissolution de l’AP. Anticipant le résultat des élections prévues le 22 janvier 2013 en Israël (qui devrait confier la direction du pays à une nouvelle coalition de droite), a-t-il annoncé qu’il ne patienterait plus : à défaut de modification de l’attitude israélienne, il réservait une véritable surprise aux Israéliens et au reste du monde. Bien évidemment, et quelque soit le résultat des élections israéliennes en janvier 2013, la décision de dissoudre de l’AP ne lierait en rien l’Etat juif, nullement tenu d’incorporer la population palestinienne en son sein, sans avoir été préalablement consulté, ni avoir donné son aval. La dissolution de l’Autorité Palestinienne aurait juste pour conséquence de plonger les palestiniens un peu plus dans le chaos politique, moral, identitaire et idéologique. La seule mesure envisageable pour lui serait d’organiser de nouvelles élections législatives ce qui permettrait d’avoir une meilleure connaissance de la sensibilité et des dispositions d’esprit palestiniennes quant au désir de paix avec Israël. Toutefois, le Président de l’Autorité palestinienne, empêtré dans ses contradictions, prend le risque d’un suicide politique s’il n’applique pas ses menaces.

Notons également que Mahmoud Abbas a tendance à oublier qu’il ne représente plus les palestiniens, ce que certains analystes politiques palestiniens ne manquent pas de lui rappeler : « L’AP n’est pas un bien personnel de Mahmoud Abbas dont il peut disposer comme il veut. Il doit soumettre la question au peuple palestinien ». Mahmoud Abbas occulte les accords d’Oslo qui ont institué l’Autorité palestinienne pour incarner le mode de gouvernance et l’organisation administrative des palestiniens des zones A et B de Cisjordanie et ceux de la bande de gaza. Cette Autorité Palestinienne est notamment composée d’un président et d’une Assemblée élue au suffrage universel. Or, il y a bien longtemps que le président Mahmoud Abbas fait fi des institutions palestiniennes : lorsque le Fatah a perdu les élections en janvier 2006 au profit du Hamas, il a refusé de lui confier les rennes du pouvoir, occasionnant des dissensions entre les entités palestiniennes et provoquant le coup d’Etat du Hamas dans la bande de gaza qui s’est désolidarisé du Fatah en juin 2007. Désormais, et faute d’élection depuis 2006, Mahmoud Abbas ne dispose d’aucun mandat pour représenter l’Autorité palestinienne. Quant au Premier Ministre Salam Fayyad, il n’a jamais été élu ni sa nomination confirmée par le Parlement palestinien, lui-même sans la moindre légitimité. Autorité palestinienne est donc juste de façade.

Bien évidemment, Mahmoud Abbas oublie également qu’il n’est pas le seul à décider du devenir du peuple palestinien : le Hamas a son mot à dire sur le principe d’une éventuelle dissolution de l’AP qui modifierait le mode de gouvernance des palestiniens. Compte tenu de ce que le mouvement islamiste entend précisément reprendre le contrôle politique de l’ensemble des palestiniens de Cisjordanie pour achever l’entreprise d’éradication de l’entité sioniste, toute dissolution de l’AP le conduirait à prendre en main le contrôle politique des palestiniens de Cisjordanie sans qu’Israël n’ait à s’en mêler. Sur ce point, le Mahmoud Abbas essaye d’évincer le mouvement islamiste comme s’ils n’existait pas, ce qui illustre encore le plus complet décalage de Mahmoud Abbas avec la réalité idéologique sur le terrain.

Mahmoud Abbas n’a jamais abordé le problème tel qu’il se pose. Les négociations sur les frontières respectives de l’Etat juif et de la Palestine ne résulteront pas de ses projections fantasmées ni du nouveau statut international accordé à la Palestine, mais uniquement de la renonciation, par les palestiniens, à la lutte armée contre Israël (ce qui n’est pas prêt d’arriver). Israël poursuivra donc ses aménagements autour de Jérusalem en toute tranquillité, que Mahmoud Abbas dissolve ou non l’AP.

La dissolution de l’Autorité Palestinienne ne serait de toute façon pas chose aisée : un million de palestiniens dépendent économiquement des salaires versés au 175 000 employés et fonctionnaire (dont 70 000 affectés à la sécurité et au maintien de l’ordre pendant que d’autres le sont à la coordination sécuritaire avec l’Etat hébreu). La menace de dissolution de l’AP est en fait liée à la crise financière majeure à laquelle l’Autorité palestinienne est confrontée : elle ne paye plus les salaires aux enseignants et fonctionnaires (qui intensifient les grèves et multiplient les manifestations) faute de recevoir les recettes fiscales et douanières collectées par Israël à son profit depuis le mois de novembre 2012 (à titre de sanction de l’initiative diplomatique palestinienne aux nations Unis). La Ligue Arabe a donc proposé de prendre le relais en décembre 2012 avec la promesse de verser 100 millions de dollars mensuellement, mais les pays de la ligue arabe n’ont pour l’heure, versé le moindre centime. Aussi, lorsque le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, et le ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohammad Kamel Amr, se sont rendus à Ramallah le 29 décembre 2012, pour « discuter de la crise » avec Mahmoud Abbas, il a simplement été conseillé la patience.

Mahmoud Abbas doit en réalité composer avec les palestiniens, incapables de se gérer sous la forme étatique, dénués de volonté de créer un Etat vivant en paix aux côtés d’Israël, minés par la corruption qui gangrène le système et sans lisibilité sur la configuration géopolitique des décennies à venir. Mais à sa décharge, il n’est pas beaucoup aidé par son entourage : selon l’ancien premier Ministre de Yasser Arafat Ahmed Quorei, « Nous devons être disposés et prêts à dissoudre l’AP s’il faut en passer par là pour établir un véritable État avec Jérusalem comme capitale ». Mahmoud Abbas n’est donc pas prêt de voir le jour.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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