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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 19:28

 

 

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Manfred Gerstenfeld

 

 

Israël devrait-il traiter les nouveaux manipulateurs pro-palestiniens comme s’il s’agissait de journalistes sérieux? Devrait-on leur accorder des privilèges, parce qu’ils appartiennent à des médias supposés honorables ? Pourquoi accueillir les alliés de vos ennemis ? Une récente étude sur les distorsions anti-israéliennes de Reuters, menée par le Professeur Henry Silverman, de l’Université Roosevelt, à Chicago, soulève, une fois encore, de telles questions..

 

Silverman a enquêté à partir de 50 dépêches orientées de Reuters, sur des sujets touchant au Moyen-Orient. Ses conclusions, concernant cette agence de presse « objective » sont accablantes. Il conclut que la couverture du conflit, par Reuters au Moyen-Orient « est systématiquement infectée de propagande et qu’elle influence les lecteurs pour qu’ils se rangent du côté des Palestiniens et des Etats arabes contre les Israéliens ».

 

Silverman a analysé les erreurs factuelles et éthiques de ces articles, telles que la parution de matériel de propagande et des erreurs flagrantes de logique. Alors que Reuters met à la disposition de ses journalistes un manuel de règles qu’ils sont supposés suivre, il a aussi pu vérifier que ces articles vont à l’encontre de ces recommandations. Silverman a découvert plus de 1.100 cas de défaillances factuelles dans ces articles. En moyenne, on aboutit à 22 erreurs par article relativement court. Silverman a, ensuite, soumis ces articles à des étudiants ayant une position neutre sur les questions relatives au Moyen-Orient. 

 

Après avoir lu les articles biaisés, leur point de vue s’est tourné vers des prises de positions pro-palestiniennes (1).

.

Trevor Asserson – un juriste britannique spécialiste du contentieux, vivant, à présent, en Israël – a appliqué une méthodologie quelque peu différente au contenu de la BBC, il y a quelques années. Cet organe de presse est lourdement subventionné par le gouvernement britannique et jouit d’une importante position de monopole. Il opère sous les directives d’une charte émanant du gouvernement, qui définit 15 obligations légales. Cela inclut : l’équité, le respect de la vérité, un devoir d’exactitude, l’attachement aux principes démocratiques, de ne pas diffuser ses propres opinions à travers les affaires courantes ou la politique publique, s’assurer que les points de vue opposés ne soient pas caricaturés et de ne pas faire en sorte que l’auditoire s’aligne sur les vues personnelles du journaliste.

 

Asserson a vérifié des programmes variés de la Télévision de la BBC portant sur le Moyen-Orient, qui vont à l’encontre de ces engagements, si on se fie à la charte. Il a analysé tous les documentaires sur le Moyen-Orient diffusés par BBC1 et 2, depuis la fin juin 2002 jusqu’en 2004. Après quoi, Asserson a expliqué que la BBC mène « Ce qui revient à quelque chose d’équivalent à une campagne visant à vilipender Israël, diffuser un documentaire de critique en règle d’Israël, au rythme de tous les deux ou trois mois… 88% des documentaires portant sur le conflit palestino-israélien dépeignent, soit une impression négative sur Israël, soit (dans au moins deux cas), une image positive des Palestiniens ». Il a aussi découvert que « il existe un problème systématique  avec le système de recueil des plaintes [des auditeurs] de la BBC »

 

Asserson conclut : “Les reportages d’actualité de la BBC, concernant Israël, font preuve de distorsions par omission, par inclusion, en ne rapportant que des faits partiels, selon qui est interviewé, et par le type d’informations fournies en arrière-fond, ou parce qu’elles sont manquantes. La seule manière factuelle de l’établir a été de procéder par une analyse juridique. J’ai préparé mon argumentaire de la façon dont un juge attendrait qu’on lui présente des preuves face à une Cour de Justice » (2) .

 

Une autre forme de manipulation des informations correspond à la publication sélective d’éditoriaux biaisés. Récemment, le Premier Ministre israélien Netanyahou a « respectueusement refusé » d’écrire un éditorial pour le New York Times. Son conseiller principal, Ron Dermer a envoyé une réponse au quotidien. Dans celle-ci, il citait l’admonestation de l’ancien Sénateur Patrick Moynahan, selon laquelle « chacun peut se prévaloir de sa propre opinion, mais personne ne peut se prévaloir des faits comme il l’entend ».

 

Dermer a souligné que le New York Times avait édité un article du Président palestinien Mahmoud Abbas contenant des « faits » historiquement faux, que le journal aurait pu et dû très facilement vérifier. Dermer a aussi vérifié des éditoriaux publiés au sujet d’Israël, au cours des trois derniers mois, dans le New York Times et l’International Herald Tribune. Dix-neuf de ces vingt articles éditoriaux avaient une connotation négative (3) .

 

Si de telles manipulations, relevant de la propagande, sont pratiquées par trois medias de l’élite de la profession, que pouvons-nous raisonnablement attendre des autres?  Il y a un besoin urgent d’une étude majeure sur l’éthique extrêmement douteuse du journalisme du temps présent. Se servir d’Israël comme cas d’école serait aidant pour accomplir cette tâche.

 

Dans l’expectative, Israël doit agir. Il est temps de former une commission d’examen de la Knesset sur les médias qui puisse s’attaquer à ce sujet complexe et tienne le gouvernement pour responsable, lorsqu’il accueille des manipulateurs infiltrés parmi les journalistes. La liberté de la presse est une chose. Être assisté par le gouvernement dans le but d’aider l’ennemi est quelque chose de radicalement différent. On devrait demander aux ministres pourquoi certains journalistes (lire : des propagandistes palestiniens et arabes) jouissent de certains privilèges. Laissons-les se débrouiller par eux-mêmes sans les droits offerts par la carte de presse. Dans la guerre réelle contre Israël, ses dirigeants cherchent par eux-mêmes et trouvent des solutions. La même approche devrait être appliquée à la guerre de propagande.


Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski

Henry Silverman, “Reuters: Principles Of Trust or Propaganda,” The Journal of Applied Business Research – November/December 2011 Volume 27, Number 6

Manfred Gerstenfeld interview with Trevor Asserson, “The BBC: Widespread Antipathy Toward Israel,” in Israeland Europe: An Expanding Abyss,” (Jerusalem: Jerusalem Center for Public Affairs, The Adenauer Foundation, 2005) 194.

“PM adviser’s letter to ‘New York Times,’ The Jerusalem Post, 18 December 2011.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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